Appliquons-nous à perfectionner sans cesse en nous la distinction du bien et du mal…

Auteur:

S∴ T∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué


« Appliquons-nous à perfectionner sans cesse en nous la distinction du bien et du mal ; mais conformons-nous au jour le jour, à la notion qui nous paraît la meilleure sans complaisance pour nos préjugés et nos intérêts, nous souvenant que les nobles pensées viennent du cœur et que la meilleure pierre de touche du Devoir est l’exigence d’un sacrifice »



Je vais vous proposer trois axes d’intervention :


Tout d’abord une réflexion sur la distinction du bien et du mal.


Puis une étude sur le rituel lui-même d’où est extraite cette formule dont le pivot est la pierre de touche du Devoir.


Enfin, je me livrerai à quelques spéculations personnelles sur l’exigence d’un sacrifice.



I.Distinction entre le bien et le mal



Elle apparaît comme le fondement de la morale, et donc de l’orientation de nos actions et du jugement que nous portons sur elles.


Cette distinction peut apparaître comme posée par l’homme lui-même selon ce qui accroît ou diminue sa puissance d’être. Nous nous demanderons alors si distinguer le bien du mal n’est pas le fruit d’une illusion forgée par l’incapacité d’exprimer nos propres valeurs et nos propres interprétations du monde.


La distinction entre le bien et le mal s’explique donc par la destination de notre âme au bien, et elle vise l’accomplissement de nos actions selon cette destination, par la maîtrise de nos passions et de notre corps sensible.


Ce qui est bon pour nous est ce qui accroît notre puissance d’agir en alimentant nos affections positives, tandis que le mal réside dans l’appropriation de choses qui nous sont nuisibles et développent nos affections négatives, en diminuant notre puissance d’agir.


Nous devons apprendre à distinguer ce qui est bon ou mauvais pour notre être par la connaissance des choses, puisque le mal se caractérise par l’ignorance du bien.



Le bien et le mal ne doivent pas être imposés par une idéologie, mais doivent venir d’un jugement personnel.


La distinction entre le bien et le mal apparait comme le fondement de l’éthique, et non d’une morale imposée.



II.La notion de Devoir dans le rituel



La notion du devoir qui mène au devoir fondamental est une phase incontournable à toute progression initiatique :


Le devoir naturel : qui est d’ordre social envers l’individu et la société.


Puis le devoir essentiel qui est une recherche de la vérité, de la parole perdue ; la conscience du devoir que le chemin initiatique éveille en chacun.


Dans les trois premiers grades le devoir est toujours présent par le respect des engagements pris : méditer sur le rituel, assiduité, discipline, travail etc., ce qui donne les devoirs du F.˙.M.˙.


Mais rechercher la lumière est la principale vocation de l’initié et là cela constitue son devoir, ce qui les rend liés et complémentaires.


Ce Devoir avec une majuscule devient sacré. La recherche du Devoir nous éclairera pour notre vie d’homme ; apprendre sans jugement de valeur, ne pas porter atteinte à autrui, réfléchir avant d’agir, transmettre.



Le Devoir c’est aussi de se considérer comme débiteur par rapport à l’humanité, nos parents, nos anciens, pour donner un sens à la vie. N’oublions pas que le Citoyen a des droits et aussi des devoirs.


Le Devoir ne doit pas être une contrainte mais une obligation morale, il faut laisser le libre arbitre à chacun.


Il ne faut pas se tenir à la morale, mais il faut réfléchir, travailler, se remettre en question pour se faire sa propre morale en toute conscience ce que l’on appelle l’éthique.


Arriver à une chose personnelle, selon ses sensations, ce qui semble honnête et généreux, et ainsi on arrivera à une morale personnelle et non à reprendre celle des autres.


En conclusion, la pierre de touche étant la règle, on comprend mieux ce qu’est « la pierre de touche du Devoir » énoncé dans le sujet. De plus c’est cette pierre qui permet aux bijoutiers de voir la pureté des métaux. De ce fait, symboliquement, cette pureté est ce que l’on tente d’accéder grâce au sacrifice.



