L’Elu
A∴ B∴
A la Gloire
Du Grand Architecte de l’Univers
Au nom et sous la juridiction du Suprême Conseil
pour la France des Souverains Grands Inspecteurs
Généraux
du 33ème et dernier degré du Rite Ecossais Ancien
et Accepté
ORDO AB CHAO – DEUS MEUMQUE JUS
Il faut indiquer que l’on trouve ce terme d’élu dans trois grades, qui sont :
L’Elu des neuf,
intitulé aussi l’Elu vengeur (9ème
degré)
L’élu des quinze désigné
sous le titre d’illustre élu (10ème
degré)
Le sublime chevalier élu (11ème degré)
Le grade d’Elu a été donné à des grades dits de vengeance dont le but est le châtiment des assassins d’Hiram.
Mais qu’est-ce qu’un Elu ?
D’un point de vue religieux, dans l’ancien testament, l’Elu est celui qui est choisi par Dieu.
Ce Testament parle d’une élection qui concerne des individus « particuliers ».
Ceci explique pourquoi, l’individu, de par sa limite et son étroitesse, n’a qu’une place assez secondaire au sein de la manifestation ; et ce, parce qu’il est un être contingent n’ayant pas en lui-même sa raison suffisante, le parcours de son existence n’apparaissant que comme le « cycle de la nécessité ».
Le nivellement se produisant vers le bas, il s’ensuit que le « quantitative » pur devient d’autorité le seul critère d’existence, avec comme seul et unique modèle, un matérialisme débridé ne laissant que peu de place au spirituel. Mais le sort en a décidé autrement, puisque nous voilà maintenant considérés comme « individus particuliers » ayant le statut particulier d’« élu ».
« Le sort seul en a décidé. La caverne m’est connue »
Mais c’est aussi la personne qui a été choisi après avoir déposé sa candidature. Nous ne sommes pas élus malgré nous, même si nous nous sommes mis en disposition de l’être, c’est le résultat d’une action.
Lorsque les candidats frappent à la porte, le rituel nous précise :
« F Maitre des Cérémonies, pourquoi avez-vous introduits ces Maîtres Intendants des Bâtiments ? »
« Très Puissant Maître, ils cherchent l’élection ».
L’instruction du neuvièmeme degré le rituel nous indique encore : « Êtes-vous Maitre Elu des Neuf ? »
« Le sort seul en a décidé. La caverne m’est connue ».
La Providence est là présente et nous sommes seuls face à notre destin. Destin qui est illustré par la caverne. Mais cette épreuve, où Salomon nous avait fait confiance et nous avait demandé de ramener le meurtrier afin de le punir, nous ramène à la morale du quatrième degré que nous n’avons pas respecté : « Tu ne te forgeras point des idoles humaines pour agir aveuglément sous leur impulsion, mais tu répondras toi-même de tes actes et tu ne prendras point les mots pour la Réalité ».
Pourtant c’est ce qu’a fait le Maitre Elu des Neuf : agir aveuglement. Venger le Meurtre d’Hiram-Abif. Nous avons été menés à cette caverne par un Inconnu qui représente finalement la face cachée de notre Etre que nous devons encore explorer et se mettre face à notre Conscience. Nous devons relativiser sur chaque situation, prendre du recul afin de donner le meilleur de nous -même.
« En aucun cas la vengeance est permise ».
Et nous devons progressivement nous élever en mettant à profit notre qualificationparticulière et reconnue au service de l’intérêt commun.
Ce pouvoir émane de la puissance du Grand Architecte de l’Univers que nous glorifions en Tenue mais également à chaque instant de notre existence, ordonnant ainsi notre Etre afin de nous réaliser intérieurement sur l’axe vertical de l’Axis Mundi, mais aussi extérieurement sur l’axe horizontal.
Résumé
L’entrée en Maçonnerie est une élection, il faut donc rendre grâce de se retrouver élu ou maçon ; allusion faite au Peuple Elu.
Pour être élu, il faut en avoir la capacité, et nous avons cette capacité car le sort est guidé par le Très-Haut.
Qui élit ? Le sort, le Principe, Dieu.
L’élection n’est pas un cadeau car c’est une situation plus difficile à vivre qu’avant et qu’on ne doit pas nous envier.
