16° #413012 Décors du Grand Conseil des Princes de Jérusalem Auteur: Non communiqué Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué A La Gloire Du Grand Architecte De L’Univers Deus Meumque Jus Rite Ecossais Ancien et Accepté Ordo Ab Chao Au nom et sous les auspices du Suprême Conseil de France Liberté – Egalité – FraternitéT C F Président de l’Aréopage et vous tous mes F en vos grades et qualité, le titre de la colonne gravée, qui m’a été demandé de vous présenter s’intitule « Décors du Grand Conseil des Princes de Jérusalem » (sujet n°7 du Suprême Conseil De France), pour une éventuelle nomination au 30ème degré. Dans l’instruction du 15ème au 18ème degré se trouve celui du 16ème degré -Prince de Jérusalem – ou Chef des Loges régulières qui décrit les décors du Grand Conseil de cette façon « l’Occident, qui représente la cour de Darius, roi de Babylone est tendu de rouge. Devant son trône, sur une table carrée, sont disposée une épée nue, une balance, une main de justice et un rouleau de parchemin. L’Orient représente à Jérusalem, la cour de Zorobabel, roi de Judée. Ses tentures sont de couleur aurore. Devant son trône, sur une table triangulaire, sont placés une épée nue, une balance, un bouclier, un sceptre et un chandelier à cinq branches… Le Grand Conseil se tient dans un Temple séparé en deux parties par une arche qui représente le chemin de Jérusalem à Babylone ».Revenir sur soi pour continuer à se perfectionnerLe décor reflète ici l’habillage du temple au 16ème degré, représentation du monde extérieur, du macrocosme au microcosme. Au premier abord, nous faisons face à deux visions différentes, qui pourraient opposer dans la gouvernance les deux rois au vue de leur place (face à face) et de leurs attributs dans le Temple.D’un coté le roi Darius, de l’autre coté le roi Zorobabel. Comment pourrions-nous interpréter ses deux décors et comment s’effectue le passage de l’un à l’autre, puisque le Temple est séparé en deux parties, l’arche servant de chemin de passage de Jérusalem à Babylone. La table carré servant comme autel des serments en loge symbolique et la table triangulaire se déclinant comme l’autel de serment de la loge de perfection est une invitation pour le Chevalier de rose croix en devenir de passer du monde matériel au monde spirituel, par un effort d’ascension. Quel est la signification de chacun des outils qui vont lui permettre de parcourir ce chemin ?C’est ce que nous allons développer tout au long de cette colonne gravée, mais peut-être que les deux principaux outils, avant d’aller plus loin sont la balance et le bouclier. La balance utilisée par les deux rois est le symbole de l’équilibre et de la justice, incitant l’initié parvenu au 16ème degré à travailler avec harmonie ses aspects matériels, nécessaire à la stabilité d’être humain et en même temps de stimuler son état spirituel, qui devrait à présent commencer à mieux guider ses futures actions.Le boucler quant à lui est un symbole de protection et de défense. À l’image du tablier d’apprenti, il peut servir de carapace plus efficace à protéger l’initié des mauvais compagnons, qu’il va affronter avec de plus en plus de pugnacité dans le combat spirituel qui s’annonce. Peut-être pouvons-nous en déduire, que les deux rois se complètent dans leur fonction, dont l’initié peut-être plus ou moins l’un ou l’autre.Le roi Darius dénommé Souverain des souverains commande le roi Zorobabel (vassal du roi perse). Ce dernier se déplace de l’orient vers l’occident, pour chercher l’édit du roi Darius inscrit sur le rouleau de parchemin, pour pouvoir continuer la reconstruction du Temple (2nd temple). De son coté, Darius en suivant la tradition hérite des recommandations de Dieu par l’intermédiaire de son prédécesseur Cyrus, en protégeant les hébreux sous peine de mourir.Maçon libre à son retour d’exil de Babylone, après avoir combattu par l’épée nue (sorti de son fourreau), prête à être utiliser à chaque instant, pour se protéger et couvrir aussi ses Frères. Armé d’une truelle au 15ème degré, pour se reconstruire (nous sommes une colonne vivante en nous élevant vers les hauteurs) C’est notre deuxième combat pour combattre aussi l’ignorance grâce à l’épée. Le Prince de Jérusalem doit continuer à faire ses preuves pour un troisième combat contre les samaritains en retraversant le pont pour revenir à Babylone. Cette liberté obtenu par la force physique et mental lui permet de distinguer le vrai du faux, les vrais maçons des faux maçons, indépendamment