En quoi la Franc-Maçonnerie nous aide-t-elle…
Non communiqué
TFPM, Très Illustres FF à l’O, et vous tous mes FF MS
à sortir du pays d’ignorance,
de préjugés et de superstition
et nous éloigne ainsi de la servitude et de l’erreur ?
Dans cette question, plusieurs pistes peuvent s’ouvrir quand au développement de la réponse. Il est dit, « la maçonnerie nous aide a nous libérer de l’ignorance, des préjugés etc. etc… », mais cette affirmation manque de précision. En effet, qu’entend-t-on ici par Maçonnerie ?. S’agit-il de l’Ordre en général, c’est-à-dire l ‘ensemble des obédiences, toutes confondues, ou des Loges d’une obédience qu’elle qu’elle soit, ou de la loge en particulier avec ses Frères et ses Officiers, ou encore, s’agit-il du rite ou des rituels et de la manière dont ils sont vécus, ou même encore, s’agit-il des contacts, des communications, des enseignements que l’on peut avoir entre Frères et Sœurs, ou bien tout simplement de son travail personnel, avec ses lectures, ses recherches pour élaborer une planche. Comme on le voit, on peut s’engager dans un labyrinthe de digressions nous faisant plus ou moins avancer sur la réponse à la question qui nous intéresse.
Mais, la question posée, comporte néanmoins une condition bien cachée, qu’il nous faut découvrir entre les lignes. Cette condition sine qua non, c’est ce que j’appellerais l’auto-discipline. Car, en effet, la Maçonnerie, en général, ou en particulier, ne peut rien pour nous si nous ne nous prenons pas en mains nous même. Elle ne nous libéreras de rien, si nous n’entrons pas dans la voie vertueuse qu’elle nous propose, et ne fera jamais de nous un initié si nous ne travaillons pas sur le symbolisme et sur nous-même.
Nous deviendrons ce que nous souhaitons devenir en suivant les enseignements qui nous sont proposés ou nous resterons nous-même si nous ne faisons aucun effort pour nous améliorer. Le rituel nous propose un cheminement symbolique sur la voie de la vertu, à nous de fournir l’effort nécessaire par notre travail de recherche, d’instruction nécessaire à la compréhension du grade que l’on vient d’acquérir. Le but du Franc-Maçon cherchant, est de dégrossir sa pierre. Autrement dit, la finalité n’est pas de devenir un être parfait,( car si nous atteignons la perfection, nous n’aurons plus rien a faire en maçonnerie) mais, de buriner au maximum sa pierre pour en atténuer le plus possible les aspérités.
Ce qui n’est pas sans rappeler l élévation à la maîtrise, avec ses trois mauvais compagnons qui, au nom du fanatisme de l’ignorance et de l’hypocrisie, ont tenté d’arracher par la violence les mots de Maître à l’architecte Hiram afin de prendre une place qu’ils n’avaient pas mérité. Cette violence et ce fanatisme, se sont terminées comme chacun le sait par la mort du Maître. Ce qui nous prouve ce que j’ai avancé précédemment, c’est-à-dire, que déjà au début de notre légende, il y avait, parmi les compagnons initiés, des hommes qui n’ayant fait aucun travail sur eux-même, était restés tels qu’ils étaient. Les choses ont-elles changées à notre époque?, là n’est pas la question aujourd’hui.
En l’occurrence, dans le contexte de la question posée, il faut aujourd’hui, nous référer au rituel de Maître Secret et à son initiation, et plus précisément, lors des voyages symboliques. Et en toute logique, je vais donc commencer par le premier. Premier voyage, qui, au demeurant surprend le récipiendaire, plus habitué aux déplacements rectilignes d’un point à l’autre du temple ou du Hikal, suivant le grade, qu’à la mise en mouvement pour des déplacements tout en courbures, qui rappelle plus les circummanbulations magico-religieuse de certaines ethnies ou religions, que la rectitude de l’équerre, qui est le Graal du Maître Maçon du troisième grade. Ce n’est qu’après, que le récipiendaire comprend qu’il est passé de l’équerre au compas. Ce qui lui ouvre de nouveaux horizons.
Je vais donc essayer de donner un semblant de réponse à la question posée en me référent aux sentences du Trois Fois Puissant Maître. Je cite la première : « la Maçonnerie vous aide à sortir du pays d’ignorance, de préjugés et de superstition et vous éloigne ainsi de la servitude et de l’erreur. Vous ne vous forgerez plus, ni n’accepterez plus d’idoles humaines pour agir aveuglément sous leurs incitations. Mais vous déciderez vous-même de vos pensées et de vos actions, et ne confondrez point les mots et les idées? Vous cous efforcerez toujours de découvrir sous le symbole, l’idée que vous aurez comprise et reconnue comme acceptable ».
Tu ne te forgeras point des idoles humaines. Dans cette phrase, deux pistes s’ouvrent à nous, selon qu’il s’agisse du domaine religieux ou du domaine socio-culturelle. Plus précisément, parle-t-on d’un dieu quelconque dont on à représenté l’image avec une forme humaine, ou plutôt d’une personne existante ou ayant existé, qui serait l’objet d’une admiration passionnée. Mais, qu’est qu’une idole,? D’après le Littré, c’est une figure ou statue représentant une divinité et exposée à l’admiration des fidèles.
