30° #427012

Chevaliers Kadosch dans les camps

Auteur:

L∴ M∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

A la Gloire du Grand Architecte de L’univers
Sous les Auspices du Suprême Conseil de MCAR
Francs-Maçons du Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo Ab Chao
Très Eminent Commandeur
Très Illustres Frères à L’orient
Eminents Grands Juges

A l’ouverture des travaux de l’aréopage, en réponse au Très Eminent Commandeur, le second grand juge réplique qu’il cherche la Lumière de la Liberté pour ceux qui n’en abuseront pas. Il s’agit de la Liberté d’expression, de pensée, et de la « liberté de choix ». La latitude de choisir le thème m’a été donnée par le TEC, mais cette liberté ne peut être morale que quand elle est utilisée convenablement. La prudence était donc d’emblée de mise.

Après avoir lu et relu le rituel des travaux du 30è D ainsi que celui de l’initiation du même grade, deux thèmes de balustre ont retenu mon attention, somme tous deux pleins d’essence et très profonds. Mais à la fin, j’ai jeté mon dévolu sur le thème suivant : « Devenu Kadosch, pourra-t-on s’affranchir de ses dualités intérieures et des contradictions extérieures ? ».

Je vous remercie par avance, chevaliers Kadosch, de vos précieuses contributions qui m’aideront à persévérer, à m’éloigner un peu plus de l’ignorance et à toujours chercher avec patience la Lumière.

Dès l’instant où je fus initié Kadosch, je me posais la question suivante : « devenu Kadosch, puis-je me libérer maintenant de mes dualités intérieures ainsi que des contradictions extérieures ? ». Au passage, il est permis à tout Kadosch de se poser la même question !
Au vu du thème choisi, quelques questions surviennent, notamment :

Etre Kadosch n’est-il pas alors une finalité ?

Kadosch étant traduit par Saint ou Parfait, serait-il alors sans reproches, infaillible, le plus sage ?

Quelles sont les obligations du Kadosch ? Quelle est sa mission ? Son action ? Son combat ?
Saura-t-il mener à bien son devoir, son sacerdoce, sa vengeance ? Par quelles armes pourra-t-il rayonner véritablement ?

D’autres questions peuvent encore s’ajouter à celles-là. Les réponses à toutes ces questions aideront sûrement à mieux comprendre le choix du thème et permettront de découvrir petit à petit ce qu’il pourrait contenir.

Sans aller encore plus loin, une contradiction évidente est d’emblée présentée sous forme de question par ce thème.

Alors que Kadosch est traduit par Saint ou Parfait, comment ne pourra-t-il pas jouir sereinement de ses jours, sans qu’il lui soit besoin de mener un quelconque combat contre des éventuelles dualités intérieures ou des contradictions extérieures ?

Cette nuit je vous propose un balustre en quatre sections :

Les dualités intérieures du Kadosch, et son combat intime armé,
Le NEC PLUS ULTRA du Kadosch,
L’autre combat à mener par le Kadosch (son combat extérieur) et la complémentarité des dualités,
Le chemin encore à parcourir par le Kadosch.

Les dualités intérieures du Kadosch et son combat intime armé :

Les bonnes et les mauvaises choses se succèdent, ressenties et vécues tous les jours par l’homme, mille fois il est satisfait et heureux, autant de fois il est secoué, malheureux, soumis à pression, désespéré, voire dépité. Car la vie est faite de bas et de hauts.

Même dans le ventre de sa mère, l’embryon peut avoir des ressentis opposés, et toute sa vie, l’homme comme le Kadosch est confronté à des soucis et à des problèmes, subit souvent, agit des fois, selon qu’il est au faîte ou au creux des vagues successives faisant tanguer positivement ou négativement le déroulé de son existence. Par contre, souvent il jouit des moments de joie et de bonheur.

Autant son fort intérieur est mouvementé, autant son environnement reste changeant en permanence. Il n’arrive pas à le maîtriser malgré sa volonté, à moins qu’il accède au statut de mentaliste.

