La Recherche
H∴ P∴
« La lumière qui baigne peu à peu les travaux des M S, celle qu’ils découvrent sous le laurier et l’olivier en passant de l’équerre au compas, c’est la force vitale universelle…
…la recherche de cette idée exige des sacrifices mais elle permet de pressentir à travers une expérience vécue que l’Homme et l’Univers sont unis dans un même projet et que la puissance du GADLU soutient ce projet, parce qu’il est le sien ».
Trois Fois Puissant Maître et vous tous mes F F Maîtres Secrets, qu’elle est donc la place de l’Homme dans l’univers ? Voilà bien la question qui est au cœur de l’humanité pensante. En levant les yeux vers le ciel, quel sujet d’étonnement reçoit-on en voyant ce que j’appellerai, la figure du monde.
La question devient alors : Que croit-on voir et comprendre aujourd’hui qu’on ne voyait ni n’expliquait hier ? Notre approche a-t-elle à ce point changé ? La compréhension que nous avons désormais acquise et qui nous fait dire que nous ne sommes rien qu’une petite mécanique projetée dans les coursives d’un grand Tout, que nous ne sommes que des êtres réduits à l’état de poussière d’étoile. Mais tout de même, organes vivants que ces grains de sable insérés dans la mécanique céleste soumis à un plan.
Intellectuellement, nous délimitons et réduisons toujours, tout ce que nous envisageons au point que nous nous disputons une certaine forme d’hégémonie lilliputienne qui consiste à être au centre de toutes les configurations hypothétiques pour rayonner, toujours rayonner comme des dieux. Prenons deux exemples : Jusqu’à l’époque romaine, les dieux étaient des sortes de projections, des hommes célestes. Avant Copernic, notre bonne vieille Terre n’était-elle pas le centre de l’univers. Ensuite, on y mit notre soleil, puis notre galaxie, et plus tard des amas galactiques. Qu’importe le résultat ; on est toujours à la recherche d’un hypothétique centre.
Pour exister, et trouver une raison d’être, nous sommes prêts à rapetisser notre espace à notre mesure pour considérer notre unité comme étant l’essence même du moteur universel. Le profane prône souvent l’infertilité du reste de l’univers pour ne pas prendre le risque de voir apparaître un autre lui-même au détour d’un miroir. Mais présent ou pas, obstinément, il apparaît toujours dans le miroir de sa quête. L’homme instruit, initié aux lois morales et physiques s’efforce de découvrir sous l’épais voile du temps, le projet auquel il doit obéir.
L’univers est notre maison. Nous avançons sur une route pavée d’étoiles qui sont les miroirs de notre histoire, chemin unique et déjà tracé. Notre pouvoir est assujetti à l’ambitieux projet de l’univers. La mécanique des pendules de l’horloger de Voltaire fait sonner les heures à tous les carillons célestes dans une avancée universelle inaliénable. Nous sommes de simples éléments de l’univers et les lois qui nous régissent, commandent tous les phénomènes spatiaux. La puissance de l’Architecte, métronome premier, est la colle permanente qui fixe les éléments par gravitation, par électromagnétisme et par corrélation atomique. Pour reprendre les propos de Jacques Rolland : « Il n’y a qu’une seule physique pour tout l’univers, ce que rejoint l’idée ultime d’un Principe Créateur ».
Mais que veut-on me faire dire au travers de cette affirmation : « la puissance du GADLU soutient l’idée que l’Homme et l’Univers sont unis dans un même projet, parce qu’il est le sien ». La Genèse nous enseigne qu’au commencement la terre n’était qu’un chaos. Ce chaos n’était ni la mort ni le vide ni le néant ; ce chaos c’était la MATERIA PRIMA des alchimistes, au sein de laquelle les éléments se trouvaient initialement mélangés : la terre, l’eau, l’air et le feu. « Ordo ad chao », l’ordre naît du chaos, c’est là notre chemin. Par l’effet d’une énergie qui échappe à notre entendement, du magma originel est né l’ordonnancement du monde visible. Nous obéissons à cette force et devons avoir toujours conscience que nous sommes en phase avec l’ordre universel. L’univers est concentré en nous. Microcosme véhiculé par des êtres baptisés pour l’occasion « homme ». Macrocosme porté par une synergie communément désignée par le vocable univers, nous sommes réduits à l’état du Rien : VITRIOL. Nous sommes en résonnance avec le Tout : GADLU. On me souffle que la science aujourd’hui se tourne vers la maçonnerie pour lui demander des commencements ou des fins d’explication. La franc-maçonnerie propose de soulever la matière pour la transcender, la porter vers le haut à un autre niveau de lecture dénommé anagogique.
En refusant une appellation normative et restrictive pour enfermer le concept de création dans une cage hermétique et en gratifiant l’organe d’une simple fonction, celle d’architecte, la maçonnerie a élevé la notion du Tout bien au-delà du déisme ordinaire, celui des églises.
Le maçon se trouve face à sa propre image et il doit dépasser le cadre du visuel pour sortir de la peau de bête qui le couvrait. Il doit se sublimer et se dire qu’en lui, il y a plus que lui ; une autre part de son âme qu’il doit chercher et qui n’a nulle limite si ce n’est peut-être ce qu’on appelle ordinairement la folie ou bien le génie selon le degré de compréhension des juges.
