18° #415012

Pourquoi la cène ?

Auteur:

Non communiqué

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

 A L G D G A D L’U
Au nom et sous les Auspices du
S C D G
Ordo Ab Chao
Deus – Meunque – Jus

Il s’agit de voir ce qu’apporte l’exécution de ce rituel du 18ème degré du REAA, au Chevalier Rose-Croix. Au préalable, nous devons dire que la sacralisation du pain et du vin puis leur consommation par les convives, préexistaient dans tout le Moyen-Orient bien avant l’époque de Jésus. Chez les Esséniens, La communion avait trois objectifs :

  • rendre l’homme conscient des activités des différentes forces et formes d’énergie qui l’entourent et affluent perpétuellement en lui en provenance de la nature et du cosmos ;
  • lui faire sentir qu’il possède en lui des organes et des outils de sensation susceptibles de réagir à ces courants d’énergie ;
  • et d’établir une connexion entre les organes, les outils de sensation et leurs forces correspondantes afin d’absorber, de commander et de mettre à profit chacun de ces courants.

Le but de cette communion était donc d’établir l’unité entre l’organisme physique de l’homme, les forces nutritives de la terre et les énergies cosmiques afin qu’ils s’unissent dans l’immortalité de la lumière éternelle. Dans la cène maçonnique, qui se déroule à la fin de chaque tenue lors de la suspension des travaux, la pratique de la cène en chapitre peut apparaître comme tirant son origine d’un enseignement caritatif tel que celui qui apparaît dans les proverbes 25 : 21-22 et dans l’Epitre aux romains 12 : 20 « si ton ennemi a faim, donne lui à manger, s’il a soif donne lui à boire ». Mais je pense humblement que le rituel maçonnique au REAA, a une autre traduction de la cène, parce que le 18ème degré se rattache clairement à la tradition rosicrucienne et à ses sources hermétique et alchimiste, avec l’addition de symboles issus de la Maçonnerie opérative et du christianisme, ce qui signifie que le rituel de la Cène au 18ème degré a un sens spirituel et mystique très profond. Alors qu’elle est la réalité spirituelle et mystique qui se cache derrière ce rituel ? Et c’est à cette question que je tenterai d’y répondre avec mes connaissances du moment.

Il faut savoir que dans la plupart des ordres initiatiques la conception multiple de l’homme y inscrit en lettre d’Or et que ces corps ont des fonctions bien spécifiques. En effet, nous sommes l’arbre de vie et notre corps est constitué de plusieurs corps subtils possédant des canaux d’énergie minuscule qui reçoivent la lumière spirituelle des autres dimensions de notre univers. Ils sont comme des branches d’un arbre. Les Hindous les ont appelé les Nadis. Ces Nadis sont un peu comparable aux voies de circulation sanguine et ne sont donc pas d’égale importance. Il varie donc en fonction de leur emplacement et du rôle qu’ils sont amenés à jouer. Ils sont sur le plan énergétique analogue à de véritables artères, d’autres à des veines, à de simples vaisseaux ou encore à des capillaires. A l’origine des Nadis se trouvent des chakras qui sont des centres d’énergie majeurs ou plexus qui se répartissent tout au long de la colonne vertébrale. Chaque chakra représente une centrale d’énergie extrêmement puissante reliant tous les corps de l’être humain à la réalité vibratoire circulant dans la Terre (les énergies telluriques) et dans le Cosmos (les énergies cosmiques).

La finalité de leur existence est de permettre à l’homme de produire tôt ou tard un corps parfait, un corps de lumière afin de mettre la magie divine en action.

Dans de la cène maçonnique, nous avons deux personnages clés :

Le chevalier rose-croix et le TSA et ensuite deux déclinaisons de la Cène : le voyage du pèlerin et le partage du pain et du vin. Le chevalier Rose-Croix est un initié qui a construit sur terre un Temple de lumière capable de résister aux ténèbres cad c’est un Maître de Sagesse, qui a œuvré sur lui-même pour révéler son essence divine en transmutant son plomb humain en or spirituel, dès lors il devient un réceptacle potentiel humain dont la mission est de se préparer à recevoir pleinement en lui la Présence christique. Quant au TSA, c’est une puissance en deux : la première est celle d’un Maître de Sagesse, la seconde est celle d’un être qui est habité par une force incommensurable et suprahumaine même si cet adombrement de la conscience christique universelle n’est pas constante et ne se manifeste pas toujours de façon identique.

Le rituel étant notre source d’enseignement, nous allons tenter d’en capter le sens à travers les propos du TSA sur les deux déclinaisons de la cène. Tous les chevaliers ont quitté leur place et leurs plateaux, entourent une tableplacée au centre, des baguettes sont distribuées à chaque F F présents et le TSA déclare : « la baguette que vous portez est le signe de commandement et du droit de l’exercer avec vigilance, bienveillance et modestie. Elle représente aussi le bâton de pèlerin qui soutient le Chevalier R+C dans ses voyages ».

