14° #411012

Je connais le cercle et sa quadrature

Auteur:

M∴ C∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
NP
A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS


ORDO AB CHAO


AU NOM ET SOUS LES AUSPICES DU SUPREME CONSEIL DE FRANCE


TROIS FOIS PUISSANT MAITRE


ET VOUS TOUS MES FFMMSS



Je connais le cercle et sa quadrature


« Je connais le cercle et sa quadrature », sujet qui peut donner le tournis mais tâchons de rester sur terre !


Tentative d’humour qui semble à priori naïve ou puérile, mais qui recèle quand même la relation problématique terre-ciel, ciel-terre.


La danse du derviche est une évocation gestuelle de cette relation : en tournant le derviche prendpeu à peu forme d’un cercle, le bras droit levé pour recevoir le divin, le bras gauche baissé pour le transmettre à la terre.


Le problème est donc de savoir mettre en relation réciproque le ciel et la terre, l’infini et le fini.


Démarche qui nous est familière puisque dès le premier degré de notre engagement, la conciliation des contraires est inscrite dans notre plan de travail.



Le REAA trace une voie : la connaissance du cercle et de sa quadrature.



Dans l’instruction du 5ème degré de notre rite, il est demandé :


« -Etes-vous maître parfait ? »


La réponse est :




Cette réponse implique que le Maître Parfait dont le Devoir, dans la continuité du 4ème degré, est d’avancer sur le chemin du perfectionnement, à la recherche de la vérité et de la parole perdue, est entré dans la connaissance d’une géométrie particulière, une géométrie traditionnelle, support symbolique de la connaissancequi est l’art du Trait.



La réponse à la question posée comporte trois termes :


1 : je connais


2 : le cercle


3 : sa quadrature



JE CONNAIS. Ce premier termedélimite la voie proposée par le Rite : il s’agit de savoir le plus de choses possibles sur le cercle et sa quadrature, par la pratique opérative ou par la mathématique-géométrie.



Mais il s’agit surtout, au-delàdes savoirs accumulés de tendre vers la connaissance de la vérité. Et c’est précisément au cours de cette quête que peu à peu se révèle quelque chose de secret, de mystérieux, d’ineffable, qui échappe à la quête qui se poursuit.



LE CERCLE.


Le premier travail du Maître Maçon au 3ème degré a été de tracer sur la planche un cercle avec ce nouvel outil qu’est pour lui le compas.



Dans le livre des proverbes (VIII 27), la Sagesse dit :


« J’étais présente lorsque Dieu disposa les cieux et qu’il traça un cercle à la surface de l’abîme. Il a tracé un cercle à la surface des eaux au point de division de la Lumière et des ténèbres. »


Le cercle est la marque du Divin, de l’unité, de la perfection divine.


Figure géométrique dont tous les points sont à égale distance d’un point appelé centre, sans commencement ni fin, le cercle est la forme parfaite symbolisant l’absolu, l’infini, représentation du principe créateur.


Dépourvu d’ornements internes, le cercle représente le tout indifférencié .On peut le considérer comme l’organisateur de la matière surgie du chaos avec la conscience du point initial.



Le cercle est présent dans le cartouche du 4ème degré ; cartouche qui peut évoquer l’itinéraire que l’initié a le devoir de suivre dans sa recherche, c’est-à-dire passer de l’étoile (quinaire) au triangle (ternaire), puis du triangle au cercle (unité).



LA QUADRATURE DU CERCLE.


Définissons d’abord la quadrature dont il est question.



Le mathématicien, devant le problème de la quadrature du cercle tente de déterminer et de construire le carré dont la surface est identique à la surface déterminée par un cercle donné. Cela revient à composer 2 surfaces, donc 2 quantités non qualifiées l’une par rapport à l’autre.


C’est une recherche mathématiquement impossible d’un faux absolu numérique.



Le but de notre recherche est l’absolu des idées traditionnelles et non l’absolu des chiffres.



Pour le Franc-maçon, la quadrature du cercle est la recherche de construction d’un carré dont le périmètre est égal à celui du cercle donné, c’est-à-dire la transformation d’une figure(le cercle) en une autre équivalente (le carré) mais de nature différente.



Je connais le cercle : c’est la connaissance acquise, d’un ordre supérieur, d’un ordre céleste.


Je connais sa quadrature : c’est la possibilité de la réalisation, de la construction d’un ordre terrestre symbolisé par le carré.



Comment entreprendre la quadrature du cercle ?



Il faut ici faire appel à l’Art du Trait qui est le support symbolique des Maitres Charpentiers ou Maçons des compagnonnages.



La pensée devenue forme est pour eux, création. L’art du trait est ainsi parfois appelé Science du trait créateur car il entraîne vers l’obligation d’une prise de conscience du sacré.



