12° #409012 Volonté et liberté, preliminaire sur le temps Auteur: G∴ D∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué La mémoire ce pouvoir qu’a l’esprit de conserver présent ce qui est irrémédiablement passé, et donc absent pour les sens, possède la capacité de rendre présent à l’esprit ce qui est invisible.C’est grâce à elle que l’esprit semble plus fort que la réalité il a ce moyen de luter contre la futilité inhérente à tout ce qui change, il assemble et rassemble tout ce qui serait autrement voué à la ruine.Comme l’indique BERGSON, : si je réfléchis sur le temps, ce sont avec des termes empruntés au langage de l’espace. Ainsi la durée s’exprime toujours en étendue, et le passé est conçu comme se plaçant derrière nous, et le futur en avant.Cela peut s’expliquer par le besoin quotidien, le temps doit être quantifié en se calculant avec des distances spatiales.Si les philosophes Grecs ont abondamment traité de ce sujet, ils ont négligé pour ne pas dire complètement occulté la volonté dans leurs études.Et pourtant elle est aussi clairement l’organe mental du futur, que la mémoire est l’organe mental du passé.Dés que je tourne les yeux vers le futur je ne me préoccupe plus que de projets (et non plus d’objets). Et tout comme le passé se représente indiscutablement à moi comme une certitude, la caractéristique dominante du futur est une incertitude fondamentale (quel que soit le degré de probabilité de la prédiction). Autrement dit penser au futur c’est s’attaquer à ce qui n’a jamais été, n’est pas encore et ne sera peut être jamais.Rien ne peut être plus dépendant de moi que les actes volontaires qui si l’on admet la liberté du Maçon, permet de les définir comme « des actes dont je sais que j’aurai pu ne pas les accomplir », tant il apparaît qu’une volonté qui n’est pas libre est une contradiction dans les termes.Il m’apparaît important de souligner ce point car le terme « libre volonté » utilisé au 1er degré notamment lors des prestations de serment m’a semblé générer une confusion entre liberté d’action et liberté de la volonté pouvoir et vouloir ne peuvent ici être confondus. Je crois qu’aucun précepte de nature morale, religieuse ou juridique ne peut avoir de sens sans l’acceptation indiscutable de la liberté de la volonté.A moins de ne voir dans la faculté de vouloir,qu’un simple organe d’exécution auxiliaire de ce que le désir ou la raison suggère. Ce qui n’est pas mon approche ici.Et c’est bien parce que cette liberté de vouloir (ou de ne pas vouloir) existe, et parce que le Maçon se définit comme un homme libre, qu’il existe des règles et des devoir, ici comme dans le monde extérieur, dont chacun emporte la responsabilité de les respecter, conséquence incontournable de la Liberté. Car sans cette liberté qui détermine avec le futur le champ d’action de la volonté, cette dernière n’existerait pas, et les lois n’auraient pas lieu d’être puisque nous ne serions pas comptables de nos actes.Le fait que j’évoquais tout à l’heure que la philosophie grecque n’a jamais cité la volonté (ni Platon ni Aristote) s’accorde très bien à la conception du temps que se faisait l’Antiquité, qui le concevait en terme de cycle. Du jour suivant la nuit à la mort suivant la vie, c’était le renouvellement permanent de la vie sur terre.Mais dés que se découvre un Etre éternel, qui ne naît ni ne meurt, le temps et le changement à travers à travers lui ne se satisfont plus uniquement de la version cyclique cette théorie non spéculative ou la volonté était absente puisque l’homme n’était pas conçu comme pouvant être déterminant de lui-même dans le principe évoqué.Ce temps cyclique était d’ailleurs présent aussi bien à Babylone, en Perse, qu’en Egypte.Mais la conception d’un être supérieur et éternel, allait modifier cette vision dés lors qu’il fallait faire rentrer le mouvement et le changement les allées et venues des êtres humains dans ce cadre.C’est alors que la croyance Judéo chrétienne d’un commencement divin « Au commencement Dieu créa le Ciel et la Terre » allait devenir un dogme et bouleverser cette ignorance de la volonté.D’autant que ce credo précisait que l’homme était la seule créature à l’image de Dieu et par la doué d’une faculté semblable à la sienne de commencer.De plus puisque le chrétien avait une vie au-delà qui se décidait selon ses actes ici bas, il avait lui-même un futur éternel, qu’il pouvait préparer par la volonté de ses actes, et la Liberté qu’elle nécessite. Saint Paul sera le premier à avoir découvert cette complexité.Ainsi peut-on situer l’origine de la conscience de la volonté d’une certaine manière dans la religion.Car la volonté signifiait la liberté de faire sans être contraint par l’ordre du Maître ou une nécessité physique, cette Liberté fondamentale était comprise comme la Liberté de mouvement et de décision. Le critère était Je peux donc je veux.Il me faut préciser le champ d’action de mon propos, La Volonté au sens.,ou je l’évoque ici, s’oppose au déterminisme, c’est à dire à considérer que l’homme dépend de phénomènes ou d’influences étrangères à ses moyens de décision.Il ne s’agit pas non plus de s‘obstiner à vouloir changer des évènements contre lesquels nous ne pouvons rien, mais plutôt de tenter de faire peser en ce cas notre volonté sur le pouvoir de les accepter. Nietche dit : « Je ne subis pas ce que j’accepte et je ne dépends pas de ce que j’approuve ». Pour ma part,je ne maîtrise, ni l’heure de ma mort, ni un cataclysme naturel, il