13°
#410012
Le Chevalier de Royal Arche
M∴ A∴
A L G D
G A D L U
ORDO AB CHAO
DEUS MEUMQUE JUS
Sous la Juridiction du Suprême Conseil
des Souverains Grands Inspecteurs Généraux
du 33ème et dernier degré du R E A A pour la France.
T F P G M et vous tous mes FF G E D L V S
ORDO AB CHAO
DEUS MEUMQUE JUS
Sous la Juridiction du Suprême Conseil
des Souverains Grands Inspecteurs Généraux
du 33ème et dernier degré du R E A A pour la France.
T F P G M et vous tous mes FF G E D L V S
Ce degré marque-t-il une rupture avec le degré précèdent, comme parfois je me le suis pensé depuis mon parcours jusqu’au 14è degré ?
Les rituels ne peuvent-ils pas s’imbriquer, se faire suite, bref être complémentaires les uns des autres ?
Qu’en est-il entre le 12ème degré et le 13ème degré ? Échapperaient-ils à la règle (qui n’en est pas forcément une) ?
Après une active construction intérieure, le GMA devient Chevalier. N’a-t-il pasdéjà été considéré comme tel à des degrés précédents, au 10ème et 11ème notamment ? de Sublime Chevalier Elu à l’Excellent Emrek , homme vrai en toute circonstance…il était devenu le constructeur de son être intérieur, Grand Maître Architecte… Alors ? Est-ce un couronnement final, un nouvel adoubement ? Est-il le nouveau Galaad partant à le recherche du graal ? Si la notion de chevalier revient à ce degré, ce ne peut être le fruit du hasard. Nous pouvons le penser puisque nous sommes ici reçu à un nouveau degré… Tentons d’aller plus avant dans la démarche.
A l’ouverture des travaux, le Grand Inspecteur répond au Trois Fois Puissant Grand Maître « Je suis ce que je suis, mon nom est Guibulum et ma qualité Chevalier de Royal Arche »
GUIBULUM ? Pas de traduction connue, sans doute une déformation de GHIBLIM ou de GUIBBOR HOU nous dit Michel de Saint Gall, voir une déformation de GABAON GHIBLIM => ce sont les habitants des montagnes de GEBAL/BYBLOS en Phénicie à 35 km de l’actuelle BEYROUTH, ils étaient tailleurs de pierre et bûcherons des cèdres du Liban, employés à la construction du Temple de Salomon à Jérusalem nous signifie SAM ECHED. Nous refaisons le lien ici entre le Chevalier et le Grand Maître Architecte, GUIBULUM , Chevalier de Royal Arche est aussi un constructeur, il poursuit donc l’œuvre entreprise par leGMA.
Le Trois Fois Puissant Grand Maître lui demande
« Comment avez-vous mérité cette qualité ? »
Le Grand Inspecteur répond
« En pénétrant dans le centre le plus sacré du monde »
Le Trois Fois Puissant Grand Maître lui demande
« Qu’avez-vous trouvé ? »
Le Grand Inspecteur répond
« Le Delta Lumineux sur le quel Enoch grava le nom mystérieux du G A D L U »
Quel est donc cet endroit sacré ? le réponse vient à la cérémonie de réception, le G
pénètre dans un monde nouveau, il entre dans le monde de la Kabbale un vaste champd’investigation s’ouvre à lui et pour ce cheminement inconnu et incertain encore, iltraverse de terribles épreuves. Comment faut-il voir, au regard de l’initié, ce que signifie ces épreuves et ce chemin emprunté ?
Tout d’abord qu’est-ce que la Kabbale ? Notre F Sam ECHED ( 33ème GLRB ) nous éclaire sur ce sujet « la Kabbalah c’est le transmission orale de la Tradition, depuis le don de la Torah au pied du Mont Sinaï il y a 3500 ans, par un Maître à un élève jugé digne. » nous serions donc bien prétentieux, n’étant point de culture Hébraïque de revendiquer pour le Chevalier de Royal Arche le terme de Kabbaliste, comme je l’ai entendu ici ou là. Notre F Sam étudie la Kabbale depuis 75 années et il continue à apprendre et à découvrir. Nous pouvons toutefois retenir ce que lui disait son père en le conduisant sur le bateau qui l’emmenait vers Jaffa. « Quand au bout de ta route tu paraîtras devant ton juge suprême. Il te demandera « : qu’as-tu fait de l’âme que je t’ai confié ? » Si tu peux répondre : « j’ai fait de mon mieux .ta place au paradis est assurée »
Restons donc modestes face à ce vaste champ d’investigation où il nous faudrait maîtriser la langue hébraïque, entre autre, afin de poursuivre de véritables études approfondies de cette ancestrale Tradition. Ne soyons toutefois pas découragé et tentons de comprendre pourquoi la Kabbale apparaît à ce degré.
