#406012

VOUS VOILA ELUS

Auteur:

Non communiqué

GLDF
Loge:
:  NC
  


Élu ! Le sort en a décidé, vous voilà élus ! En tant que tel, le Très Puissant Roi Salomon vous confie une tâche Sacrée que tous vos FF vous envient.
Et puis, Patatraf, c’est l’embardée !
Votre parcours se déroulait sans anicroches. Vous fûtes toujours fidèles : Maître Secret, Maître Parfait, Secrétaire Intime, Prévôt et Juge, Intendant des Bâtiments.
Ici, vous êtes entrés en nous disant avoir montés les 7 marches d’exactitude et connaître les 5 points de fidélité.
Vous voici donc un VF d’expérience qui fournit un travail de qualité et dont les progrès sont reconnus par tous.
Mais que s’est-il passé dans ce 9ème degré ?
À la sortie du Temple, vous suivez d’abord l’Inconnu, puis son chien. Ensuite, vous courrez devant vos VVFF, découvrez l’entrée d’une grotte derrière un buisson. À peine entré, la symbolique de l’endroit semble vous échapper : fontaine, lampe, poignard et le traître ABIRAMAH endormi. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, vous le tuez de deux coups de poignard, recueillez ses derniers mots, NEKAM, NEKAH et lui coupez la tête. Ensuite, vous buvez à la fontaine et vous vous endormez ; le sommeil du Juste peut-être ?
Pourtant, avant de vous envoyer à la recherche du meurtrier, nous avions vérifié que vous n’en portiez pas la marque de la stupidité, ni les stigmates de l’ignorance, ni les traits des passions viles.

Pensiez-vous descendre si bas ?

C’est justement tout l’intérêt de ce degré ! Il vous aidera à descendre bien bas.
Une maxime alchimique le dit : « Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». Ajoutez-y un zest de zèle, une pincée de vélocité et vous aurez un triangle permettant de découvrir certaines racines cachées.
Jung dit que notre conscient sont les racines visibles de l’arbre. Mais cet arbre vit grâce à toutes ses racines. Nous ne pouvons en voir l’immense majorité mais toutes et notamment celle de notre nature profonde nous nourrissent !
Je suis sensé vous présenter les arcanes du grade. Étant donné la référence à notre nature profonde, comment voulez-vous que je m’y prenne ? Tout comme vous, je ne vois que peu mes racines mais quand même, il me semble bien mieux les ressentir depuis que je suis Élu des 9.
Je vous propose donc un court voyage, qui ne peut-être que personnel, au-delà des apparences en espérant qu’il vous donnera quelques pistes pour décrypter le rituel.
Revenons à la référence alchimique. Le vieux texte dit : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ; par ces choses se font les miracles d’une seule chose. Et comme toutes les choses sont et proviennent d’UN, ainsi toutes les choses sont nées de cette chose unique par adaptation. »
La deuxième référence me semblant incontournable est Jung. Il s’est intéressé à la relation entre la psychologie et l’alchimie au point de commettre un livre de 700 pages décrivant l’alchimie comme un terreau pertinent pour accéder à l’Inconnu qui est en nous.

L’Inconnu ! Il arrive dans le Temple pour nous dire que l’ère des opératifs va vers sa fin. Plus de Maîtres ici et dans les grades qui s’ensuivent jusqu’au 12ème degré. Cette ère sera bientôt révolue mais seul l’Inconnu le sait.

