14° #411012

La JUSTICE, sa Nécessité, son Accomplissement – Meurtres du Maître HIRAM, et ses conséquences

Auteur:

J∴ P∴ D∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A La Gloire Du Grand Architecte De L’Univers


Ordo ab chao – Deus meumque jus


AU NOM ET SOUS LA JURIDICTION DU SUPREME CONSEIL


DES SOUVERAINS GRANDS INSPECTEURS GENERAUX


DU 33ième ET DERNIER DEGRE DU RITE ECOSSAIS


ANCIEN ET ACCEPTE




Qu’est-ce que la justice ?


Selon le « Robert », justice, nom féminin du latin « justitia » : caractère de celui qui possède un bon jugement moral et la volonté de s’y conformer ; qualité qui fait que l’on reconnaît justement, et que l’on respecte, les droits de chacun.


Du mot « justice » découle « droiture », « équité », « impartialité » « intégrité » et « probité  ».


La justice, vue de son principe philosophique et moral, reposant sur le respect du droit et de l’équité, a probablement  fondé  la civilisation et la vie sociale, qui en découlent.


Conforme au droit, à la loi morale et/ou religieuse (Deus meumque jus) elle sera acceptée par tous.



La justice a toujours évoqué des idées d’égalité, de proportion et de compensation.


L’homme juste est celui qui a la volonté de faire prévaloir le droit et la loi morale indépendamment de sa propre personne. J’aime bien cette citation de « Bergson » « Toutes les notions morales se compénètrent, mais il n’en est pas de plus instructive que celle de la justice…. »


Le mot « justice » implique son contraire l’injustice, c’est pourquoi en fonction de son implication et de ses opinions, ou même de ses sentiments, il n’est pas facile de valider l’idée de ce que chacun se fait de la Justice. Elle  désigne une décision, qui devrait être prise en fonction du  mérite et du respect de ce qui est conforme au droit d’autrui.


Elle est donc indissociablement morale et juridique .Elle est aussi un devoir pour le citoyen. Elle  régit  nos rapports avec nos semblables .Nous devons être tempérants, mettre de l’harmonie et de la mesure dans nos décisions. 


 Mais, la nécessité de cette justice humaine suffit-elle aux  maçons que nous sommes pour prendre conscience d’une justice transcendante ? Il apparaît que la notion de justice est à considérer selon deux axes principaux : terrestre et divine. La notion de justice ne dépasse-t-elle pas nos contingences et nos convictions ? Jean Giraudoux, nous le rappelle quand il évoque l’intervention divine : « Les punitions de DIEU, sont invisibles et c’est là leurs grandeurs  ». Il emploie sans doute le terme « punition », pour signifier l’intervention divine, de façon à éclairer les hommes.



Rappelons nous au 4ème degré, nous prenons conscience que « la Grande Lumière commence à paraître ». Muni de cette révélation, je dois poursuivre ma quête intérieure pour retrouver la vraie parole. Du mythe d’Hiram fondateur, je vais pouvoir développer ma démarche spirituelle écossaise.


Par conséquent, la nécessité d’une justice immanente ne nous impose- t-elle pas la question de son accomplissement ? Quelles sont les conséquences du meurtre hiramique ?


C’est par ignorance des valeurs et du respect de l’Ordre et de sa hiérarchie, c’est aussi par cupidité et par ambition que les trois mauvais compagnons assaillirent le Maître, pour tenter de lui arracher, par la force, le secret des Maîtres Maçons, sans en avoir été jugés dignes et sans avoir subi les épreuves. Leur travail n’est pas accompli. L’esprit n’y est pas!



Ces Compagnons, nous le savons bien symbolisent évidemment les poisons que sont l’ignorance, la colère, l’orgueil, la convoitise et la jalousie. Je m’attarderai sur l’ignorance, qui mérite quelques explications. Ayant le degré de Compagnon, les conjurés ont probablement de bonnes connaissances de leur métier. Mais il leur manque la connaissance du Maître, et ils essaient de l’obtenir frauduleusement. Nous voyons ici que la fourberie et la violence  sont pires que l’ignorance, lorsqu’elles cherchent à usurper un état dontle « contenu » n’a pas encore été acquis . C’est le problème de la confusion entre la forme et le fond : se revêtir de la dignité d’un degré, dont on n’a pas une connaissance vécue de l’intérieur, ne peut avoir que des conséquences catastrophiques sur l’évolution morale et spirituelle de l’individu. Les mauvais compagnons ont voulu, par conséquent  privilégier leurs «  ego  »au détriment de la recherche de la  vérité intérieure. Ils vont se rendre compte, un peu tard, des conséquences de leur échec en se privant de toute évolution dans leur démarche vers la Connaissance.


