Le Chevalier Kadosch
T∴ E∴ C∴
Lors de la cérémonie d’initiation au 30ème degré, après que les Chevaliers Kadosch aient reconnu le nouveau Grand Elu, le Premier Grand Juge communique à celui-ci l’instruction du grade, notamment la question d’ordre. Tout comme à l’ouverture des Travaux, le Très Eminent Commandeur demande au Premier Grand Juge :
« Etes-vous Chevalier Kadosch ? ».
Celui-ci lui répond :
« Je le suis. Son nom fut autre, et le même pourtant ».
Cette réponse constitue le thème de ma planche dans laquelle s’entremêlent des mots contraires et contradictoires, tels identique et différent, multiplicité et unité, ressemblance et diversité, intérieur et extérieur, monter et descendre, « même » et « autre », etc.
Ceci reflète la dualité que vit quotidiennement le Kadosch et qu’i doit pouvoir surmonter pour qu’il puisse accomplir sa transmutation finale par : la montée de l’échelle mystérieuse vers la vie surnaturelle de la béatitude et de la connaissance de Dieu en s’appuyant sur les deux montants de celle-ci symbolisant l’Amour de Dieu et l’Amour du Prochain, et par la descente de cette même échelle pour transmettre à ses Frères sur terre en tant qu’éducateur les vérités révélées ainsi que ses connaissances, après s’être souvenu de l’importance des sept arts libéraux.
Toutes les dualités rencontrées sur le chemin de la Sagesse et de la Connaissance se résoudront à l’Unité quand le Kadosch aura atteint la fin qu’il aura choisi librement.
Des ressemblances et des similitudes, il en existe partout. De même, les différences et les dualités occupent le cosmos. Les similitudes évoluent au sein des différences, autant que ces dernières apparaissent au travers des premières. Il y a inter-évolution réciproque qui réalise l’équilibre et qui se fond dans l’Unité. Ainsi le « même » n’est que l’« autre », et l’« autre » forme un tout avec le « même ». La ressemblance au cœur de la dualité, et l’opposition au fond de la similitude font partie des particularités de l’univers. Les oppositions et les dualités, imperceptibles soient-elles, peuvent cacher la réalité et l’identité. L’exemple des jumeaux est frappant, car ils ne sont pas tout à fait identiques. Les chromosomes et les gamètes sont identiques à eux-mêmes, mais peuvent différencier les uns des autres. Le teint, la corpulence, les cheveux ainsi que la taille peuvent confirmer l’identité de deux êtres et faire dire ainsi qu’il s’agit du même individu. La différence se trouverait à l’intérieur de ce qui est semblable, et ce qui est semblable cacherait la différence. Les différences ou les similitudes sont souvent mises en exergue, alors que ce qui distingue une chose d’une autre peut se trouver plutôt à l’intérieur de ce qui semble être la même chose. Par contre, deux choses identiques intérieurement peuvent être présentées sous deux formes semblables, sans pour autant qu’elles soient vraiment la même chose. Il y a généralement une même perception de ce qui est identique et de ce qui est semblable, soit par la forme qui marque la présentation extérieure, soit par l’intérieur qui indique l’identité réelle. Voilà le mélange ou plutôt la confusion entre le « même » et l’« autre », car le « même » n’est que l’« autre », et que ce dernier n’est que la copie idéale mais inverse du premier. Mais l’Etre se conçoit inévitablement de façon différente dans chaque chose et dans chaque individu, tout en gardant la similitude. Ces différences peuvent être plus ou moins fortes selon les caprices de la nature, selon les paliers franchis et surtout selon l’évolution vers la plénitude, vers l’Orient, vers le Principe Créateur, vers Dieu. Mais l’analogie entre les choses de la nature reste, car elles restent « même » et « autre » en même temps.
En allant vers l’Orient, le franc-maçon Kadosch avance pas-à-pas, prudemment, de façon harmonieuse car guidé déjà par la Sagesse de cet Etre supérieur. Il gravit l’échelle mystérieuse, palier par palier. Son évolution va de degré à degré, encadré par les deux montants prêchant l’Amour du Prochain d’un côté et l’Amour de Dieu de l’autre. Identique aux uns et aux autres une fois l’initiation au 1er degré franchie, le franc-maçon peut avancer à sa manière et à sa vitesse pour un perfectionnement spirituel. De même, le Kadosch arrive au NEC PLUS ULTRA en s’identifiant petit-à-petit à Dieu, celui qu’il accepte comme idéal, qu’i vénère, qu’il appelle le « même » et l’« autre ». Le « même » d’abord tant qu’il est encore sur le chemin vers l’Orient, confondant encore nébuleusement ses désirs et ses fins, puis l’«autre» quand il aura « connu » l’Intelligence Supérieure, la Sagesse, l’Absolu, la Béatitude, à la croisée des deux montants d’Amour. En ce moment le « même » se confond, se fond et se moule parfaitement avec l’« autre ». En effet, arrivé au faîte de l’échelle, à la conjonction à l’infini de ces deux montants, il aura acquis les connaissances et reçu les vérités et les lois révélées par cet ETRE supérieur, par Dieu. Il aura alors tout appris et sera investi du pouvoir, du devoir, et de la mission qui va devenir une véritable Action, un véritable Combat « armé » contre toutes les formes d’oppression et d’injustice, soit donc pour la Liberté d’expression, de pensée et de conscience.
La liberté de choix lui est également dévolue, lui permettant d’aller librement vers les fins qu’il estime être les siennes. C’est ainsi qu’il retrouvera le chemin menant vers la connaissance de Dieu, vers l’Unité.
Une fois comblé, arrivant à la fin désirée, lesté des vérités reçues de Dieu, en tant qu’instructeur cette fois-ci, le Kadosch doit rejoindre ses F F au bas de l’échelle en usant des sept Arts libéraux auxquels il adjoint la Sagesse pour transmettre et apprendre à ceux-ci la véritable Connaissance acquise au top de l’échelle mystérieuse. L’appropriation de cette connaissance nouvelle n’autorisera plus une quelconque déviation ni une marche arrière car le levier de vitesse du moyen de locomotion pris en toute liberté ne permet pas d’avancer en reculant. En effet, elle fixe en l’Homme de Dieu la sensation de béatitude et le sentiment de parfaite et profonde appartenance à l’Etre Supérieur.
La place de la Sagesse dans le combat du Kadosch est privilégiée en ce sens qu’il guide le comportement, les actions et le combat à entreprendre ou à mener par celui-ci.
Au-delà de toute imagination et toute interprétation, indépendamment du temps et de l’espace, le Kadosch confiant en lui-même et connaissant, avancera toujours vers cet Orient de la croisée des montants d’Amour, gravira ainsi les degrés et les paliers de la Béatitude et de l’Unité, puis descendra auprès des siens, de ses Frères pour leur apporter en unisson la véritable Connaissance de Dieu.
J’ai dit