En demandant aux Chevaliers de former un cercle autour de la table, le TSA crée un espace sacré. La table au centre représente l’axe du monde où passent les énergies cosmique et tellurique boosté par la présence divine (l’étoile jaune). Dans un passage des textes des pyramides, il est écrit « que la table devait avoir les mêmes proportions que la base de la pyramide de KEOPS tandis qu’une étoile devait être placée en son centre. Lorsque le grand prêtre d’OSIRIS verbalisait le mot sacré, une pyramide invisible se formait, sa hauteur représentant trois fois le périmètre de la base de la table, ainsi elle participait à la purification et à la sanctification de tout ce qui se trouve à l’intérieur ducercle ».

Le Chevalier R+C, en voyageant en silence autour de cet autel, fige l’espace et le temps et consent au détachement intérieur nécessaire pour se rendre disponible à la perception d’une dimension ontologiquement supérieure résultant de cette déambulation immémoriale et magique, qui le prépare à sa purification intérieure ; parce que ces voyages favorisent, si les conditions psychiques et spirituelles appropriées sont réalisées, à l’ouverture des circuits fluidiques de ses corps subtils, permettant de les redimensionner, de les harmoniser et de les purifier de toutes sortes d’imperfections et d’impuretés, susceptibles de l’affecter par la suite lors de l’accès au mystère cosmique de la sanctification du pain et du vin et à l’intégration corporelle et vitale de ces énergies spirituelles qui vont lui permettre de syntoniser de nouveaux paramètres vibratoires nécessaires au saut quantique de son évolution spirituelle.

Le nouveau Centre spirituel n’est donc plus géo-localisé, la spiritualisation de la matière s’est faite, le voyage est devenu intérieur et le Temple s’est fait chair en chaque initié. Le symbole vertical qui est en relation avec l’autorité spirituelle, conférée par le plan céleste et dont le chevalier est le PONTIFEX, se croise avec l’axe terrestre horizontal permettant de définir le Centre où se concilient les contraires dont la rose mystique à l’intersection de la croix est l’emblème éclatant. Le pèlerinage vise aussi au rassemblement centripède de tous ce qui est épars en vue d’une réintégration à l’unité principielle. Puis, le Très Sage prend le pain et la coupe de vin les consacre et dit, « que ce pain, symbole de nourriture spirituelle, nous maintienne en force et en santé ! que ce vin, symbole de la connaissance, élève notre esprit ! Prenez et manger et donnez à ceux qui ont faim ; Prenez et buvez et donnez à boire à ceux qui ont soif ».

En consacrant le pain et le vin dans son Etat de Conscience Christique, le TSA élève aux octaves supérieures les molécules du pain et du vin, et de ce fait, le pain et le vin sont investis de cette énergie supérieure. Les travaux du Dr MASARU EMOTO du Japon et du Pr HAWKING de G-B, démontrent que lorsque nous sommes en harmonie avec nos différents corps et que l’Amour inconditionnel règle nos activités quotidiennes, en consacrant par exemple de l’eau, les cristaux deviennent harmonieux en leur sein et une force vitale les fait scintiller. Ainsi en consommant ce pain et ce vin, nous nous arrimons aux vibrations subatomiques cosmiques et spirituelles par l’entremise de la géographie sacrée à travers le système des nadis dans le but d’infuser la lumière spirituelle en nous afin de faciliter notre cheminement pour entrer dans les états vibratoires d’existence plus élevés. Le pain devient le symbole du Corps spirituel, tandis que le vin symbolise l’Energie de cette Conscience universelle christique.

Le Chevalier R+C peut ainsi régénérer ses différents corps. Puis le TSA ajoute, « Nous allons échanger nos accolades fraternelles et faire circuler le message de paix grâce au pain et au vin. Ainsi nous renforcerons d’avantage les liens qui nous unissent et notre amour fraternel en sera fortifié ».

Cet attouchement au 18ème degré entre Chevaliers Rose-croix permet d’exprimer par la gestuelle des mains un signe de consécration qui permet de communiquer leur force mutuelle et d’échanger leur croix symbolique faite par leurs bras croisés.

En effet, dans un texte Essénien il est écrit que : « L’énergie lumineuse d’amour lorsqu’elle est en pleine expansion est particulièrement intense au niveau du plexus solaire et au niveau des mains. La circulation de cette énergie s’effectue aussi bien de l’intérieur vers l’extérieur, où elle crée un espace de cocon de lumière que de l’extérieur vers de l’intérieur où elle alimente un foyer intense ».

