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Quelle est la signification de la mort de Galaad ? Comparez-la à celle d’Hiram
N∴ M∴
J’aimerai d’abord dire deux mots sur ces deux morts qui sont en fait, comme nous le savons, deux sacrifices. Le sacrifice rituel est peut-être le thème le plus porteur pour l’homme qui est à la découverte de soi-même, des mystères de son existence. Le sacrifice est une étape essentielle du chemin de l’initiation. Le thème du sacrifice est présent directement ou indirectement dès le premier degré lors de l’initiation au moment de la scène du parjure. Il est au second degré à travers l’histoire du mot Chibbolette, mais il prend au troisième degré une grande ampleur avant de réapparaître au neuvième et au dixième pour accompagner à nouveau le développement spirituel du maçon. Bref, « toute descente, ou redescente en soi, appelle un combat, nécessite un sacrifice et s’achève, si le parcours initiatique a été mené comme il faut, par une nouvelle conquête de soi ».
Au troisième degré nous apprenons la notion du sacrifice poussé à l’extrême pour défendre notre idéal. Le rituel nous dit : « l’idéal de la franc-maçonnerie est l’accomplissement du devoir porté jusqu’au sacrifice ».
Nous constatons d’abord que la mort d’Hiram met fin aux degrés de la Loge bleue, et celle de Galaad met fin aux degrés de perfection. On peut se demander pourquoi ces degrés se terminent- ils par la mort ? Comme je l’ai un peu signalé plus haut, il faut un sacrifice, un évènement sacrificiel d’une résonance importante pour chaque progrès sur la voie initiatique.
Hiram meurt dans l’accomplissement du Devoir porté donc jusqu’au sacrifice, réalisant ainsi l’idéal de la franc- maçonnerie. Galaad le fait également. Les deux meurent pour avoir refusé de dévoiler un secret.
Hiram fuit ses meurtriers ; il refuse en fait de les reconnaître, reconnaître ses défauts. Galaad ne fuit pas mais n’affronte pas les barbares, il attend sa mort. C’est pour cette raison je pense que Hiram est glorifié dans nos Rituels alors que Galaad ne l’est pas.
Hiram meurt par meurtre alors que Galaad n’est pas assassiné, mais les deux se sont sacrifiés.
Et si la mort d’Hiramest une obligation, la mort de Galaad est une acceptation, une mort volontaire. Néanmoins, elles sont toutes les deux indispensables pour continuer le parcours initiatique et poursuivre la quête spirituelle.
On peut considérer que la mort de Galaad est l’accomplissement de la maîtrise d’Hiram, puisque le degré de Maître est accompli au 14ème. Mais Hiram et Galaad sont bien sûr un seul personnage : c’est moi, c’est nous à des périodes différentes de notre vie maçonnique.
Les deux morts constituent un nouveau pas, une nouvelle étape dans une aire spirituelle plus approfondie. Ainsi, après la mort d’Hiram le Maître maçon commence à chercher le mot des Maîtres puis la Parole Perdue et ce dans les Hautes Sphères de la spiritualité selon le Rituel. Après la mort de Galaad qui signifie la destitution du temple matériel et la fin de l’attachement à la matière, commence également pour le G.E.P.S.M. la construction du temple spirituel.
La mort d’Hiram est la conséquence d’une erreur, celle de Galaad aussi. Hiram n’a pas vu ou n’a pas voulu voir ses erreurs (L’ignorance, le fanatisme et l’ambition déréglée), et Galaad n’a pas compris que le Temple à construire et à défendre n’est pas un Temple matériel mais spirituel. Cela est une chose étonnante venant de la part de quelqu’un qui est le chef des Lévites, gardiens des Rites. En réalité, ce que veut nous dire cette histoire c’est que quelque soit notre position sociale ou spirituelle il ne faut pas tomber dans l’idolâtrie. Et c’est ce qui est arrivé et à Galaad et à Salomon. Rappelons nous que
Galaad adorait et contemplait le Nom Ineffable, quant à Salomon, la destruction du Temple est la conséquence de son idolâtrie. Partant de là, nous pouvons dire que ces deux morts symbolisent une possible régression et nous mettent en garde. Les maçons, à quel niveau qu’il soient, ne sont pas à l’abri d’une déchéance (nous en connaissons tous)à l’instar de Salomon, symbole de sagesse, et qu’on croyait à l’abri de tout.
Hiram et Galaad ne voyaient pas bien encore l’intérieur d’eux-mêmes. Ce manque de vision juste de leur intérieur est à l’origine de leur mort. Je pense que cela est symbolisé par le fait que les deux morts se sont passées à l’intérieur du Temple, le Temple matériel. Hiram n’a pas vu les trois mauvais compagnons à l’intérieur de lui-même, et Galaad n’a pas vu que le trésor qu’il gardait était en lui et non pas une chose matérielle à l’extérieur. La preuve symbolique en est que le Nom Ineffable a été martelé, la Pierre d’agate brisée et l’Arche d’Alliance ainsi que la plaque d’or et les Tables de la Loi ont été enfuies.
Enfin, Hiram renaît selon le Rituel en la personne du Maître exalté ; je suppose que Galaad renaîtra aussi d’une manière ou d’une autre en la personne du G.E.P.S.M. puisque notre Rite nous dit que la mort est suivie d’une renaissance, et qu’il faut toujours reconstruire et progresser dans une autre dimension.