26° #423012

A260-6 ; Les outils de travail des bucherons et des

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A L G D S A D M 

Les outils de travail des bucherons et des menuisiers du Liban sont
la Hache, la Scie et le Rabot
Quel enseignement é sotérique peut-on connaitre de ces 3 outils dans le processus d’évolution spirituelle ?

Planche de passage au 26e degré 


V Chef, dignitaires qui illuminez le Saint des Saints et vous tous Très Respectables FFChevChev Royal Hache-Princes du Liban en vos grades et qualités. Par ordre du VChef, c’est un devoir et un plaisir renouvelé de vous présenter un morceau d’architecture que j’ai buriné dans le cadre des travaux de passage au 26e degré du Rite. Le thème de ce travail est intitulé : « Lesoutilsdetravaildesbucheronsetdesmenuisiersdu Liban sontla Hache, la ScieetleRabot ». Quel enseignement ésotérique peut-on connaitre de ces 03 outils dans le processus d’évolution spirituelle ?

Apprenti et Compagnon, j’ai appris naguère à travailler symboliquement la pierre, puis, sous la conduite du M H, à fondre les métaux. De retour de la captivité à Babylone, j’ai dû manier la truelle pour relever les colonnes du Temple saccagé par les ennemis de l’intérieur et de l’extérieur. Aujourd’hui, au 22e degré du Rite, c’est le symbole d’un autre matériau et d’autres métiers qui m’est proposé. C’est encore au travail qu’il s’agit aujourd’hui, symboliquement, dans mon cœur et dans mon esprit, d’élever un Temple et c’est à cette œuvre que je suis convié. Pour cela, je dispose des outils des bucherons et des menuisiers du Liban à savoir la hache qui abat les arbres, la scie qui débite les planches, le rabot qui aplanit les surfaces afin de les préparer aux savants assemblages des artisans habiles. Le développement de ce thème se fera suivant le plan ci-après :

1- Le symbolisme des outils du grade ;
2- Les qualités du Prince du Liban ;
3- Les enseignements ésotériques du 22e degré ;
1- Le symbolisme des outils du grade.

Le thème de la présente étude nous rappelle que les outils de travail des bucherons et des menuisiers du Liban sont la Hache, la Scie et le Rabot. Quelle compréhension profonde devrions-nous en avoir ?

1.1-La hache

La hache symbolise la glorification du travail du bois qui précéda celui de la pierre. La couronne de la hache témoigne de la capacité effective de cet outil qui agit par son rayonnement temporel et spirituel. Elle est rattachée à une idée de force et de lumière, car elle est formée d’un cercle rehaussé de rayons lumineux terminés par des pointes. La hache couronnée souligne la souveraineté, la suprématie et la maitrise. La hache est aussi le symbole de la foudre, liée à la manifestation du logos divin.

La hache est un symbole de la plus haute puissance spirituelle agissant dans le monde. Cette puissance doit être entendue du point de vue temporel et surtout spirituel.

Le rituel nous apprend que : « …demêmequel’ApprentiMaçon utilisele ciseauetlemailletpourdégrossirlapierrebrute,demême le PrinceduLibanutiliselahache,propiceàl’abattage des arbres ».

1.2-La scie

Toujours selon le rituel, sont à l’image de la scie, la ferme patience et la noble détermination grâce à laquelle l’homme résolu trace sa voie vers l’objet de ses recherches. La scie permet d’abord d’élaguer les branches superflues puis, par un travail patient, régulier et opiniâtre de débiter les planches nécessaires à la construction des vaisseaux et des maisons des hommes.

1.3-Le rabot

Le rabot pour sa part, dépouille les surfaces de leurs aspérités. C’est pourquoi il est dit que : « lorsquevoussaurezvousenservir habillement,vouspourrezajouter uneaptitudenouvelleàcellesqui vousontpermisnaguèredetaillerlapierreetdepolirlespierresdes futurs édifices. ». Le rabot qui polit le bois, doit nous rappeler l’aspiration profonde qui nous pousse vers la culture de l’esprit, suprême beauté de la vie. En réalité, nous représentons tous ensemble la cohorte innombrable de ceux qui, à travers l’étendue et la durée, vont et viennent sur les chemins raboteux de l’existence et concourent à faire le monde tel qu’il est, à chaque heure qui sonne, avec son aspect mobile et changeant.

Après ce bref aperçu du symbolisme, il nous parait opportun de souligner que le Chevalier Royal Hache a besoin de cultiver certaines qualités avant de pouvoir évoluer spirituellement.

2-Les qualités du Prince du Liban

La discrétion, l’humilité, la foi et l’obéissance sont les qualités qui caractérisent le Prince du Liban.

