A04J-A ; F Inspecteur, en quel lieu sommes-nous ?

Auteur:

T∴ F∴ P∴ M∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

C’est par ces mots qu’Adon Hiram, incarné par le Frère Inspecteur, répond au roi Salomon représenté par le Trois Fois Puissant Maître lors de l’ouverture des travaux au 4ème degré. Lorsque je fus reçu Maître Secret, le TFPM m’enseigna que l’Orient représente le Saint des Saints dont je suis séparé par une balustrade symbolique que je ne peux encore franchir mais que puisqu’admis parmi les Lévites je possède la clé et il me sera peut-être permis, quelque jour, de passer.

La Loge de perfection, à l’instar de la Loge symbolique représente la partie centrale du lieu saint du Temple de Salomon, c’est-à-dire l’Hékal, mot signifiant grande maison ou grande salle, qui occupait les deux tiers de l’édifice principal. L’Orient de la Loge symbolise le Débhir ou Saint des Saints. Autrefois, un double voile, la Parockhet, séparait le Débhir de l’Hékal. Aujourd’hui, c’est une balustrade symbolique, Zizon, qui assure virtuellement cette fonction. Dans un ancien rituel du 4ème degré du rite écossais ancien et accepté de 1804 on peut lire : « Où était placé l’Arche d’alliance ? Dans le milieu du Saint des Saints, sous l’étoile flamboyante ». Puis, plus loin, « Quel était le nom du Saint des Saints ? D’Abber (Debhir). Que signifie-t-il ? La parole. Pourquoi est-elle appelée ainsi ? Parce-que la Divinité y résidait ».

Selon la Bible, dans le premier Livre des rois, le Saint des Saints, le Sanctum Sanctorum, formait un cube de 30 pieds (soit 20 coudées cube). Il était totalement vide à l’exception d’un coffre rectangulaire de bois de Sethim (acacia) surmonté par deux chérubins, placé exactement au centre sur la pierre Shetiyah, « la Pierre de Jacob », c’était l’arche d’alliance qui renfermait les 2 tablettes de pierre portant les 10 commandements et la Shekinah, en hébreu la présence divine.

Le jour le plus saint de l’année, Yom Kippour, le jour des propitiations (le jour du pardon), la personne la plus sainte, le Grand Prêtre, pénétrait le lieu le plus saint de la terre, le Saint des Saints, le Sanctuaire. Là, il allait prier au nom de tout son peuple et assurer son expiation. Tout au long de l’année, le Grand Prêtre revêtait un habit de splendeur pour accomplir ses devoirs, un habit orné d’or, de pierres précieuses et de matériaux les plus raffinés. Mais quand il pénétrait le Saint des Saints, le jour de Yom Kippour, il était vêtu, tout comme chaque juif ce jour-là, de simples habits de lin blanc sans aucune touche de grandeur ou d’éclat afin d’affirmer que pour franchir la Parocket, pour pénétrer dans le Saint des Saints, point n’est besoin de qualifications ou d’actes extraordinaires ni même d’impressionnantes connaissances. Il faut seulement un coeur et un esprit purs et être prêt à renaître de nouveau.

Le Débhîr, séparé physiquement du Hékal par une simple paroi de tissus, un voile fragile me rappelle qu’à l’instar de cette salle, à priori, inaccessible à tout à chacun : « il n’est point de difficulté que l’énergie, la Persévérance et la volonté ne puissent surmonter ».

Selon la Bible, dans le Saint des Saints l’Arche, reposant sur la pierre dont Jacob avait appuyé sa tête lors de sa vision en rêve de l’échelle, est le véritable Centre du Monde car c’est à partir d’elle que le salut va rayonner sur la Terre : « Dieu est mon roi depuis les temps anciens, Lui qui opère des délivrances au milieu de la terre » (psaume 74 verset 12).

Et, puisqu’il nous est demandé de toujours découvrir l’idée sous le symbole, ce Saint des Saints, la partie la plus sacrée du Temple dans lequel nous nous trouvons et dont nous ne sommes que les modestes gardiens, n’évoquerait-il pas également la Jérusalem céleste, la cité primordiale de l’Apocalypse de saint Jean : c’est René Guénon qui l’affirme : « Tout est contenu en réalité dans le
centre, de sorte qu’on doit y retrouver, tout ce qui se trouve dans l’ensemble de l’Univers, …, disposées concentriquement, et aboutissant finalement au point central même ».

