18° #415012

L’ouverture des sept sceaux du Livre/title>

Auteur:

D∴ D∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

« Mieux saisir la grandeur du comportement responsable et réfléchi de l’Homme ». Voici une réflexion sur la valeur de l’action que la force de narration et l’interprétation de certains textes bibliques mettent en exergue tout en ouvrant la porte à l’imaginaire.

L’Apocalypse est le dernier livre de la bible décrivant avec l’art de la formule une vision d’épouvante qui prophétise l’anéantissement de l’ordonnance du monde.

L’Apocalypse de Saint Jean est d’une façon formelle la seule Apocalypse reconnue dans le Nouveau Testament bien que cette vision fut l’objet d’un genre littéraire développé dans les Anciennes Ecritures. Ainsi trouvons nous dans les écrits apocryphes, l’Apocalypse d’Hénoch, de Zacharie, d’Essaie et d’Ezéchiel avec comme exemple le récit de Noé face au « Déluge » ou la destruction de « Sodome et Gomorrhe » par le soufre et le feu.

L’ouvrage de l’Apocalypse selon Saint Jean est un livre dont la rédaction est à inscrire en période de crise. Les Chrétiens sont menacés, persécutés dans presque tout l’Empire romain. Jean veut à la fois analyser son temps, l’expliquer mais aussi codifier son message. D’où une lecture pour Initiés. Il puisera d’ailleurs des symboles, des formules, des nombres et des couleurs qui ne sont pas de l’ordre des mathématiques ni de celui des coloris.

Jean qui fut banni sur l’ile de Patmos, avait une vision grandiose du ciel. Il fut, dit-on, ravi en Esprit et vit en avance les événements les plus importants qui auraient lieu au cours des temps. Et comme le mot Apocalypse vient du mot grec qui signifie « révélation » ou « dévoilement », il est conté qu’Il aperçut Dieu sur son trône tenant en sa main droite un livre scellé, le livre des destinés du monde prêt à être révélées. Mais un livre que personne ne semblait être digne d’ouvrir.

L’Apocalypse de Jean fait le récit de l’ouverture des sept sceaux du Livre. Des quatre premiers sortirent les quatre cavaliers de l’Apocalypse, allégories de la peste, de la famine, de la guerre et de la mort qui devaient couvrir toute la terre. Le cinquième sceau laissa apparaître des saints et des martyrs châtiés pour la parole de Dieu, c’est l’Eglise persécutée. Le sixième libéra des catastrophes naturelles, conséquences de la colère de Dieu. Quant au septième sceau il est dit qu’« il se fit un silence dans le ciel ».

On le sait bien, les légendes révèlent l’imaginaire des hommes avec leurs fantasmes et leurs angoisses. Et là où règnent l’inconnu le noir et l’immensité, bien souvent l’avènement de la raison n’y change rien. Mais n’est ce pas aussi un classique des légendes où à la fin, comme par magie, apparait le salut ?

En effet, nous savons que les écrits bibliques sont pleins d’histoires de luttes idéologiques, de conflits religieux et de disputes dogmatiques et que les mots employés ont souvent constitué le ciment d’un grand courant de pensée mettant en exergue l’idée d’une nouvelle alliance retrouvée par la foi et l’action.

Mais ces récits traditionnellement présentés aux religieux ne doivent pas mener le Chevalier d’Orient et d’Occident dans une exacerbation de religiosité inconsidérée. L’Apocalypse qui nous fait vivre l’ouverture du Livre des sept sceaux, doit avoir pour le Franc Maçon, un caractère purement ésotérique sans vouloir démontrer la crédibilité historique de la foi chrétienne.

Ayant atteint le 17ème degré qui fait référence jusque dans son titre à la jonction du monde hébreu au monde latin, l’Initié comprend que le spirituel ne peut s’opposer à l’existentiel du quotidien. Vouloir concevoir l’universalité ne se manifeste pas avec une rupture totale du monde sensoriel mais plutôt avec une perception de l’existant unissant matière et esprit. Il s’agit en fait tout simplement de vouloir prendre conscience de ce qu’il y a d’essentiellement vrai dans les conditions dans lesquelles vit l’Homme.

Ainsi le Chevalier d’Orient et d’Occident se doit de redécouvrir toutes les valeurs qui le fondent pour se situer par rapport à celles-ci qu’elles soient éthiques ou métaphysiques. C’est donc en tant qu’Homme de désir qu’il veut vivre d’avantage en existant sur les deux rives, et en tant que Chevalier d’Esprit qu’il se porte salvateur et défenseur de l’Ordre Maçonnique pour pouvoir en manifester toutes les possibilités. Il veut exprimer toute sa dimension au sein du monde manifesté par la hauteur de ses actes et par la noblesse de ses pensées.

Et s’il a su accéder à un niveau certain de spiritualité, il sait qu’il reste toujours lié aux marches qui lui ont servi à l’atteindre. Il ressent que l’action, les servitudes et les devoirs sont décisifs dans sa vie quotidienne et que les places qu’ils prennent dans sa trajectoire vers l’Absolu sont toutes aussi importantes.