de sa richesse matériel mais selon sa vertu c’est-à-dire la constance, le travail ininterrompue qu’il accorde à la réalisation du bien. Ce chemin ne peut être assimilé à un nouvel exil. C’est une épreuve de plus, pour cerner son cheminement spirituel. Ce pèlerinage reste une épreuve : tout au long de ce voyage éprouvant (La distance entre Jérusalem et Babylone étant, en ligne directe, de 900 kilomètres) semé d’embuche, il ne sait comment cela va se terminer. L’arriver à Babylone s’apparente ensuite à une méditation sur la beauté matérielle de cette cité, oeuvre de l’homme : du jardin suspendu de Babylone, une des 7 merveilles du monde aujourd’hui disparu, et d’autres constructions de l’homme…le système défensif de Babylone, constitué de plusieurs enceintes englobant ses différentes parties. Un premier ensemble de murailles plus fortes englobe la ville intérieure de part et d’autre de l’Euphrate. Ailleurs, en Europe, plus tard l’église cathédrale, puis simplement « cathédrale » en référence à la « cathédra » le siège à haut dossier d’où l’évêque préside l’assemblée, alors que le Vénérable Maître est assit dans la Chaire de Salomon. Ses divers styles d’architecture extérieure et intérieure se sont succéder dans le temps avec pour objet l’harmonie des édifices. Voilà l’initié-architecte en phase avec son environnement, comme le bâtisseur de cathédrale.C’est notre perfectionnement matériel que l’on utilise comme outil et non comme finalité. Rester à Babylone s’apparentera à l’interruption provisoire de son cheminement initiatique. Le prince de Jérusalem peut douter avant de continuer sa marche. Un arrêt provisoire s’impose. Par ailleurs, le mauvais compagnon qui sommeille en chacun peut rompre son perfectionnement moral et spirituel en s’y attardant trop et en se préoccupant de sa cupidité Le récit de la Tour de Babel, rapporté dans la Genèse, renvoie à Babylone évoque comment les habitants de la ville de Babel, érigèrent une tour avec pour but d’atteindre le Ciel, mais comment l’Eternel les empêcha, en les dispersant, multipliant les langues pour qu’ils ne se comprennent plus. Nous sommes à la fois prince de Jérusalem, roi de Judée de part notre vigilance, en suivant le chemin du retour vers Jérusalem.La boucle est faite, c’est une victoire sur les passions. Cela indique que le peuple a besoin d’un bon guide, pour ne pas verser dans la licence comme le Roi Salomon jadis. Les dirigeants -le Rois Darius et le Roi Zorobabel -nommé « Très équitable Prince » au 16ème degré de par leurs qualités morales et intellectuelles afin de prendre de bonnes décisions, doivent aussi rester éveiller en ayant en tête le coq du cabinet de réflexion, en prenant en compte les avis des conseillers, les deux Grands Gardiens nommés « Très éclairés Princes » ainsi que Néhémie, considéré comme le principal maître d’oeuvre de la reconstruction des murailles de Jérusalem, alors qu’Esdras, ce prêtre exilé, a mis l’accent sur la loi mosaïque, où la punition collective est banni au profil de punition individuelle (Roi 2 : chap14, verset 6). Ce voyage dans le temps utile pour le Prince de Jérusalem que nous sommes, perpétue la démarche de nos prédécesseurs. Travaillant dans le monde profane (Babylone) représenté par la table carrée se rendant au Temple (Jérusalem) représenté par la table triangulaire, puis revenant à Babylone de nouveau pour faire face au monde réel, le Prince de Jérusalem, grâce à ses allers-retours met en pratiques ses valeurs morales en ce monde violent.Le Prince de Jérusalem combat non plus 03 mauvais compagnons mais bien plus, comme nous le constatons entre Jérusalem et Babylone contre les samaritains. La cour tendu de rouge de Darius, Roi de Babylone nous rappelle les combats de tous les instants auxquels doivent s’attendre les Princes de Jérusalem. Sacrifier les mauvais compagnons, les faux frères samaritains du 21ème siècle afin de se construire spirituellement reste la mission ultime du Prince de Jérusalem. Mais comment peut-il s’y prendre ?Valeurs nobiliaires du Prince de Jérusalem :Le Prince de Jérusalem est un voyageur de l’intemporel, issu d’une triple ascendance hébraïque, nobiliaire (prince et roi David), c’est un initié élu qui utilise d’autres formes de persuasion, pour rallier ses éventuels adversaires en agissant justement, sagement, tout en pardonnant facilement (miséricordieux). Chevalier d’élite des temps moderne, son épée de combat se mut en engagement de par ses actions dans le monde profane et dans