Ce foyer c’est le cœur psychique de l’homme, le centre des corps de nature mentale et émotionnelle. Il renferme l’étincelle vitale de la vie, l’atome – semence de la divinité qui est la racine au centre des cellules de chaque homme permettant de parvenir à l’Etat de divin. En fonction de l’attention de la puissance de l’Amour, ce cocon lumineux se dilate, dépasse les limites du corps et enveloppe les êtres et les objets situés à plusieurs dizaines de mètres du Chevalier R+C.Il y a donc dans cet attouchement partage et don de leurs forces spirituelles.

Le mot de passe Emmanuel et sa réponse : « La paix soit avec vous » associer à l’acronyme I N R I, le feu régénérateur qui rétablit l’homme dans ses prérogatives originelles, expriment de nouveau le message divin et humain d’Amour. C’est donc une invitation à retrouver par la purification et l’ascèse la condition primordiale de l’homme.

Si le partage du pain et du vin au 14ème degré appartient à l’Ancienne Alliance et prône le respect ici-bas de l’ordre créateur le partage du pain et du vin au 18ème degré appartient à la Nouvelle Alliance et prône une descente de l’amour divin dans le cœur des hommes. Parce que Seul l’amour peut transfigurer de l’intérieur la mort inéluctable de la matière en chemin de vie, seul l’amour peut briser le monde clos, seul l’amour peut ouvrir une voie de communion et d’union avec la lumière.

Ainsi fait, le Chevaliers R+C pourra guider par la Foi et soutenu par l’Espérance, travailler « sans relâche et dans tous les domaines à la réalisation de l’Amour Universel ».

Enfin le TSA déclare que : « Tout est consommé… Mes FF, retirons-nous en Paix et souvenons-nous que nous avons juré de propager toutes les vertus qui naissent de la foi et de la charité ». Ces paroles ne sont pas l’expression d’un gémissement de désespoir, mais un cri de triomphe, d’accomplissement qui annonce la glorification de l’être cad celui qui a réussi à être adombré par la conscience christique universelle. Ce « Consommatum est », signifie également : « tout est parfait », étant donné le double sens de perfection et d’achèvement, ainsi que l’indique, le mot hébreu unique « nischlam » dans lequel est exprimée effectivement cette idée d’achèvement, d’accomplissement.

Et nous ajouterons que tout est consommé, signifie aussi que nous avons brûlé tous nos scories, que notre conscience a été remodelé, revivifié et fertilisée de nouveau, tout est terminé, l’œuvre est accomplie, le Grand Œuvre Alchimique est réalisé, le but est atteint, nous avons renforcé nos capacités spirituelles pour un travail exaltant qui nous attend, celui de vivre une vie de service et de se signaler qu’on dispose du pain et du vin (le signe) de les partager avec les Hommes prêts à recevoir la nourriture spirituelle (le contresigne) mais qui auront pratiqué déjà une ascèse spirituelle pour garder vivante l’Etincelle divine qui est en eux et augmenter ainsi son rayonnement pour renverser le courant de la force créatrice qui, au lieu de descendre, va poursuivre une ascension et éveiller les centres sensoriels endormis des hommes qui seront prêts à être admis pleinement dans le champ d’activité de la lumière pranique originelle. Une mystérieuse clarté illumine alors le chevalier R+C au-dedans et une douce lumière jaillit au dehors. Il retrouve ainsi la pure gloire de son éclat éternel en tant que flamme et lumière divine vibrant en harmonie, en synergie et en synchronicité avec le G A de L’U.

Conclusion

La pratique de ce rituel n’est pas seulement un pacte d’union entre les frères Chevalier R+C et un encouragement à pratiquer une charité fraternelle active, mais c’est avant tout un moyen pour le transfert des énergies christiques par l’intermédiaire du TSA à chaque frère dans la loge. C’est un coup d’accélérateur pour permettre au chevalier R – C de dégager de sa conscience des scories de sa personnalité incarnée afin de se maintenir en Maître de Sagesse. Lorsqu’il est pratiqué avec le cœur, il va agir comme un levain pour élever la vibration de notre conscience entière et nous aider ainsi à monter les marches dans l’arbre séfirotique. Par cette cérémonie également, nous atteignons, je ne dirais pas la perfection de cet amour, mais très certainement son développement suprême.

Ce rituel n’est-il pas la résurgence de la consommation des fruits de l’arbre de l’immortalité qui se trouvait dans le jardin d’Eden et qui permettait aux Maîtres Esprits qui s’étaient matérialisés sur terre pour servir de levain à l’humanité naissante, de prolonger indéfiniment leur existence par un transfère constante des énergies spirituelles ?

J’ai dit.

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