#406012

Du Grade de Maître à l’Elu

Auteur:

M∴ F∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Dès l’instant où j’ai pris connaissance du thème de cette planche je me suis interrogé sur ce que l’on souhaitait me voir plancher dans la mesure où il n’y a pas dans notre rite un seul grade d’Elu, mais huit qui rassemblés constituent d’après Irène Mainguy ce grade là. J’utilise le mot grade sans savoir s’il est juste il me paraitrait plus approprié les mots « stade, état ».

L’Elu est constitué au REAA par de nombreux grades : Du Maître Secret (4ème, Maître Parfait, Secrétaire Intime, le Prévaut et Juge et l’Intendant des Bâtiments jusqu’au 13ème Royal Arche (le 14ème étant le Grand Ecossais de la Voute Sacrée mais le 14ème ne fait pas partie des grades d’Elus, toujours d’après Irène Mainguy). Je pense que ce n’est pas sur cela que vous attendez mais sur la démarche qui m’a conduit du grade de Maître à la 1ere marche du grade d’Elu au REAA, le Maitre Secret.

Mon vécu au grade de Maitre Secret, est marqué par mon cheminement initiatique au centre duquel se trouve la notion de DEVOIR. Qui se différencie des devoirs que l’on doit réaliser au quotidien.

Je vous propose de parcourir avec moi cette réflexion, sachant qu’elle est forcément perfectible et qu’elle ne rend pas compte ni de toutes mes émotions ni de toute mes pensées. (Ce serait présomptueux).

Je vais évoquer deux étapes, le Devoir de justice, la recherche de la Vérité,

1- La mort d’Hiram, début de la démarche de maturation initiatique : de Maître à l’Elu

Hiram est il mort pour rien ?

L’histoire commence tristement, Hiram est assassiné par trois ouvriers de la chambre des Compagnons qui ont comploté, et juré d’obtenir du Maître par la force, les secrets du Tracé de l’œuvre. Le cadavre du Maître est rapidement trouvé sous un tertre sur lequel est plantée une branche d’acacia, comme si les assassins voulaient qu’il soit retrouvé sans peine. Bref le cadavre ayant été découvert, nous pouvons en toute quiétude faire notre deuil.

La mort d’Hiram me semble indispensable à notre propre transformation spirituelle. Au-delà de la scène théâtrale vécue lors de notre exaltation à la Maitrise ? Ces trois mauvais compagnons, Ignorance, Fanatisme et Ambition correspondent à des traits et à des pulsions caractéristiques de tout homme obstiné par des objectifs de puissance et de gloire, ou simplement imbu de satisfaction personnelle non mérités.

Ainsi peut on en substance tirer profit d’un enseignement intangible : Le savoir et l’érudition sont une condition certes nécessaire, mais non suffisante à la découverte de la Connaissance ! La connaissance ne s’approprie pas par la force, ni sans mérite. L’immensité du savoir ne suffit pas à la maitrise autoproclamée de la Connaissance ! C’est plus facile d’arracher par la force un plan que se donner le temps de maitriser la Science du trait et savoir le tracer. Faut-il encore pouvoir l’interpréter pour l’appliquer comme il se doit !

Car somme toute, en Maçonnerie il s’agit du plan de la vie, lequel englobe la mort et il s’agit de se construire et non de se projeter dans un personnage modèle. Fusse t’il vertueux ou glorieux. C’est à son propre rythme que s’initie le Maçon, car il doit transcender les Symboles pour s’identifier à eux au gré des péripéties de sa vie.

Si l’aboutissement de cette vie est bien une mort physique, et si cette mort marque de manière douloureuse la fin d’une étape terrestre, elle traduit surtout et se veut la fin d’un cycle. Tous ces sentiments fielleux et leurs agrégats vaniteux existent en nous en des proportions diverses. Mais leur manifestation est plus ou moins prononcée selon les circonstances et selon l’environnement dans lequel nous évoluons.