 Symboliquement, c’est l’illustration de la parole du Christ « en vérité je vous le dis : si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas il reste seul ; si au contraire il meurt, il porte du fruit en abondance »  Selon la religion, cette mort traduit la résurrection salvatrice du fils de Dieu dans la mémoire des hommes.



Pour nous Il s’agit de renaître dans le cycle vital par le passage (V.I.T.R.I.O.L.) par l’élément terre  absolument nécessaire.


La mort symbolique d’HIRAM signifie, qu’il faut vaincre nos passions, nos préjugés et nos certitudes. Je transmets ce que j’ai appris, en même temps que la vie à ma descendance. L’évolution des êtres passe par la juste connaissance de soi et nous oblige à délibérer sur nous-mêmes. La parole est perdue, et peut-être trouverons-nous prochainement une réponse à notre quête? » Car nous avons été « couronné du Laurier et de l’Olivier, emblèmes de victoire et de triomphe, prémisses des succès futurs dans notre marche vers la vérité ».


A la lumière de ces promesses,  j’aborde la justice en tant que  fondatrice de l’être, elle complète et éclaire ce que je viens d’exprimer dans la parabole du grain de blé, c’est à dire la nécessité de la mort initiatique de « celui qui sait » pour mieux renaître. Le retour sur soi est un acte salvateur face à l’injuste ego. Faute de quoi je serais dans l’incongruité de mon existence.


Dans mon 4ème voyage de Maître Secret il est dit dans mon rituel « ce que la maçonnerie te demande, c’est de promouvoir la justice », et que rien ne peut être entrepris sans amour de cette justice et de la règle qui permet l’évaluation du travail accompli .


Je dois la respecter, car il n’est pas admis de s’approprier quoi que ce soit d’une manière frauduleuse. L’enseignement que j’ai reçu me demande d’acquérir la connaissance par le travail, de marcher dans ses traces et de la servir de tout mon cœur et de toute mon âme, conformément à mon serment lors de mon passage de Maître secret.



Dans mon évolution de Maître Parfait, j’ai appris à purifier mon cœur, à dominer mes mœurs et à me conduire suivant les préceptes de la sagesse, de la justice et de l’équité.


A ce degré, j’ai aussi appris qu’il fallait mettre sa force et son espoir en DIEU, pour faire face aux épreuves futures, et pratiquer le bien.


Mes actions doivent être dictées par la justice en fonction des deux préceptes sacrés suivants : « tu aimeras ton créateur par dessus tout et ton prochain comme toi-même »



Dans le degré de secrétaire intime, j’ai transgressé le règlement pour protéger mon maître. J’ai compris que la curiosité au service d’une cause juste était utile, elle permet de se dépasser sur le chemin de la vérité.


Dans ce septième degré, se poursuit l’étude du mythe de la construction et de la justice immanente, je suis TITO, prince des HARODIMS chargé de veiller sur les architectes du Temple.


 Je dois rendre la justice en toute objectivité et équité, recherchant la vérité en toutes situations. Le Prévôt et Juge que je suis doit concilier les oppositions afin de rendre un verdict juste. La balance, comme nous le savons est symbole d’équilibre et d’exactitude. On retrouve en elle le symbole du niveau du second surveillant en Loge symbolique.


Je suis juste et inflexible, je rends à chacun ce qui lui revient, je me conforme à la loi du principe. Je rends la justice pour tous les ouvriers sans préjugé ni partialité.



En recevant le degré d’Intendant des Bâtiments, je continue d’exercer la justice et de rectifier ma conduite.


Me voici élu des neuf. Dans les degrés, dits de « vengeance », peut-on considérer que ma vengeance est une justice rendue équitablement ?  Le sort m’a désigné, Je suis déterminé à faire preuve de courage afin d’accomplir mon devoir. Je suis envoyé en temps que chef des neufs élus, à la recherche des assassins de notre Maître HIRAM, afin que justice soit rendue.


Mais en fait, je ne suis pas prêt à exercer la justice contre tous les traîtres à la maçonnerie, car pour cela je dois étouffer tout sentiment d’affection et de sensibilité excessif symbolisé par cet esprit de vengeance pour ne privilégier que celui de la justice. C’est ce que m’enseigne le rituel.


