Ce que la Franc-maçonnerie vous demande, c’est d’aimer la justice, de la révérer, de marcher dans ses voies, de la servir de tout votre cœur et de toute votre âme

Auteur:

K∴ H∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

L’univers est gouverné par des lois et ces lois existent pour être observées. Elles sont nécessaires pour notre évolution et contribuent à élever la conscience de ceux qui les observent. En observant ces lois, nous augmentons l’énergie quantique nécessaire à l’unification cosmique, à atteindre le bonheur, à être bien avec soi, avec les autres et en harmonie avec tout ce qui vit. En comprenant ces lois et en les intégrant, nous optons pour la liberté intérieure qui nous conduit à la vérité, et à la sagesse. Mais seulement la connaissance exacte et exhaustive de ces lois s’avère très difficile, voire impossible. Est-ce la raison pour laquelle la F M demande à ses membres de préférer à toute chose la justice et la vérité ? La Justice est-elle la résultante de toutes les vertus ?

Trois Fois Puissant Maître, Dignitaires qui illuminez le Saint des Saints et vous tous mes BAF MS en vos grades et qualités, justement la planche que nous avons l’honneur de vous introduire ce jour s’intitule : « Ce que la Franc-maçonnerie vous demande, c’est d’aimer la justice, de la révérer, de marcher dans ses voies, de la servir de tout votre cœur et de toute votre âme ».

 Nous nous proposons de l’aborder sous trois axes :

Apres la première partie qui sera consacrée à la compréhension du sujet, nous allons à la deuxième partie montrer quelle doit être la justice de l’initié, et enfin voir comment les maçons doivent évoluer dans la voie de la justice, puis tirer une conclusion.

I – Compréhension du sujet

I.1 – L’étymologie du mot « justice »

La justice nous vient du mot latin justitia « la justice », dérivé du mot justus, « conformité avec le droit », lui-même dérivé de jus, « le droit ».

A son origine, le mot « Justice » était d’abord religieux : le droit était dit par les dieux, et être conforme au droit, c’est-à-dire « juste », c’était respecter les lois éternelles dictées par les dieux. Comme il était entendu que les dieux n’étaient pas là pour faire du mal aux hommes, la justice (le droit dit par les dieux) était là pour faire le Bien.

I.2 – La justice dans les relations humaines :

Le premier sens traduit nos sentiments, notre « ressenti » de l’idée de justice devant un évènement, une action, une décision, un état.

Par exemple, on dit :

« Ce n’est pas juste qu’il soit mort aussi jeune ».
« Je suis laid, d’autres sont beaux, c’est injuste ».
« Je fais le même travail que lui, et je suis moins payé, c’est injuste ».
« Il est injuste que tant de gens ne puissent se loger convenablement ».

Ces exemples montrent que cette notion de la justice est liée :

  • aux relations humaines, qui devraient être régies par l’équité et l’égalité, et se traduire par donner à chacun ce qui lui revient ;
  • à la représentation de quelque chose contre quoi on ne peut rien et qui nous dépasse (on dit « immanent »), comme tout ce qu’on tient de naissance.

D’autre part, la justice est considérée comme « une vertu », ce qui veut dire qu’elle est liée au Bien et qu’il faut être juste dans son comportement personnel. C’est alors un trait de caractère, en relation avec nos valeurs morales : c’est lié à l’état interne d’un individu.

Agir de manière « juste » dans sa vie personnelle, c’est agir en se mettant à la place de l’autre, afin d’être équitable en essayant d’être moins égoïste.

Pour Platon, « agir bien », c’est :

  • connaître ce qui est bien ;
  • agir avec sa raison en maîtrisant ses passions. 

Sur le plan divinatoire: la Justice représente l’ordre, la stabilité, le conservatisme, la loi, la discipline, la légalité, mais c’est aussi la confrontation avec les actes passés. En tant que personnage, c’est un individu stable et honnête, ayant des principes.

Dans le Tarot égyptien, la justice est la sagesse essentielle qui émane de Dieu, l’équilibre universel, la conscience dans son sens le plus élevé.

Un monde sans justice n’est pas possible. La justice est nécessaire pour régler nos relations avec les autres.

I.3 – La justice en tant qu’institution des hommes :

Dans la justice institutionnelle, est juste, tout ce qui est conforme à la loi. C’est la dimension sociale de la justice : Tout le monde est censé se soumettre à la loi, et le système judiciaire est là pour apporter des réparations à tout manquement à la loi. La justice agit pour juger les plaintes déposées par les institutions (l’Etat, la police, etc.) ou les particuliers.