III.Vers « l’exigence d’un sacrifice »



La notion de sacrifice à laquelle renvoie notre sujet est au coeur de toutes socialités. Il n’y a pas de relation sociale possible sans que directement ou indirectement d’une manière concrète ou primitive ou au contraire d’une façon symbolique pouvant aller jusqu’à un haut degré de sophistication, un sacrifice ne revienne régulièrement sous une forme ou une autre.



Le sacrifice vient directement de la notion de sacré.


Ainsi la seule manière d’approcher le sacré, voire de l’atteindre, est de comprendre que la notion de sacrifice entraine, tôt ou tard, une fin de quelque chose ou une mort, physique ou symbolique. Et la seule manière d’y parvenir entraine l’obligation de faire du sacré car l’accès au sacré est une chose rare et donc nécessairement coûteuse, douloureuse, mais bien sûr gratifiante.


Et nous n’échappons pas, nous, maçons Maître Secret au devoir de sacrifier pour être ensemble, pour faire du sacré ou pour rendre sacré toute chose.



On Distingue trois sortes de sacrifices : d’expiation, de communion et d’élévation :


Le sacrifice d’expiation est un châtiment imposé ou accepté pour se repentir et cela entraine, de ce fait, le rejet de ce sacrifice qui est étranger à la démarche maçonnique laquelle est bien loin de la culpabilisation de l’Ancien Testament.


Le sacrifice de communion est le mot clef, soit celui du partage dès lors que deux hommes sont ensemble et font sacrifice d’aller au-delà de leur différence dans le même sens.


Le sacrifice d’élévation, c’est sans doute lui qui est le plus proche, à mon sens, de celui qui constitue la meilleure pierre de touche du Devoir. En effet, chaque tenue doit nous permettre de nous élever par l’abandon de notre égo tout en étant soutenu par l’ensemble des Frères car notre rituel dit : « élevons nos cœurs et notre esprit en Fraternité ».



De plus, si nous partons du constat de notre recherche systématique de la perfection et du fait que l’homme est perfectible, cette aporie nous mène au Sacrifice. Et ce n’est qu’au prix de ce sacrifice d’élévation que le Maître Secret peut espérer avec l’aide de ses Frères tous ensemble lorsqu’il s’unit à eux par un travail régulier et ordonné, parvenir à faire naître en lui les Lumières de la Vérité, et être hissé ainsi dans les sommets réputés inaccessibles où elle séjourne.



Ainsi le Sacrifice ne peut s’entendre sans un échange entre l’homme et celui ou ceux avec qui il veut faire alliance.


L’alliance entre l’impétrant et le groupe n’est possible que s’il y a sacrifice, c’est-à-dire acte destiné à réduire la distance qui nous sépare de l’autre et symboliser l’union à laquelle nous aspirons en offrant ce dont nous nous privons.


Si le Maitre Secret recherche la Vérité ce n’est pas par curiosité ou par envie de se distraire mais parce qu’il ressent comme un Devoir de la chercher, le mouvement qui l’emmène sur ce chemin étant le seul capable de lui donner sa dimension d’homme et de donner du sens à sa quête.



De ce fait en écoutant notre cœur nous arriverons à faire notre Devoir, il nous dira ce qu’il faut faire ou ne pas faire, et nous emportera petit à petit jusqu’au sacrifice.


Ce sacrifice sera une sorte de mort volontaire de l’égo et demande une parfaite sincérité.


Dans notre quête nous ne pourrons parvenir à la vérité qu’en pratiquant le sacrifice car il n’y a que lui qui optimise la route du Devoir. Ce n’est pas une contrainte mais la continuité logique d’un choix volontaire par lequel s’affirme toute volonté spirituelle pour la libération de l’être.



J’ai dit TFPM et vous tous MMSS mes FF

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