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#415012
Le bonheur du CH R+C
J∴ C∴
De quoi s’agit-il ? Avons-nous bien fait attention à ces quelques mots ? Eh bien, c’est tout simplement la question d’ordre qui nous y amène :
Je cite : Q – « Êtes-vous CH R + C ? »
Et la réponse est : R – « J’ai ce bonheur. »
Alors, se pose une première interrogation : Qu’est-ce que le bonheur ? Je trouve une réponse parmi tant d’autres : « Le bonheur est un état durable de plénitude et de satisfaction, état agréable et équilibré de l’esprit et du corps, d’où la souffrance, l’inquiétude et le trouble sont absents. » Elle me parait assez significative mais en même temps banale.
J’aurai pu aller chercher dans le grand nombre d’autres sources qui s’offrent à nous et il n’y a pas eu de hasard car, rapidement, je suis tombé sur un personnage que j’ai toujours apprécié ;o) : Il s’agit d’Épicure (3ème s. av JC) qui donne cette définition : « Le bonheur est le plaisir de l’âme (sérénité) qui naît spontanément de la satisfaction des besoins naturels et nécessaires, dont les deux plus importants sont, outre la sécurité et la santé, la sagesse et l’amitié ». Et il rajoute : « Il est impossible d’être heureux sans être sage« .
A ce stade, comme dans toutes planches, il ne nous suffit pas de nous cantonner uniquement dans les définitions profanes des mots mais bien de nous plonger dans la spiritualité maçonnique que nous vivons en allant surtout au degré auquel nous présentons notre travail. Et si d’un coté mon esprit n’est pas neutre avec EPICURE, j’ai le sentiment que sa définition du bonheur liée à la sagesse se rapproche de notre démarche de Ch + R C. De plus, le titre de notre Président, TRES SAGE semble en être une confirmation symbolique : Car, comment être heureux, avoir du bonheur si on n’a pas un minimum de sagesse ?
Étudions d’abord ce qu’il en est au niveau du bonheur dans la Première partie de la Tenue d’Initiation au dix-huitième degré :
Le Très Sage s’adresse aux Chevaliers d’Orient et d’Occident que nous avons été : « Vous allez voyager en ce lieu où règnent la Paix, la Sagesse et l’Amour ». Puis nous avons été guidés pour nous faire découvrir, lire, prononcer, expliquer nos trois vertus théologales : FOI, CHARITE et ESPERANCE. Voilà, à mon sens, des éléments symboliques qui peuvent nous mener au bonheur. Quand le Très Excellent Chevalier Grand Gardien nous a dit « Grâce à l’Espérance, l’humanité a toujours tendu vers le Bien ». Puis quand le Très Excellent Chevalier Second Grand Gardien nous rajoute au sujet de la Foi :« C’est la lumière qui éclaire l’esprit ». Ensuite, le Chevalier Elémosinaire concernant la Charité nous indique : « étymologiquement, a le même sens que le mot Amour » puis, « La Charité nous porte dès lors à nous identifier par un acte d’amour à tout ce qui vit ». Et enfin, le Très Sage nous explique : « L’Espérance nous guide et nous soutient, la Foi nous anime et la Charité nous unit ». Il convient aussi de noter que dans le serment que l’on prête, nous prononçons : « Je promets d’aimer mes Frères ».
Là, si on fait un bilan partiel à la fin de la première partie de notre Initiation au 18ème, avec ces concepts et ces vertus, commence donc à apparaitre un mot important pour expliquer notre Bonheur : C’est l’AMOUR.
Étudions maintenant la Deuxième partie de notre réception au dix-huitième degré :
Au début, nous sommes sensé avoir affermi notre cœur et libéré notre esprit après nous être dépouillé de nos impuretés et avoir brisé les chaînes des passions et des préjugés.
Ensuite, nous avons parcouru l’Orient et l’Occident, le Septentrion et le Midi pour chercher la Parole perdue. Puis, après avoir entendu la voix mystérieuse et surtout ses derniers murmures, nous les avons enfermé, en les ayant tracés en caractères ineffaçables, dans un coffret du métal le plus pur. Enfin nous avons épelé ce contenu, qui est le Mot Sacré, au Très Sage, ce qui généra ensuite l’un de ces moments forts de fin de Rituels d’Initiations et chez nous au 18ème degré, l’illumination de l’Etoile flamboyante et l’enlèvement des voiles que nous portions.
Intéressons nous maintenant, à notre vie que je pourrai qualifier de courante de Ch + R C dans le Temple : Je le ferai sous forme de différents rappels de notre symbolisme liés au Bonheur.
Tout d’abord notre signe d’ordre, signe dit du Bon Pasteur signifie que nous renfermons dans notre cœur la paix et l’Amour.
Ensuite, « Nous portons un large cordon rouge, couleur du soleil et de la lumière à son foyer, symbole de l’Amour ».
Par ailleurs, « La Rose est le symbole du secret, de la régénération » et surtout de l’Amour.
Dans Le Souverain Chapitre où nous nous réunissons, règne la Paix, la Sagesse et l’Amour. Normalement, nous nous dirigeons « vers la Vérité, le Beau, le Bien, car » nous aspirons à nous élever vers la Connaissance.