« Nul n’est censé ignorer la loi » est un principe de base. Si vos actions sont contraires à la loi, vous pouvez être condamné même si vous ne le saviez pas et si vous étiez de bonne foi. Cette justice de par sa dimension sociale, a une fonction commutative et une fonction distributive :

La justice commutative règle les rapports entre les individus, ceux des droits particuliers des personnes, en dehors de leurs répercussions sur le bien commun. Il s’agit de droits portant sur les biens privés de la personne (contrats, dettes, successions, etc.). La règle principale de cette justice est la réciprocité et l’échange mesurés uniquement par l’objet en question. Aussi, l’égalité à faire respecter par cette justice doit refléter l’égalité foncière de personnes et ne se mesurer que par l’objet ou la prestation extérieure qui a donné naissance à ce droit. Elle doit être une égalité quantitative pouvant être évaluée financièrement (dommages).

La justice distributive considère la personne, non plus dans son égalité avec les autres, mais comme membre d’un groupe social. Cette justice essaie de faire respecter le bien qui unit une personne, non pas à une autre personne physique, mais avec le groupe social lui-même, que ce soit une commune, une entreprise, un groupe politique ou une nation. Il s’agit ici de donner aux membres de la collectivité ce qu’elle est en droit d’attendre du bien commun qui est principalement fait pour aider les membres de cette société. Il ne s’agit plus alors d’un échange, mais d’une distribution, en fonction non pas de l’apport des individus mais de leurs besoins réels.

L’exemple le plus connu est celui de l’assurance maladie dont les prestations sont fournies en proportion des cotisations. Cette justice distributive prouve l’existence d’une solidarité entre humains et se mesure en besoins, c’est-à-dire en fonction des conditions des personnes comme membres du corps social, de leur responsabilité, de leurs devoirs et également en fonction de leur qualité de cœur et de leur générosité. Il s’agit alors d’une égalité non mathématique mais proportionnelle entre les nantis et ceux qui le sont moins.

I.4 –  Le conflit entre les deux notions

La justice rendue par le système judiciaire peut s’opposer à ce qu’on ressent. C’est la légalité qui s’oppose à l’égalité. Quelques exemples :

  • vous êtes condamné pour excès de vitesse, conformément à la loi. Vous pouvez estimer que c’est injuste ;
  • votre enfant a été assassiné par quelqu’un qui encourt une peine entre 8 et 25 ans de prison. Le jury le condamne à 8 ans. Vous pouvez trouver que ce n’est pas normal, que ce n’est pas assez, que c’est injuste ;
  • vous faites faire des travaux chez vous. L’entrepreneur ne vous a pas fait signer de devis. Vous ne le payez pas. Le tribunal vous donne raison, mais c’est injuste ;

Ici, il ne faut donc pas faire de confusion entre le droit et la loi, qui traduisent la justice sociale, et le sentiment de justice lié à des notions morales. Etre un bon citoyen, c’est-à-dire obéir scrupuleusement à la loi (« à la lettre de la loi »), ce n’est pas forcément être un homme juste. Dans ce dilemme quelle doit être la justice de l’initié ?

II – La justice pour un Initié

En tant qu’initié, le maç doit appréhender la justice autrement, car pour atteindre son être véritable, pour percevoir la vérité qui est inaccessible à l’esprit humain, pour tendre vers l’harmonie et la sagesse, il se doit d’aimer la justice, de la révérer, de marcher dans ses voies, de la servir de tout son cœur et de toute son âme. Et ceci pourquoi ? Parce que la justice est une vertu totale, une vertu parfaite, parce que le maçon sait qu’il a une conscience qui est la justice de l’âme, que la justice suppose l’amour, que la justice est la voie de la sagesse.

II.1 – La Justice, vertu totale et vertu parfaite

En effet dès les premiers temps de la démocratie athénienne, la justice est considérée comme une nécessité qui participe à l’ordre de l’univers. Elle y est vue comme une harmonie, comme un principe de concorde et comme une vertu partagée. C’est même la vertu principale, celle qui engendre toutes les autres. Le transgresseur outrepasse donc son rôle dans l’univers et crée un déséquilibre, en premier lieu dans la Cité, lieu de l’organisation humaine à l’image de celle du Cosmos.

 La justice apporte la stabilité à ceux qui la recherchent. La rigueur et la logique dans leur jugement de même que la droiture et l’honnêteté dans leurs actions sont des indices d’un bon jugement qui leur permet d’être en harmonie avec soi-même et avec le monde.