Il ya donc un effort permanent à faire pour que le M S motivé et assidu à son labeur domine ses passions et évite les reflexes égoïstes. Fuyant l’ambition démesurée et le fanatisme aveugle qui conduisent à la Mort de sa véritable identité, le M S doit devenir son véritable Maître.

Le M S parcours sans cesse le symbolisme des trois degrés, qu’il approfondit ici dans les ateliers de perfection car les symboles qui caractérisent l’interpellent différemment et avec plus de profondeur au fur et à mesure de son avancement et donc de son élévation.

Certes Hiram est mort assassiné, mais cette mort est indispensable à la compréhension de la vie et de la pertinence des engagements que nous avons pris de poursuivre ce chemin ; chemin qui mène de l’obscurité à la lumière et de l’ignorance au savoir. N’est ce pas notre devoir de M S ? Devoir essentiel !

Les assassins d’Hiram doivent ils être punis ?

Comme tous les meurtriers, ils doivent être recherchés, arrêtés et jugés pour que le crime soit puni en ayant à l’esprit la nature et la forme de leur condamnation. Cette sentence doit être appliquée avec rigueur et justice car c’est pour nous M S notre devoir de rechercher la Vérité, en combattant l’ignorance, le fanatisme et l’Ambition. C’est en porteur de lumière que nous faisons reculer et disparaitre ces mauvais travers humain. Comme ces trois compagnons qui en tuant Hiram ont voulu renvoyer le monde dans les ténèbres, obligeant les hommes à vivre dans la caverne ayant peur de leur propres ombres.

Oui, bien sur que les assassins d’Hiram doivent être punis, et disparaitre, mais dans la transparence d’un jugement où la sentence porte une pensée morale.

2- La recherche de la Vérité

Mon propos commence par la mort d’Hiram, or pour faire le deuil les Maîtres découvrant le cadavre doivent connaitre la Vérité et faire justice.

La vérité c’est quoi ? Elle est définie dans le dictionnaire comme étant la qualité de ce qui est vrai. Connaissance conforme au réel ou qui est conforme à la réalité. Il est dit aussi que le but de la philosophie est la recherche de la Vérité, c’est bien sur cet aspect que je veux aboutir.

Pour moi la Vérité Vrai complémentairement à la définition du dictionnaire est le reflet de l’exactitude, de l’authenticité, de l’indiscutable réalité des choses, de toutes choses. La Vérité c’est aussi de chercher à savoir, ne serait ce que pour le repos de notre conscience.

A l’exemple d’Hiram qui à perdu la vie en respectant son devoir moral de garder inviolé les secrets du Temple, notre devoir moral, c’est bien la recherche intransigeante de la Vérité. Recherche de la Vérité comment et avec quels outils ?

C’est par un travail incessant sur soi en utilisant notre démarche maçonnique et par des échanges constants avec vous tous mes F F que je pense m’approcher de la Vérité. Dans tous les Rituels Maçonnique nous pouvons trouver des réponses pour nous mettre en situation de chercher la Vérité, tout cela passe par des étapes dans notre démarche initiatique :

Travailler à s’harmoniser soi même pour devenir un élément consciemment utile.
Savoir regarder et voir, écouter et entendre pour comprendre.
Passer de l’entendement à l’acte.
Pour que l’acte soit juste et parfait, se rectifier soi même se mettre à l’Equerre par la Perpendiculaire et le Niveau.
Puis sous le Laurier et l’Olivier passer de l’équerre au compas.

Mais lutter contre l’ignorance, le fanatisme, l’ambition et j’y ajouterais les préjugés et les superstitions demande que le niveau de conscience s’élève afin de pouvoir les combattre en soi même et à l’extérieur, conscience du Devoir pour le M S qu’il aura la ferme volonté de d’accomplir afin de remplir sa mission et espérer se rapprocher ainsi de la Vérité.

Cependant mes F F, ayant appris que les mots ne sont pas des idées ; ayant pu expérimenter que les idées ne sont pas des actes. Je suis profondément convaincu que cette recherche doit être marquée par une profonde humilité. Ne prétendons pas savoir essayons simplement de chercher.

