30° #427012

De la conscience à l’inconscient

Auteur:

L∴ M∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Deux noms qui sont indéniablement abstraits, si bien que le commun des mortels se plaît à occulter consciemment ce que renferme l’inconscient au point qu’inconsciemment ils occultent par la même occasion la conscience. Leur opposition et leur complémentarité élèvent ce thème à une plus profonde réflexion. Ce que je vais exposer n’est qu’un essai de compréhension. Vos interventions m’instruiront, apporteront plus de lumière à la perception des contours de ces deux mots, qu’il s’agisse de pensées contradictoires ou de convictions complémentaires, et mettront probablement en surface d’autres questions, d’autres problématiques, d’autres réflexions.

Ces deux mots sont difficiles à saisir pour complexes qu’ils sont.

La conscience est en chacun de nous, elle est en relation avec soi, avec la réalité de chacun.

Elle nourrit également des relations avec l’extérieur, avec l’environnement, avec l’entourage. Cette réflexion de soi engage un jugement, une pensée personnelle, une idée émanant de soi, donnant raison à la subjectivité. L’on peut par ailleurs rapprocher la conscience au temps, à la durée, notamment par le souvenir et l’expérience, par la mémoire, par l’anticipation et le pouvoir de faire le choix pour l’avenir. Des philosophes en parlaient, notamment Descartes, Bergson, Pascal, Sartre, Kant. Ils s’accordaient aux bienfaits de la conscience.

La conscience entérine l’existence de soi et les actions imprimées au monde extérieur sans juger de leur équité ni de leur justice. La réflexion et le pouvoir de penser aident à la connaissance de soi et du monde extérieur, à la reconnaissance réciproque entre chacun et le monde aux fins de mieux agir.

L’individu agit par conscience, il est donc en activité, il est sujet, il fait l’action, il est conscient de ce qu’il fait, de ce qu’il dit. Il prend conscience de la réalité, il fait des efforts pour la connaître. Il en est responsable. Cette notion de responsabilité traduit la conscience et ses conséquences. Souvent la conscience est symbolisée par  un miroir qui réfléchit l’image de soi et celle du monde. Elle permet alors des améliorations sur ces deux tableaux. Mais s’il y a actions vers son entourage, c’est que ce dernier existe aussi. Celui-ci peut en être modifié, changé. Puisqu’il est soumis à une évolution, ses éventuels changements peuvent ainsi modifier le comportement de chacun qui prendra alors conscience de ces métamorphoses continuellement imprimées.

Alors, des questions se posent :

L’un respecte-t-il l’autre ? Il existe une double existence, côte à côte, liée par des droits et des responsabilités. Qui agit et qui subit ? Qui est le plus libre ? Y a-t-il possibilité de contrôle pour sauvegarder cette liberté ?

Ces problématiques renvoient au cadre moral et/ou juridique. Cette dualité entre soi et son environnement prêche et confirme l’existence de l’un et de l’autre, ainsi que leur interdépendance et leur complémentarité.

En réfléchissant davantage sur la conscience, il appert qu’elle est une production de soi et possède une relation étroite avec le langage. Autant le langage fait exister la pensée, et le travail transforme la matière en produit, autant la conscience est la production de soi dans le monde extérieur.

Le langage est une manifestation de la conscience, et l’échange ou la communication permet de mieux penser contrairement à la solitude qui peut être considérée injustement comme une punition. De tout ceci, il est clair que la conscience a un objectif.

Mais il est aussi évident que la conscience n’est pas souveraine, car nous ne nous connaissons pas assez, que nous ne sommes pas maîtres de nous-mêmes, que nous n’arrivons pas à nous contrôler et à bien contrôler. La conscience nous amène alors droit à l’inconscient, d’autant que nombre de nos idées, de nos perceptions et de nos actions relèvent souvent de l’inconscient. Des agrégats extérieurs non maîtrisés peuvent influencer nos pensées et nos démarches.

L’inconscient serait des pulsions refoulées qui se manifestent par des symptômes. Ces pulsions peuvent alimenter la conscience elle-même.

L’inconscient se traduit par des rêves, des rêveries ou des actes manqués. Freud excellait en décrivant trois instances psychiques : le çà, le surmoi et le moi. Le çà représente le lieu des désirs refoulés et des pulsions sexuelles et d’autoconservation. C’est le principe du plaisir.

Le surmoi, naissant à l’enfance, se rapporte à la prise de conscience des interdits sociaux et parentaux qui sont classés censurés. C’est le principe de réalité.

Conciliant le çà et le surmoi, le moi est médiateur, et se réfère surtout au monde extérieur. Y a-t-il une délimitation franche entre la conscience et l’inconscient ? L’inconscient n’est-il pas le prolongement de la conscience ?

L’homme est petit par sa nature physique mais grand par sa sagesse, par sa capacité de penser, de gérer, d’organiser et de gouverner. Ainsi, pour que chacun puisse agir au mieux, un mode de pensées et d’actions s’interpose entre la conscience et l’inconscient, il s’agit de la sagesse. Elle nous engage dans plus d’objectivité, car si la conscience n’est que conscience, elle ne serait rien.

Conscience-inconscient-conscience, voilà le cycle que vit un maçon. Quand il agit en connaissance de cause en disposant des causes, de la valeur et des effets positifs de cette action sur lui-même et sur l’humanité (réf. Code maçonnique), quand il aura bien réfléchi sur ce qu’il va entreprendre et réuni les outils symboliques pour le guider, alors la sagesse le fera entrer dans la conscience. Quand il est conscient, il mesure les avantages et les inconvénients, il apprécie par un jugement subjectif, il fait son choix par le passage de la porte du temple, par les serments dits, par le respect des valeurs véhiculées par la F M. Le maître-maçon est conscient de ses devoirs et de ses responsabilités. Il est conscient des efforts encore à faire pour perfectionner ses acquis et apporter sa contribution altruiste à son entourage aux fins de la reconstruction de l’humanité.

Plus le maître-maçon s’élève mentalement et spirituellement, plus il réfléchit et plus ses moments de méditation sont plus profonds. Ainsi, il appréciera davantage ses relations avec le monde divin, il se verra disposer de pouvoir dans le mentalisme, pouvoir qu’il utilisera à bon escient.

A ce niveau, le maître-maçon avancera guidé par Le Grand Architecte de l’Univers, inconsciemment. Son pouvoir l’aidera beaucoup dans les changements sous diverses formes qu’il apportera au monde des humains, en étant dans un état de conscience totale. C’est la conscience de cet état de conscience spirituelle qui différencie le profane du maître-maçon. L’inconscient n’est qu’un état intermédiaire permettant de revenir à l’état initial de conscience, cette fois-ci animé par un pouvoir spirituel. Ici aussi, la sagesse s’interpose entre l’inconscient et la conscience pour que toutes les actions qui en dérivent s’inspirent des essences des outils symboliques du maçon.

Le maitre-maçon parcourra autant de fois ce cycle pour franchir les marches successives de l’élévation mentale et spirituelle et bénéficier du meilleur don que fait Le Grand Architecte de l’Univers : la SAGESSE.

Pour terminer, quelques questions peuvent faire surface et inviter à des réflexions, notamment :

Peut-on préserver l’unité et la constance de la conscience acquise ?

Qu’adviendrait-il de la conscience quand les perceptions n’existent pas lors d’un sommeil profond ?

Pourrait-on imaginer que les habitudes et le mécanisme favorisent l’inconscient ?

J’ai dit V M

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