30° #427012

Etude des degrés intermédiaires placés entre le 18ème et le 30ème degré du REAA

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T P G M et vous tous mes F F Chevaliers Kadosch,

J’entame ce soir nos Travaux de l’année, consacrés à l’étude des degrés intermédiaires placés entre le 18ème et le 30ème degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Ce travail aura donc pour objet les 19ème et 20ème degré du Rite, Grand Pontife Sublime Ecossais et Maître Ad Vitam.

Conformément à la demande du T P G M, j’essaierai dans un premier temps, de pointer du doigt les parties les plus significatives, de mon point de vue, du message véhiculé par ces Rituels. Ceci devrait pouvoir me permettre de vérifier l’assertion selon laquelle le Maître Ad Vitam serait un Chevalier Rose+Croix accompli.

Dans un second temps, je tenterai d’analyser en quoi ces degrés participent de la construction du Chevalier Kadosch.

1ère partie donc : Le Maître Ad Vitam, un Chevalier Rose+Croix accompli.

Examinons rapidement, ce que peuvent être les principaux enseignements du 19ème degré, Grand Pontife Sublime Ecossais.

Dans la continuité du 18ème, il semble marquer une promesse d’accomplissement et de plénitude. De très nombreux signes en attestent. Dans un souci de concision, je me limiterai au plus significatif d’entre eux : le nombre 12 !

En mathématiques, douze est dit nombre sublime. Dans les civilisations judaïque et orientales antiques, il correspond à la plénitude, à l’achèvement et à l’intégralité d’une chose. On trouve 12 étoiles sur le baudrier ainsi que sur le bandeau porté par le récipiendaire, 12 portes à la Jérusalem Céleste, 12 anges placés au-dessus de chacune de ces portes, 12 fruits sur l’arbre situé à l’intérieur de la Cité. Dans l’Apocalypse de Saint Jean, la femme enceinte porte une couronne ornée de douze étoiles. Elle va engendrer l’homme nouveau, l’homme accompli, celui qui sera enlevé jusqu’auprès de Dieu et de son trône.

Transporté sur une montagne, comme Enoch autrefois, Le Grand Pontife Sublime Ecossais assiste à la descente sur terre de la Jérusalem Céleste, au triomphe symbolique de l’esprit sur la matière. Il a construit un pont entre lui et son Dieu ou entre les deux rives de lui-même, ce qui est équivalent. Mais tout ceci ne reste qu’à l’état de promesse ainsi que le mentionne l’instruction du grade auquel je vous renvoie. (1)

Venons en au 20ème degré, Maître Ad Vitam.

Je me suis trouvé face à une singularité qui m’a laissé un moment perplexe. Le Président de l’Atelier représente Cyrus. Le tablier du grade est brodé de 3 triangles concentriques. Tout se passe comme si nous faisions un bond en arrière vers le 15ème degré, rien de moins !

De la même manière, les heures d’Ouverture et de Fermeture des Travaux font référence à la recherche de la Lumière et au monde qui attend la lumière. Bien que le Maître Ad Vitam semble donc se trouver dans un état d’attente et d’incertitude, on peut considérer qu’il s’agit davantage de l’évocation d’une espérance plus que d’un recul ; l’expression d’une conviction et de la foi dans la promesse contenue dans le degré précédent…

De plus, il peut sembler saugrenu de parler de régression pour la simple raison objective que le Maître Ad Vitam constituait l’avant-dernier degré du Rite de Perfection. Il est celui qui apporte « Gloire, Grandeur et Beauté ». Il est connu de toutes les loges, il a surtout voyagé du Midi à l’Orient. Son très long Tuilage du 1er au 20ème degré doit-être considéré non comme la manifestation d’un savoir certain mais comme l’assurance que le Récipiendaire est bien détenteur d’une Connaissance. Il n’y a rien de comparable entre l’Apprenti qui vit dans une relative inconscience son épreuve du feu sous le fil à plomb et le Maître Ad Vitam qui revit la même purification, près du brasero placé à l’Orient. L’état de réalisation spirituelle est radicalement différent.

En conclusion de cette première partie, peut-on alors affirmer que le Maître Ad Vitam est un Chevalier Rose+Croix accompli ?

Par son caractère éminemment christique, le18ème degré semblait déjà constituer un sommet de l’initiation. Mais, comme le rappelle notre Rituel du 18ème lors de chacune de nos ouvertures de Travaux, La Parole reste constamment à découvrir. INRI nous inscrit de facto dans une dynamique incessante de morts et de renaissances, dans un système de création permanent qui vient donc tempérer la sensation d’achèvement que l’on pourrait ressentir au 18ème degré.

Le 19ème degré, par son côté grandiose et merveilleux avec la descente de la Jérusalem Céleste pourrait faire penser lui aussi à un aboutissement. Il ne s’agit en fait que d’une prophétie, d’une promesse.