Le M S peut il prendre l’exemple de ceux qui parlent et n’agissent pas ou de ceux qui tiennent des discours séduisant mais souvent en contradiction avec leurs actes et leurs comportement dans la vie profane et parfois maçonnique ?

Répondre à cette question c’est déjà ouvrir le chemin de cette recherche !

Depuis longtemps je recherche la Vérité, cette parole perdue que j’imagine pouvoir trouver en moi-même sachant que je ne suis qu’un prétentieux grain de sable balloté dans l’univers. Il m’est arrivé d’imaginer dans un instant d’inconscience que je me rapprochais d’elle…

Alors mes F F, me direz vous, quelle est cette prétention, cet orgueil qui me permet d’affirmer d’avoir entrevue la Vérité ? Quelle est la part du libre arbitre dans mon analyse ? Je ne réponds pas à cette question mes F F, je la laisse à votre méditation…

Chercher la Vérité ; pour ma part j’imagine qu’au bout de mon regard, se trouve deux miroirs, l’un extérieur, l’autre extérieur ; l’interaction entre les deux est continue, quand je vis, quand je dors, quand je rêve.

Placés face à face ils m’obligent à redresser l’image deux fois au lieu d’une et je prends conscience du point d’intersection de leur image sans cesse renvoyée. Peut être que la Vérité se trouve à ce point d’intersection, ni en moi, ni hors de moi, proche et éloignée à la fois, tellement tenue que je ne peux la saisir.

Cette difficulté doit nous conduire à l’humilité, à la modestie dans nos jugements d’autant qu’exprimer une idée, c’est déjà la trahir (trahison première de celui qui l’exprime ne pouvant restituer la totalité de son ressenti ; trahison seconde de celui qui la reçoit à travers son propre ressenti).

3- le MS un homme libre pour le Bien de l’Humanité

Mes F F la loge est bien un espace liberté, de tolérance et de rigueur propice à la réunion des outils et de la démarche capable de permettre à chacun d’élever son niveau de conscience, d’élargir le champ de sa vision et de lui permettre ainsi de prendre conscience de la portée de ses opinions et des effets de ses actions sur son environnement. Faut il encore mes F F que nous n’oublions pas ce que nous sommes et quels sont nos devoirs de M S.

La F M nous aide à ne pas nous laisser aveugler par nos certitudes, à réveiller notre esprit parfois encore engourdi, à faire revivre la conscience étouffée. C’est en donnant tout son sens à son engagement maçonnique que le M S peut décider par lui-même de ses opinions et de ses actions.

Nous avançons modestement vers la connaissance en sachant que nous sommes perfectible et que ce qui est le plus important c’est finalement le chemin, chacun avançant à son propre rythme.

Cette vérité que nous cherchons, ou plus exactement que nous nous efforçons de chercher est bien dans le cœur des hommes leur permettant de s’émanciper des dogmes de toutes nature. C’est en se mettant au service de l’humanité, de sa transformation avec cette dimension humaniste qui caractérise notre démarche maçonnique que nous faisons notre travail.

Rassembler ce qui est épars, faire que les compétences s’expriment dans la diversité des idées et des sensibilités, tel devrait être le souci constant de ceux qui ont pour mission de guider les hommes en favorisant ce qui les rapproche et non ce qui les désunit. C’est à une victoire sur lui-même que le M S est invité. Il lui appartient de perfectionner, de transmettre et d’enseigner.

Le F M confronte ses idées à celles de ses F F pour ne pas les figer et leur permettre ainsi d’évoluer de progresser, d’être toujours en mouvement. Il à appris que ses pires ennemis sont intérieur. Dans ce combat constant dont l’issu est incertain, le M S est à la recherche d’une victoire sur lui-même. Il sait que sous le symbole il y a toujours l’idée à découvrir.

Nous sommes pétris de contradictions, mais notre devoir est de nous améliorer.

La Vérité est dans l’Humain me semble t’il ?

J’ai dit T F P M

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