La Voûte Sacrée
Non communiqué
Ordo ab chao
Sous les auspices du SDCF
La voute induit spontanément l’idée du céleste, (on pense de suite à voûte céleste), puis dans un second temps à la Crypte, la grotte, la caverne qui furent les premières habitations de l’homme. La voûte étoilée, c’est l’infini et les étoiles, en Loge Bleue c’est l’ouverture d’esprit vers laquelle nous devons aspirer : la lumière.
La voûte au sens large rejoint le symbolisme de la caverne, lieu de refuge, c’est la matrice origine de la vie, le retour au sein maternel et aux origines. C’est un lieu d’ensemencement, de gestation, un lieu de ressource avec la terre mère, ou germe et se développe l’œuf du monde. La caverne a été le berceau de l’humanité balbutiante.
La voûte construite par l’homme, reproduit la notion de caverne, de grotte naturelle qui pouvait servir suivant l’époque, de refuge, de lieu de vie ou de réunion. Il semble que les premières voûtes construites l’ont été dans une idée de « protection » plus mystique que matérielle. Elles furent édifiées dans un cadre « funéraire », tumulus ou hypogées pour conserver l’esprit ou la mémoire des morts. Un oculus peut se trouver au sommet de la voute, destinée à l’origine au passage de la fumée du foyer, dans le cas d’une sépulture il sert à la sortie de l’âme du défunt. Symboliquement par cette ouverture passe le fil à plomb du Grand Architecte, mais aussi la lumière.
Notre parcours initiatique dans le REAA nous a déjà mis à l’épreuve dans des lieux souterrains : impétrant dans le cabinet de réflexion, au 9ème degré la caverne ou Johaben fait justice, au 13ème degré c’est Guibulum qui pénètre dans les entrailles de la terre.
Les légendes du 13ème et 14ème font référence à des lieux souterrains, Arche pour l’un Voute pour l’autre. Examinons les légendes de ces deux grades qui terminent le cycle de Perfection.
Lors de la fin des travaux du Temple de Jerusalem, Johaben, Stolkin, Guibulum en fouillant les gravats découvrent une trappe carrée en pierre.
« Avec beaucoup de travail et de peine », la trappe est finalement ouverte, ils découvrent une cavité obscure. Curieux ou un peu plus courageux, Guibulum se propose pour y descendre à l’aide d’une corde. Il descend, mais arrive dans la 3ème crypte, il tire sur la corde pour être remonte, et devant le refus de ses compagnons pour prendre sa place, il redescend plus profondément, jusqu’à la 6ème crypte, mais le doute l’envahit de nouveau, et il doit remonter à la lumière. Puis muni d’un flambeau à la 3ème tentative, sa persévérance le conduit à la réussite, sous la 9ème arche grâce aux rayons du soleil qui prennent le relais de son flambeau éteint par une chute de gravats de la voute, il découvre la plaque d’or gravée, les signes représentant le Nom ineffable. Avec ses compagnons le tout est remonte, remis à Salomon accompagne d’Hiram roi de Tyr, qui font le signe d’admiration. En récompense de leur zèle et de leur constance, ils furent crées Chevalier de Royal Arche. Salomon expliqua aux trois Chevaliers que Dieu avait promis à Noé, Moise, et David que son nom Véritable serait découvert, grave sur un triangle d’or, avec interdiction de l’écrire, de le prononcer, seulement l’épeler. Cette promesse est accomplie. Cette descente est un véritable voyage intérieur, aux limites extrêmes de nos capacités, de nos doutes. Elle nous fait comprendre que les périodes de régression succèdent parfois aux périodes de progression, mais chaque étape nous transforme.
Pour Guibulum cette descente commence son aventure d’intériorisation. Il descend par trois fois, franchissant 3, puis 6, puis 9 voutes. Le nombre 9 c’est le carré de 3, nombre qui représente la Perfection. Les trappes sont un oculus central, ainsi la descente peut se faire à la verticale, axe qui va du Zénith au centre de la terre. Son seul repère est la lumière qui parvient jusqu’à la 9ème arche à travers les ouvertures mais elle se rétrécit de plus en plus. Il descend à la verticale dans les entrailles de la matrice. Pourquoi remonte-t-il, pour faire partager l’aventure ases amis ? A-t-il besoin de retrouver des repères ?