De l’avis des philosophes de l’Antiquité, la justice est une qualité humaine dont dépendent les autres qualités, ce qui leur donne force et vigueur. Platon, dans la République, dit de la justice qu’elle est « le complément de toutes les vertus », elle leur permet de naître et de se maintenir.
Selon Socrate, la justice est avant tout une qualité individuelle : Il s’agit en effet d’une disposition de l’âme, d’une vertu sans laquelle la société ne saurait être juste.

Pour Aristote : « la vertu de justice est la vertu par laquelle l’être humain accomplit sa finalité éthique ».

Ainsi, en tant que vertu, la justice rapporte l’action droite à un état interne de l’individu, et non à des normes sociales externes ou à d’autres normes telles que les conséquences de nos actes. La justice a pour but de rendre la vie humaine possible, en sa totalité, elle est au service de la dignité humaine, et a pour idéal le respect actif d’une telle dignité. A ce titre, elle suppose, à sa source, l’amour de l’homme et la charité.

Des quatre vertus cardinales, la justice est la seule qui soit bonne absolument. La prudence, la tempérance ou le courage ne sont vertus qu’au service du bien, la justice n’est pas une vertu comme les autres. Elle est l’horizon de toutes, et la loi de leur coexistence. « Vertu complète », disait Aristote. Toute valeur la suppose; toute humanité la requiert. Aussi, est-elle communément regardée comme la plus importante de toutes les vertus ; ni l’astre du soir, ni l’étoile du matin, n’inspirent autant d’admiration. La maxime du poète, disant que dans la justice sont comprises toutes les vertus, est devenue proverbe parmi nous.

II.2  – Conscience comme justice de l’âme

Il n’y a pas de maître plus sévère que l’âme. L’âme est éternelle de même que Dieu. Mais, pendant que Dieu est absolument invariable, l’âme change constamment, et donc elle se développe et acquiert de nouvelles qualités. C’est dans l’âme que Dieu se manifeste dans sa plénitude, que l’Amour peut être complètement et profondément ressenti. Elle est arrosée par le plus grand de toutes les sources, l’absolu, l’Esprit inconnu de la Création qui est au-delà de notre compréhension. Notre âme exige que nous fassions ce qui est nécessaire à son salut qui est en même temps le nôtre. Puisque ce centre interne appelé le soi se propose de mettre notre être total au service de la vie, l’âme est continuellement obligée d’indiquer ce qui constitue cette nécessité interne, ce qui doit être accompli dans les limites de notre destinée particulière.

Personne ne vit complètement sa vie sans ressentir parfois une culpabilité vis-à-vis de soi-même ou d’autrui. Si un individu faillit à sa tâche, s’il manque à ses obligations, son âme l’assigne devant le tribunal intérieur, notre conscience ; celle qui nous relie au divin. Les peines infligées par celle-ci sont extrêmement dures. Elles ont pour but d’exposer l’homme à ses fautes et à ses obligations. Un initié doit en ce sens élever le niveau de sa conscience, c’est-à-dire pratiquer la justice pour tendre vers l’Amour divin. En ce sens la justice est synonyme de droiture. La droiture est une qualité de l’âme humaine. Chaque âme naît pour être vertueuse et chaque âme doit être vertueuse. Pourquoi ? Pour que la grande lumière puissante émane d’elle. Et dans la lumière qui émane de la droiture, l’Amour se révélera. La droiture est la fondation sur laquelle l’Amour se révèle et illumine l’âme humaine. Toutes les âmes peuvent être vertueuses et briller. Les âmes qui souhaitent briller sont des âmes qui évoluent vers sagesse et l’harmonie.

II.3  – La justice suppose l’amour.

L’Amour est le monde dans lequel vit l’esprit divin. En dehors de l’Amour, nous ne connaissons pas Dieu. L’Amour est infini, et tout à l’extérieur de lui est fini. De ce fait, nous sommes tous conscients qu’en ce monde, il est impossible de réaliser la justice dans toute sa dimension. La Justice est plus grande que l’homme, plus grande que sa vie terrestre. Il est difficile aux hommes d’établir entre eux, entre les divers milieux, entre la société et les groupes qui la composent, entre les nations, des rapports aussi justes qu’ils le voudraient. Chaque homme vit et meurt comme assoiffé de justice car le monde n’est pas en mesure de satisfaire pleinement un être créé à l’image de Dieu, ni au plus profond de sa personne ni dans les différents aspects de sa vie humaine. Ainsi, assoiffé de justice, l’homme s’ouvre à Dieu qui est Justice et amour. Dans le sermon sur la montagne, Jésus l’a dit clairement : Bienheureux ceux qui ont faim et soif de justice car ils seront rassasiés (Mt 5,6). Pour parvenir à cette justice qui est Dieu et amour, il faut que l’initié pratique la droiture dans la recherche de la vérité. Il faut que l’initié, l’homme sage, ait une aspiration irréversible vers l’Amour.

