#406012

Le sort en a décidé et la caverne m’est connue

Auteur:

M∴ B∴ P∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Au 4ème degré par l’enseignement de la clé nous marchons sur la route du Devoir pour pénétrer les hautes sphères de la spiritualité qui me mèneront vers la vérité et la parole perdue. Maître Parfait nous nous devons à la réalisation de nous-même, il nous faut comprendre que la clé de la connaissance est dans la participation directe au principe, qui est en nous.

Secrétaire intime, Hiram est mort, l’équilibre est rompu, mais par une saine curiosité, Johaben rétablit l’équilibre ternaire et soude à nouveau dans l’harmonie le triangle brisé.

Le Prévôt et Juge doit la justice à tous les hommes en associant le pouvoir et le jugement sans préjugé ni opinion préconçue en toute sérénité.

Par l’Etoile sous l’inspiration du G A D L U l’intendant des bâtiments doit se consacrer avec zèle et constance aux travaux susceptibles de donner plus de « resplendeur » à son temple.

Cette progression de notre démarche à travers le rituel, me conduit vers cette phrase affirmative :

« Le sort en a décidé et la caverne m’est connue » mais qu’est-ce que le sort ? Si ce n’est que la manifestation du G A D L U par l’intermédiaire de la sagesse du Roi Salomon. Johaben sera Elu des neufs avec pour mission de retrouver Abiram l’un des assassins. Sous la conduite de l’étranger, symbole du guide, de la fidélité, de la conscience innée qui me fera connaitre la caverne, ce lieu de régression où s’opère la mort des hautes valeurs spirituelles qui tue l’être en nous, pour comprendre ce qui fait obstacle à notre éveil.

Il s’agira d’éradiquer ce mal qui spolie notre raison et qui nous empêche de transcender l’idée que l’on se fait de la transformation devant éclore au cœur de notre être intérieur. L’étranger est accompagné de son chien dont le flair est symbole de l’instinct, de mon animalité qui habite la caverne de mon inconscient. Mes pensées sont confuses.

L’impatience et l’esprit de vengeance s’emparent de moi durant cette « traversée du désert » c’est la matière qui règne, c’est l’orgueil qui est exacerbé, je ne peux contenir mes vils pensées. Cette pulsion aveugle supprime en moi toute capacité de discernement, c’est la culpabilité du combat intérieur, combat repentir des actes passés ? Une montagne se dresse devant moi. Située près de la mer de Joppé, symbole des eaux primordiales elle exprime la rencontre de la pérennité matérielle mais aussi de l’élévation spirituelle.Son ascension en est difficile alourdie par le poids de la charge de mes impossibilités.

Un arc en ciel brille dans le ciel, c’est le lien parfait entre deux états immanent : la matière et l’esprit qui symbolisent le changement en moi. A proximité de la caverne un buisson Ardent, image du G A D L U réf biblique, à Moise (GN III 1-6). Buisson associée à la lumière sacrée à la présence divine du G A D L U, l’arbre du jardin d’éden…

Librement je pénètre progressivement à l’intérieur de mon être, de mon inconscient de ma Caverne !

« La caverne observe René Guénon représente la cavité du cœur, considérée comme le centre de l’être, qui est aussi l’intérieur de l’œuf du monde renfermant les possibilités à venir. C’est le siège de l’âme humaine, archétype de la matrice universelle, symbole de l’origine, lieu privilégié de renaissance et d’initiation ». Fin de citation.

La caverne est le lieu de passage obligatoire pour naître et passer de l’ombre à la lumière. C’est une cavité creuse dans la roche de la montagne, c’est le lieu de tous les dangers, et du moi primitif. Elle est aussi le centre de mon être dont il me faut extraire les éclats trompeurs. Elle est la cachette de l’assassin qui cherche à fuir la justice s’étant réfugié dans l’obscurité de mes nuits intérieures.

C’est le cabinet de réflexion rencontré lors de notre initiation. Entrailles de la terre, lieu noir et silencieux, lieu d’action pour résoudre nos contradictions, l’athanor de l’Ame et le siège de la lumière éternelle. C’est le lieu d’action de méditation de passage du stade de l’ignorance à celle de la lumière de l’Esprit.

Epreuve sur le parcours de la vérité et de la justice.L’accès à la connaissance de soi est difficile et il m’impose de repousser mes limites, de dépasser mes peurs et mes à priori en admettant que pour progresser il faut me mettre à nu.