Il est bien plus facile de voir que l’Élu est distingué des Maîtres. Mais de ce simple fait, nous en venons à une question récurrente en FM et que se pose notamment le Compagnon au début de l’élévation à la Maîtrise, celle de la transgression. Jusqu’où va mon droit de transgresser la Loi ? Puis-je prendre plus de risques qu’un Intendant des Bâtiments ? Et surtout, puis-je écouter mes pulsions vengeresses ?
Au-delà de la réponse morale que vous pourriez vous faire rapidement, n’oubliez pas que vous êtes devenu Maître en dépassant votre propre mort pour renaître. Mais renaître en quoi ? en qui ? Le rituel fournit divers outils dont certains de purification bien utile à l’Élu des 9.
Enfin, si vous n’avez pas peur d’un petit mal de tête, n’êtes-vous pas l’Élu de l’Inconnu ? N’êtes-vous l’Élu de votre nature profonde ?
Dans vos recherches, l’Inconnu vous sera probablement inaccessible. D’ailleurs, dès votre sortie du Temple, vous le perdez de vue et vous suivez son chien.
Le chien est connu pour sa fidélité mais que devient la vôtre lorsque vous le suivez ?
Ensuite, vient ce buisson devant l’entrée de la caverne. Vous n’êtes pas le premier Élu à être confronté au buisson. Cela est arrivé à d’autres, Moïse par exemple.
La caverne, elle, pourrait représenter notre être, conscient et inconscient.
Jung la voit comme la matrice universelle ou le symbole de l’origine. Elle a plusieurs points communs avec le cabinet de réflexion dont le contenu est aussi alchimique. C’est là où nous avons une première fois rectifié la pierre occulte (occulta : cachée en latin) qui est en nous avec la formule alchimique VITRIOL.
Ici, IHAO-BEN – VOUS – MOI, descendons dans l’Athanor alchimique, lieu privilégié de renaissance et d’initiation.
Ici, le travail commencé dans le cabinet de réflexion continue. En rectifiant la pierre occulte qui est en lui, IHAO-BEN se réunit à lui-même. Il se réunit au UN. Travail noble qu’il peut très bien entreprendre sous l’éclairage de la devise du REAA : « L’Être unique a plus d’un nom. »
Quand il sortira de cette caverne, il aura été transfiguré par ce travail alchimique, l’entrée dans la caverne pouvant être vue comme l’œuvre au noir, le poignard le faisant passer à l’œuvre au rouge.
La tête d’ABIRAMAH, sa propre tête peut-être, étant la preuve qu’il a non seulement travaillé mais dépassé les limites imposées par son inconscient. Il s’est vaincu lui-même. L’Élu des 9 s’en réjouit en se purifiant par l’eau de la fontaine.

Venons-en au poignard d’or et d’argent. Il ne peut-être que symbole, l’or et l’argent étant des matières trop molles pour frapper à mort. Ce poignard est donc définitivement un outil symbolique avec lequel IHAO-BEN frappe d’abord la tête et puis le cœur – peut-être sa tête et puis son cœur, la nature de ce poignard dépassant de loin les activités opératives du meurtrier.
En avançant dans le récit, je me plais à croire qu’IHAO-BEN, en coupant la tête descend encore plus profondément en lui-même. Là, après des recherches nécessaires, il est probable qu’il ait vu au-delà de la Lumière, sa Lumière.
Toujours est-il qu’en travaillant sur ses zones d’ombres, il devient un être d’esprit pour évoluer vers autre chose qui jusque-là le dépassait, le meurtre rituel prenant alors une autre dimension et apparaissant comme nécessaire à la poursuite de la quête.
Mais nous ne sommes pas encore au bout du processus. Opérativement parlant, nous savons déjà que couper une tête avec un poignard d’or et d’argent est infaisable. Il a donc fallu qu’IHAO-BEN, VOUS, MOI lui trancha la tête avec autre chose qu’il avait en lui.
Et pour l’avoir regardée cette tête que j’ai tranchée, il m’est certain de m’être reconnu. Si je n’en suis pas mort, c’est probablement que tout de suite après j’ai étanché ma soif à la fontaine et me suis endormi dans un sommeil régénérateur. Ainsi, IHAO-BEN – VOUS – MOI fûmes purifiés et nous pûmes poursuivre notre chemin.

Au retour dans le Temple, après avoir explorer les profondeurs de notre être, comment voulez-vous ne pas intercéder en faveur d’IHAO-BEN ? Nul besoin de faire appel à notre Frat! Par les travaux menés nous-mêmes sur notre propre nature profonde, nous connaissons les recherches effectuées par notre FF IHAO-BEN.
Un jugement sur ces recherches est impossible de la part d’un VF, nous ne pouvons donc que demander grâce.
Quant au Très Puissant Roi Salomon, accorder sa grâce tombe aussi sous le sens. Il n’est, somme toute, qu’un homme avec son incomplétude et donc lui aussi est IHAO-BEN en recherche de sa Lumière.

Zèle, Vitesse, Union avec soi-même à l’aide, notamment, des outils de l’alchimie vous aideront à cheminer dans ce IXème degré.
Je vois un but simple à ce rituel palpitant, complexe, d’une richesse quasi infinie. Ne serait-il pas, tout simplement, de nous aider à nous unir à notre nature profonde ?

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