A04K-4 : La corde à nœud coulant
F∴ L∴
C’est
sous un voile noir transparent sur lequel est
fixée une petite équerre argentée située au milieu du front que
j’entend la
Maîtresse des cérémonies nous annoncer comme des vénérables maîtresses
ayant
été reconnues par des MS témoins de notre zèle et que le suprême
conseil
féminin a élevées au 4ème degré. Après avoir
effectué la marche de
la maîtresse maçonne les récipiendaires sont conduites au centre de la
loge. La
Maîtresse des Cérémonies nous enlève les décors et nous met à l’ordre
de MS, le
dépouillement des décors signifie que « ce que vous avez
appris jusqu’à ce
jour en FM n’est rien auprès de qu’il vous reste à apprendre »
La perception de la Lumière n’est pas complète à travers le bandeau
symbolique
que nous avons sur les yeux, notre instruction n’est pas achevée comme
nous le
rappel le TFPM mais avant de nous dévoiler le point fondamental de la
doctrine
particulière de ce degré, nos lèvres sont closes symboliquement avec le
« sceau du secret » en ayant les 2 doigts du secret,
sur le cœur,
notre centre.
C’est donc après ces différentes étapes que la Maîtresse des Cérémonies nous passe autour du cou la corde à nœud coulant et nous installe en file indienne, chacune tenant l’extrémité de la corde de la Sœur qui la suit. Cette corde nous rappelle immédiatement cette notion de transmission que nous avons depuis notre entrée en maçonnerie. Ma position était au milieu mais même la dernière tient la corde, celle d’un MS ainsi la chaîne est ininterrompue. C’est dans ces conditions que nous allons effectuer 4 voyages par un chemin sinueux et courbe, le fait que le chemin ait cette configuration montre qu’il va être difficile et qu’il sera important de cultiver notre liberté intérieure et de servir la Justice pour le parcourir.
Ces
voyages vont nous emmener vers nos aînées qui vont
nous transmettre les valeurs et les engagements de ce grade afin que
nous
puissions prendre conscience qu’une autre époque commence, conscience
de notre
propre construction et de notre responsabilité car si nous n’avançons
pas
correctement nous freinons les sœurs qui partagent avec nous la corde,
chaque
MS est responsable de l’autre, nous devons marcher du même pas, au même
rythme,
sous peine de donner la mort ou de provoquer des troubles
respiratoires, de
couper le souffle, alimentation du cœur, si le nœud se resserre, car
par
définition le nœud coulant est un nœud qui se serre ou se desserre sans
se
dénouer.
Nous sommes en situation d’union et de solidarité. La corde c’est un
lien, cela
peut rappeler ce qui nous lie à la matérialité, ce qui nous attache au
plan
inférieur, il faut identifier ce qui nous retient sur le chemin de
l’éveil. Le
fil à plomb est toujours nécessaire pour descendre au plus profondde nous même, dégager
notre étincelle
intérieure, pour y parvenir nous avons la Force du livre sacré et les
MS de la
loge, pour nous mettre et nous aider à rester sur la voie de la
lucidité
initiatique.
Tous les axes de nos réflexions sont donnés au cours des 4 voyages,
nous
cherchons la Vérité et la
parole perdue,
les sentences que nous entendons sont là pour nous rappeler la gravité
de notre
engagement et la corde que nous portons nous rappelle la mort, si le
nœud se
sert. La mort spirituelle, celle dont on ne se remet jamais. C’est dans
ces
conditions que nous entendons l’inspectrice déclarer que
« l’idéal de la
FM est l’accomplissement du DEVOIR porté jusqu’au sacrifice »,
l’immolation
de notreégo, la
« dé-création »
concept de Simone Weil qui est l’acte de briser toutes nos entraves et
de
retrouver l’esprit originel. Ainsi la corde au cou nous déclarons être
prête à
accomplir le devoir parce qu’il est le devoir, grande loi de la FM,
inflexible
comme la FATALITE, exigeant comme la NECESSITE, impératif comme la
DESTINEE. Il
me semble que cela est le destin de tout être humain à partir du moment
où il
naît, si l’on cherche son chemin, on le trouve.
