Les temps sont proches
S∴ A∴
Il est temps pour moi mes frères C+R de vous présenter le sujet de la colonne gravée symbolique que m’a demandé de traiter notre Très Sage Athirsata : Les Temps sont proches. J’ai souvent entendu prononcer cette expression qui correspond dans notre rituel à l’heure d’ouverture des travaux au 17ème degré du grade de Chevalier d’Orient et d’Occident.
Pourquoi prononcer cette phrase à cet instant précis ? Elle est certainement liée au passé du Chevalier d’Orient et d’Occident qui réunit à présent toutes les conditions pour voir, entendre et même peut-être dire autre chose que son vécu lui a permis de vivre à ce jour. Le temps a donc fait son œuvre chez le Chevalier d’Orient et d’Occident et cela augure des lendemains dont je ne sais s’ils chanteront mais on pressent qu’il va se passer quelque chose. Je vais donc aborder dans ce travail symbolique les notions de temps rattachées au vécu du Chevalier d’Orient et d’Occident, de maturité, notion qui m’a été suggérée par mon Premier Grand Gardien, dire quelques mots sur le livre de l’Apocalypse de Jean, tout en sachant que les évènement qui y sont décrits se déroulent entre l’ouverture des travaux, les temps sont proches thème de mon travail, et la fermeture des travaux, il n’y a plus de temps et qui débouche logiquement sur la notion d’éternité qui constituera ma conclusion.
Le mot temps est issu du latin tempus, temporis qui signifie moment ou quelque chose se produit ou encore moment propice à quelque chose ce qui cadre parfaitement et vous en conviendrez je pense au contenu initiatique du 17ème degré. Le temps peut être mesurable et donc limité dans sa durée mais aussi indéfini et universel. Au cours des degrés successifs et cela jusqu’au seizième le Chevalier d’Orient et d’Occident a été soit initié soit instruit et a consacré un temps au travail dont la durée et l’instant ont toujours varié. Je vais vous épargner de vous citer ces différentes périodes consacrées au travail mais je vous rappellerai simplement qu’il n’y a qu’au 6ème degré, celui de secrétaire intime, que les heures d’ouverture et de fermeture des travaux ne sont pas précisées. Quoi qu’il en soit, à chaque degré, la durée du travail est précisément chiffrée dans le temps ou indiquée d’une façon qui nous permet d’évaluer une période qui lui est consacré.
Le grade de Chevalier d’Orient et d’Occident est le grade charnière si je puis dire du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Pour le confirmer nous voyons qu’il y a d’une part seize degrés avant et seize degrés après et d’autre part nous avons aussi les indications données sur les temps d’ouverture et de fermeture des travaux : Les temps sont proches et il n’y a plus de temps. L’enseignement initiatique de ce degré le justifie également car il y a un avant et un après. Dès le début de sa quête l’initié qui est devenu Chevalier d’Orient et d’Occident a entrepris un voyage intérieur qui l’a conduit à affronter différentes épreuves qui ont ainsi permis de révéler plusieurs facettes de sa personnalité. Curieux, courageux, zélé, impétueux, parfois vengeur et empreint de l’esprit de sacrifice il s’est appliqué à achever le Temple dont le Respectable Maître Hiram avait entrepris la construction. Par deux fois, aidé de ses frères, il l’a relevé en vain pour être détruit à nouveau. Le constat qu’il en fait alors provoque chez lui une prise de conscience. Ce n’est plus par et dans le matériel qu’il peut avoir un rapport avec Dieu. Il lui faut trouver un autre moyen, mais comment ?
Ce constat est assez désarmant tant il a mis d’application et d’énergie sur le chantier. Les prémisses de la nouvelle orientation qu’il doit prendre à présent et ce définitivement apparaissent déjà après le meurtre de Maître Hiram. Il avait perçu ce besoin dans la poursuite de l’édification du Temple matériel dédié à Dieu d’avoir une approche spirituelle qui lui aurait permis d’une part de le terminer et d’autre part de s’enrichir et de se parfaire. Ce ressentiment, ce besoin va se confirmer au fur et à mesure qu’il va affronter les différentes épreuves pour terminer avec une épée dans une main et une truelle dans l’autre. Mais est-ce que cela peut vraiment continuer ainsi ?
Si les temps sont proches à présent c’est que l’heure est venue de moissonner, car la moisson de la terre est mûre (Apo. 14-15). Mais il n’y a pas que la terre qui est mature. Le Chevalier d’Orient et d’Occident l’est également et sa maturité se traduit par le fait qu’il réalise d’une part qu’il lui faut travailler exclusivement sur un autre plan et d’autre part que la conquête dans laquelle il s’est engagé c’est sa propre conquête. C’est son propre combat qui va aboutir à la révélation de son être profond, de son visage intérieur, en fait, la révélation discrète du cœur de l’homme. C’est la fusion entre l’homme intérieur et l’homme extérieur. Ce voyage qu’il accomplit au bout de lui-même le porte vers une transcendance qui aboutit à cette révélation intérieure qui va dans le sens de notre quête initiatique : faire la synthèse de tout ce qui est épars et rechercher notre lumière, notre divinité intérieure. Cette lumière a toujours été présente en nous immatérielle et invisible. En revanche elle est visible dans le cabinet de réflexion qu’elle éclaire d’une faible lueur. Elle est présente aussi sur le plateau du président, qu’il soit Vénérable Maître ou Très Sage Athirsata et va accompagner l’initié tout au long de sa quête et l’assister autant dans la construction du Temple matériel que dans sa propre construction.
