Que vous suggère la caverne
Non communiqué
A
L G D G A DE L’U
Ordo Ab Chao
Deus Meumque Jus
Au nom et sous les Ausp du S C D G
Ce thème relève du 9ème D M Elu des Neufs qui fait partie des grades de vengeance avec le 10ème et 11ème et se situe dans la 3ème classe des degrés du R E A A.
La démarche initiatique est avant tout un travail intérieur ; qui nous amène constamment à l’introspection, c’est-à-dire à la voie du VITRIOL. Ce VITRIOL est représenté au 1er D par le Cabinet de réflexion ; au 3ème D par le Tombeau et au 9ème D par la Caverne.
Pour aborder ce sujet, je commencerai par faire un rappel succinct de la légende du 9ème ; je traiterai ensuite du symbolisme lié à la caverne et je parlerai des enseignements que j’en tire, enfin je donnerai une conclusion.
Le rituel du 9ème précise que le nom d’Elu a été donné à des grades dits de « Vengeance » dont l’argument fondamental est le châtiment des assassins d’HIRAM. La légende semble avoir pour but, plutôt que l’assouvissement d’une vengeance, la définition d’un idéal de justice et d’équité triomphant de l’ignorance et du fanatisme, grâce au perfectionnement et aux progrès de la connaissance et de la morale. L’initié s’engage désormais dans l’action et l’accomplissement d’une mission d’une haute valeur morale. Il s’achemine vers un nouveau stade de réflexion qui l’incline à plus de spiritualité. C’est en cela qu’il est Elu et qu’il peut répondre à la question : « Etes-vous M Élu des Neufs ? Le sort en a décidé et la Caverne m’est connue ». C’est à ces Elus que Salomon ordonna de suivre l’Etranger vers la Caverne pour s’emparer de l’assassin. Les Neuf Elus se mirent en route et marchèrent ensemble pendant un certain temps. Mais l’un d’entre eux nommé Johaben, impatient de venger Hiram devança les autres et pénétra le premier dans la Caverne. A la lumière d’une lampe qui y brûlait, il vit le meurtrier se reposant un poignard à ses pieds. Outrepassant les instructions du Roi Salomon, Johaben se saisit du poignard et frappa au front puis au cœur le meurtrier. Celui-ci se redressa brusquement, puis s’écroula aux pieds de Jahaben après avoir prononcé le mot « NEKAM ». Johaben lui trancha la tête et étancha sa soif à la fontaine qui coulait dans la caverne.
La Caverne est souvent située sous la montagne et l’on ne peut l’atteindre qu’après un long parcours et d’étroits passages. Selon les anciennes cosmogonies, la caverne est l’image de l’œuf cosmique, la matrice obscure ou se forme le monde. Elle peut être assimilée au ventre de la femme ou se forme l’enfant. C’est la « matera prima ». La caverne est à l’image du monde et de l’homme. Tout ce qui est en elle se retrouve dans le monde et dans l’homme. On y retrouve même les 4 éléments l’Eau à travers la fontaine ; le Feu avec la lampe et bien sur la Terre et l’Air. La caverne, est pourrait-on dire une véritable jungle.
Pour ABIRAM, la caverne symbolise un espace négatif d’enfermement, la cachette de l’assassin qui cherche dans l’ombre à fuir la justice en se réfugiant dans l’obscurité des ténèbres inférieures. Dans la caverne, ABIRAM est face à la gravité de son crime, il médite sur ses mobiles que sont l’ignorance, le fanatisme et l’ambition. Il endure la souffrance de la mauvaise conscience. On serait enclin à penser qu’il se sent libéré en s’écriant NEKAM, au moment ou il est frappé au front et au cœur. ABIRAM est d’abord frappé au front, siège du cerveau, de la réflexion rationnelle, puis au cœur siège du cognitif, de l’émotion. On lui tranche ensuite la tête, un geste qui nous ramène au signe d’APP. Symboliquement, JOHABEN tue ABIRAM sur tous les plans.
L’arme dont se sert JOHABEN est un poignard, bijou du grade, avec une lame en argent et un manche en or. L’argent symbolise le féminin et le passif par opposition à l’or qui est actif et masculin et représente le métal parfait. Le poignard n’est que le prolongement de la main ; c’est la main qui dirige l’action.
Le mythe de la caverne reflète l’image de la condition humaine, c’est un lieu de dépendance, de méditation, de purification, elle est aussi le lieu des initiations. Tout ce qui se trouve dans la caserne nous donne un enseignement particulier. C’est ainsi que nous pouvons voir la fontaine, moyen de se désaltérer et surtout de se purifier. La lumière de la lampe au cœur des ténèbres de la caverne symbolise la dualité fondamentale des ténèbres et de la lumière et signifie que même au fonds des ténèbres il y a toujours des sources de lumière, même si à l’entrée de la caverne le buisson semble faire écran symbolisant ainsi les préjugés et la superstition qui empêchent la conscience humaine d’être éclairée et de s’élever vers d’autres états. Il s’agit de passer de la conscience matérielle à la conscience spiritualisée ; pour équilibrer notre intérieur libéré des pulsions négatives qui entravent notre élévation et rétablir l’ordre conformément à la devise « Ordo Ab Chao ».
Tout homme est une guerre civile. Toutes les passions sont en lui, les bonnes comme les mauvaises. D’incessants combats se déroulent dans son monde intérieur. Que d’énergie dépensée inutilement dans ces conflits ou des forces précieuses se neutralisent.
Il s’agit de nous approprier les vertus que sont la Justice, la Tempérance, la Prudence et la Force et aller plus loin ; sachant que la caverne du 9ème est ténébreuse et qu’il nous faut atteindre la carrière à ciel ouvert ; et devenir le G M A de notre propre Temple intérieur.
En Conclusion, l’important dans la maîtrise de soi, c’est de commencer par réaliser l’harmonie en soi, donc l’unité avec soi-même, c’est à dire faire en sorte que l’homme visible et l’invisible ne fassent qu’un dans la vie comme dans l’action. Ainsi nous arriverons à penser ce que l’on dit, à dire ce que l’on fait pour faire ce que l’on a dit.
L’initiation donne un enseignement positif en montrant ce qu’il faut faire. La légende de la caverne fait exception et indique le contraire de ce qu’il faut faire. Il ne faut pas prétendre rendre la Justice sous le coup de l’émotion. Cependant « Aucun crime ne doit rester impuni ».
Mais de quelle Justice s’agit-il ? Les meurtriers d’HIRAM sont morts symboliquement, c’est donc dire qu’il faut juger l’idée derrière le symbole pour que ce qui doit s’accomplir, s’accomplisse.
J’ai dit.