Pour ce qui est du 20ème degré, abstraction faite de son caractère relativement austère et froid, il nous faut bien reconnaître qu’il magnifie le rôle du Maître Ad Vitam, Grand Maître de Toutes les Loges Régulières. Nous nous trouvons à un point de rencontre entre transcendance et immanence, symbolisé par les couleurs dominantes, voire exclusives de l’Atelier et des décors portés par le Maître Ad Vitam ; Un Rituel tiré du Rite de Perfection nous rappelle que le jaune et le bleu évoquent les nuées d’or et d’azur dans lesquelles l’Eternel apparut à Moïse, dans l’épisode du Buisson ardent. Au-delà du Chevalier Rose+Croix, le Maître Ad Vitam se situerait de fait comme un intermédiaire privilégié entre Ciel et Terre, comme Moïse le fut entre son peuple et Dieu.

Je vais maintenant aborder la 2ème partie de ce travail : En quoi les 19ème et 20ème degré participent-ils de la formation du Chevalier Kadosch ?

Notons d’ores et déjà le présupposé implicite contenu dans cette proposition : Dans notre système scalaire, le 30ème degré devrait nécessairement apporter un « plus » à notre cheminement ! J’y reviendrai tout à l’heure au moment de la conclusion.

Pour l’instant, je vais abonder dans le premier sens et relever trois analogies :

  • Le Maître Ad Vitam et le Chevalier Kadosch se trouvent assignés au même devoir d’aide et d’assistance : L’un affirme « qu’après avoir passé plusieurs années dans les grades supérieurs de la Maçonnerie, il est maintenant suffisamment instruit dans l’Art Royal pour éclairer ses Frères ». A l’autre, on déclare qu’il est « armé maintenant pour le combat de la Vie » et on lui enjoint d’aller dans le monde pour affranchir les hommes du joug qui pèse sur eux. Dans les deux cas, on ordonne d’agir. Mais alors que le Maître Ad Vitam se trouve plutôt dans l’instruction et l’éveil de ses F F, le Chevalier Kadosch se trouve lui davantage dans l’action et la lutte.
  • Le symbole du serpent.

Celui-ci figure sur le Tableau de Loge au 19ème degré. Nos trois pas en direction du Trône lors de la cérémonie de réception, nous conduisent à en écraser les trois têtes, à éradiquer ainsi certaines forces jugées comme nuisibles. Le Grand Pontife vit encore sous le régime de la dualité.

A l’inverse, le Chevalier Kadosch a pris conscience de cette dualité et il parvient à la dépasser. Ainsi, il ne cherchera plus à vaincre le Serpent mais il s’attachera plutôt à utiliser sa formidable énergie pour l’orienter dans une direction plus conforme à l’établissement du Saint Empire. Il rétablit donc un équilibre rompu entre des forces opposées mais complémentaires. Il a réalisé le Grand Oeuvre alchimique : L’union du Soufre et du Mercure. Mariage parfaitement symbolisé par le Caducée de Mercure ainsi que par la phrase prononcée par le T P G M : « Tout ce que tu touches de cette arme se transforme en or pur… ».

  • Dans les deux degrés, on évoque une ascension.

Au 19ème, dans un 1er temps, le Récipiendaire gravit une montagne sans obstacles apparents. Dans un 2d temps, il avance sur le tableau de Loge en direction de l’Orient. Au 30ème, il gravit une échelle où chaque échelon est l’occasion d’un combat contre les Archontes, gardiens des Portes. L’ascension se révèle beaucoup plus ardue et elle n’est rendue possible que par la présence du pentagramme. On peut alors penser que même si le Grand Pontife Sublime Ecossais se trouve en possession du mot de passe du 18ème, Emmanuel, le Récipiendaire au 30ème degré possède une conscience du Principe encore plus affirmée et ancrée au fond de lui.

Je conclurai ce travail par deux remarques.

– Plus j’avance dans mon cheminement et plus j’ai le sentiment que les situations se répètent, se chevauchent ou plus exactement qu’elles reviennent sous une forme constamment différente. La tournure change mais l’idée sous-tendue est toujours la même. Tout se passe comme si le Rite, soucieux de la progression de ses adeptes, cherchait sans cesse à compléter notre Instruction par l’apport d’éclairages en permanence renouvelés.

– La seconde conclusion découle de la première. Elle me permettra aussi de revenir sur le présupposé implicite contenu dans la progression scalaire de notre Rite. Chacun d’entre nous, en fonction de son éducation, de ses préoccupations, de son état d’avancement dans la Voie, va se sentir soulevé à certains degrés et ne rien ressentir de particulier à d’autres grades pourtant dits « supérieurs ». Tel palier pour des raisons singulières, apparaît soudain comme un révélateur et va agir ensuite comme un véritable transformateur parce qu’il entre en résonance avec certaines facettes de notre personnalité la plus profonde.

Y a-t-il en définitive une cohérence, une logique, à la succession de nos degrés ? Peut-être, Sans doute même !

Au bout du compte, tout est affaire d’histoire personnelle et de vécu intérieur parce que chacun ne voit que ce qu’il est capable de voir à un moment donné de son existence.

T P G M et vous tous mes F F Chevaliers Kadosch,

J’ai dit.

(1). « L’Arbre de vie se trouve là, afin de nous faire comprendre où nous pouvons trouver les douceurs de la vie » ou encore la phrase suivante « Les étoiles sur le bandeau du Récipiendaire symbolisent ces Maçons qui firent les preuves de leur attachement aux Statuts et Lois de l’Ordre, ce qui leur permit à la fin, d’obtenir l’accès à la Jérusalem Céleste ». Beaucoup de choses restent donc à faire.

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