Il faut considérer l’homme totalement initié, non pas comme un être instruit, efficient, sage ou altruiste. Il est bien plus que tout cela. J’ose dire qu’il a conscience qu’il évolue dans un ailleurs, dans une dimension ontologique où les domaines des sciences exactes aussi bien que les aspects sociologiques qu’il touche, changent de fonction et d’âme. Cet homme, je parle de celui qui, toute à l’heure, a ôté sa peau de bête pour aller plus haut, cet homme donc doit avoir pris la pleine mesure d’une aura sans chercher à faire apparaître un pouvoir sur le monde qui l’entoure. Sa symbolique de l’Etre suprême revêt l’or le plus pur. Il est en état d’architecture absolue. Il est l’architecte. Sur son plan, il est tracé des lignes qui vont du nadir au zénith, du septentrion au midi et de l’orient à l’occident. C’est l’univers qui est devenu son plan.
Alors, voyez-vous, mes F F, si un jour, vous croisez cet homme, si vous le reconnaissez, dites-vous qu’il porte l’univers sur son dos comme le titan Atlas portait la Terre. Il est en souffrance car, pour parvenir à l’accomplissement de son œuvre, il doit, encore et encore, dépasser le cadre ordinaire de son état originel. Son projet, s’il en a un, lui est inconnu parce qu’il ne sait pas lui allouer de limites mesurables ou quantifiables. Son but, s’il en a un, c’est de rendre sacré son amour pour l’autre, c’est de faire le sacrifice de lui-même au nom des autres comme il est enseigné dans la Bible. Il est dans l’accomplissement absolu de son devoir sans savoir s’il parviendra au terme de son travail.
Même les plus érudits des profanes ne parviendront jamais à traduire en un langage clair et concis ne serait-ce qu’une partie de ses choix. Cet homme-là est fait d’une autre nature. Il vient d’une autre galaxie que la nôtre, de celle qu’on ne peut voir qu’en étant soi-même initié, fait d’une substance dont il convient de sortir pour y rentrer de nouveau mais avec une structure différente. Le spectre est fantastique et les cordes de conversion qui le composent non conventionnelles. Cet homme-là véhicule dans son sillage l’univers en entier. C’est lui qui, traduisant en mots, en gestes et en signes les étapes universelles, les rend cohérentes à notre gnose. On parle là d’une quête commune entre l’Être et le Tout. Il est en quête d’une conscience.
Maintenant, parlons succinctement de la force vitale universelle qui est en recherche. C’est une énergie transcendantale qui pousse l’être vers le haut pour atteindre un état fusionnel quasi mystique si on prend l’énoncé du sujet d’un point de vue exotérique. Mais, en passant au travers des tamis de notre raison, cette force restera une expérience vécue, certes sacrificielle, mais contrôlée par la traduction toute personnelle que chaque initié fait et fera au travers du concept qu’est le GADLU. Mais là, il s’agit d’un autre thème dont je ne débattrai pas aujourd’hui.
Reste que notre canal de réception réside dans la représentation de cet œil frontal, intemporel, immatériel, symbole du soleil, de la connaissance et de la clairvoyance. Il n’est pas une vérité mais un passage entre le dedans et le dehors. Il est le puits du temps, la source de la tradition où nous venons boire le savoir. C’est un troisième œil qui illumine notre champ de connaissance par l’abstraction. Cet œil est le symbole spirituel d’une prise de conscience morale qui nous dit « qu’en soi, il y a plus que soi ». Nous ne devons jamais nous considérez comme de simples mortels même si notre corps charnel nous le prouve, nous sommes établis en tant que nature spirituelle. En passant de l’équerre au compas, notre vie devient circulaire et, à l’image de l’homme de Vitruve, nos membres épousent la périphérie du cercle pour pousser les limites de nos certitudes. Par la démarche symbolique, nous ne sommes plus le seul sujet. Nous renvoyons l’image d’objet ordinaire à un autre être sujet qui regarde l’objet que nous sommes. Par le canal du GADLU, nous sommes en mesure de dire que le sujet transcende le sujet. L’état d’objet n’est plus. Nous entrons dans la voie royale, celle où la projection procède à une même élévation. Oserions-nous dire que l’on se confond avec le divin ?
Pour conclure cette planche, j’ai puisé dans la lecture de la Table d’Emeraude d’Hermès Trismégiste, la compréhension de ce lien entre l’univers et notre moi profond. Elle aide à découvrir notre origine, cet Un qui est à la base de la création, pas celle de Darwin mais celle du Livre, de BERESCHIT qui décrit le processus de toute création, en travaillant à partir du cabinet de réflexion jusqu’à l’explosion possible qui a fait naître un certain cosmos.
Enfin, je citerai le livret d’instruction du 4ème degré qui nous dit : « Il n’y a de réellement admirable que la Loi Universelle qui régit toutes les choses dans leur ensemble et chaque chose dans son détail ».
Trois Fois Puissant Maître et vous tous mes F F Maîtres Secrets, j’ai dit.