s’agit d’intervenir sur mon possible et donc en Franc Maçonnerie, de mesurer les possibilités de mon champ d’action, dont l’un des plus importants, est de distinguer entre vérité et sensations car nos sens ne font que nous transmettre et il nous faut interpréter.Et je rencontre parfois en moi-même des antagonismes au sein de mon « vouloir ». Ainsi un fumeur peut vouloir fumer, et vouloir s’arrêter de fumer en même temps, et chacun voit bien là où la volonté peut s’exercer, il existe aussi des déterminismes « sociaux » ; tels que la mode ou les comportements d’influence de la société de consommation.Il s’agit donc bien de commencer quelque chose nouveau, comme le dit Saint Augustin qui rappelle que l’homme est lui même un commencement, ce qui pour nous Francs-maçons, est la ligne de travail et de projet d’évolution intérieure à partir de notre initiation, qui est aussi un commencement.Je ne parle donc pas ici de continuer une série d’actions successives comme celle de se lever de son siège pour aller dîner ou toute autre action, dont la mise en œuvre dans ce cas n’est que l’accessoire d’un effet recherché et ou la volonté ne fait que convenir à cette nécessité.Je n’ai pas non plus traité pour rester dans un temps de parole acceptable du libre arbitre, qui est le champ d’action de la volonté, celle de choisir une option parmi les actions voulues et des moyens de sa mise en oeuvre.Quant à la « Divine Providence » susceptible d’intervenir dans le destin des hommes, ce qui m’est donné en ce domaine par le G A D L U, c’est la conscience de ma volonté et du champ de ma Liberté (que d’ailleurs le message Evangélique traduit par : Dieu ne fait pas me fait pas le monde sans les hommes d’où leur responsabilité). En un mot, la volonté c’est la conscience du choix librement décidé d’agir en ayant la capacité de choisir, le terrain de la mise en œuvre…En ce domaine ma volonté possède seule ce pouvoir de rendre possible le « pas encore » à venir, elle est donc bien par sa direction exclusivement projective, le contraire du souvenir, même si indiscutablement la mémoire reste une source de l’expérience d’où se déduit, l’orientation de nos actions futures.Car vouloir ce n’est pas désirer, essayer d’obtenir,etc…c’est l’élément de commandement qui change tout et il n’y a pas en moi un débat entre la partie qui commande et celle qui obéit tout cela se produit dans mon esprit sans conflit.Epictète, philosophe grec pratiquement contemporain de ST Paul, dit : Ce qui tracasse les hommes, ce n’est pas ce qu’il leur arrive en réalité, mais leur « propre jugement » et il ajoute : « Personne ne peut t’offenser si tu le veux, car tu ne seras offensé que quand tu concevras de l’être ».Par exemple, que signifie le fait d’être injurié ?Prend une pierre et injurie là, quel effet produiras-tu ? Soyez une pierre et vous serez invulnérable, à l’insulte.Ainsi le choix d’accepter ou de modifier en moi la vision du monde en un mot mon jugement m’appartient, et ma volonté libre,c’est celle de trier dans mes valeurs celles que je veux modifier,mais c’est aussi m’interroger sur les influences qui déterminent mes jugements et notamment ceux qui dépendent parfois, (comme je l’évoquais tout à l’heure), du prêt à penser ou d’éléments dont il m’appartient de vérifier qu’ils sont exacts avant de les intégrer.Si je crois détenir une Vérité motrice de ma réflexion, je me dis qu’il est préférable de savoir que je crois plutôt de croire que je sais. Tout cela suppose bien sur un effort des déterminations et des actions car si j’en reste au stade des velléités, cela n’aboutit pas. L’effort et surtout la valeur de l’action mise en œuvre sont les soubassements de mon évolution.Mais parce que je suis libre et seulement pour cette raison se pose la question : que faire ? La liberté d’action voulue par la volonté pose donc le problème des règles de l’action et du comportement qui me renvoie à l’éthique.Car la liberté est l’inverse de l’absence de règles. S’il n’y a pas de règles il n’y a pas d’action de choix possible, et la liberté dans ce cas reste la liberté de rien du tout.Des exemples psychologiques (comportements décousus) ou politiques (pays en désagrégation politique) nous montrent ce que serait l’absence de règles. Et qui dit règles, dit une hiérarchie, autant dans la gestion des hommes que dans la progression de la recherche. Essayez de faire travailler des ouvriers sur un chantier sans un chef d’équipe, ça ne marche pas, et aucune élévation de construction (notamment) spirituelle ne peut se faire sans consulter les plans de l’architecte. Ainsi, telle une symphonie écrite par son compositeur ou il faut qu’avant d’être réelle, elle soit possible, il me faut de trouver, le moyen de devenir libre par ma volonté..et à esprit libre, univers libre.Je conclurai sur une citation de Pierre GANE, père Jésuite contemporain de Teilhard de Chardin, qui disait en 1945 :« Il faut toujours témoigner pour la Liberté, la libération authentique, celle qui vient d’en haut et qui libère non seulement l’homme économique des chaînes extérieures,mais aussi l’homme spirituel des servitudes intérieures qui sont l’origine secrète de toutes les déraisons et de toutes les tyrannies » fin de citation ; N’avons nous pas appris que nous étions ici pour vaincre nos passions et soumettre notre volontés.J’ai dit. Navigation des articles Planche Précédente "Que le GADLU me maintienne dans la droiture et l’équité" Planche Suivante "Vengeance et justice"