Ce n’est pas seulement la réussite de Guibulum, mais c’est le résultat d’une démarche collective, ses compagnons qui tiennent la corde, qui l’aident à descendre, à remonter. Puis ensemble sous la 9ème arche ils découvrent tous les trois une crypte contenant la Pierre d’Agate sur laquelle est fixé le triangle d’or qu’ils ramènent à la surface. C’est l’action d’un groupe qui permet de franchir les épreuves, qui permet de progresser. C’est une communauté qui partage les mêmes croyances. Les hésitations, les reculades, le doute font partis de notre chemin initiatique. Nous sommes reliés par une corde symbolique avec nos compagnons, avec l’aide de nos Frères nous franchissons les obstacles. Puis Salomon et Hiram de Tyr mettent le précieux trésor en sureté sous le sanctuaire du Temple, dans la crypte creusée par ENOCH, ils appelèrent cette crypte « Voute Sacrée ». Salomon reçut les plus vertueux des Chevaliers de Royal Arche pour les investir du degré de Perfection. Il leur fit jurer de vivre en Paix, en union, en concorde, de pratiquer les devoirs de charité et de bienveillance. La justice et l’équité étant le fondement de leurs actes. De punir la trahison, la perfidie, l’injustice. Il leur remit à chacun un anneau d’or symbole de l’alliance contractée avec la Vertu et les hommes vertueux. Mais Salomon oublia la bonté de Dieu et se laissa aller à la licence en adorant les idoles. Dieu pour le punir inspira Nabuchodonosor le roi de Babylone qui détruisit Jerusalem, rasa la cité et le Temple, et déporta les Juifs en captivité.
Les GEPSM défendirent courageusement la ville mais devant le nombre, ils voulurent éviter que la Voûte sacrée soit pillée. Ils retrouvent dans la Voûte Sacrée le corps de Galaad son gardien, qui préféra être enseveli sous les ruines du Temple plutôt que de révéler l’existence du précieux trésor.
Retrouvant le triangle d’or scellé sur la pierre d’agate, ils martelèrent le Nom sacré pour le rendre illisible. La plaque d’or ainsi que les tables de la loi furent placées dans l’Arche d’Alliance, puis enfouit dans un puits de 27 pieds de profondeur. Ainsi seule la mémoire des GEPSM permettra de transmettre à la postérité le nom ineffable, ils quittèrent Jérusalem, se dispersèrent parmi les nations pour enseigner la vérité de l’art Royal.
La Voûte Sacrée c’est l’endroit « le plus sacre de la terre » qui préserve la tradition des frères. Car pour y accéder le Parfait et Sublime Macon a contracté une alliance avec la Vertu et les hommes vertueux. Elle contient la lumière divine vers laquelle nous devons tendre, c’est un lieu sacré, mystérieux, propice à la méditation, à l’introspection. Salomon personnage central de notre rituel depuis l’initiation, symbole de la Perfection au début, dont on perçoit au cours des degrés l’évolution, devient au fil du temps un être excessif. Pour devenir au 14ème degré la cause de la destruction du Temple, de Jérusalem, de l’exil et de la captivité de son peuple. C’est la découverte sous la Voute Sacrée de l’éclatant Delta Divin, mais aussi du sacrifice exemplaire de Galaad. Puis la douleur, en martelant le Nom Sacre, c’est l’abandon de l’élément matériel au profit d’une obligation de mémoire pour la transmission à la postérité. Le précieux trésor est maintenant dans le cœur des GEPSM, le Delta gravé est dans la crypte de notre temple corporel. Désormais hors du Temple détruit, le GEPSM change de statut, il parcourt les nations de la terre afin de leur enseigner la Vérité de l’Art Royal, il vient d’acquérir un statut sacerdotal, la prise de conscience que son rôle était moins de construire des édifices que de rassembler des hommes.
J’ai dit T F P G M