Comme je j’ai dit, le temps a fait son œuvre chez le Chevalier d’Orient et d’Occident qui a travaillé à se perfectionner. Il fait partie à présent de l’atelier du Grand Conseil où siègent les Respectables Anciens. Ces derniers sont au nombre de 24 comme les 24 anciens ou vieillards de l’Apocalypse qui assistaient au conseil de Dieu approuvant les décisions du Tout-Puissant (Apoc. 19-1/4). Aucune précision n’est apportée sur l’âge de chacun d’entre eux. Mais le titre qu’ils portent exprime pour moi un vécu enrichi d’une longue expérience acquise aboutissant à une certaine sagesse comme les différentes épreuves rencontrées sur notre parcours forgent notre identité. Ce vécu, cette histoire, le Chevalier d’Orient et d’Occident l’a en lui mais s’il devait l’écrire il se rendrait bien vite compte qu’elle n’est pas terminée. Il lui appartient de l’enrichir d’écrire et de nouveaux chapitres. Mais Comment ? En oubliant et en dépassant cette dualité intérieure matière-esprit qu’il n’a pas encore pu réunifier pour agir dans le cœur des hommes. Même s’il doit agir seul il a besoin d’une aide extérieure pour insuffler l’énergie nécessaire à la poursuite de sa construction.
Lorsque le temple fut détruit pour la deuxième fois, Dieu n’eut plus de maison parmi les hommes. Jean l’évangéliste, exilé dans l’ile de Pathmos, décrivit ce qu’il vécut en esprit dans le livre de l’Apocalypse. Il a vécu le temps de cette révélation dans un état second : Il fut ravi en esprit (Apoc.1-10). De ce livre de l’Apocalypse est tiré l’enseignement initiatique du 17ème degré. Le mot Apocalypse fait penser en général à des d’événements tragiques, catastrophiques. Cependant nous avons une tout autre interprétation avec l’origine grecque du mot Apokalupsis qui signifie « révélation ». Elle est un ciel nouveau et une Terre nouvelle nous décrit le rituel où l’on découvre aussi la ville sainte, la Jérusalem nouvelle descendre du ciel d’auprès de Dieu. Je suis donc à présent entre Les temps sont proches qui annonce l’avènement d’une ère nouvelle et Il n’y a plus de temps. Etes-vous Chevalier d’Orient et d’Occident ? Je le suis répond-il à cette question d’ordre. Cette réponse traduit le fait qu’il a fait sienne la lumière de Jean qui est amour et connaissance et lumière de notre vérité intérieure qui relie le cœur et l’esprit au plus profond de notre être. Le Chevalier d’Orient et d’Occident vit son Apocalypse intérieur, livre son ultime combat fidèle à ses vertus chevaleresques et porte un regard extérieur sur lui-même pour se découvrir tel qu’il est pénétré de la lumière de Jean. Sa Jérusalem céleste, lui aussi il la voit en esprit et il vit pleinement pour se sentir capable d’y entrer en être unique et réunifié d’Orient et d’Occident, dépassant sa propre dualité en vivant ses propres noces intérieures.
Sa Jérusalem céleste est la suprême récompense de son voyage intérieur. Une cité qui n’a besoin ni de soleil ni de la lune pour l’éclairer (Apo 21-23) mais dans laquelle n’y entrera nulle souillure, ni personne qui pratique abomination et mensonge, mais ceux-là seuls qui sont inscrits au livre de l’agneau (Apo 21-27). C’est sa terre promise sur laquelle souffle un vent de spiritualité et qui le fait s’inscrire dans un temps sans repères. Ce n’est plus un temps cyclique, profane, religieux. Le rituel du grade introduit ainsi la notion d’intemporel et d’éternité. Ce temps dans lequel fait partie à présent le Chevalier d’Orient et d’Occident armé Chevalier de l’Esprit. Et celui qui sème pour l’Esprit récoltera ce que produit l’Esprit : la vie éternelle (Epître aux Galates 6-8). Nul ne pourra détruire une construction spirituelle à laquelle s’attache à présent le Chevalier d’Orient et d’Occident débarrassé du voile qui enveloppé son esprit. Ainsi que le Chevalier d’Orient et d’Occident éclairé par l’esprit, purifié comme l’agneau victorieux, peut s’attacher à présent à la construction de son temple spirituel.
J’ai dit.
T S A