Ainsi s’expriment et s’explosent les passions, bonnes ou mauvaises, pouvant trainer dans leur sillage des conséquences heureuses ou malheureuses. Moult versets de la bible en parlent, voire s’y étalent longuement.

Ces vicissitudes de la vie sont connues de tous, sans que le Kadosch puisse prétendre posséder le pouvoir de les corriger à volonté pour en tirer profit et joie.

Se frayer un chemin au travers de ces turbulences par la force mentale et spirituelle ou faire preuve de grande volonté pour oser les défier est le mobile qui pousse normalement un profane à frapper à la porte du Temple : ce n’est autre que son désir et sa volonté de s’améliorer spirituellement. Ainsi pour un but noble, par ses premiers trois pas hésitants il adopte le silence, se concentre à observer, à regarder, à écouter, à apprendre. A ceux-là, il en ajoute deux autres, l’un vers la gauche l’autre vers la droite tout en chancelant, puis trois autres dont un vers le haut en formant un arc de cercle, puis d’autres pas en avançant graduellement avec prudence ou en précipité. Au fil des années il avance en âge et travaille le jour ou la nuit selon ses besoins, ses désirs ou ses obligations, pour terminer à l’échelle mystérieuse de Jacob.

Durant ses années d’apprentissage au sein de cette école de sagesse spirituelle, Le Kadosch doit respecter des valeurs humaines qu’il avait scellées par des serments successifs au respect de l’Ordre, à l’aide à son prochain et à ses F, tout en gardant « les secrets » des grades. Il acquiert également de la connaissance par l’élévation spirituelle en menant son combat permanent contre l’ignorance, le fanatisme, le despotisme, la dictature, l’oppression, la violence, l’ambition, la démagogie, l’orgueil, l’injustice, le racisme, l’intolérance, la cupidité, les superstitions, et même l’immortalité. Par ailleurs, il doit respecter la Raison, servir la Vérité, défendre la Vertu, combattre pour le Droit. Il doit adopter la Patience, la Persévérance et la Prudence.

Toutes ces armes que le Kadosch détient l’ont conduit au nec plus ultra, pourquoi vouloir encore continuer son action, sa vengeance, et mener à terme une quelconque mission, ou avoir d’autres obligations envers lui-même et autour de lui ?

Son droit à la vengeance reste cependant immuable, car il doit toujours mener son combat, son combat à lui, car il continue à chercher la Lumière de la Vérité, et à combattre pour la Justice contre tous tyrans spirituels ou temporels. Le 30è D faisant encore partie des grades des Elus pour la vengeance.

Mais les dualités les plus inextricables sont celles qui habitent le fort intérieur de chaque individu, de chaque F M, de chaque Kadosch. Qu’il soit profane, apprenti F M, M ou hauts-gradés, les imperfections sont têtues, elles persistent et participent au décor de la vie de l’homme. Le bien reste en perpétuel duel avec le mal, la conscience subit souvent des cas difficiles à résoudre. Le respect de l’éthique et des valeurs se retrouve nez à nez avec la fuite de responsabilités. Mais le plan supérieur, le plan de l’absolu finira par résoudre la dualité en unité, apportant par leur complémentarité la sérénité et l’harmonie.

Quoique possédant des acquis en quelques ou plusieurs vertus, bien que zèle et constance ainsi que persévérance, prudence et humilité l’aient toujours accompagné, qu’il soit bien armé pour le combat, pour la vengeance, il reconnait cependant qu’il traîne encore et toujours des métaux, bien qu’il en ait laissé beaucoup à la porte du temple.

Ainsi, le Kadosch est saint, mais pas tout à fait saint, il est parfait, mais pas tout à fait parfait. Et voilà alors le Kadosch qui se retrouve bouche bée devant ses propres ambitions mal placées, devant ses propres turpitudes et imperfections.

Qui ou quoi donc combattre pour être honoré du statut de saint ou de parfait ?

Hitler, Mussolini, Kadafi, Ben Laden, Kim Jong IL, les Présidents tyrans, …etc, ou…des idéologies ? Le Bouddha aurait à dire sur ce sujet.