le Temple par son ardeur et son zèle, en utilisant les attributs de commandement :La main de justice : utilisé par les rois de France lors de la cérémonie du sacre est une verge, symbole de commandement. La main de justice du roi, qui fut dite de Charlemagne, Le roi de France étant classiquement comparé à David depuis Charlemagne, la fausse étymologie de David qui signifierait « main forte » donnée par saint Jérôme et encore connue en 1300, suggérerait que la main de justice est un sceptre davidique (le roi David de l’église Sainte-Bénigne de Dijon porte d’ailleurs une main de justice 3). Long de 0,591 m avec une main de 7 cm, ce sceptre court fut envoyée à la casse par la Convention nationale. Lors de la cérémonie du sacre, la main de justice était remise après le sceptre, dans la main gauche du souverain. D’autres souverains que le roi de France ont utilisé la main de justice : les rois de Navarre et d’Écosse au XVIème siècle ; le duc de Lorraine (lors des obsèques de Charles III de Lorraine en 1608) ; Napoléon Ier, Louis-Napoléon roi de Hollande, Jérôme-Napoléon roi de Westphalie, Joachim-Napoléon roi des Deux-Siciles ; les empereurs du Brésil au XIXème siècle ; l’empereur Augustin Ier du Mexique ; les rois des Belges depuis 1830. L’intégration mentale de la main de justice par le Prince de Jérusalem accentue son rôle temporel et spirituel de par le sceptre, ce bâton ornemental tenu par le monarque, un des symboles du pouvoir et de la royauté. C’est aussi la représentation de la puissance et de l’autorité suprême que Dieu confère au chef, alors que le bouclier et l’épée sont utilisés par le chevalier.La cérémonie d’adoubement symbolique requiert de la part du Prince de Jérusalem un engagement moral incluant la bravoure, la fidélité au suzerain donc au Souverain Grand Commandeur et la loyauté dans la défense du Rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA). Le chandelier à 5 branches lui permet d’accentuer son action sur terre et spirituellement dans cette notion d’équilibre.Le prince de Jérusalem ne peut toutefois avancer tous seul. Depuis sa sortie d’exil, c’est la providence (la volonté Divine) qui lui a permit de se libérer de ses chaines avec d’autres Frères. Les 05 envoyés du Roi Zorobabel à Babylone, en revenant à Jérusalem ne rencontrent plus d’obstacle. Leur persévérance à sans doute payer bien que leur travail ne pouvait être nécessairement récompensé. En gardant dans leur coeur le plus saint nom des Noms, le prince de Jérusalem se sent protéger en accomplissant ses fonctions de chef du peuple. Cette fonction sacerdotale de Prince spirituel, lui permet de gouverner avec équité, en rendant la justice grâce à la balance.Conclusion :De ce face à face entre le Roi de Babylone Darius et le Roi de Judée Zorobabel, retenons la complémentarité du monde terrestre et spirituel faisant un avec l’univers. Les tentures de couleur aurore de l’Orient annonce une prochaine victoire de l’esprit sur la matière dans sa démarche initiatique. L’aurore est la lumière qui précède le levé du soleil. Le prince de Jérusalem se dirige t-il vers l’orient à reculons dans un premier temps, puisque son regard se dirige vers l’occident (Babylone) où il se cherche avant de se retourner vers l’Orient définitivement représenté par la Jérusalem céleste et lui-même comme étant le Temple, en triomphant des ténèbres, annonçant d’autres combats à venir, en s’apparentant à une libération future celui du chevalier d’orient et d’occident au 17ème degré, et de chevalier rose croix au 18ème degré.J’ai dit T C F P de l’Aréopage.CR C H R A Bibliographie :Rituel du Premier degré symbolique, Edition 2012 Grande Loge De France. Rituel du Deuxième degré symbolique, Edition 5991, Grande Loge De France. Rituel du Troisième degré symbolique, Edition 5991, Grande loge De France. Rituel du 4ème degré, Edition 2009, Suprême Conseil De France. Rituel du 5ème au 9ème degré et du 10ème au 12ème degré, Edition 2000, Suprême Conseil De France. Rituel du 13ème degré et du 14ème degré, Edition 2000, Suprême Conseil De France. Rituel du 15ème degré au 18ème degré, Édition 2001, Suprême Conseil de France. La Bible, Société biblique de Genève, 2007. Le fabuleux héritage des empires disparus, Hors-série Sciences et Avenir, avril-mai 2016. Les secrets des cathédrales, Les Cahiers Science & Vie n°164, octobre 2016. Navigation des articles Planche Précédente "Il m’a été donné de travailler ce matin sur la légende du 16ème degré" Planche Suivante "Jérusalem"