#406012

Berith – Neder – Schelemoth

Auteur:

L∴ P∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
: NC

Pour vous présenter un balustre sur le triptyque « Bérith – Neder – Shelemoth », j’ai du recueillir plusieurs morceaux d’architecture des autres rites portant sur ce thème Ces trois mots sont caractéristiques d’un symbolisme particulier qui se retrouve au 2ème degré du Rite Français (et au 14éme du Rite Ecossais Ancien et Accepté). en enseignant sous le voile de récits historico-mythiques se situant dans l’antiquité.

C’est ainsi que sur 11 degrés successifs numérotés de 4 à 14 et groupés en 3 classes le symbolisme marquant de la maîtrise va se trouver étayé et développé dans trois thèmes principaux :
– le thème du Temple universel à travers la construction du Temple de Salomon,
– le thème du sacrifice rituel par le meurtre d’Hiram Abi,
– et enfin le thème de la « Parole perdue » puis « du mot substitué » et « de la dédicace du Temple».

Nous devons également développerl’origine étymologique de Berith/Alliance, Neder/Promesse, Shelemoth/Perfection. Car le « hieros », le « sacré » grec a trois sens qui dynamisent et relient ces trois mots dissociés a priori. Le premier est « d’origine divine » et conduit à l’«Alliance » avec le divin « en soi », le second signifiant « en puissance » en est la « Promesse », et le troisième en est l’« augure », le « présage » et ce qui pousse vers l’avant, par le perfectionnement, jusqu’à la « Perfection ».

Ces trois mots placés dans la classe d’instruction de la Loge de Sagesse, ne sont certainement pas des coïncidences ou placés là par hasard.

Arrêtons-nous maintenant à leur signification individuelle telle que le définit le dictionnaire maçonnique universel :
BERITH : dans l’ancien testament, ce mot signifie « alliance » ou mieux « pacte de vassalité ».
NEDER : mot prononcé au deuxième attouchement signifie « promesse ».
SHELEMOTH : Mot prononcé au troisième attouchement signifie « pur », « inaltéré ».
Associés, ces trois mots selon l’interprétation pourraient signifier « Voie de l’ alliance complète ».

Le thème essentiel du 2ème ordre est la voûte souterraine qui devient une voûte sacrée, la pierre cubique à pointe et la découverte du Delta, symbole de la parole perdue

Sur le tablier du grade figure les lettres B, N et SH. Ces trois initiales de Bérith, Neder et Shélémoth prononcées avec l’attouchement du grade constituent le mot sacré.
Le modèle ternaire reconstitué est placé sous les signes de :
B’rith Neder Schel’moth.
Comme nous l’avons vu la signification première peut se traduire de la manière qui suit :
Alliance Promesse, voie Pur, inaltéré
Ou : « Voie  d’une alliance complète ».
A partir de ce concept ternaire, une ligne de comportement est proposée au néophyte du grade se présentant également sous la forme d’un modèle ternaire :
Fidélité Abnégation Générosité.
Berith – Neder – SchelemothBerith – Neder – SchelemothBerith – Neder – Schelemoth

On peut remarquer que cet attouchement « ternaire » participe du symbolisme principiel de la franc-maçonnerie qui se réfère souvent aux symboles ternaires :
Liberté Egalité Fraternité
Force Sagesse Beauté
Discrétion Obéissance Fidélité
Corps Ame Esprit
Espérance Foi Charité
Pour ne citer que quelques-uns.

De même, l’allégorie et la légende du symbolisme maçonnique poursuivi en Loge de Sagesse ne font que magnifier les processus de la pensée et de la créativité occidentale basées sur le modèle ternaire :
Thèse Antithèse Synthèse
Observation Mesure Raisonnement
Formulation Intention Expression
C’est également le principe et le fondement du royaume de l’éternel décomposé en le père, le fils et l’esprit saint. Ou encore Osiris Isis Horus.

Ces trois mots, comme le ternaire Salomon-Hiram de Tyr-Johaben et le triangle pointe en haut figurant sur la bavette du tablier du degré, symbolisent la Trinité : « un archétype dont la puissance dominante non seulement favorise un développement spirituel, mais le provoque de force le cas échéant. » (Jung, Essais sur la symbolique de l’esprit)

Le ternaire prend en effet à ce grade une dimension cosmique à la suite du nouveau « voyage » initié par la découverte du Delta au fond du puit. Car Salomonmanda aussitôt les 15 Elus, plus les 9 Maîtres qui avaient travaillé à la construction de la voûte, accompagné d’eux (15+9) et des 3 M qui avaient fait la découverte soient 27, Salomon descendit dans la Voûte Secrète, fit incruster le Delta au milieu du piédestal, et le couvrit d’une pierre d’Agate taillée en forme quadrangulaire, sur laquelle il fit graver à la face supérieure le Mot Substitué, à la face inférieure tous les Mots Secrets de la Maçonnerie, et aux quatre latérales les combinaisons cubiques de ses Nombres, ce qui la fit dénommer Pierre Cubique. Au-devant, Salomon fit placer trois lampes portant chacune neuf lumignons qui brûlaient d’un feu perpétuel soient 27 lumières.