Entrant dans la caverne je distingue la lueur d’une lampe à huile, support de la lumière qui chasse les ténèbres, image du feu qui brule en moi dans les profondeurs de ma nuit inconsciente. C’est le symbole de l’espérance, par quoi tout est possible en témoignant que dans les lieux les plus sombres la lumière divine est présente.

A mon grand désarroi, ce traitre qui a corrompu mon âme, l’assassin d’Hiram père de tous les vices dort paisiblement dans cet endroit de désolation. A ses pieds un poignard à lame d’argent métal couleur de la lune lueur discrète, affirmant le côté obscure de l’acte, l’inconscient constituant l’individualité du forfait, la main étant par la poignée d’or l’image du prolongement de l’esprit.

Cette lame symbole de vengeance, de pénétration et de sacrifice me pénètre dans un corps à corps avec moi-même, action de l’esprit par laquelle je descends en moi pour accéder à la compréhension.

Oubliant les instructions de Salomon, Johaben saisit le poignard, la violence est en   moi, je suis aveuglée par mes obsessions.

Je frappe au front puis au cœur comme pour l’assassinat d’Hiram ; je frappe le front symbole de la pensée de l’Ame, puis le cœur symbole de l’Amour, l’assassin d’Hiram s’écrit Nekah : je suis frappé Johaben s’écrit Neckam : vengeance (les deux mots sacrés du 9ème degré.) Puis Johaben lui coupa la tête séparant en cela l’esprit de la matière.

Je suis par ce geste face à face avec la partie noire de moi-même, la vengeance l’acte irraisonné et transgressif.

Si la dualité, caverne et lumière semble évidente l’opposition vengeance pardon ne l’est pas aussi clairement.

Ici la vengeance est une pulsion incontrôlée exécutée par zèle coupable me sacrifiant en même temps sur l’autel des trois mauvais compagnons mais en étanchant ma soif à la fontaine, Johaben passera de l’état de « sacrifié » à l’image de Maître Hiram à celui de sacrificateur annulant ainsi l’esprit de désir de vengeance. Johaben a outrepassé ses droits substituant par excès de zèle, la vengeance à l’esprit de justice.

Le chemin du retour se fait pour moi encore dans l’inconscience de mon geste, ma vengeance été assouvie et malgré la réprobation de mes frères je suis pressée d’être félicité par Salomon. L’orgueil encore !

Le Roi désapprouve cet acte de vengeance car nul n’a le droit d’exercer lui-même la justice en transgressant la loi. L’esprit doit donc mettre en œuvre ce qu’il a appris en prenant réellement conscience que : Elu des neufs je dois me maîtriser pour sortir vainqueur du combat avec moi-même.

Plus tard, mes frères démontrant mon ignorance et cherchant à minimiser mon acte feront appel à la clémence et à la sagesse du roi Salomon.

Il n’y a pas de refoulement, en moi mais au contraire reconnaissance et mise en valeur du crime commis, voie de réflexion solitaire sur la manière d’accéder au but.

Le pardon est un acte d’Amour qui peut être une cause de changement chez celui qui humblement sait le recevoir.

Pour cela le pardon est favorisé par la connaissance de nos propres faiblesses et de leur acceptation ce qui est la résultante de notre travail d’introspection. Cette démarche consiste à renoncer au sentiment de vengeance. Le chemin est encore long entre notre conscience, notre effort pour trouver la voie verticale et notre possibilité d’accéder durablement à la révélation de la conscience pure.

La grandeur d’âme du Roi exercée avec puissance et bonté nous invite à accéder à la compréhension et à la réflexion de nos propres actes et à ceux commis par les hommes et sur lesquels nous portons un jugement hâtif et parfois erroné.

Ainsi Le 9ème degré aide à voir les obstacles en nous et nous invite à une recherche intérieure plus spirituelle en tuant le mental qui nous empêche d’accomplir l’ultime transcendance en abolissant l’homme vulgaire.

C’est par cette métamorphose que l’initié devient un élu conscient a qui « en aucun cas la vengeance n’est permise ».

J’ai dit.

Bibliographie :
Rituels du 4ème au 12ème degré.
La Caverne Platon.
Ordo Ab Chao diverses publication.
La Maîtrise parfaite étude des degrés de perfection du REAA, J C Mondet.
La voute Sacrée, Alain Pozarnik.

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