D’ailleurs, le Frère inspecteur lors de l’ouverture des travaux et en réponse au TFPM qui lui demande s’il est Maître secret, répond en s’en glorifiant : « qu’il a été reçu sous le laurier et l’olivier en passant de l’équerre au compas ». Le compas sert à tracer des cercles ; à partir d’un point central. Ce point, que l’on peut assimiler au Saint des Saints du Temple de Jérusalem, est hors du temps et de l’espace. C’est à partir de ce Centre que Dieu se révèle au monde. Clément d’Alexandrie, le divin Maître, le Pédagogue, nous le précise lorsqu’il dit : « Dieu est le Coeur de l’Univers ». Un coeur, en quelque sorte, selon l’architecture du Temple, au centre d’une triple enceinte.

Le Maître Maçon ne doit-il pas franchir trois cercles successifs, recevoir trois initiations, avant de pouvoir parvenir au Centre, avant de devenir Le Centre ?

En conclusion, le Saint des Saints m’apparaît comme le Centre primordial, dans lequel il n’y a plus aucun changement d’aucune sorte. C’est l’Axis Mundi, l’Axe, le Nombril de l’Univers, l’Omphalos de Delphes, où réside la présence divine, la Schekinah. C’est l’invariable milieu, le Zhongyong, de Confucius, le lieu hors de l’Espace et hors du Temps où le passage vers l’Autre Monde est possible. C’est, au-delà du symbole, au centre même de l’être, en nous, au fond de notre coeur, que s’opère la fusion avec l’Unité divine. Et nous, nous sommes les gardiens de ce secret, les Maîtres secrets, les Lévites, seuls des douze tribus d’Israël à ne pas avoir reçu de terre et, afin d’exercer sans convoitise, ni jalousie, ni problème d’héritage, notre fonction sacerdotale, sommes libérés des chaines matérielles et des métaux avec pour mission de rester les « Eveillés » devant le Saint des saints, une mission sacrée. D’ailleurs, notre mot de passe, Ziza (splendeur) devrait plutôt être envisagé en lecture Hébraïque, de droite à gauche, et laisser entrevoir une autre définition pour Aziz qui dans son origine arabe signifie : « sacré ».

A l’instar de Moïse, le plus illustre des Lévites et descendant de Lévi, le troisième des douze fils de Jacob, qui ouvre le chemin mais n’atteindra jamais la terre promise, nous devons, garder fidèlement l’accès au Saint des Saints sans jamais y pénétrer. Mais, la clé d’ivoire dont nous sommes les détenteurs, doit nous permettre d’ouvrir la voie de notre Temple intérieur, d’accéder au coeur de notre Saint des saints, au sanctuaire de l’esprit. Le secret de la connaissance est en chacun de nous ; au fond de nous-même. Spirituellement, cette clé est le symbole de l’ouverture du coeur à la vérité et à la lumière. La porte nous est donc ouverte mais il faut en prendre conscience pour franchir le seuil. Notre devoir, notre mission, est le travail de recherche de la Vérité. Ce travail intérieur, cette ouverture vers notre Saint des Saints est la clef et le devoir de notre vie maçonnique, et malgré que nous n’ignorons pas qu’il est plus facile de le faire que de le connaître, pour citer Victor Hugo je dirai : « Tant que le possible n’est pas fait le devoir n’est pas rempli ».

J’ai dit,

Annexes :

PROPITIATION : subst. fém. RELIG. Action de (se) rendre une divinité propice ; acte sacrificiel offert à un dieu pour le rendre favorable, en vue d’obtenir l’expiation, le pardon des péchés.

LA PIERRE DE JACOB : Cette pierre célèbre de nos versets bibliques, mais aussi à laquelle fait référence la légende, est celle qui servit d’oreiller au Patriarche Jacob lors de l’épisode du rêve de l’échelle à Béth-El, d’où son nom originel la « Pierre de Jacob » (Genèse 28-10). Pour sa part, la tradition juive confirme L’existence de cette pierre ointe par Jacob qu’elle nomme « Shethiya » : « Elle se situe au nombril du monde, là où il commença à se former. C’est là qu’est édifié le Saints des Saints au Temple de Jérusalem ». C’est sur cette pierre que le prophète Samuel et le roi David déposèrent l’Arche d’Alliance et que suite à la destruction du premier Temple de Jérusalem celle-ci fut enfouie.