Il leur déclara l’ancienne Loi qui défendait de prononcer le Nom du Grand Architecte, et après avoir reçu d’eux le serment inviolable de ne jamais révéler ce qui venait de se passer, il lui donna le nom de Voûte Sacrée, et en fit sceller l’entrée, dont le secret n’en demeura qu’aux 27 Grands Elus et à leurs successeurs. Par la suite, vingt-sept devient aussi le nombre des étoiles du Temple, et dans le rituel de Maître Anglais « l’âge symbolique est de vingt-sept ans et la batterie de vingt-sept coups par trois fois neuf. » (Claude Guérillot, La Rose Maçonnique).

Selon les emprunts à la cosmogonie antique : Plutarque (II 20-28) et Anaximandre, déclarent que le soleil a un cercle de respiration -autrement dit une circonférence – 27 fois « aussi grand que celui de la terre », mais les nombres obtenus ne se fondent pas sur des observations mais sur des nombres sacrés puissance ou multiple de 3 (3 = circonférence terrestre et taille des cylindres des colonnes qui ont des hauteurs de 3 fois leur diamètre) : 3/9/18/27….

Enfin revenons au mot berith qui, pris isolément, est également un concept essentiel du judaïsme dans l’Alliance (berith) entre Dieu et le peuple juif.

Selon la tradition, le Dieu de la création proposa son alliance au peuple hébreu sur le mont Sinaï. Le peuple dut reconnaître Dieu comme son seul roi et législateur suprême et accepter d’obéir à Ses lois ; en retour, Dieu le reconnut pour Son peuple particulier sur lequel Il veillait.
La Bible et la tradition juive ont replacé l’Alliance dans un contexte universel :

c’est après avoir échoué plusieurs fois à établir une alliance avec l’humanité rebelle que Dieu se tourna vers une partie de cette humanité.

Israël devait devenir un « royaume de prêtres » et instaurer un ordre social conforme aux lois divines, offrant ainsi un modèle pour toute l’humanité.

Israël se trouvait de la sorte placée en médiateur entre Dieu et l’humanité. Par-delà les mythes et les légendes cette notion d’alliance a influé sur la vision juive de l’histoire. Un lien causal fut ainsi établi entre l’action des hommes et leur destin déterminé par Dieu. Toute l’histoire d’Israël fut dès lors interprétée en fonction de son obéissance aux lois divines.

Par le renouvellement de l’alliance, le cherchant se prépare, par le signe, le contresigne et la métamorphose à changer de plan ; l’acte communautaire réalisé par le partage du pain et du vin annonce la cène et les mystères de l’Eucharistie. Ce degré met fin à la putréfaction et au deuil et annonce la transmutation de l’être ; soit le passage du noir au rouge. Mais là c’est une autre histoire.

C’est « en ce temps-là », temps intime, secret et sacré (mots qui dérivent du latin « sacer » : la séparation, et « sancio » : rendre inviolable, interdire), derrière le « limen sacrum », le seuil du temple « intérieur », que les Principes de l’Œuvre opèrent et se mettent en mouvement, renouvelant le sens donné aux trois mots échangés lors de l’attouchement du 2ème degré : Berith/Alliance, Neder/Promesse, Shelemoth/Perfection. Car le « hieros », le « sacré » grec a trois sens qui dynamisent et relient ces trois mots dissociés a priori. Le premier est « d’origine divine » et conduit à l’« Alliance » avec le divin « en soi », le second signifiant « en puissance » en est la « Promesse », et le troisième en est l’« augure », le « présage » et ce qui pousse vers l’avant, par le perfectionnement, jusqu’à la « Perfection ».

Ces trois mots, comme le ternaire Salomon-Hiram de Tyr-Johaben et le triangle pointe en haut figurant sur la bavette du tablier du degré, symbolisent la Trinité : « un archétype dont la puissance dominante non seulement favorise un développement spirituel, mais le provoque de force le cas échéant. » (Jung, Essais sur la symbolique de l’esprit)

« Par le truchement des symboles et par le biais de la prolifération affective dont nous sommes naturellement porteurs, il se produit ce que Jung nomme des « phénomènes de réflexion » où des attributions mythiques deviennent des archétypes. Il n’est pas difficile de voir que, par analogie, de semblables structurations affectives peuvent survenir lorsque nous étudions des images qui possèdent une influence mettant en jeu un facteur temporel où se trouvent impliqués les mécanismes de transfert et de projection. Ces facteurs se trouvent par nature bien valorisés dans les contes et particulièrement dans les quêtes. Jung nomme de telles situations psychiques des « archétypes constellés » où s’exprime un sentiment qui ressortit de la jouissance spirituelle : la numinosité. » (Hervé Delboy)

Après avoir subi une succession de purifications qui doivent le conduire par étapes vers le Saint des Saints, la découverte du Tétragramme et de l’Arche d’Alliance éclairée par les 3 chandeliers à 7 branches doit conduire l’Elu par l’étude patiente de l’unique et primitive substance, parcelle chaotique et reflet du grand monde, à l’art des degrés de Sagesse pour acquérir les notions élémentaires d’une science inconnue, à pénétrer dans un domaine inexploré fertile en découvertes, abondant en révélations, prodigue de merveilles, et à recevoir enfin l’inestimable don réservé aux âmes d’élite : la Lumière de la sagesse. 

J’ai dit.

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