En effet, l’environnement de l’homme, du F M, du Kadosch est encore et toujours un espace dans lequel circulent dans tous les sens des énergies souvent contraires, certaines d’entre elles sont positives, d’autres sont négatives. Elles peuvent influencer le comportement du Kadosch, et partant ses sentiments et ses passions, si celui-ci n’est pas assez fort spirituellement et moralement pour modifier tant soit peu le comportement de son environnement. Le Kadosch, Saint ou Parfait, c’est celui qui aura bien acquis des connaissances initiatiques pour les vivre avec conviction, constance et sagesse, pour avoir gravi un à un les grades, et marche par marche l’échelle mystérieuse de la connaissance. Il continuera son travail intérieur, son combat intime, il redescendra toujours au fond de lui-même, là où il se retrouvera nu comme à sa naissance, là où il devra se mettre devant son propre miroir, devant le tableau bigarré qu’il a lui-même conçu et peint.

Kadosch a une mission primordiale, c’est de combattre ses propres passions mauvaises. Pour cela, il doit agir vite, tout de suite, avec vigueur, courage et témérité, mais de façon efficace. Réussir ce dur combat conduit à un beau résultat, à l’objectif fixé, car ainsi il saura qu’il s’était lui-même initié au-delà des initiations maçonniques entreprises à l’intérieur du temple.

Qui venger alors ?

Jésus ?, …etc.

Au fait, tout est noir et blanc comme le pavé mosaïque, comme les poursuivants noir et blanc. L’esprit face à la matière. Le jour est opposé à la nuit, la lumière aux ténèbres, le nadir au zénith, le mâle à la femelle, le pointu au contondant, le bien au mal, le plein au vide, le flux au reflux, le va au vient, etc. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, n’est-ce pas ?

C’est ça la vengeance qu’il mène et qu’il mènera toujours et pour toujours : combattre le mal, l’injustice, la tyrannie, et taire ses passions néfastes. Ce sera un travail de sape et en profondeur, de longue haleine, continuel, continu et permanent, travail jonché d’embûches constituées par les ennemis du Bien, de la Justice et de la Lumière.

Ainsi anobli, élevé spirituellement, le Kadosch partira en croisade revêtu de sa myriade de valeurs humaines pour rayonner hors de lui-même et assembler ce qui est épars sur le pavé mosaïque.

Le Nec Plus Ultra du Kadosch :

Le Kadosch pourra-t-il se permettre de ne plus continuer le combat car déjà satisfait du travail accompli ?

Non, bien qu’il soit supposé déjà arrivé au terme de son périple spirituel, au top des vertus, au faîte de son échelle mystérieuse, de sa connaissance métaphysique. Mais, n’est-il pas déjà Saint ou Parfait ? N’aurait-il pas déjà tout appris, tout acquis ?

Après avoir monté avec toute l’humilité requise et avec beaucoup de prudence les 7 marches de l’échelle mystérieuse encadrées par les 2 montants prescrivant l’Amour de Dieu et l’Amour du Prochain, le Kadosch est arrivé au summum, à son objectif ultime, au NEC PLUS ULTRA. A ce stade, il aura bien combattu et bien vengé, tout gagné et tout réussi ce vaillant soldat de l’Eternel et de l’Intemporel.

Mais ce summum n’existe pas réellement ! Il n’est que mirage, réverbération, symbole, car le Kadosch ne peut y rester plus longtemps. Car y rester, il n’aura réellement honoré qu’une partie de sa mission, celle seulement d’aller le plus loin et le plus haut possible, celle d’acquérir de la connaissance sans pouvoir l’utiliser à bon escient.

L’autre combat (combat extérieur) à mener par le Kadosch et la complémentarité des dualités :

Ainsi sa mission n’est pas encore terminée tant qu’il n’aura pas fini de redescendre les marches de cette échelle mystérieuse, en se lestant cette fois-ci des arts libéraux qui lui permettront de garder les pieds sur terre, sur le pavé mosaïque, où règnent dualités et contradictions.
Cette deuxième partie de sa mission consiste alors à mener un autre combat, celui de parfaire sa mission.

