14° #411012

Le triangle d’un or le plus pur

Auteur:

R∴ D∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
la vallée de Genappe

VITRIOL, premier contact brutal avec mes sombritudes, première descente dans la matrice, dans le cabinet de réflexions, premiers pas vers le centre de moi-même à la recherche de la materia prima en présence d’une faible lumière.

Deuxième arrêt, deuxième mise en garde alors que trop confiante, je continuai à cheminer sereinement, les 3 mauvais compagnons en moi ont fait surface et m’ont fait chuter dans la tombe.

Nouvelle naissance de la Maîtresse que je suis devenue grâce à la présence lumineuse de l’acacia.

Je poursuis mon chemin pour à nouveau être violemment confrontée à ces démons que je croyais, cette fois, à jamais disparus, éradiqués ; dans la caverne, je suis Johaben, se reposant tranquillement malgré ses méfaits. Mais qui étais-je, pensant que j’avais atteint la Perfection, la Connaissance et croyant que le travail touchait à sa fin ?

Grossière erreur dont j’ai pris conscience en descendant dans le puits attirée par cette lumière dorée, par ce triangle d’un or le plus pur sur lequel était gravé le nom ineffable, à la recherche d’une autre vérité.

Pourquoi un puits sur les ruines du temple ?

Pour le découvrir, je dois m’enfoncer au centre de ce puits, lieu de rencontre de mes forces opposées, du non manifesté au manifesté, de l’éternel au temporel, de la non forme à la forme, du microcosme au macrocosme, de l’alpha à l’oméga, symbole de l’éternité, du temps des origines comme de celui de la fin.

Je dois regarder où tout commence et où tout fini, c’est-à-dire en moi. Et pour y trouver quoi ?

Ce puits m’invite à effectuer un passage d’un monde à un autre, pour que je puisse me mettre enfin au monde. Mais attention, ce passage va m’exposer au risque de me perdre dans les profondeurs du néant. Je suis revenue à mon fil à plomb.

Mon travail ne consiste plus à regarder vers l’infini, la surface, le connu, mais à regarder vers le fini, le fond, l’inconnu, passer de l’extérieur à l’intérieur et m’intérioriser profondément, descendre par cette échelle de corde, qui rappelle le mouvement d’une vis sans fin, qui tourne autour d’elle même et qui avance sans avoir l’impression de se déplacer, signe d’un travail sans fin comme celui que je dois produire désormais sans en donner l’impression.

Cette descente doit se faire en me concentrant sans faiblir, sur un axe invisible qui passe par le cœur et l’amour, dans le difficile don de soi qui consiste à braver la méchanceté de l’ignorance, plutôt que de renoncer à la recherche de la vérité.

Ici, sous terre, je ne suis plus tout à fait la même qu’au début de la descente ; je deviens la lumière même, éclairant mon intériorité que je peux observer et par la même tenter de comprendre la pensée créatrice, le centre de l’IDEE.

Pourquoi ce triangle d’un or le plus pur sur lequel est inscrit le nom ineffable ?

Iod Hé vav Hé, est-ce là le centre de l’idée, est-ce en moi que je vais le trouver ?

« IOD », première lettre du tétragramme, lumière illuminant « tout ce qui vient au monde », germe de toute chose contenue au sein de la terre.

HE ה  représentant la Terre dans laquelle le Yod doit se matérialiser ; période de formation interne, de gestation.

Le VAV ז  représentant le résultat de l’action du Yod sur le Hé ; élément actif, celui qui recueille la potentialité du Yod et la transforme en actes avec un recommencement perpétuel du cycle, le deuxième Hé. De la même façon que les fruits contiennent les graines d’un arbre futur, le deuxième Hé contient les graines de nouvelles réalisations, le non manifesté en attente de manifestation.