Le Rituel de Suspension de nos travaux nous mène vers la Cérémonie de la Cène où nous nous approchons d’une table fraternelle pour rompre et partager le même pain puis boire dans la même coupe « afin de resserrer les liens d’Amour qui nous unissent » nous dit le Très Sage. Voilà encore un élément de notre Bonheur et si notre esprit est correctement formaté, il nous rappelle plus loin, que notre but est de « Combattre l’ignorance, le fanatisme et l’ambition pour faire régner à leur place le dévouement, la charité et la vérité. »
Autre élément important, les paroles des Officiers au moment de l’extinction et surtout la ranimation des Lumières lors de notre Fête Pascale ; Et plus particulièrement celles du très Sage lors de la fin de l’extinction : « restons indéfectiblement fidèles à l’espérance de rédemption par l’Amour. »
Mais le point le plus important qui participe aussi symboliquement à notre bonheur me semble se trouver dans les différences entre les éléments concernant « l’heure du Parfait Maçon », pour la Reprise puis la Suspension de nos Travaux. En dehors du fait que lors de la Reprise c’est le Très Excellent Chevalier Premier Grand Gardien qui la donne, pour la Suspension, c’est le second ; Et, chaque point est mis en opposition dans un ordre inverse:
A « la Parole fut perdue », nous trouvons en réponse « Le moment où la Parole est retrouvée » qui nous redonne la Force et la Vigueur pour affronter le monde profane après la Suspension de nos travaux.
Si « la pierre cubique sue sang et eau » à la Reprise, elle se change « en Rose mystique ».
« L’étoile flamboyante s’est éteinte » pour reparaître « dans toute sa splendeur ».Là, n’oublions pas son illumination de la fin de notre Initiation.
« Les outils de la Maçonnerie furent brisés » puis, ont repris leurs formes antérieures.
Enfin à « L’heure où le voile du Temple s’est déchiré, où les ténèbres et la consternation se répandirent sur la terre. » Nous trouvons« les ténèbres sont dissipées, la lumière est revenue dans tout son éclat » : Là, il y a une référence à l’enlèvement des voiles en fin de notre Initiation au 18ème degré ; mais cela me rappelle aussi celle du 4ème et même du 1er degré où le voile est là beaucoup plus opaque.Et enfin et surtout, à la fin de l’heure du Parfait Maçon, le Très Excellent Chevalier Second Grand Gardien nous dit : « la nouvelle Loi doit régner désormais dans les travaux du Souverain Chapitre. »
Donc symboliquement à la Reprise des travaux, nous trouvons la tristesse, la détresse, la désolation, tout est négatif et, à la Suspension, nous trouvons le plaisir, la joie, le retour à une situation convenable, bref, le BONHEUR, thème de la présente planche. Mais, vous me connaissez, et je ne peux m’empêcher de retrouver là aussi, dans la dualité et sous une forme qui peut paraître plus avancée, le symbole du 1er degré auquel je suis toujours très attaché, le Pavé Mosaïque.
Je rajouterai enfin que ce thème de l’heure du Parfait Maçon me semble intéressant en guise de thème triennal et votre avis m’intéresse.
En conclusion, dans les définitions profane du mot Bonheur que j’ai souligné au début de la présente planche, je note que ce concept de l’Amour n’est pas là mais pour nous Ch R + C, si l’on devait résumer, synthétiser les raisons de notre Bonheur de participer au travaux du 18ème degré, ce n’est que par notre Loi, celle de l’AMOUR. J’y rajouterai que le Bonheur n’a de sens que s’il est partagé.
En ayant fait quelques recherches historiques sur cette question d’ordre, il semble qu’à l’origine, selon le contexte, notre devoir était d’œuvrer au bonheur de l’humanité, et non au notre. Il y aurait là aussi de quoi creuser le sujet car finalement dans notre démarche, n’est-ce pas effectivement celui des autres qui est le plus important ?
Mais, l’autre question est de relier cette notion de Bonheur dans notre thème triennal « Entre tradition et modernité » ? Je suis resté « sec » tout au long de mes recherches et écrits mais au moment de la conclusion, je n’ai plus le choix, il faut que je me jette à l’eau ;o) Là c’est la 3ème phase de notre thème qui me sauve « Les dualités, la conciliation des contraires, la démarche vers l’Unité » : Parmi les synonymes du mot tradition, il y a surtout le mot transmission, donc quelle chose, coutume, rituel, etc. qui nous vient du passé ; Or dans le passé comme dans notre monde moderne mais aussi dans le futur, pour former une unité, il y aura toujours des dualités, des oppositions. Là où nous nous devons de travailler sans relâche, et pour revenir sur le sujet de ce soir, là où nous avons le bonheur d’effectuer cette tâche, c’est d’essayer le plus possible de concilier ces contraires, ces dualités ; Et pour y parvenir, il n’y a que l’Amour qui ne peut que nous mener vers Unité.
Et je terminerai par quelque chose que j’aime toujours et que je vous ai déjà fait vivre sous d’autres formes, à savoir quelques citations sur le Bonheur ;o) :
» Le bonheur, c’est pas grand chose … Juste du chagrin qui se repose » Léo Ferré
« Le bonheur n’est pas le fruit de la paix, le bonheur c’est la paixmême. » [Alain]
« Le plus grandsecret pour le bonheur, c’est d’êtrebien avec soi. »[Bernard Fontenelle]
J’ai dit