Il s’agit d’un travail interminable car rien n’est parfait entre le noir et le blanc, mais leur complémentarité donnera néanmoins un mélange subtil, l’harmonie universelle, qui permet de bien soupeser ses actions et de maîtriser ses passions.

Tout ceci à quoi servira-t-il pour l’humanité ?

Déjà à la clôture des travaux au 28è D du Chevalier du Soleil, le Président dit : « retournons parmi les hommes ».

Ayant pu et su séparer par son glaive mystérieux et spirituel le bien du mal, la justice de l’injustice, le Kadosch peut se considérer comme libéré de toute autorité abusive et usurpée, et jouir de la Lumière de la Vérité. Car il a fait des serments pour respecter l’Ordre et pour parfaire son combat, même au prix de sa vie.

Il doit rayonner par sa parole, son comportement, et même ses pensées, en brisant toutes les élucubrations, en rassemblant ce qui est épars d’ailleurs.

Le travail intérieur comme celui hors de soi requiert la force de l’esprit, acquise par des connaissances initiatiques. Il n’abdiquera pas car il s’est procuré toutes les armes utiles et indispensables à son combat.

Le Saint arrivera à avancer méthodiquement par l’Esprit. Le Parfait fera un beau travail harmonieux en fondant le Mal dans le Bien, en résolvant le binaire en unité.

Ici encore, le combat n’est toujours pas terminé, car après le travail sur lui-même, il continue son rayonnement en dehors de son temple intérieur. C’est qu’il a encore du chemin à faire.

Le chemin encore à parcourir par le Kadosch.

Qu’il s’agisse de combattre ses dualités intérieures ou de construire un environnement meilleur en aplanissant les contradictions extérieures, le travail du Kadosch reste personnel, continu et permanent. Car il n’aura jamais fini sa véritable initiation.

Les initiations maçonniques lui ont tracé le chemin à emprunter, procuré des moyens, des outils et des armes qui lui permettent de faire un ou plusieurs pas de plus vers l’avant, donc de s’avancer et de s’élever, d’aller vers l’Etre Supérieur, vers Dieu, pour savourer la Béatitude. Chaque initiation maçonnique consacre un nouveau recommencement, un autre renforcement de connaissance, un nouvel apprentissage, un nouveau départ, une nouvelle grande interrogation sur soi en ce qui est de fait et de perspectives.

La véritable initiation est celle que l’on se fait soi-même sur soi, résultante de son travail de fond sur son fort intérieur. Cette concentration d’énergie acquise par Dieu et pour Dieu, pour son Amour permettra de continuer le noble travail sur l’humanité : la construction d’un monde meilleur par la Fraternité Universelle.

Le Kadosch s’est-il déjà initié lui-même ?
C’est après et seulement après cette initiation personnelle que le Kadosch pourra répondre avec fermeté et sûreté qu’il pourra s’affranchir de ses dualités intérieures et se défaire des contradictions extérieures.

Conclusion

Le symbolisme du thème est si profond qu’il interpelle chacun des Kadosch pour les inciter à toujours continuer leur quête de la Lumière, comme l’a dit le second grand juge.

L’humilité est une des clés permettant l’accès au démantèlement de ces dualités intérieures : le V M descendu de charge occupe le plateau de couvreur ;un TIF du 33è D assiste aux travaux sacrés d’une loge bleue sur les colonnes ou présente une planche au 1er D, d’autres exemples peuvent être cités.

Mais le thème peut rester éternellement sans réponse si le Kadosch n’a ni la volonté ni la conviction de mener son combat, ses combats, intérieur comme extérieur. Osera-t-il aujourd’hui regarder dans le miroir son pire ennemi ?

Son ultime travail se résout à mouler les mots « Saint » ou « Parfait » dans le mot « Kadosch ».

C’est par de bonnes armes, et seulement avec des armes idoines que le Kadosch pourra se défaire de ses dualités intérieures et réduire les contradictions extérieures.

Kadosh, êtes-vous prêt pour le Combat ?

J’ai dit T E C

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