18° #415012

Le signe du Bon Pasteur

Auteur:

G∴ D∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

A la Gloire du Grand Architecte de L’univers
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo ab Chao
Au Nom et sous les Auspices du
Suprême Conseil de France
Liberté-Egalité-Fraternité

C’est avec une certaine confiance que j’ai choisi ce sujet sur la liste proposée par notre Très Sage. Confiance vite fragilisée par la maigreur de mes recherches bibliographiques ; notre rituel étant également peu disert sur le sujet.

J’ai donc repris le schéma classique de l’analyse du titre pour enfin progresser dans ce travail.

Signe : La position des bras croisés sur la poitrine me suggère, dans un premier temps, la symbolique de la cuirasse du chevalier.

Frêle armure qui protège le cœur en même temps qu’elle préserve l’intimité de chacun comme un précieux trésor qu’il ne faut pas exposer sans une profonde réflexion. Cette intériorisation individuelle ramène vers soi et nous unifie ; il n’est que de constater lorsque nous exécutons ce signe, combien il fait physiquement « chaud au cœur » au sens propre du terme.

Si, dans ce contexte, on admet que le chevalier porte un agneau nouveau né contre sa poitrine, cette chaleur de notre part animale n’en est que renforcée.

Nous répétons à l’envie : « Je ne suis qu’éternel apprenti » qui est le plus souvent compris comme un signe d’humilité et d’absence de prétention sur notre savoir et à plus forte raison sur notre maigre Connaissance malgré les années.

A ce stade de notre cheminement nous devrions également intégrer l’espérance de ces renaissances successives qui nous offrent le vaste champ de purification de l’adulte que nous sommes dans ce parcours sans cesse renouvelé du nouveau né à l’homme mûr.

Donc protection personnelle qui se double de celle de notre pureté et innocence symbolisées par le frêle animal dont nous avons désormais la charge.

Protéger, mais aussi domestiquer la part animale qui est en nous afin qu’elle ne nous domine jamais au risque d’être soudain confronté à la violence d’une fureur démoniaque dont l’année récemment passée nous a donné trop d’exemples dramatiques.

J’ai « subi » récemment, pour le plaisir de mon petit fils, le nouvel Opus de la Guerre des Etoiles ; film sans intérêt sauf pour des aficionados avérés.
Je n’en ai retenu que le célèbre côté obscur de la force symbole du bélier porteur d’une force non réfléchie qu’Abraham a dû sacrifier sur le Mont Moriah. Soyons donc attentifs au devenir de notre agneau afin qu’il ne se transforme pas en mâle brutalité indomptable.

Sur notre chemin de quête personnelle, ce signe pourrait paraitre exclusivement fermé et quasi égocentrique.

Heureusement, le rituel dans son paragraphe « attouchement » prévoit, après les salutations d’usage que le signe d’ordre, tourné vers soi devienne un signe de réciprocité quand il se tourne vers l’autre.

Nous livrons ainsi à l’autre notre part animale, alors que nous recevons la sienne avec le souci de trouver dans cet échange la préservation de notre innocence réalisant l’union de nos énergies dans le combat contre l’animalité.

Nous sommes donc solidairement protégés et accueillis dans nos fragilités et nos forces dans un nuage exceptionnel d’amour et de confiance qui permet la sincérité, sans crainte de jugement, tout à fait inusitée dans le monde profane.

Signe d’uniformisation aussi qui, au-delà de notre vêture ou de notre ancienneté maçonnique, nous ramène à notre condition de cherchant que nous sommes tous ici.

Signe de croix également, croix en X, dite croix de Saint André, car c’est sur cet engin de torture que le Saint aurait fini ses jours, selon les imagiers du Moyen Age.

Le point d’intersection se situant au niveau du cœur, il ne s’agit plus d’un symbole d’élévation mais plutôt d’équilibre de deux forces, l’une matérielle et l’autre spirituelle qui se rencontrent en ce qui constitue le centre le l’homme.

Le bras droit sur le gauche montre clairement que notre force doit être utilisée pour protéger nos sentiments et plus généralement que la force de l’’homme protège la voie du cœur.

Un auteur fait remarquer que les bras ainsi croisés forment une sorte de sautoir dont la signification, si on le complète par la tête qui domine, reprend le symbolisme des étoiles portées par les Trois grands piliers des premiers degrés : la Sagesse préside, la Force soutient et la Beauté orne.

Les mots « Bon Pasteur » désignent une fois de plus Jésus qui les applique à lui-même. La parabole bien connue qui porte ce nom proclame : « Je suis le Bon Pasteur ; le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis » Jean X ; 1-16.

Rappel aussi du testament philosophique et des serments de l’initiation où l’engagement est pris de sacrifier sa vie en cas de nécessité.

Comme je l’ai déjà dit, je suis partiellement en charge d’une famille de 14 personnes Irakiens chrétiens réfugiés.

Ce rôle de « Bon Pasteur » ne cesse de m’interroger ; je suis « ipso facto » dans la position du Bon, généreux, charitable, voire riche par rapport à ces gens démunis. Au-delà des difficultés de la langue se pose le problème de la juste distance ; ces réfugiés sont médecins ou pharmaciens donc socialement dans une classe équivalente à la mienne.

Ma générosité parfois envahissante n’est pas exactement adaptée à leur situation et les aider, sans les froisser dans leur dignité, ne m’est pas chose facile. Sans oublier que la fierté moyenne orientale n’est pas un vain mot. Ce ne sont ni des agneaux nouveaux nés, ni des brebis égarées mais déracinées. Je voulais exprimer ici cette difficulté car elle se produit parfois au sein des ateliers où l’abord de Frères au front soucieux n’est pas toujours aisé.

Pour les prophètes, les bergers étaient ceux qui gouvernaient et les brebis les gouvernés. Cette phrase fait revivre à ma mémoire mon grand père paternel, modeste ouvrier papetier, sachant peu lire et écrire, mais qui bénéficiait du titre pompeux de gouverneur. Ce qui signifiait qu’il avait la responsabilité d’une énorme machine qui vomissait des kilomètres de papier destinés à l’impression des magazines qu’il ne pouvait pas lire.

Jésus, l’initié, celui qui connait chaque brebis de son troupeau par son nom guidera le troupeau dans la bonne direction. Je cite encore : « Je suis la porte des brebis » Jean X- 7 ; ce qui incite à penser que celui qui s’intéresse au message christique prend la bonne porte.

Rappel aussi de la célèbre parabole de la brebis égarée (Matthieu XVIII-12), lorsque le berger laisse dans la montagne les 99 brebis pour aller chercher celle qui manque. Une lecture littérale l’applique à celui qui « sort du droit chemin ».

Nous ne devons pas laisser un seul de nos instincts animaux s’égarer hors du chemin où nous voulons aller. Il faut le ramener et cela causera plus de joie, car ce sera une victoire sur soi, facilitée par le fait que nous connaissons de mieux en mieux nos instincts, comme Jésus connait ses brebis.

L’Ecclésiaste conclut avec sagesse :

« Je vois qu’il y n’y a de bonheur pour l’homme qu’à se réjouir de ses œuvres, car c’est là sa part. Qui donc l’emmènera voir ce qui sera après lui ? »

Pensée fort maçonnique puisque nous ignorons ce qu’il aura après son existence, sinon les traces de nos actes. Alors agissons, conformément à notre conscience, nous n’avons que çà à faire.

J’ai dit.

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