La lecture du serment se fait avec la corde à nœud au cou, le nœud est
contrainte, dans la littérature et l’art religieux il symbolise la
puissance
qui lie et délie. Cette corde est un lien entre la FM et le MS comme le
cordon
ombilical est un lien entre l’enfant et la mère. L’enfant situé dans le
ventre
de sa mère passera de l’obscurité à la lumière en naissant mais le
cordon
ombilical ne se coupera pas totalement, le petit morceau qui reste
devra tomber
de lui-même. Notre corde est enlevée après le Serment et le petit
morceau
« d’ombilic » se dissoudra peut-être lorsque nous
aurons intégré cette
phrase du rituel: « les nobles pensées viennent du
cœur et que la
meilleure pierre de touche du Devoir est l’exigence d’un
Sacrifice ». Le
Sacrifice étant un symbole de renoncement aux liens terrestres.
La
corde qui est un assemblage de fils tordus ensemble
pour former un câble, se
trouve là, être
de
couleur :
noire et blanche, c’est
le mode binaire, noir et blanc, ombre et lumière mais nous savons que
«
les oppositions sont nécessaires et fécondes » pour arriver au
ternaire
qui nous ramène à l’Unité. Ces
couleurs
ne sont pas sans nous rappeler le pavé mosaïque sauf que ce dernier se
trace en
ligne et que les carrés y sont opposés alors que la corde est courbe et
les
fils enlacés, nous
sommes passées de la
Règle au Compas.
Le noir est
considéré comme absence de lumière
et non une couleur, il symbolise : la matière, la nuit, le
ventre de la
terre, lieu où s’opère la transformation de la graine comme la néophyte
commence sa transformation dans le cabinet de réflexion. Tandis que le
blanc
représente l’ensemble des couleurs, le manifesté, l’unité. Mais ce qui
est noir
et négatif peut devenir blanc et positif selon le degré d’évolution.
C’est en
nous libérant de la dualité après un travail intense sur nous même que
nous
pouvons espérer commencer à voir la Lumière. Le blanc et le noir sont
des
conflits de forces qui se manifestent à tous les niveaux de
l’existence. Le
noir forces nocturnes, négatives, développement inverse de l’évolution,
le
blanc, forces diurnes, positives. Pour Jung le noir est la couleur des
origines, du commencement, la phase germinative avant l’explosion
lumineuse de
la naissance.
Notre
corde à nœud est la corde de l’éveil placée
autour de notre cou entre les 3 Séphiroth : Kéther
(couronne-Delta
Lumineux),Hokhmah
(sagesse-Soleil), Binah
(intelligence-Lune), formant le triangle
supérieur de l’arbre des séphiroths, ainsi que l’Orient à l’intérieur
du
Temple. L’arbre des séphiroths qui en comprend 10 est comparé dans la
Kabbale à
l’arbre de vie, la corde est donc située entre les 3 premières et les 7
autres
qui reflètent la matière, notre corde est donc placée entre l’esprit et
la
matière.
Elle repose également sur 7 vertèbres cervicales que l’on peut comparer
d’après
Annick de Souzenelle aux 7
cieux
traditionnels ou degrés de perfection à franchir avant la
« sublime
union ». Cette description se retrouve dans l’hadith du voyage
nocturne
dans le Coran, également décrit par Saint Irénée de Lyon père de
l’église au 2ème
siècle et dans la tradition hébraïque sous le nom de Hekhaloth.
Le cou en
hébreux se dit
« Tsavar » ce
mot est fait de
la lettre « Tsadé » l’hameçon divin qui saisit
l’homme pour l’amener
à la lumière. Comme nous allons nous laisser saisir au moment du
Serment dans
lequel nous nous engageons à rester fidèle à tous nos devoirs et cela
jusqu’à
la mort. Nos vertèbres cervicales s’appuient sur la glande thyroïde du
grec
« turoïdos », qui a la forme d’une porte dans le
symbolisme du corps
humain, cela semble être la porte de l’UN et le retour des 7 autres
Séphiroths
vers l’Un. La glande thyroïde anatomiquement est située a la base de la
langue,
la langue symbolise le logos, le verbe, pour Saint Jean le Verbe
signifie la
révélation de Dieu. Cette porte étroite comme peut l’être le col de
l’utérus
pour l’enfant qui va naître, délimite 2 espaces, un intérieur, un
extérieur
mais nous avons la clef d’ivoire sur notre sautoir, elle peut tout
ouvrir.
Saint Matthieu
Le jour de l’initiation notre corde à nœud coulant avec toute sa symbolique est une mise sur le Chemin en essayant de ne pas se perdre sur « les chemins fleuris de l’erreur ».
J’ai dit TFPM