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#419012
Du Chevalier d’Orient…au Prince de Jérusalem
Non communiqué
Trés Sage,
et vous tous mes FF CHEVALIERS ROSES CROIX
et vous tous mes FF CHEVALIERS ROSES CROIX
Autrement dit sur les15ème et 16éme degrés du Rite et sur ce qui les relie. Il s’agit d’ un vaste programme, c’est pourquoi, pour être clair, je vous propose, dans un premier temps, d’aborder les thèmes développés dans ces degrés, puis dans un deuxième temps, d’essayer d’en décrypter les messages ou les enseignements qui constituent en fait les fondements de la progression de l’initié du 15ème au 16ème degré, dans le cadre de sa recherche de la Vérité et de la Lumière.
Le 15ème degré « Chevalier d’Orient et de l’Epée » est le premier des degrés capitulaires;il
inaugure donc un nouveau cycle et son thème ne peut se comprendre, me semble-t-il, sans évoquer celui du 14ème et dernier degré du cycle Salomonien: »Grand Elu Parfait et Sublime Maçon ».
Je vous le rappelle donc brièvement:Le sage et vertueux roi Salomon, une fois le Temple achevé, se laissa aller à la licence oubliant la bonté de Dieu;c’est alors que ce dernier inspira à Nabuchodonosor, roi de Babylone, d’assiéger Jérusalem et de la détruire. Son général Nabusardan rasa les murs de la cité ainsi que le Temple;puis emmena les habitants en captivité à Babylone en emportant toutes les richesses du Temple.
Cependant les Grands Elus Parfaits et Sublimes Maçons parvinrent à éviter le pillage de la Voûte Sacrée où se trouvait le triangle d’or sur lequel était gravé le nom Ineffable, ils l’effacèrent par burinage puis déposèrent le triangle près des Tables de la Loi, dans l’Arche d’Alliance, avant de dé poser l’ensemble au fond d’un puits profond de 27 pieds. Cela fait, ils se dispersèrent parmi les nations de la terre afin de leur enseigner la Vérité et l’Art Royal.
A la fin du cycle salomonien, le Temple est donc détruit, le peuple Hébreux est en captivité à Babylone;les G.E.P.S.M. sont dispersés mais les Tables de la Loi et le Triangle d’or sont toujours à Jérusalem qui reste, par là même, pour les hébreux, la ville de la grande Lumière. Cette grande Lumière dont ils n’ont emporté qu’une petite parcelle au fond de leur coeur:Le nom « Substitué ».Désormais, ils n’auront de cesse que d’essayer de retourner vers elle, vers Jérusalem; c’est ce qui constitue la trame des légendes des 15ème et 16ème degrés .
Le 15ème degré évoque le retour d’exil;je vous en rappelle le thème à travers le rituel :
Cyrus, roi de Babylone eut un songe au cours duquel le Tout Puissant Dieu des Hébreux lui apparut et lui dit: »Rends la liberté à mon peuple ou tu mourras! ».C’est alors que Cyrus permit à Zorobabel, prince de Juda né en captivité descendant de la race de David, et à son échanson Néhémie de retourner à Jérusalem afin d’y reconstruire le Temple de Salomon. Le retour du peuple Hébreux vers Jérusalem, sous la conduite de Zorobabel, fut facile jusqu’à l’arrivée sur les rives du fleuve Starbuzanai (l’Euphrate) où les attendaient des troupes bien décidées à leur interdire le passage du pont et à s’emparer des richesses du Temple.
Les Hébreux après avoir livré bataille, sans perte, parvinrent à passer le pont puis commencèrent les travaux de reconstruction du Temple;
Les travaux à peine commencés, Zorobabel fut informé que les Samaritains, jaloux des tribus de Juda et de Benjamin, voulaient leur faire la guerre pour mettre en échec la reconstruction du Temple;c’est alors que Zorobabel ordonna que les ouvriers fussent armés, la truelle dans une main et l’épée dans l’autre.
La suite de la légende se déroule au 16ème degré « Prince de Jérusalem ».
Zorobabel et le peuple Hébreux, désespérant de ne pouvoir terminer la réédification du Temple, décidèrent d’envoyer une ambassade de 5 membres auprès de Darius, roi de Babylone,
successeur de Cyrus, afin de lui soumettre leurs justes plaintes.
Ces messagers, après avoir triomphé d’ennemis qui voulaient s’opposer à leur retour vers Babylone, obtinrent le soutien de Darius et revinrent triomphants à Jérusalem. Pour les récompenser
Zorobabel nomma ces 5 ambassadeurs « Prince de Jérusalem ».
Le Temple put alors être relevé de ses ruines et les Hébreux écoutèrent Esdras, revenu d’exil, qui leur apprit comment rétablir l’Alliance avec Dieu (Alliance qui, je vous le rappelle, avait été rompue au 14ème du fait des fautes de Salomon).
Voilà brièvement résumés les thèmes des 15et16èmes degrés;il nous est précisé qu’ils sont largement inspirés des livres d’Esdras et de Néhémie reprenant le thème du retour de captivité des Hébreux de Babylone à Jérusalem.