 II.4  – La justice voie de la sagesse

Comme nous l’avions dit plus haut l’homme assoiffé de justice s’ouvre à Dieu, qui est lui-même Amour, Sagesse, et Vérité – trois grands mondes qui exigent que toute l’éternité soit explorée.

Il y a trois choses par qui nous pouvons connaître Dieu. Ce sont :

L’Amour divin qui apporte la plénitude de la vie.
La Sagesse divine qui apporte au monde la plénitude de la lumière et l’harmonie.
La Vérité divine qui apporte la parfaite liberté.
Quand la sagesse monte dans l’âme humaine, tout dans l’esprit de l’homme prend sa place adéquate. Toutes les idées deviennent claires, définies, et harmonieusement rangées.
Alors l’esprit de l’homme s’ouvre et il voit que ce grand monde divin est beau, que l’harmonie et l’ordre règnent, et que, quand la sagesse prédomine, l’ordre n’est pas violé. Il voit qu’un champ immense de travail est révélé à son esprit. Alors il commence à construire.

Mais le chemin de la Sagesse est le plus difficile. Il est un trajet pour les initiés. Seulement le parfait homme, seulement l’homme juste, homme épris de paix et de liberté peut manifester la sagesse. Cette sagesse est la plus grande bonté dans le cœur de l’homme. Elle est le plus grand et le plus impérissable trésor disponible à l’esprit humain.

Si un homme est sage, il possède la plus grande bénédiction divine. Quand l’homme est sage, il est prudent et fort, et sa lumière brille continuellement. Il est permanemment dans la voie de la justice.

III- L’Initié dans la voie de la justice

« Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et les Dieux » est l’inscription que l’on pouvait lire sur le fronton du temple de la Pythie de Delphes. Une telle phrase est pleine de promesses pour le franc-maçon en quête de spiritualité car elle lui fait prendre conscience que la connaissance parfaite de soi-même le rend égal à un Dieu, c’est à dire d’avoir une âme immortelle et d’acquérir la sagesse dans sa vie d’ici-bas. De même, elle le conforte sur le bienfondé d’une quête de sa personnalité au plus près de sa conscience, qui lui permettra de connaitre ses propres défauts et limites, de développer ses qualités, et finalement sa véritable identité et, au fond, sa liberté. Ceci n’est possible qu’à un initié car la justice des hommes est celle de l’arbitraire, alors que la justice de Dieu est la justice même. L’homme peut ne pas bien distinguer ce qui est juste de ce qui ne l’est pas. Frappé de cécité par son niveau de perception de la vérité, il ne peut atteindre cette vérité par ses propres efforts. Mais il ne peut que s’en approcher en faisant son devoir. Le devoir est la grande loi de la maç et quand le Maître de Cérémonie demande pour l’impétrant le grade de Maître Secret, celui-ci est soumis aux mises en garde contre son incapacité à remplir les obligations qu’on lui impose. Les malédictions ou imprécations donnent au Devoir un caractère impératif qui conduit à la mort en cas de faiblesse. La fatalité, la nécessité, le destin, inflexibles sous-tendent une obéissance absolue.

Comment être vraiment juste ? Voilà une question centrale, également une préoccupation individuelle. La solution se trouve peut être en nous. Pour qu’elle s’exprime aisément, elle suppose également des hommes libres et de bonnes mœurs, qui s’attachent aux valeurs profondes de l’amour, de la fraternité, du respect mutuel sans devoir subir de contraintes matérielles, idéologiques ou dogmatiques.

 Le Franc-maçon, homme libre, n’élude aucun des devoirs. Être libre pour un initié, ce n’est pas être libre vis-à-vis de ses devoirs, mais être libre de ses automatismes conscients et inconscients pour se tourner vers l’ordre réel, vers les énergies subtiles et orienter sa compréhension.

Le Franc-maçon est un homme de la cité ; à ce titre et sans renoncer à sa vocation initiatique, mais bien plutôt en y prenant appui, il peut et doit affirmer sa position lorsque les valeurs considérées comme fondamentales se trouvent en péril, violées, méconnues ou attaquées. Il en est de la défense des droits de l’homme, de la protection des minorités, de la lutte contre le racisme ou l’exclusion etc.

C’est par le truchement de la liberté et guidés par son devoir que les Francs-maçons ont toujours convoyé l’évolution et le progrès individuel et social. En pensant vrai, le maçon choisit d’agir selon le bon droit et la justice.

