18° #415012

…Pax Vobis…

Auteur:

A∴ C∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers
Deus Meumque Jus
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo ab chao
Au nom et sous les auspices du Suprême Conseil de France
Liberté-Egalité- Fraternité

« A quoi reconnaîtrais-je que vous êtes F M ? »
« A mes mots, signes et attouchements… »

Ces deux phrases sont extraites de l’instruction que reçoit le nouvel initié. Ainsi de degré en degré, j’ai découvert d’autres formes d’attouchements, de successions de signes, et de mots de passe, ainsi que de mots sacré. Alors qu’en est-il au 18ème degré, grade de Chevalier Rose-Croix ?

Ce degré ne déroge pas rituéliquement à ceux observés dans chaque degré du REAA le précédant. Une fois, créé, constitué, consacré et revêtu des décors du CR+C, l’instruction de ce degré nous est donnée laquelle, nous fait découvrir d’autres appellations, décors, symboles, attouchements, signes et mots…, cette énumération suscitant, de ma part, plusieurs remarques.

La première, porte sur le rituel de ce degré; à savoir que les travaux ne sont plus ouverts, exécutés et fermés, mais repris et suspendus, réglés, sur « l’heure du Parfait Maçon », à la double résonnance…

Repris, à l’heure où le voile du Temple s’est, déchiré, où les ténèbres et la consternation se  répandirent sur la terre, où les outils de la Maçonnerie furent brisés, où l’Etoile flamboyante s’est éteinte, où la pierre cubique sue sang et eau et où la Parole fût perdue…

Ceci dans le but, par cette destruction, en la confortant, confirmer la spiritualisation de notre matérialité.

Suspendus, à l’heure où la parole est retrouvée, où la pierre cubique s’est changée en Rose mystique, où l’Etoile flamboyante à reparu dans toute sa splendeur, où les outils ont repris leur formes antérieures, où les ténèbres se sont dissipées, où, la Lumière est revenue dans tout son éclat et où la nouvelle Loi règne désormais dans les travaux du Souverain Chapitre… Le Temple rouge, où la construction de notre nature spirituelle, s’ordonne et s’organise.

La seconde, que cette suspension, est précédée d’un « espace/temps », la Cène « maçonnique », instant de partage du pain et du vin; que je ne peux m’empêcher de mettre en parallèle, avec mon éducation religieuse, chrétienne: le repas de Jésus partagé avec ses disciples, la Cène biblique, son sacrifice perpétué par la cérémonie de l’Eucharistie… Aspect christique de la Fête Pascale annuelle.

Il est intéressant de s’arrêter sur cet aspect des choses, en essayant de faire surgir l’idée qui se cache derrière les mots. Il y a 2000 ans partager le pain et le vin était considéré comme une collaboration entre Dieu et les hommes ; considéré aujourd’hui comme la résultante de fermentations, processus biologique de la vie, ainsi que du savoir faire acquis de l’homme qui les a façonnés.

Elaboration, laquelle présente une analogie avec celle de l’humain : naissance de la terre, croissance, transformation alchimique spirituelle jusqu’à l’obtention d’un produit élaboré, « l’œuvre au rouge », couleur majeure du Temple à ce degré… ; lequel procède à me spiritualiser, par des prises de consciences successives, des trois entités : le corps, l’âme, l’esprit, conception triple de l’homme.

Cet, « espace-temps », de l’exaltation initiatique constituant l’entrée de l’homme « véritable » dans un processus d’élévation spirituelle, vers un état de l’homme « transcendant », et, « immanent », dans lequel l’esprit a pris l’ascendant sur la matière. Je me dois à présent de poursuivre mon voyage initiatique dans ce « Royaume de L’Esprit », lieu mythique du « Divin Roi », pour accéder au statut, de l’homme « clairvoyant », sage, tel que qualifié par le président du Grand Conseil du 17ème degré :

« …vous allez être armé Chevalier de l’Esprit car il existe une chevalerie de l’esprit qui a ses titres, mais aussi ses servitudes, ses devoirs, et ses règles qu’il vous faudra bien connaître…et que vous serez conviés à défendre… »

Avant que les travaux du jour, en tenue du 18ème degré du REAA, ne soient suspendus, le rituel fait accomplir aux Chevaliers Rose-Croix une cérémonie, qui a reçu le nom de Cène. C’est lors de cette cérémonie moment très précis et hautement symbolique, qu’ayant quitté nos vallées respectives, nous est remise une baguette attributs du « pèlerin » qui le soutient dans ses voyages, ainsi que du « berger, le bon Pasteur », signe de commandement et du droit de l’exercer avec vigilance, bienveillance et modestie. Ainsi nous formons au centre du chapitre, une chaîne, où chaque Chevaliers Rose-Croix devient le « lacs d’amour »,vivant de cette chaîne d’union en esprit…, où sont échangés, attouchements, signes et mots, par demande/réponse, conférant à cette phase de la cérémonie le caractère d’union, et de partage…

Le soir de ma venue parmi vous, j’avais, comme l’on dit « baissé ma garde », sûr de moi et emprunt d’une excessive décontraction. Les évènements, pour mon bien, mon donné tort ; mais il est une chose, importante que je retire de cette expérience, par ces passages des ténèbres à la lumière plus ou moins, empreints, de turbulences, c’est, que le trait de lumière qui depuis m’éclaire, celle qui vient d’en Haut : « Emmanuel », … « Dieu est avec nous »…, n’est pas étranger à ma transformation.