2.1- La discrétion

La discrétion est une vertu initiatique par excellence. Elle consiste à savoir conserver un secret, mais aussi, en se référant à son étymologie, elle signifie discernement, mesure et aptitude à distinguer le bien du mal. Un comportement de discernement fait appel à la mesure et à la modération. Cette vertu de discrétion est souvent nommée « la VoieRoyale», expression empruntée à la Bible (Nombres 20, 17). La Voie Royale est une route droite et sans détour qui permet de ne pas dépasser la mesure ni dans un sens, ni dans l’autre. C’est le propre de la discrétion qui est la voie du juste milieu entre deux extrêmes. Elle permet à chacun de doser raisonnablement toutes choses, de mesurer ses efforts vers la perfection afin de ne pas outrepasser ses limites personnelles ni de rester en deçà. Les fondements de la discrétion reposent sur une bonne connaissance de soi, l’évaluation exacte de ses possibilités réelles, accompagnée d’une juste appréciation des circonstances, en un mot, le discernement de la juste mesure.

2.2-L ’humilité

Le mot humilité vient du latin humilitas, substantif exprimant ce qui est bas ou peu élevé, près de la terre. L’adjectif humilis dérive lui-même d’humus, la terre, le sol. On peut considérer que, dans toutes les spiritualités, l’humilité correspond à la conscience et à la connaissance d’un état humain de dépendance, de ses limites et de ses imperfections. Elle est aussi la conscience que l’homme est faillible, faible, plein de manques quand il est confronté à un idéal de vie aspirant à l’absolu. L’humilité est aussi pour le croyant un sentiment de dépendance complète vis-à-vis de Dieu dans tous les domaines. L’humilité permet de dissoudre toute forme de mensonge et de complaisance fallacieuse en soi-même, d’égocentrisme et d’autosuffisance qui correspondent à l’orgueil de l’esprit.

L’humilité est le fruit d’une conscience qui chemine vers une forme de transcendance. Elle donne la perception de l’écart existant entre la théorie et la pratique. L’humilité interdit toute prétention de juger les autres.

2.-La Foi

La foi est considérée comme le fondement de toute vie spirituelle. Ce peut être la foi dans un principe, dans le Grand Architecte de l’Univers, etc. Tout être, qu’il croit au ciel ou non, a foi en quelque chose qui détermine sa raison et son intelligence pour vivre et espérer.

La foi guide et éclaire la raison. La raison humaine s’efforce de comprendre l’univers grâce aux principes philosophiques et analyses phénoménologiques en s’efforçant d’établir une synthèse cohérente dans la compréhension du milieu environnant. Tout être qui se dit croyant ou non est amené à livrer un combat spirituel entre ce que sa conscience lui permet de faire et ce qu’elle lui interdit. La raison et la foi amènent à vivre dans une tension spirituelle, dans une dualité plus ou moins conciliée et harmonieuse entre obscurité et luminosité.

La foi fait partie des vertus dites théologales. Le croyant accepte l’instant présent tel que le Très-Haut l’a fait. Sa foi se remémore le passé principalement pour avoir la connaissance de son origine.

2.4-L ’obéissance

L’obéissance demande de se mettre fondamentalement à l’écoute, de prêter l’oreille à la parole manifestée par la règle de l’Ordre. Imprégnée par elle, elle demande d’agir en conséquence. La langue française établit un lien étroit entre obéissance et écoute au point qu’on considère que « écouter ses parents », c’est leur obéir. L’obéissance volontaire, sur un plan initiatique, consiste à se conformer à la Règle de l’Ordre et en conséquence accepter de se conformer à ses exigences et d’accomplir son devoir jusqu’au sacrifice. Dans l’obéissance, il y a obligation, ce qui implique une exigence d’amour et de dévouement. L’obéissance est aussi étroitement liée à la foi. La foi est liée à l’écoute mais aussi au mouvement qui en découle par la décision. L’obéissance fait passer de l’acceptation de la règle à l’accomplissement de son contenu. Elle peut être considérée comme l’essence même de la fidélité.

Les fondements de la sagesse étant posés, nous pouvons nous pencher sur les aspects ésotériques du grade.

3- Les enseignements ésotériques du 22e degré

Au 22e degré, le rituel nous apprend que : « lesconquêtesdu travailhumain n’ontpoint debornes.L’objetdecegradeestla glorificationdutravail,aussibien deceluiquiprocure larichesseet lasatisfactiondetouslesbesoinsdel’homme,quedeceluiquidonne noblesseàl’âmeet grandeur àl’intelligence. ».

Le rituel exalte la dignité du travail et proclame que : « c’est seulementquandcettevéritéestreconnuepar tous,queletravail cessed’êtreunemalédiction, unedisgrâce et unmalheur,pour devenircequ’ilestréellement: unebénédiction,un bonheur,un privilègeet leseulmoyencertainpourl’homme deconquérirson indépendance,saliberté,son évolution. C’est ainsique tout progrès ettouteinventionontexigé,au longdesâges,à lafois uneffort musculaire et une tensionintellectuelle; qu’importe, dans cette synergie,la partrespectivedes deuxconstituantes, puisqu’elles représententl’uneetl’autreune activiténoble créatrice. ».