Il n’est pas aisé d’assumer sa position d’élite, au sens spirituel du terme et non social ou matériel. On peut très bien être élu et ne pas remplir sa mission, l’élu est celui qui part et non celui qui revient.
L’élu agit, et lorsqu’il y a action, il y a automatiquement une réaction qui nous fait nous ouvrir, entraînant une modification de nous-mêmes.
Il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus, tout le monde n’est pas élu.
Rappelons brièvement la légende de ces 3 degrés.
Maitre élu des neuf
Le Roi SALOMON voulant poursuivre les meurtriers d’HIRAM offrit une haute récompense à qui les ramènerait. Un jour qu’il s’entretenait avec plus de 90 maitres dans la salle d’audience. Zerbal l’avertit de l’arrivée d’un étranger qui désirait lui confier un secret trèss important.
Après l’avoir entendu, Salomon annonça que l’étranger pouvait conduire ceux qui le désiraient jusqu’au lieu où se cachait l’un des assassins du Maitre.
Il précisa que neuf Maitres, désignés par le sort, suffiraient à le capturer. L’un d’entre eux, Johaben, assoiffé de vengeance, devança les autres et atteignit la caverne ou dormait l’assassin. A la lumière d’une lampe, Johaben prit un poignard qui était sur le sol et frappa Abiram au front et au cœur. Celui-ci se redressa en disant : NEKAM et mourut. Johaben lui coupa la tête et étancha sa soif à la fontaine de la caverne. Ses frères arrivés ensuite, lui reprochèrent son excès et lui dirent que le roi ne lui pardonnerait pas. Ils burent à la fontaine et s’en retournèrent tous à Jérusalem.
Lorsque Salomon vit la tête d’Abiram au poing de Johaben, il ordonna à Stolkin d’exécuter celui-ci. Mais, se rendant aux supplications des Maitres à genoux, il pardonna à son zélé serviteur. Dans ce degré il y a des pulsions inconscientes et terribles qui sont la source des trois vices que sont l’ignorance, le fanatisme et l’ambition déréglée.
Illustre élu des quinze.
Six mois après l’exécution d’Abiram, Salomon ayant appris que les assassins d’Hiram se cachent au pays de Gath, choisit quinze Maitres zélés, dont les neuf qui avaient retrouvé Abiram. Il leur confie une lettre à remettre au Roi de Gath.
Apres 5 jours de voyages, la lettre est remise au Roi Ma’Akah, qui ordonne des recherches. Au bout des 5 autres jours, Zerbal et Al Khanan découvrent les scélérats dans la carrière de Ben Deker. Ceux-ci sont chargés de chaine en forme de règles et d’équerres et ramené quinze jours plus tard à Salomon, qui les fait enfermer dans la tour d’Achizar en attendant leur exécution.
Le jour venu, à dix heures, ils sont attachés, pieds et mains liés aux poteaux, leurs corps sont ouverts, du pubis à la poitrine. Apres huit heures de cris et de gémissements, ils sont décapités, leur tête exposée aux portes de la ville, leur corps jeté aux bêtes par-dessus les murailles.
Nous sommes ici symboliquement ramenés en un temps ou la tradition voulait que les puissances vaincues fussent cruellement punies. Cela signifie qu’il nous faut violemment lutter contre ces forces en nous. Symboliquement c’est une libération de Soi par accès à la connaissance de Soi.
Sublime chevalier élu.
La punition ayant été accomplie, Salomon veut récompenser le zèle et la fidélité des quinze Maitres élus partis à leur recherche. Afin de ne faire aucune faveur, il choisit, par tirage au sort, douze d’entre eux qui constitueront le grand Chapitre et commanderont les douze tribus d’Israël.
Il leur donne le titre d’AMAR YAV. Il leur montre les tables de la loi et les objets précieux enfermés dans le tabernacle. Puis, il est armé de l’épée de justice, en leur disant qu’ils ont pour mission de rendre la justice et d’en suivre les Lois.
Ce grade est un passage qui me prépare à la poursuite de la construction du temple jusqu’à son achèvement. Au lieu de vouloir tuer son prochain, je dois retourner les armes contre moi, je dois faire face à tout sentiment de vengeance, témoigner d’une volonté de justice et un désir de perfection.