Selonun ancien tracé, la quadrature du cercle se base sur le triangle d’or.


Sur le cercle donné, on trace le pentagramme qui va définir le nombre d’or « coté du triangle d’or », qui par intersection avec le diamètre du cercle permet de tracer le carré dont le périmètre est égal à la circonférence du cercle.


La quadrature du cercle est ainsi tracée.



Pardon pour cette démonstration,« nul ne pénètre ici s’il n’est géomètre,


Mais que nul n’entre s’il n’est que géomètre »



Aussi dépassant le rationnel de la géométrie quel sens initiatique peut-on donner à cette démonstration ?



L’art du trait montre que l’on peut passer du cercle, symbole du ciel, du divin, au carré, symbole de la terre en passant par le pentagramme, symbole de l’initié, de l’homme régénéré.



Le pentagramme ou étoile à cinq branches par son tracé unilinéaire montre la « chute », descente de l’esprit dans la matière, suivie d’une lente remontée par laquelle l’esprit apprend à dominer le monde de la matière. Il s’arrête à un niveau, il stagne, c’est l’horizontale, le monde profane, mais sentant que son destin n’est pas accompli, il redescend volontairement au plus profond de la matière, c’est V.I.T.R.I.O.L., pour pouvoir remonter vers le point initial



L’initié est donc l’intermédiaire entre le ciel et la terre, « fils du ciel et de la terre » selon la formule taôiste.



« Fils du ciel » symbolisé par le compas.


« Fils de la terre » symbolisé par l’équerre.



Réaliser la quadrature du cercle, c’est passer de l’équerre au compas et démontrer l’aspiration de l’esprit humain à s’approcher du divin, à quitter le relatif vers l’absolu, à chercher le rapport entre création et créateur.



Le maître parfait connaissant la quadrature du cercle montre qu’il a accédé aux sciences et aux arts par son intelligence, intelligence qui ne peut être qu’une émanation de la cause première.



Le passage des lignes droites aux angles et aux courbes est un thème majeur dans la progression du cherchant.


Il est signifié une nouvelle fois lors de l’initiation du maitre secret portant une équerre sur le voile pour qu’elle lui «  rappelle le passage de l’équerre au compas, des lignes et des angles par lesquels l’astronome mesure le mouvement des astres ; et commencer à pénétrer dans les hautes régions de la connaissance spirituelle »



Œuvrant à la réalisation de la quadrature du cercle, on ne prétend pas à la perfection absolue mais avec de la persévérance on peut s’approcher de la courbe parfaite sans jamais l’atteindre.



Les maîtres bâtisseurs et constructeurs de coupoles ne recherchaient pas l’exactitude mathématique, tâche impossible, mais une approximation à valeur pratique, suffisamment fine pour que ce soit apparemment parfait, à la limite de la perception visuelle.



Ce symbolisme doit trouver son application dans la vie de l’initié qui doit trouver la juste mesure, qui doit concilier l’équerre et le compas.



Trop d’équerre va le confiner dans la matière, l’utilitaire, le fini, fermant la porte à l’esprit. Trop de compas va l’emporter dans l’inconnu de l’infini, de l’absolu, l’entrainant à négliger ou mépriser ses devoirs d’homme perdu dans les chimères de l’inconnaissable.



Etre un homme libéré et vouloir s’approcher de la perfection, c’est choisir, c’est se situer en fonction des circonstances et des moments, plus ou moins près du compas, plus ou moins loin de l’équerre. C’est la nécessité d’une vigilance permanente en quête d’un point d’équilibre, en quête d’un centre, d’un point créateur.



C’est ainsi que l’on peut interpréter au sixième degré l’intervention de Johaben manifestant son intérêt, son initiative, comme une utilisation excessive du compas n’ayant pas suffisamment raisonné.


Au septième degré, le prévôt et juge doit être impartial et juste (côté équerre) mais aussi équitable, s’appuyant plus sur la conviction intime de la justice naturelle donc du côté du compas.


Au neuvième degré, Johaben fait encore un excès de zèle et tue Abiram plutôt qu’utiliser la lampe pour éclaircir son raisonnement.



En conclusion,


Oscillant entre ambition et humilité, entre matérialité et spiritualité, évitant l’emprisonnement dans les angles et l’égarement dans les courbes, le chemin de l’initié placé entre l’équerre et le compas, « fils du ciel et de la terre » passe par la recherche de la réalisation de la quadrature du cercle pour poursuivre son perfectionnement, pour trouver un point de rencontre juste et parfait, reliant ciel et terre, spirituel et matériel .


Ne serait-il pas cet endroit pur et sacré qu’est le cœur ?



FF.MM.SS


T.F.P.M.


J’ai dit.



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