Afin de bien comprendre ce qui va suivre, il faut savoir qu’Esdras était ;d’après la Bible, un scribe, juriste;sage et théologien qui fut chargé par Artaxéres (successeur de Darius) de favoriser le retour des Judèens sur leurs terres, de veiller au bon fonctionnement du culte et de promulguer la Loi de Dieu, comme loi d’état. Pour lui cette loi était la Thora dont il fit le parangon d’Israel. Esdras marque donc une étape essentielle de la Tradition juive;celle où le texte de la Loi devint, pour ce peuple élu, le fondement de l’existence de tout juif. Voilà ce qui peut expliciter son rôle à Jérusalem.
En revanche, ce qui n’est pas évoqué par les fondateurs du Rite, c’est que c’est lui qui, pour rendre à la communauté juive moribonde toute sa vitalité, s’opposa aux mariages avec des païennes et contraignit de nombreux juifs à répudier leurs épouses issues du paganisme.
C’est cette attitude intolérante qui fut à l’origine du schisme des Samaritains ceux-là mêmes qui s’opposeront aux Hébreux lors de la reconstruction du Temple à Jérusalem. Quant à Néhémie, il fut nommé par Artaxéres gouverneur de Judée, poste où il put intervenir pour relever les remparts de Jérusalem, régler les conflits sociaux engendrés par la crise économique et imposer le repos sabbatique.
Que faut-il comprendre de ces 70ans de captivité à Babylone et de ces allers-retours du peuple Hébreux de Babylone à Jérusalem? Quels enseignements peut-on en tirer dans le cadre du cheminement de l’initié Franc-Maçon?
Souvenons nous qu’au 14ème nous nous sommes laissés rattraper, à travers les agissements de Salomon, par nos vices et nos passions. Les mauvais compagnons que nous pensions avoir tués ne sont pas morts. Nous pensions nous être construits, avoir acquis une identité, mais c’était au prix de l’oubli de l’autre, au profit de l’exaltation du moi, de notre ego.
La sanction infligée par l’Eternel, l’exil, est donc un mal nécessaire pour nous faire prendre conscience de nos erreurs. Il nous permet de nous rassembler pour être capables de nous extraire de cette matérialité représentée par Babylone et pour redonner à l’Esprit la place qu’il n’aurait jamais dû perdre. L’initié effectue donc sa peine avec humilité, mais il reste toujours un constructeur désireux de reconstruire le Temple et il n’aura de cesse que d’essayer de s’évader, de se libérer pour reprendre sa progression vers la Grande Lumière, vers Jérusalem.
C’est Zorobabel, qui après 70ans de captivité, obtiendra la libération du peuple Hébreux:
A l’image d’Hiram, Zorobabel fit le choix, au péril de sa vie et malgré l’enjeu en cours, c’est à dire la fin de la captivité, de ne pas trahir des secrets et de ne pas les divulguer à qui n’a pas qualité pour les connaître, en l’occurrence le Roi Cyrus. Cette attitude exemplaire força l’admiration de Cyrus qui accepta la demande de Zorobabel.( Le songe de Cyrus et certaines contingences politiciennes ne sont sans doute pas étrangères à cette prise de décision.)
C’est ainsi, en tout cas, selon la légende que Zorobabel obtint la libération du peuple Hébreux
assortie d’un édit du roi enjoignant à tous ses sujets de laisser passer librement tous les Israélites sans les troubler, ni les molester sous peine de mort à qui contreviendrait à ses ordres.
Le retour d’exil va être marqué, je vous l’ai rappelé tout à l’heure, par l’épisode du franchissement du fleuve Starbuzanai, où les attendent des troupes décidées à leur interdire le passage du pont et à s’emparer des richesses du Temple.
Sur le plan symbolique, on peut comprendre, qu’à l’image du peuple Hébreux, le récipiendaire s’est lui aussi libéré d’un esclavage, celui de sa matérialité et de l’emprise de ses passions. Il est de nouveau sur le chemin du retour vers la Lumière, il entame ainsi un nouveau cycle pour accéder à un niveau supérieur de conscience, à la chevalerie de l’esprit. Et, comme au début de chaque nouveau cycle, il rencontre un obstacle qui l’oblige à se surpasser;pour le profane c’est la porte basse, plus tard pour le Maître Secret c’est la balustrade, ici c’est le fleuve et il doit à nouveau combattre pour acquérir le droit de passer le pont.
Le pont sépare symboliquement la matière de l’esprit, Babylone de Jérusalem et les assaillants figurent nos ennemis intérieurs qu’il faut vaincre. C’est un dernier combat, contre nous mêmes, contre nos éternels mauvais compagnons, qu’il faut remporter pour pouvoir reconstruire le 2ème Temple
Cette fois, la démarche n’est plus individuelle comme aux degrés précédents, mais collective par l’union dans l’action;l’individualité est dépassée.
Grâce à ses qualités et à ses vertus chevaleresques, le Chevalier d’Orient sortira vainqueur de cette bataille et continuera sa progression vers Jérusalem.
