Réflexion sur les trois stances de la fin du 4° voyage qui se trouve dans le rituel de passage au 4° degré
Non communiqué
« Malheur à ceux qui aspirent à ce dont ils sont indignes
Malheur à ceux qui veulent assumer une charge qu’ils ne peuvent pas porter
Malheur à ceux qui acceptent légèrement les devoirs et qui ensuite les négligent. »
Je vais vous faire part maintenant des émotions et des réflexions qui sont apparues suite à la lecture de ces phrases. Tout d’abord, il est vrai que lorsqu’on subit un rituel, on est dans un état où tout n’est pas compréhensible de prime abord, ensuite lorsqu’on assiste en spectateur, actif ou passif selon qu’on tienne un office ou pas, on se concentre non pas sur le rituel, mais sur le comportement du F qui subit ce rituel. Donc, jusqu’à présent, je n’avais pas bien saisi le sens de ces phrases, et ce qui m’a profondément marqué, c’est cette répétition du mot « malheur ».
Ce mot qui appelle une malédiction, me
dérange énormément chez nous en M
où nous dit-on on doit faire preuve de tolérance
et de fraternité. Que peut il donc bien vouloir laisser
entendre, qu’à ce degré, tout le monde est
soupçonné de quelque méfait, ce
pourrait que des FF arrivés à ce
degré ait pu tromper la vigilance des Maîtres
Parfaits pour arriver à leur fin ? Oui
peut-être, car cette stance me rappelle le fait que notre M
Hiram fut assassiné par trois compagnons qui
espéraient justement à s’approprier les mots et
les attouchements des Maîtres alors qu’ils n’avaient fini
leur temps, alors qu’ils n’en étaient pas dignes. Et
là nous voyons la première malédiction
qui fut pour eux, comme nous le voyons dans notre rituel du 9°
degré d’être à leur tour
assassiné.
La deuxième stance
Malheur à ceux qui veulent assumer une charge qu’ils ne
peuvent pas porter. La Maçonnerie comporterait-elle des
charges si importantes, si convoitées ? Quelles sont ces
charges qui pourraient nous valoir les foudres de nos FF des
degrés supérieurs. Là, ce qui m’est
venu directement à l’esprit, fut l’éclatement qui
survint au sein de notre propre obédience. La bataille au
pouvoir et aux degrés, qui serait le détenteur de
ces pouvoirs et qu’en ferait-il ? À ce moment là
je pensais n’avoir rien compris à la maçonnerie,
et j’étais sur le point de démissionner, car pour
moi, les FF qui se trouvaient dans les degrés
supérieurs, étaient des personnes plein de bon
sens et de sagesse, ayant dépassé leur ego et qui
pouvaient transmettre non pas de futiles degrés, mais leur
expérience de la vrai fraternité et la recherche
de la vrai connaissance (la gnose). Mais par la suite, grâce
à certains FF, des FF Apprentis qui venaient juste de
rentrer et qui me demandaient si je réalisais que ma
démission ne serait qu’une fuite, un échec pour
moi. Et c’est ainsi que refaisant mon chemin à l’envers,
redescendant la spirale je me suis rendu compte que je devais passer
outre tous ces problèmes et travailler d’avantage avec les
outils qui et les FF dont j’avais la charge. Les questions qui
surgirent ensuite me firent comprendre que le chemin à
parcourir était à parcourir tout seul.
Lorsque j’entrais en Maçonnerie, il m’a souvent été donné d’entendre de « vieux Maçons » dire « nous ne sommes que d’éternels Apprentis » ou encore cette phrase que l’on retrouve dans notre rituel du 13° degré « on n’est pas initié, on s’initie soi même ». Donc le parcours du M est bien solitaire, s’il n’a que les outils que l’on à bien voulu lui donner, le chemin qu’on à bien voulu lui montrer, c’est à lui et lui seul d’assumer la charge qu’il à décidé de pendre. Et cette charge, n’est pas de gravir les degrés à tous prix, mais bien une charge d’évolution de son être, la taille de sa pierre brute, d’arriver à enlever les voiles qui lui cachent la vérité, c’est de découvrir son moi profond et enfin de reconnaître que toutes les erreurs commises son du à son ego et qu’il faut non pas le détruire, mais arriver à le maîtriser, car une fois reconnu l’ego en tant qu’impermanent, la lumière divine lui fera reconnaître sa nature réelle.