Mais pour répondre aux forces terrestres le Chevalier d’Orient et d’Occident a besoin d’un guide qui a déjà vécu cette conversion du haut vers le bas. Il a besoin aussi de retrouver sa Loge qui sait garder une vitalité propre dans un esprit particulier parce que l’instinct pousse toujours l’Initié à se retrouver avec ses semblables pour partager des mêmes repères identitaires.

C’est donc dans cette communauté d’hommes éclairés que seul le « Très Puissant », homme d’expérience, a autorité d’ouvrir les sept sceaux du Livre. Un Livre de Vie et d’Espérance qui n’est pas construit cette fois ci sur l’histoire d’une succession d’évènements annonciateurs de fin du monde pour montrer comment Dieu contrôle l’histoire de l’humanité comme le raconte si bien Jean. Mais un ouvrage ésotérique qui fait revivre à l’Initié l’ouverture des Sept sceaux à travers la perception des réalités terrestres où depuis toujours s’affrontent les forces du bien et du mal.

Pour le Franc Maçon, les sept sceaux sont la représentation d’un ensemble de sept procédés opératoires rendant plus visible la vie au sein des réalités quotidiennes. Ils représentent pour le religieux la marque de l’Autorité Divine sur le contrôle et l’avenir de l’humanité, et pour le Franc Maçon ils véhiculent des messages de principes, de bon sens et de moral pour l’accoutumer à ne concevoir que des idées d’honneur et de vertu à travers l’impératif de l’action.

Quant au nombre cité, le 7, tout le symbolisme de ce degré ramène le Cherchant au septénaire qui, dans sa composition du 3 et du 4 métaphorise le lien entre le céleste et le terrestre. C’est d’ailleurs sur sept degrés de construction et de conscience que reposent les grandes lois de la création de l’univers et de l’homme reflétant les multiples aspects de la Cause première. Mais c’est aussi par sept événements forts que Dieu manifeste son courroux sur la terre marquant son ambivalence dans un principe vital et fatal.
L’ouverture des sceaux n’est donc pas un acte passif puisque chaque fois elle révèle et déclenche des événements qui confortent le Chevalier d’Orient et d’Occident dans la nécessité d’agir pour tendre vers l’universalité de son Etre en alliant ses capacités intuitives à celles de la raison.

Et parce que ce sont les autres qui l’aident aussi à vivre, l’Initié a l’impression que le monde a été fait pour lui. Un sentiment qui va mener sa conscience à avoir des devoirs non seulement envers l’humanité qui assure la pérennité du vivant, mais aussi envers ceux qui l’accompagnent dans son aventure intérieure à la recherche de cet idéal si noble qui sait introduire un peu de grâce dans le chaos du quotidien. Alors tel un Croisé muni de son arc, de son épée et de sa balance, il s’en va servir et défendre sa Loge, miroir du monde.

Mais l’aventure de la vie extérieure est un combat désordonné qui peut se produire partout parce que l’homme est ainsi fait et que le Profane peut à tout moment transformer l’Initié pour le reprendre. C’est pourquoi le Chevalier d’Orient et d’Occident face aux réalités terrestres qui le limitent pour se finaliser, recherche à transmettre dans son quotidien les forces qui animent son Etre. Il ne veut plus que ses actes et ses pensées se limitent à lui-même. Il veut intensifier ses devoirs rationnels et ses exigences morales pour combattre les manifestations terrestres revêtant trop souvent l’erreur. Il est devenu objectif et ne cherche plus ici bas ce qui lui convient le mieux mais ce qui correspond le plus à l’Ordre parce que seules ses actions justes et ordonnées intéressent le monde.

Et c’est parce qu’il se sent être le reflet de l’univers et la globalité du monde, que le Chevalier d’Orient et d’Occident évolue de la lumière vers l’ombre en s’éveillant aux lois du manifesté. C’est le passage de la spiritualisation à l’incarnation de l’Esprit. Dans sa démarche il veut trouver l’harmonie avec le haut et le bas en communiant avec leurs fondements afin de jeter un pont entre ces deux véracités pour que puisse se réaliser l’union entre l’Ancien et le Nouveau Testament.

Alors que devons nous retenir de ce travail ?

L’ouverture des sept sceaux du livre n’est pas seulement la réalisation des prophéties qui auguraient sous forme d’allégories de sombres présages sur le monde des hommes afin de les former et de les sauver.

Libérer les sept sceaux du Livre, c’est délivrer les facultés et les vertus que le Chevalier d’Orient et d’Occident détient pour que son Etre puisse accomplir ce qu’il y a de meilleur dans l’englobant dominant dans lequel nous vivons.

Briser les sept sceaux c’est réanimer la volonté d’être Homme dans toute sa condition humaine et dans toute sa grandeur d’esprit pour aller vers un sens de finalisation. Enfin ouvrir les sept sceaux du Livre c’est vouloir suivre le tracé de l’Ordre déjà établi en participant à un dynamiste d’évolution avec des expressions de justice et d’amour pour la Franc Maçonnerie et pour ceux qui la servent.

J’ai dit.

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