Notre F Sam nous dit « la Kabbale est un pont qui relié l’homme en recherche de Dieu » ; voilà qui pour nous est plus simple à comprendre compte tenu du parcours entrepris depuis que nous avons franchi la porte basse.
Marc Alain Ouaknin nous rapproche de notre démarche par la définition suivante :
« Sans doute le kabbaliste commence son ascension vers la Lumière à partir de l’amour des hommes, pour ensuite s’ouvrir à un amour plus vaste, universel, qui n’est pas oubli de l’amour pour un individu, mais sa plénitude« .
Ce qui nous rapproche de la philosophie maçonnique et m’évite de me perdre sur des sentiers donc je ne connais pas la topographie.
Le Chevalier Royale Arche est, à mon sens, cet homme qui retrouve l’intuition, je veux parler ici de l’intuition selon Bergson quand il dit « l’intuition est la fonction métaphysique de la pensée »
Car aujourd’hui, hélas, réduisant son bonheur à l’aisance économique plutôt que de naviguer vers une évolution spirituelle, notre contemporain « s’est installé à la place de Dieu et il veut que ce soit sa volonté qui soit faite » (Frithjof SCHUON). Ici le Chevalier Royale Arche chemine vraiment vers le retour de cette perception perdue avec les dangers et les risques y afférant. Le voyage au fond du puit rappelle le sermon sur le cantique 74 de Saint Bernard « je suis descendu au plus profond de mon être », on peut le relier au principe socratique du « connais-toi toi-même » qui n’invite pas forcément au travail d’introspection si souvent cité mais à une prise de conscience de soi « Aie conscience de ton exacte mesure » serait plus à propos dans la traduction souligne Lucien Jerphagnon, autrement dit, ne te prend pas pour Dieu.
Apprenons à devenir ainsi des philosophes, au sens étymologique, selon Pythagore, des « amoureux de la sagesse », constituons un idéal de justice, une justice qui n’est pas simplement le respect des lois, mais l’harmonie intérieure de l’être dont la volonté est souvent tiraillée entre passions et raison.
Le Chevalier Royale Arche sera ce pacificateur de l’existence, un être miséricordieux dirai-je simplement.
Vigilons cette progression dans les degrés de perfection, une fois encore, de par la présence de la légende des Mages, le Chevalier Royale Arche côtoie la fonction sacerdotale entrevue au 4ème degré, il y a en ce 13ème degré un « récapitulatif », j’ose ce mot, un récapitulatif subtil je dirai même , des degrés précédents… les colonnes Boaz et Jakin, la pierre cachée, l’escalier à 3, 5, 7 9 marches…nous le comprendrons avec l’Obligation au 14ème degré.
Une autre boucle est bouclée par ce cycle des degrés de perfection, sachant que le chemin continue jusqu’au 33ème degré.
Croisant les 10 anneaux, correspondant aux dix portes et aux dix sefirots, le Chevalier Royale Arche tente encore une transgression et, à l’instar du Secrétaire Intime, se laisse emporter par sa curiosité ; mais cette fois, elle a bien failli lui être fatale. Il n’est pas temps encore de pénétrer l’Ein Soph ; littéralement le « sans limite » ou le « sans fin », il sera temps d’ouvrir cette 11 ème porte à l’ultime initiation, cette porte dont le seuil est encore inaccessible à l’entendement humain…. c’est la porte de l’infinitude celle de l’ineffable lumière (Roland Bermann)
On peut conclure que si la transgression était nécessaire au 6ème degré, ici elle se retourne contre le curieux, pas encore prêt à affronter l’inconnaissable.
Le Chevalier Royale Arche est mis devant le fait que seul nous ne sommes rien, c’est bien grâce à leur entente et en unissant leurs efforts que les Mages peuvent ressortir du puits, pouvant ainsi repartir « au pas lent de leurs chameaux » c’est-à-dire dans un état de méditation certain, vers le désert …. lieu de tout cheminement en quête d’absolu.