Quant à la troisième stance, malheur à ceux qui acceptent légèrement les devoirs et qui ensuite les négligent. M’a fait réfléchir au chemin que doit parcourir un Profane jusqu’à son initiation, et de l’initiation jusqu’à la Maîtrise. Lorsqu’un profane arrive en Maçonnerie, il doit être présenté par un Parrain, et je pense que cette tache n’est pas sans rapport avec cette stance. Son parcours, son épanouissement va être en grande partie du à ce parrain qui va être pour lui un modèle (comme un enfant pour parvenir à l’âge adulte va prendre comme modèle ses parents) ou un père spirituel.
Ce rôle de Parrain ou de Maître guide n’est donc pas un simple symbole. Le Maître qui accepte ce rôle, qui accepte cette charge, doit mûrement réfléchir car son devoir va être d’amener ce profane à se dévoiler, à se montrer sous vrai jour, à ôter sa carapace pour pouvoir atteindre la vraie lumière. Mais pour ce faire, il lui faut un Maître qui lui même à atteint un niveau de maîtrise no pas sur le plan de la connaissance vulgaire du savoir livresque, mais sur un plan beaucoup plus élevé, sur un plan où son ego n’a plus d’emprise sur lui, et c’est cet aspect de sa personne, même s’il se sent plus faible, qu’il lui faudra montrer. Car il n’est pas là pour montrer sa supériorité, car pour être un bon guide il faut parfois s’avoir redescendre pour se mettre au niveau de celui qui l’écoute, et là il sera un bon instructeur. C’est à ce moment là que le disciple pourra lui faire confiance et ressentira le besoin de se rapprocher de son Maître pour ne former qu’un avec lui et avec ses enseignements.
Pour que la Chaîne d’union se perpétue dans le temps, le principal devoir, peut-être l’unique devoir des Maçons, est de faire des Maçons. Car il n’est qu’une joie réelle en ce monde, c’est celle que l’on donne autour de soi. Après avoir écrit ces réflexions, je suis revenu sur un mot de ces trois stances :
Malheur à ceux qui aspirent à ce
dont ils sont indignes,
Malheur à ceux qui veulent assumer une charge qu’ils ne
peuvent pas porter,
Malheur à ceux qui acceptent
légèrement les devoirs et qui ensuite les
négligent.
Ce mot Malheur qui revient comme une litanie et qui fait
référence à une malédiction
nous en retrouvons plusieurs versets similaires dans la Bible. Esai
5.21. Malheur à ceux qui sont sages a leurs yeux, Et qui se
croient intelligents ! Habacuc 2.6. Malheur a celui qui accumule ce qui
n’est pas à lui ! Mathieu
18.7 Malheur au monde à cause des scandales ! Car il est
nécessaire qu’il arrive des scandales ; mais malheur a
l’homme par qui le scandale arrive !
Mais ici c’est le Seigneur Jésus Christ qui prononce la
sentence. En franc maçonnerie qui va bien pouvoir juger et
condamner ? Lorsque nous prenons ces engagements, de charge ou de
devoir, nous ne savons pas réellement si nous pourrons
l’accomplir de façon correcte ou même si nous en
sommes dignes. Car nous sommes là pour chercher et
progresser. C’est une quête que l’on mène et qu’on
tente de conduire du mieux possible, sans savoir où se
situent la frontière du bien et du mal et pour cause,
puisque c’est justement ce que l’on recherche !
Dans ces conditions la naïveté fragilise certaines
personnes et peut les mettre à la merci du premier
initiateur venu, d’autant que certaines vivent cette quête de
façon parfois douloureuse et consentent de grands
sacrifices, allant même jusqu’à abandonner le cas
échéant tout leur avoir, confort ou
bien-être. D’ailleurs, ne serait- ce que pour cette seule
raison, on ne doit jamais juger, rejeter ni condamner celles qui se
sont trompées ou ont été
trompées.
Je me suis ensuite amusé à calculer le nombre du
mot Malheur, celui-ci en numérologie vaut 6, mais comme je
n’ai que des connaissances restreintes en ce domaine, je ne vous
citerai que quelques passages recueillis sur ce nombre.