L’annonce de la venue, d’Emmanuel, apparaît pour la première fois dans la prophétie d’Isaïe, (VII; 14) quand il annonce :

« …c’est pour cela que Dieu vous donnera un signe… Voici que la jeune fille sera enceinte et enfantera un fils et l’appellera, Emmanuel… ».

Emmanuel, mot dérivé de l’hébreu, Immanou El,« ime » – « (avec), « anou »- (nous, en ancien Hébreu), « EL » – DIEU », qui signifie donc « Dieu avec nous », où encore traduit par « Dieu est en dedans… »,est très important par la promesse qu’il contient. Pourquoi chercher à l’extérieur ce qui est en nous, quand il suffit d’être à l’écoute de sa conscience…

Rappelant en cela, l’épisode du buisson ardent sur le Sinaï, où l’Eternel, juste avant de révéler son nom à Moïse lui avait dit : « je serai avec toi »…

Ce qui correspond à l’état de l’homme primordial, conscient de son origine « principielle », et découle de tout ce qui précède; cette affirmation ayant ici valeur de constat…

Autrement dit, celui qui descend profondément dans son intimité y découvrira ce qu’il cherchait à l’extérieur, ce dépôt ontologique, cette parcelle divine reflet de la grande Lumière. C’est dans ce contexte défini, que je vais pouvoir trouver une résonnance à la locution latine « Pax Vobis », et ainsi pouvoir pleinement l’expliciter.

– le mot, Emmanuel, « Dieu est avec nous », qui appelle en réponse :

– la locution, « Pax Vobis » !, « Paix à vous », où « La Paix est en vous », originellement traduit par, Paix profonde.

Mots de passe précédés du signe montrant le (ciel) et du contre signe montrant la (terre), mettant en évidence, la dualité fondamentale de l’homme, ce qui dépend du corps, et ce qui n’en dépend pas, « l’esprit »… Car la Lumière de l’Esprit, ne se divise pas, elle se répand, sur tous et se partage dans sa totalité: les deux dimensions, que sont, l’un et le multiple, moi et les autres, se conjuguant et vibrant ensemble. Quelle signification symbolique, de cette transmission en « miroir » où nous sommes à la fois : récepteur, médiateur, passeur, émetteur… ?

« Emmanuel »auquel il est répondu « Paix profonde »,peut être considéré, dans son sens le plus intimiste, comme le sens qui tend à éradiquer toute trace d’égo, et nous entraîne, dans l’union du ternaire : corps, âme et esprit vers la perfection de l’unité…

Quels autres enseignements sont à décrypter dans cet échange ? J’y vois, un pont intermédiaire, entre « lestemps sont proches » et, « il n’y a plus de temps ».

liaison entre deux traditions religieuses, fondées sur la Bible,
liaison entre les valeurs de l’Ancien Testament et celles du Nouveau Testament,
liaison entre l’ancienne Alliance et la nouvelle.

Et dans la demande du mot hébreu, « Emmanuel », et en réponse la locution latine,« Pax Vobis », y voir, comme une confirmation du passage de « l’Ancienne Loi à la Nouvelle… ».

Le Chevalier Rose-Croix est donc cet initié arrivé, théoriquement, au terme de sa quête ? Lequel par sa nature ontologique, l’incorpore à l’harmonie de tout l’univers ? Car celui qui à pénétré dans le « Royaume », homme « véritable », en devenir d’homme « transcendant », et « immanent ».

Cet homme « clairvoyant », ne peut revenir à l’état d’homme ordinaire, car il a le devoir de se comporter en « Parfait maçon », dans le respect et l’application des règles qui, depuis son initiation à la maîtrise lui ont été dévoilées…

Son action va, naturellement, le pousser à être un constant, « médiateur suspendu », entre ce qui est en haut, comme ce qui est en bas…, (la marque du signe et du contre signe), et ainsi de pouvoir s’identifier à tous et à chacun. Où par l’annonce du Très Sage, jugeant que le feu a terminé son ouvrage où « tout est consommé », advienne, l’heure « du Parfait Maçon », celle où tout est suspendu, nous devenons ce, « médiateur-passeur », de la Loi Nouvelle.

Celle de la descente de la Jérusalem Céleste, le temps du monde nouveau, car il est à présent sans commencement, ni fin, c’est-à-dire, ce monde où la paix et l’amour règnent parmi les hommes et où les cœurs débordent de joie.

Et aussi, parce que j’ai fait alliance avec la vertu et les hommes vertueux, aidé en cela par l’encouragement de la Foi, avec la Charité pour guide, et soutenu par une Espérance à toute épreuve, à retrouver « l’Eden », ce temps perpétuel en : Philia, mêlée d’Agapè.

Et à la demande :

« Êtes-vous Chevalier Rose-Croix ? »

De répondre, à la fois, en humilité et fierté :

« J’ai ce bonheur »

Et ainsi devenir sous nos couleurs sacrées, l’ornement et la gloire de notre Ordre !

T S A J’ai dit.

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