Mais pour accomplir son devoir dans la liberté, il faut d’abord les connaître, les aimer et les utiliser au bénéfice de soi et de l’autre. La tolérance sera le point d’équilibre nécessaire, car parfois le devoir fait mal. Mais alors, comment y parvenir à être juste ?

Je pense qu’il faut agir au service du droit, respecter la dignité de chaque homme, malgré les inégalités et tendre vers un monde d’Amour et d’Harmonie qui laisse sa place à chacun d’entre nous, avec ses qualités et ses défauts et en dehors de tout aspect d’égalité biologique.

Le niveau et le fil à plomb déploient un effet évocateur dans la mesure où par excellence le fil à plomb synthétise la dimension verticale et permet de rapprocher l’imparfait de la perfection. Le niveau, plus modestement, enseigne l’égalité entre les maçons dans le respect de leurs qualités et de leur diversité. Dans ce sens, l’on pourrait appeler l’équité, la dimension horizontale entre les maçons, attribut de l’image de la perfection, du respect et de l’harmonie.

L’harmonie est la preuve de l’équité dans la justice, mais aussi dans le ressenti de l’autre. Donc le maçon tend à devenir juste et équitable au travers de son harmonie et de l’exercice de la tolérance. La justice est-elle un sentiment égoïste ou altruiste ? La justice n’est-elle qu’un sentiment ? A travers cette vision s’établit la suprématie de l’idéal sur le concret, des idées sur la matière, de la perfection sur l’imparfait. Sans doute est-il difficile pour l’homme d’aujourd’hui, tout entier tourné vers l’exploration de la matière et de l’emprise extraordinaire qu’il a acquise sur elle, d’imaginer qu’il puisse exister une autre réalité ! Pourtant, il s’agit bien du sens et même du seul sens possible d’une Maçonnerie qui ne soit pas réduite au rôle d’une association stimulante pour la réflexion et généreuse à travers son activité caritative.

En maçonnerie, la recherche de la vérité est une démarche permanente, une recherche qui tire son origine du monde profane et qui se déploie dans le monde initiatique en se développant et en se perfectionnant. Cette vérité apporte la liberté à l’âme humaine. C’est une grande impulsion intérieure, pas de l’homme ordinaire mais de l’homme dans qui la conscience divine a été éveillée. Quand l’homme commence à sentir cette liberté, tous les fardeaux de toutes ses limitations qui l’oppriment disparaissent. Il éprouve la paix et la liberté.

La Fraternité en loge repose sur une justice sans jugement, dépourvue de volonté de surpasser autrui, fraternité mise au service de Frères travaillant à une œuvre commune. Les symboles découverts à l’occasion du passage du 1er grade renvoient aux symboles du Soleil et de la Lune, appel à la tolérance et aux convictions que chaque Maçon vit en conscience et en actes. Acquérir une conscience vive de la justice renforce l’idée d’un travail personnel sur la justice, harmonie de l’être, équilibre entre ses dons personnels et son désir de les proposer comme pierres données à la construction du Temple. Cette construction peut s’identifier à une école de la vie, à une école du devenir; de la vérité de chaque Frère qui accepte de poursuivre son ouvrage par la pensée, par la réflexion et par le travail comme une mission personnelle s’inscrit une amélioration dans ce qu’il vit dans le monde visible et invisible.

Conclusion

La question de la justice est intimement liée à celle du droit. Puisque le terme droit vient du terme jus, qui signifie justice, vertu qui exige le respect du droit, sa défense, son extension. Etre juste, c’est agir selon le droit. Par l’établissement du droit nous souhaitons que règne un certain ordre. Dans l’expérience vécue, la justice est appréhendée comme un sentiment, une aspiration, une réaction profonde recelant une dimension d’idéal, à la lumière de laquelle nous apprécions nos relations avec le monde et les autres. En pratiquant la justice, l’homme devient charitable et s’ouvre à Dieu qui est lui-même Justice, Amour et Vérité. Ce qui nous impose bien des devoirs. Ces devoirs font de la Maçonnerie la plus noble des institutions. Ces devoirs rappelons-les sont entre autres :

– Combattre les obscurantismes qui déshonorent l’Homme,
– Pratiquer la bienfaisance,
– Secourir sa Sœur ou son Frère,
– Soulager son infortune.

Bref fuir les vices et pratiquer la vertu.

Trois Fois Puissant Maître, Dignitaires qui illuminez le Saint des Saints et vous tous mes BAF MS en vos grades et qualités.

J’ai dit.

Bibliographie :


– Petit traité des grandes vertus, A. Comte-Sponville.


– Encyclopédia Universalis.


– Du Dieu Juste à l’homme juste : Alexis Frémont

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