Représente l’imperfection ou l’antiperfection, le
péché, le Mal, selon la Bible. Mais il est aussi
le nombre de l’épreuve, du travail et de la servitude dans
la loi hébraïque, qui ordonnait de travailler
pendant six jours, d’ensemencer la terre pendant six ans et qu’un
esclave serve son maître pendant six ans.
Chiffre de l’homme-animal, l’homme « avec
la queue », encore à la prise
avec ses passions, étant non conscient de sa
divinité. Mais il est aussi considéré
comme étant tout simplement le chiffre de l’homme car c’est
le sixième jour que Dieu créa le couple humain
(Gn 1,26).
Nombre parfait, selon Thibaut De Langres. Notre Seigneur fut
conçu au sixième jour, naquit au
sixième âge et fut crucifié le
sixième jour – le huitième
âge correspondant à la béatitude qui
suivra la résurrection des corps.
Que 6 est le produit du premier nombre pair par le
premier impair et qu’il est considéré que tout
nombre pair est féminin et tout impair est masculin. Sa
forme est une courbe continue sans angle, sans trait. C’est l’amour
total. Il est presque spiral, il s’apprête à aller
vers l’infini. 6 est également la forme du fœtus
en gestation. Signe de la médiation entre le principe et sa
manifestation. Chiffre de l’indécision et du choix qui
s’impose.
Dans la Bible :
· Les six jarres dans lesquelles l’eau fut
transformée en vin par Jésus aux noces de Cana.
(Jn 2,6)
· Les six jours pris par Dieu pour créer la
création, selon la Bible et le Coran. (Gn 2,2; Coran 10,9 et
32,3)
· C’est au chapitre 6 de la Genèse que Dieu
annonce le Déluge. Et en 6,6 nous lisons :
« YHWH se repentit en son cour d’avoir
fait l’homme sur la terre et il s’irrita en son cour ».
· Valeur numérique de la lettre
hébraïque Waw, reliant l’actif au passif,
représentant le rapport du Moi au Non-Moi. Cette lettre a la
forme d’un crochet, d’un clou, d’un lien. On peut également
voir dans cette forme « le lien ou le
crochet d’attache qui lie et enchevêtre en courants
d’idées, toutes les opinions ; c’est l’homme qui se rend
libre par le travail ou esclave par la paresse ».
Poussons un peu plus : Selon certains Kabbalistes, le
principe du mal à surgit au moment où la
création s’est séparée du Monde
d’Emanation. Mais le mal n’est pas toujours ce qu’il parait
être. Il y a diverses sortes de mal. La forme la plus haute
est la volonté du Moi, représenté par
l’archange Lucifer qui s’est rebellé contre Dieu. Il se
manifeste à travers les Mondes comme le principe qui
« sait » toujours mieux que
les autres, et on le retrouve à tous les niveaux dans la
fierté et dans l’arrogance. Ensuite dans le rôle
du Tentateur, il exécute l’une des plus
méprisables tâches de l’existence. Si l’homme veut
éliminer de lui le mal, ses desseins
égoïstes, ses désirs, il ne doit rien
faire pour s’en écarter, car il existe une loi dans la
nature, dans la création, selon laquelle l’homme, en raison
de son égoïsme, ne peut pas supporter ce qu’il
ressent comme un mal pour lui.
Au moment où il prend conscience que son
égoïsme est un mal qui lui cause des dommages
irréparables qui peuvent lui faire perdre sa vie
spirituelle, éternelle, l’homme s’éloigne
automatiquement de cet égoïsme, comme la
flèche fuse de l’arc. S’écarter de quelque chose
de mal ne représente pas beaucoup de difficultés.
Le véritable travail de l’homme consiste
à ressentir les dommages causés par ses
désirs égoïstes au point qu’ils rendent
impossible sa vie. Pour parvenir à le comprendre, il lui
faut ressentir le spirituel comme un
« Bien ». En étudiant
la Torah et les Commandements pour se perfectionner spirituellement,
l’homme commence à ressentir son égoïsme
comme un mal pour lui. Quand l’homme prend conscience du mal dans sa
pleine mesure, il s’en écarte aussitôt. C’est ce
que signifie « fais le bien ».
En conclusion, je dirais que chacun possède le fruit de ses
ouvres, et la pauvreté n’est que l’aiguillon du travail,
c’est à cause de l’ombre que nous pouvons voir la
lumière, c’est à cause de la peine que nous
sommes sensibles au plaisir. Le mal est donc pour nous le commencement
du bien.