Même si le réel demeurera sans cesse insaisissable, variable, changeant, multiple, furtif ; même s’il restera toujours un mystère non-résolu, malgré mon inquiétude, je me dois de descendre encore plus loin, toujours plus loin, de poursuivre mon voyage de Malkut à Kether, vers ce rayon de lumière de plus en plus intense éclairant le centre du triangle d’or.

Peut-être y trouverai-je l’harmonie avec la nature universelle de toutes choses et du Principe Premier en moi.

C’est là que je pourrais commencer à pénétrer le secret de la vie, cheminer vers l’Unique puisque nous sommes tous de l’Unique, d’une cellule originelle qui répercute des cellules à l’infini.

Le voyage se fait par paliers et chacun de ces paliers sera un nouveau départ vers une nouvelle « terra incognita », je ne pourrai accéder au suivant qu’en ayant compris et intégré le précédent. Comme Tubalcaïn, il me faut posséder le monde en travaillant mes métaux pour découvrir cet or sans aucune impureté.

Ce triangle d’or symbolise l’éternelle lumière de la Connaissance émanant du Grand Architecte de l’Univers.

La pointe de celui-ci m’évoque une montée de l’esprit hors de la matière, long processus alchimique avec sa série d’épurations et de transformations qui doit me permettre d’aller de la transmutation physique d’un métal vil, en or lumineux, voie vers la connaissance de mon être véritable et intemporel.

Cet esprit contient en soi une infinité d’idées à peine esquissées qu’il travaille à exprimer et à formaliser. Tout est déjà là, certes, mais il n’en faut pas moins un effort d’attention pour que j’en prenne véritablement conscience.

Je dois transformer mon plomb en or, passer de la putréfaction à la dissolution pour rassembler ce qui est encore épars, sortir de mon chaos intérieur, rechercher le principe unificateur de toutes mes dualités pour me recomposer et retrouver mon unité primordiale. L’or que je recherche est celui de l’illumination ou du moins d’une transcendance de ma conscience.

Peut être m’approcherais-je de la Connaissance du grand mystère de l’existence, yod he vav hé, dans ma quête du chemin vers moi vers la part la plus authentique de mon Etre pour arriver à mon Essence.

Je ne cherche plus à expliquer et à justifier en faisant appel à mon savoir et à mes émotions mais j’accepte d’intégrer ce qui « est » et de faire « Un avec ce qui est » en m’ouvrant à plus grand. J’ai le sentiment se m’ingérer dans un ordre naturel régi par une loi supérieure, d’intervenir dans un processus secret et sacré.

Au centre du cercle, au centre de gravité du triangle, au centre du monde, au centre de moi, je deviendrai le créateur et la création en essayant de tendre vers l’Unité lumineuse dans cette matrice obscure de l’utérus prénatal, siège de l’inconscient de ma conscience.

Je suis à la fois le matériau et le démiurge du grand œuvre.

Je suis en plein cœur des profonds et inexplicables mystères de la vie et du monde, ces mystères auxquels j’ai pour mission de me mesurer pour trouver l’immensité de l’être que je suis car je suis ce que je suis mais je ne sais pas qui je suis. Je cherche. Et je chercherai jusqu’à cette dernière mise au monde qui se réalisera dans les entrailles de la terre, cette même terre mère nourricière dans laquelle je finirai par être enfouie lors de ma mort terrestre. Peut-être alors réintégrerais-je la nuit cosmique, Ain soph, au delà-de ce qui est.

Mon travail d’initiée m’amène à cultiver sans cesse ma part de lumière, car c’est là que se situe ma propre essence, ma part divine, et ce, dans le but de contribuer à participer à la construction d’une société humaine libre et responsable.

Le monde extérieur n’étant que la projection de la lumière intérieure de chaque homme combinée au sein de l’humanité, j’espère contribuer par le travail sur ma conscience individuelle à éclairer un tant soit peu la conscience collective de l’humanité.

Je pense que plus la conscience collective de l’humanité sera éclairée, plus le monde extérieur sera lumineux.

J’ai dit T F P

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