 Symboliquement je dois aller à la recherche des imperfections en moi-même, afin de les extirper; chaque être humain pour se perfectionner doit trouver et anéantir les mauvais compagnons qui sommeillent en lui.


Je comprends alors le poids de mon inconscience et de mon individualisme. J’ai abusé et profité du pouvoir qui m’a été donné, sans penser aux pulsions  et aux contingences de mon ego. Je dois devenir Maître de moi-même.



Nombreux sont ceux qui désirent la justice, mais qui la connaît ? L’Echelle de Jacob nous éclaire.


Il n’est pas ici-bas de pire tragédie que cette faim et cette soif de la justice, unies à l’ignorance absolue de ce qu’est la vraie justice. Aucun sentiment n’a suscité plus de folies et de ruines que la soif « aveugle »de justice…. . Cette justice, dont le chiffre symbolique est 8, c’est notre conscience, au sens le plus élevé, c’est aussi le nombre de l’équilibre cosmique et central……… de l’infini et de la Lumière.


Ce premier Ordre de sagesse fait régner la justice. L’Ordre étant rétabli, il me faut poursuivre dans la recherche de la vérité, rassembler ce qui est épars, et retrouver la Parole perdue. Je dois me maintenir dans le chemin de la droiture, de la justice, et de la vérité.


Dans le degré d’Illustre élus des quinze j’assiste à l’accomplissement de cette justice par la punition des coupables. Au onzième degré, Sublime chevalier élu,  justice étant faite je deviens homme vrai en toutes circonstances.


Je dois continuer la construction de mon Temple intérieur. Je suis Grand Maître Architecte, je veux et je construis. Revenu à une plus grande sérénité, j’aborde l’élaboration du plan intérieur et spirituel de mon Temple.



Mon regard se tourne vers le Haut, le Dieu principe puisque le Génie parle et que ma volonté d’être est libérée de mes contingences.


Grand Maître Architecte, je veux et je construis. Revenu à une plus grande sérénité, j’aborde l’élaboration de mon plan spirituel en conscience…


Dans le 13ième degré du Chevalier de royal Arche, je redescends en compagnie de GUIBULUM au cœur même de mon être. Tel ENOCH, je recherche à rétablir mon rapport au Divin oublié et indispensable à ma quête de la parole et de la vérité. Progressant laborieusement, porte après porte, nous retrouvons confiance et découvrons de nouveaux secrets intérieurs. Cependant, sous l’influence de notre élan parfois trop enthousiaste, malgré la découverte du nom ineffable, le Tétragramme sacré, logé au centre de ma propre pierre je transgresse une nouvelle fois. Par la triple  solidarité , nous réussissons à échapper aux conséquences irrémédiable de notre manque de jugement. Je dois être véritablement responsable de ma quête, même avec le secours des autres. Voila ma  « leçon » Il me reste à méditer sur l’idée d’absolu, d’infini, du Principe  « ENSOPH » . Ces notions vont progressivement prendre place au cœur de moi-même. La légende de ce degré a libéré m’a pensée. Devant cette expérience vécue au plus profond de moi, j’appréhende la nécessité de reconstruire mon Temple. C’est un combat permanent sous l’influence lumineuse de la présence divine. Il me faut transformer cet épisode en une manifestation vertueuse. L’alliance contractée a glorifié mon devoir d’homme juste et bon, qui cherche continuellement à se perfectionner.



Ce quatorzième degré marque le rétablissement de la justice et de la récompense après un  combat intense sur mon « ego ».



Conclusion


L’esprit de justice est présent dans l’acte de fraternité comme dans celui de la charité.


Le REAA n’entend pas seulement  le mot justice dans le sens de justice des hommes. Elle lui associe la justice divine qui la transcende. « Ce que la maçonnerie te demande, c’est de promouvoir la justice ». La justice est une vertu cardinale. A chacun de s’y référer pour être en règle avec l’idée de DIEU . La  justice  divine est toujours tempérée par la clémence. Comme la lumière, elle est présente dans tout le parcours maçonnique que je viens  d’accomplir, du 1er au 14éme degrés, et ses deux notions parfaitement intégrées me projettent plus encore vers une voie plus spirituelle . La justice, vertu première (Platon) qui commande aux autres (courage, tempérance, prudence) est prégnante ; Elle figure à ce titre dans l’emblème de l’Ordre du Saint-Empire avec l’Aigle bicéphale tenant le Glaive dans ses griffes.



J’ai dit.



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