L’enseignement de ce grade prend la hache pour symbole. C’est la hache du gnosticisme qui en abattant les troncs énormes de l’intolérance, de l’hypocrisie, de la superstition, de l’égoïsme et de l’oisiveté permettra aux rayons de la vérité, d’arriver jusqu’à l’esprit humain et l’inonder de sa lumière.

L’enseignement s’appuie également sur la scie qui, au demeurant, prépare l’initié à la patience, à la détermination devant caractériser le chercheur cherchant sur la voie de la spiritualité.

Un autre point important de l’ésotérisme devant caractériser l’évolution spirituelle de l’initié est le rabot. Ce dernier amène à la culture de l’esprit, au développement de la conscience, en définitive à une aptitude intellectuelle particulière.

Le rituel de ce grade nous apprend également qu’au Conseil de La Table Ronde, le Prince du Liban exécute les premiers travaux des proportions et de la mesure sur la Planche tracée. Nous avons ainsi tracé symboliquement une figure symbolisant la quadrature du cercle, autre expression géométrique, mais analogique à la formule alchimique de transmutation du plomb en or et de l’idée de perfection.

Il s’agit du moins de construire une personnalité supérieure pour transmuter l’homme vulgaire et profane en initié. Toujours selon le rituel, la leçon du grade peut se résumer en quelques mots : « Lepassagedes labeursà la conception,dela diversitéàl’unité. ». Dans le Conseil de La Table Ronde, le Chevalier Royal Hache reçoit un enseignement hermétique qui est l’apothéose du travail appliqué à la réalisation du Grand Œuvre.

Cet enseignement montre que la vie d’un sage doit être un cycle incessant de recherche de la vérité. Cette donnée fondamentale de l’Ordre maçonnique ne doit jamais être perdue de vue, car la F M s’est vouée au perfectionnement de l’humanité. Ce degré nous apprend aussi que nous devrons percevoir dans l’humanité entière la même volonté spirituelle de transcendance, le même désir de travailler sans cesse à son propre dépassement.

Conclusion

Seul un juste, noble et bon Chev Royal Hache, de plus doté des qualités de Prince du Liban, est digne et apte à manier la hache couronnée. Le Prince du Liban ne peut pas rester dans la multiplicité, qui est un éparpillement et une déconstruction. Il lui faut nécessairement revenir à l’unité, en rassemblant ce qui est épars, par la reconstruction. Il est donc nécessaire de traverser une succession de petites morts pour clore un cycle et en entamer un nouveau. L’initié doit sans cesse mourir à lui-même, à un état antérieur, pour renaitre dans une phase d’accomplissement. Bien qu’abattu, transformé, ce qui constitue l’essence de l’arbre ou de tout être perdure dans une unité.

La réalisation du Grand Œuvre: la construction du temple intérieur trouve son apothéose dans la réintégration de l’être dans son essence originelle.

L’alchimie peut être matérielle ou spirituelle unissant l’un à l’autre et recherchant les interactions entre l’un et l’autre. C’est la mise en pratique du Petit Œuvre et du Grand Œuvre. L’alchimie spirituelle, celle qui intéresse le maçon dans sa quête, utilise le support symbolique pour transmettre la cosmogonie (système sur la formation de l’univers) et approfondir les secrets de l’Ordre universel. Le Grand Œuvre développe la totalité des phases de l’alchimie de l’œuvre au noir, en passant par le blanc avant d’arriver au rouge.

Tels sont, V C, dignitaires qui illuminez le Saint des Saints et vous tous Très Respectables FF CheChev Royal Hache en vos grades et qualités, quelques enseignements ésotériques tirés des outils du 22e degré en relation avec le processus de l’évolution spirituelle.

J’ai dit,

Par le F.°. Chev.°. Royal Hache L. DA. KIN.

Bibliographie :

– Rituels du 1er au 22e degré du Rite ;
– Symbolique des Grades de Perfection et des Ordres de Sagesse- Irène MAINGUY- Editions DERVY 2003 ;
– De la symbolique des chapitres en Franc-Maçonnerie- Irène MAINGUY- Editions DERVY 2006 ;
– Morales et dogme – Albert PIKE- Editions GUIGUE 2005;
– Symbolique des Grades Philosophiques- Irène MAINGUY- Editions DERVY 2015 ;
– Du Chevalier d’Orient…au Chevalier Kadosch – Jean-Claude MONDET-Editions du ROCHER 2009 ;
– Le Rite de Perfection- Claude GUERILLOT- Guy Trédaniel Ed

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