LA JERUSALEM CELESTE : Selon le Livre de l’Apocalypse, attribué à Jean l’évangéliste et où il décrit ses visions surnaturelles, est l’image du lieu où les fils et filles de Dieu vivront leur éternité. Elle serait la Ville sainte, la demeure de Dieu. Un lieu spirituel. À partir des images proposées dans le texte, Saint Jean fait une description bien détaillée de ce lieu de bâtiments en pierres précieuses, en or pur et toujours baigné par la lumière divine. Le texte affirme que, pour rester dans ce lieu, il faut être pur, sans fautes qui puissent maculer cette pureté exigée.

Critias : Platon apporte des précisions sur l’organisation du royaume de l’Atlantide. En outre, il précise que les Égyptiens ont été les premiers à écrire cette histoire. Que celle-ci soit passée en Grèce n’a rien d’étonnant : il y avait des relations constantes entre les deux riverains de la Méditerranée. C’est donc une mise en garde contre une décadence possible de la cité grecque, pour peu qu’elle abandonne les principes qui ont fait sa force. Platon légitime par-là même son utopie en ayant recours au mythe.

René Guénon : La Grande Triade 1957 CHAPITRE XVI – LE « MING-TANG » p. 137.

Omphalos : Selon la cosmogonie de la religion grecque antique, Zeus aurait lâché deux aigles des points extrêmes oriental et occidental du monde. Au point où ils se rencontrèrent, Zeus aurait laissé tomber l’omphalos, marquant ainsi le centre, le « nombril du monde ». Cette légende a été interprétée par les astronomes comme faisant peut-être référence à la chute d’une météorite de forme conique, devenue « pierre sacrée » et présentée enveloppée d’un tissu, comme le montre la copie romaine présentée dans le Musée de Delphes. L’original disparu était en outre surmonté de deux aigles en or[réf. nécessaire]. Selon la légende, l’omphalos serait une pierre substituée à Zeus nouveau-né, et avalée par Cronos. Elle symbolise ainsi la naissance de Zeus et sa puissance. Si la pierre était enveloppée d’un tissage, c’est parce que dans la théogonie grecque, Cronos, ayant appris qu’un jour l’un de ses fils le détrônerait, exigea de sa femme Rhéa qu’elle lui livre chaque nouveau né, qu’il engloutissait aussitôt. Elle réussit à éviter ce sort à son sixième enfant en lui substituant une pierre enveloppée d’un linge. Plus tard, devenu adulte, Zeus, aidé de sa grand-mère Gaïa, força son père à dégorger la pierre et les enfants précédemment avalés, qui devinrent les dieux de l’Olympe.
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Confucius dit : L’homme vertueux reste dans l’invariable milieu ; celui qui n’est pas vertueux s’en écarte. Pour ce qui concerne l’invariable milieu, l’homme vertueux ne s’en écarte jamais, parce qu’il est vertueux ; celui qui n’est pas vertueux n’évite et ne craint rien, parce qu’il est vicieux.

Clément d’Alexandrie est un des premiers théoriciens de l’Église à avoir présenté le christianisme comme une philosophie, en cherchant à réconcilier les prophètes bibliques et les philosophes grecs.

L’axis mundi : (ou axe cosmique, axe du monde, pilier du monde, columna cerului, centre du monde, arbre du monde) est, dans la religion ou la mythologie, le centre du monde et/ou la connexion entre le Ciel et la Terre. Comme le pôle céleste et pôle géographique, il exprime un point de connexion entre ciel et terre où les quatre directions de la boussole se rencontrent. Ce point est le lieu d’une correspondance entre les royaumes supérieurs et inférieurs1. Grâce à cette communication les royaumes inférieurs peuvent s’élever vers les supérieurs tandis que les royaumes supérieurs peuvent répandre leur bénédiction aux inférieurs.

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