Le Chevalier Royale Arche est sorti des ruines du Temple pour aller à la conquête du monde nouveau, je serai tenté de dire… vers une renaissance. Dans « l’homme révolté » Camus écrit « Par delà le nihilisme, nous tous, parmi les ruines, préparons une renaissance mais peu le savent » cette remarque prend ici toute sa mesure et ayons l’audace de penser que le Chevalier Royale Arche fait partie de ceux qui savent, ayant le recul nécessaire sur ce monde irraisonnable et pouvant dire avec Malraux « on a fait de l’absurde une réponse, c’était une question. »
La Maçonnerie forme l’homme en ce sens, l’amenant sur le chemin de la connaissance, il lui faut être sans cesse en « étonnement » cette faculté, une des facultés capitale de l’homme (Platon), l’étonnement implique l’interrogation, et ce n’est que par cette interrogation qu’il avancera sur ce chemin ardu, l’entraînant sans cesse à se perfectionner, pour lui-même bien sur, mais aussi et surtout pour les autres ? n’oublions pas le but de la Maçonnerie « parfaire l’humanité »même si nous sommes nés pour une portion infime du temps (Sénèque) …..c’est en ce sens qu’il nous faut œuvrer.
Si le Chevalier Royale Arche redescend dans la matrice, ce n’est que pour en ressortir grandi, il effectue à nouveau un passage « on est pas initié, on s’initie soi même » lui disait leT F P G M dans l’ancien rituel ; la portée de cette réflexion répétée par deux fois est lourde de conséquence, voir déroutante, du reste dans le nouveau rituel révisé duS C P L F , elle a été corrigée en « Après avoir été initié, on est responsable de sa
recherche et de sa propre réalisation spirituelle » ce qui est, avouons le, plus logique et plus compréhensible l’enseignement du 13ème degré, comme les degrés de perfection en général, apporte de bien riches ouvertures pour qui aura souhait d’en examiner le sens.
Notre T I F Serge Poulard le précise « la lumière maçonnique n’est pas plus la lumièrenaturelle de la raison que la lumière surnaturelle de la Foi mais le reflet de la lumière créatrice qui nous montre la voie de l’initiation, l’influx spirituel qui nous fit quitter l’ignorance pour tenter d’approcher la connaissance de la sagesse et de la vérité »En ce sens nos rituels sont de véritables fils conducteurs.
Chevalier de Royal Arche, « je suis ce que je suis » dit le rituel, c’est-à-dire, je me connais, humble devant l’Eternel je demeure à jamais conscient que je cours un grave danger si je viens à faillir.
J’en terminerai avec une phrase de l’évangile selon Marie :
« Je suis sortie du monde grâce à un autre monde ; une représentation s’est effacée Grâce a une représentation plus haute. »
J’ai dit T F P G M
B G
Bibliographie :
Rituel du 13ème degré SCPLF
Jean BEAUCHARD, La voie de l’initiation maçonnique, VEGA, 2004
Henri BERGSON La pensée et le mouvant, PUF 1975, page 85
Roland BERMANN, Voie des lettres, Voie de sagesse, les lettres ont leur mot à dire, Dervy 2002
Albert CAMUS, L’homme révolté, Folio Essais, 1999
SAM ECHED (33ème GLRB) l’Hébraïsme, réel ou déformé dans le R E A A, 3èmeédition de 1998, à compte d’auteur.
SAM ECHED (33ème GLRB) Hébreux, Kabbalah & Maçonnerie, Conférence du 25 février2000 – RL de recherche « Ars Maçonnica » GLRB
Lucien JERPHAGNON Les Dieux & les Mots Tallendier 2004
Jean-Yves LELOUP L’Évangile selon Marie, Collections Spiritualités Vivantes, Albin Michel, 2000
Jean-François MATTEI, Platon, PUF, Collection Que sais-je ? 2005
Irène MAINGUY – Symbolique des grades de perfection des ordres de sagesse Dervy 2003 André MALRAUX, L’art et l’histoire, entretiens avec Pierre de Boisdeffre, INA, Radio France 1996 (CD audio)
Marc Alain OUAKNIN – Le Livre Brûlé
Serge POULARD Tradition Ecossaise N° 10 de Septembre 2005 Edito
Michel de SAINT GALL, pseudo, (33ème GLdF) Dictionnaire du R E A A EditionsTélétes 1996
SENEQUE, La vie heureuse, la brièveté de la vie, GF Flammarion, 2005 Claude TANNERY, L’héritage spirituel d’André MALRAUX, ARLEA, 2005