Qu’y-a-t-il dans cette caverne ?
Le rituel à ce grade indique : « la lampe m’a éclairé, la fontaine m’a désaltéré et avec le poignard j’ai vengé la mort de Notre Respectable Maître Hiram ».
Le tableau de loge à ce grade est fait de diverses images :
– Celle du buisson qui cache l’entrée de la caverne. Ce buisson fait de nombreux arbrisseaux, empêche la lumière de pénétrer d’où la nécessité d’un éclairage.
Pour descendre à la caverne, il y a 9 marches du même nombre que les Maîtres. Ce nombre 9 dernier de la série, terme d’un cycle annonçant à la fois une fin et un commencement :
– Celle de la bougie
allumée : le feu, la lumière,
– celle de l’étoile et de l’arc-en-ciel,
signe d’apaisement et d’alliance.
– celle de la paroi rocheuse : son aridité évoque
la difficulté du travail,
– Celle du broc contenant l’eau : l’eau de source
l’eau est le moyen pour Johaben de se laver de son crime ou
de se purifier, les autres maîtres venus à la
recherche du meurtrier boivent aussi à la fontaine,
– Celle du poignard : l’arme de
pénétration.
Fait de 2 métaux : d’une poignée d’or et d’une lame d’argent, le fait de la poignée d’or n’est-ce pas Dieu qui nous a guidés ou une tentation purificatrice.
Il nous rappelle aussi la parole qu’il dit avant d’expirer « NAQAH » il a trans percé, trans n’est-il pas nous faire passer à l’au-delà et percer le passage d’un état à l’autre. La caverne est l’archétype de la matrice maternelle et elle le symbole de renaissance et d’initiation. Le « vieil homme » attend dans la caverne que le « nouvel homme » y entre et se substitue à lui mais cette renaissance se fait dans la douleur.
La caverne est donc au centre de tous les rites initiatiques, car elle est le lieu d’où tout part ou repart. Et il peut être confondu avec le cabinet de réflexion qui est l’exemple le plus connu.
La caverne une place de choix dans la vie spirituelle et initiatique. Comme pour toutes civilisations traditionnelles, la caverne est le point de départ d’une renaissance vers une vie spirituelle autre.
Sortir de la caverne est difficile, l’initiation n’est donc réservée qu’à des élus. (8+1)
La caverne a servi de refuge à nos premiers ancêtres. Elle a été le berceau de cette humanité balbutiante, prenant conscience de sa finitude de l’existence, de quelque chose qui la dépassait. La caverne, naturellement est apparue comme un lieu de refuge contre toutes les peurs, la nature, les animaux, les ennemis, lieu sombre, elle est réconfortante comme le sein maternel, malgré ou peut être grâce à l’obscurité ; et la sortie vers la lumière apparait comme un triomphe de l’angoisse, comme une renaissance dans un nouveau plus pur plus proche de la perfection divine.
Les hommes ont plus peur de la lumière que de l’obscurité.
La caverne, berceau, est aussi caveau ou l’homme retrouve une autre éternité.
Mais surtout elle est le lieu des combats contre soi ou initiatiquement, combat contre l’ennemi intérieur, combat pour se fondre au cosmos.
Et l’initié apprend vite que l’important n’est pas de vaincre, encore moins de tuer. Il lui faut combattre, c’est cela le remède de la peur et la caverne est le lieu de tous ces combats.
En conclusion
Ces grades d’Elus nous propose une consolidation de notre instruction sur le degré précèdent Le DEVOIR. Il enseigne par la pratique que puisque l’ennemi est en nous, l’esprit humain ne peut chercher la vérité qu’en luttant contre nos propres imperfections, et nous guidant vers la vérité et l’accomplissement d’une liberté pour plus de conscience, de spiritualité et d’amour pour une mission à haute valeur morale et poursuivre vers la perfection.
Les Assassins d’Hiram-Abif : nous-même et nos passions.
Il n’a pas le courage de se freiner, il n’est pas maître de lui-même.
Avant la caverne, Jahoben se fourvoie.
Le calme n’est pas de mise, en découvrant le meurtrier, il se découvre lui-même.
En entrant dans la caverne, il rentre dans son moi intérieur.
Il ne supporte pas de se voir avec ses imperfections.
J’ai dit.