Le 16 ème degré évoque un nouveau conflit qui oppose, dans le cadre de la reconstruction du Temple à Jérusalem, les Hébreux aux Samaritains. Ces derniers, jaloux des tribus de Juda et de Benjamin, voulaient leur faire la guerre pour empêcher la reconstruction du Temple.
L’enseignement transmis à travers la légende de ce degré est tellement mieux décrypté que je ne pourrais le faire par Michel Bernard et Jean François Pluviaud, dans l’Ordo Ab Chao n°58, que je ne résiste pas à la facilité de vous les citer :
« Pendant notre captivité, les mauvais compagnons se sont installés dans la place, ils ne voient pas d’un très bon œil notre retour, ils nous tendent des pièges sur notre chemin afin de contrecarrer la reconstruction du Temple. Sans cesse, nous devons lutter contre eux sans pour autant arrêter de construire. L’exil nous a fortifiés, nous sommes en mesure de faire face, nous avons la Foi, mais nous avons sous estimé l’adversaire et sur estimé nos forces.
Nos FF ne nous attendent plus, ne nous connaissent plus, nous n’arrivons plus à nous faire entendre. Nous sommes exilés à l’intérieur même de ce que nous pensions être notre propre pays; un exil imposé par nos FF.
Confrontés à cette situation, nous nous replions sur nous mêmes pour en comprendre les raisons et nous commettons l’erreur de penser que la solution se trouve dans une radicalisation de plus en plus grande vers une spiritualité pointilleuse. C’est le combat d’Esdras et son fondamentalisme intransigeant. Le souci de pureté et de rigueur morale s’est transformé en une grave intolérance.
Cet excès est une faute, nous sommes allés trop loin dans cette voie spirituelle, nous sommes contraints de repasser le pont afin de retrouver le nécessaire équilibre Esprit-Matière et par là même l’occasion de retrouver l’autre sans qui nous ne pouvons rien« . Fin de citation.
Dans la légende du 16ème degré, cette prise de conscience est symbolisée par la décision prise par Zorobabel d’envoyer cinq ambassadeurs à Babylone. C’est à la fois un retour aux sources de la matérialité en même temps qu’une demande d’aide, ici en la personne de Darius, pour résoudre ce conflit.
Les 5 ambassadeurs repassent donc ce pont qui nous relie symboliquement à l’autre, à nos origines et qui ne doit jamais être détruit. Ils y livrent un nouveau combat dont ils sortent victorieux et obtiennent de Darius un édit enjoignant aux contestataires (en l’occurrence les Samaritains) de se soumettre aux demandes de Zorobabel. Lors du retour vers Jérusalem, il n’y a plus de pont;c’est une arche avec son complémentaire l’arc en ciel qui relient Babylone à Jérusalem, signe de l’Alliance rétablie avec Dieu.
Le 16ème degré nous fait donc prendre conscience des difficultés que nous rencontrons pour nous faire reconnaître et accepter par nos FF et la nécessité de l’autre, comme au 3ème degré lors du psychodrame de la mort d’Hiram lorsque le VM dit en essayant de soulever le corps :
« Mes FF Surveillants, souvenons nous que l’union fait la force et que sans le secours des autres nous ne pouvons rien« .
Les ambassadeurs, de retour de Jérusalem, n’ont pas encore la qualité de Princes, c’est seulement après leur arrivée et devant le bien fondé de leur ambassade qui est reconnue qu’ils reçoivent le titre de Prince. Alors le Temple peut être relevé de ses ruines.
Je conclurai en citant Irène Mainguy extrait de son ouvrage : De la symbolique des chapitres en FM.
Le Prince de Jérusalem est sur la voie de Jérusalem, de la paix;il œuvre pour un idéal de justice et d’union dans la quête d’une connaissance authentique d’un absolu qui le dépasse.
Les 15ème et 16ème degrés illustrent bien par allégories, les épreuves auxquelles nous faisons face pour construire notre vie spirituelle et mener à bien notre vie temporelle et, ce, l’épée dans une main et la truelle dans l’autre. Ce qui signifie qu’il faut être apte à se défendre contre les prédateurs intérieurs et extérieurs, avoir la faculté de discernement nécessaire pour reconnaître ses amis et ses ennemis, les authentiques FF des faux FF Pour établir toute construction durable dans la paix et l’harmonie.
J’ajouterai que ces degrés font partie du cycle de l’incarnation de l’Esprit dans l’Etre qui se conclura avec l’Apocalypse et la descente sur terre de la Jérusalem céleste. Alors il ne sera plus question de bâtir des Temples de pierres.
J’ai dit
Daniel DAU
Pour effectuer ce travail, je me suis inspiré évidemment des rituels et des ouvrages suivants:
« Le Secret de la Rose « d’Alain Podzarnik.
« De la symbolique des chapitres en FM« d’Irène mainguy.
« Aux sources du Volume de la Loi sacrée » de Francis Ducluzeau.
Des’Ordo ab Chao n°58 et 52