A partir de la Bible, on peut considérer qu’il y a deux sortes d’églises, celle des formes et celle de l’être. L’église des formes, celle de Pierre, qui accumule les richesses pour Rome, sans rien redistribuer aux autres, a fort bien compris le système qui consiste à renvoyer aux fidèles primaires, incapables de faire la différence entre Dieu et la religion, une image d’un dieu à forme humaine, à laquelle chacun peut ressembler. Toutes ces idoles ne correspondent en rien à la réalité divine. Il n’existe pas de statues nobles dans une religion et païenne dans l’autre. Le Maître Secret, doit avoir une perception plus juste de la réalité, et il doit bien assimiler le fait que ces idoles à formes humaines ne sont que des représentations faites de matériaux inertes censés représenter un dieu ou ses disciples. Les fidèles prient des icônes vide de tout rayonnement sacré. C’est pour cette raison que les Templiers faisaient cracher sur la croix le chevalier nouvellement reçu: un objet de matière inanimée ne représentera ni ne sera jamais Dieu. C’est aussi pour cette raison que Louis Claude de St Martin (écrivain, philosophe et F M 1 743- 1 803 qui répandit l’Illuminisme et le Martinisme) refusa à sa mort un service funèbre catholique, prétextant qu’il ne voulait pas d’un culte religieux dévalué. Victor Hugo fit de même.
La deuxième église, celle de l’être, selon Saint Jean, qui enseigne ne rien vouloir pour soi ni pour personne d’autre. Une église faite d’initiés qui se passent des noms et de ses représentations statutaires et qui prient Dieu tout simplement.
Le deuxième aspect de notre phrase, nous fait découvrir l’homme qui adore les gens qui brillent, soit pour leur fortune, leur notoriété, leurs pouvoir ou leurs talents quel qu’il soient. Mais, souvent, ces idoles tombent de leur piédestal lorsqu’une nouvelle apparaît. Et, comme le disait si bien Masillon (prédicateur, évêque de Clermont, 1663-1742 qui prononça l’oraison funèbre de Louis XIV, son chef d’œuvre est le Petit Carème 1718) « Il est vrai que le monde qui avait élevé ces idoles de boue, les renversent lui-même le lendemain ».
Tu t’efforceras de trouver l’idée sous le symbole. Si l’on veut connaître la nature d’un symbole, il faut étudier particulièrement son nom, sa fonction, et la raison de son attribution, en ne manquant pas d’analyser sa forme ou son nombre. Le symbole recouvre souvent une réalité complexe. Le symbolisme ne s’apprend pas en lisant, il doit se vivre. Si nous nous disons, c’est une pierre, une équerre, un compas, un nombre, non seulement ces symboles resteront silencieux, mais, nous ne sauront rien de ce qu’ils recouvrent véritablement et nous ne ferons aucun progrès dans notre cheminement initiatique. C’est une erreur que font malheureusement nombres de cherchant. Pour comprendre le symbole, il faut chercher à sympathiser avec lui, à se transporter à l’intérieur même pour en ressentir ce qu’il a d’unique. Aussi, le symbole s’avère irremplaçable pour ouvrir l’esprit à différent nivaux de conscience, car il ne peut être échangé avec un autre concept.
Au deuxième voyage, le TFPM dans sa sentence nous dit: « n ‘accordez à quiconque une confiance aveugle, mais, écoutez tous les humains avec attention et déférence , ne profanez pas le mot Vérité» Ne pas accorderune confiance aveugle, et ne pas déclarer juste tous les opinions avant de les avoir vérifiés, relève de la Prudence. La vertu de prudence, doit nous éveiller à l’essentiel, elle peut nous guider et nous éclairer dans nos actes. La Prudence provoque la Sagesse, car, comme le disait si justement Socrate, « Parler de la sagesse des vieillard est une erreur, car, en devenant plus vieux, ce n’est pas plus sage que l’on devient, mais, plus prudent ».
Ne profanez pas le nom de Vérité. La Vérité, de même que la véritable Lumière, ne se situe pas dans le soleil, la Vérité demeure impénétrable. C’est en sachant reconnaître le caractère néfaste des dogmes, et en ayant fait le tour des différents aspects de la problématique, que l’on pourra se forger une opinion, qui, si elle n’est pas la Vérité, sera au moins, notre idée personnelle. Et cette idée n’est pas immuable, car selon différents critères, on peut être amené a en changer, ou a en modifier le sens général.
Le troisième voyage, exhorte le cherchant a se concentrer sur la faculté de l’esprit humain de concevoir l’unicité et la multiplicité des choses. En se rapportant au plan de la création terrestre et de l’Univers, nous abordons la notion d’Ordre Universel. Ordo ab Chao, du désordre à l’ordre, du non-être à l’être. Ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut, nousdit la table d’Emeraude. Comment passer de l’en-bas à l’en-haut ?, de l’humain au céleste?, là est toute la recherche.
Ce qu’invite le quatrième voyage, c’est d’aimer la Justice. La Justice, dont nous avons en permanence un de ses symbole sur notre tablier: l’œil. L’œil qui nous aide à voir et a sentir les choses, et qui est pour nous le troisième Œil. Ce troisième Œil qui, selon l’Islam indique la condition surhumaine, celle où la clairvoyance atteint sa perfection. La Justice étant étroitement lié à la Conscience, dont l’Œil est également un des symbole. Cet Œil qui nous suit partout, qui voit tout, qui nous réveille la nuit pour nous mettre en face de nos injustices. Cet Œil divin qui scrute notre moi intérieur . L’œil était dans la tombe et regardait Caïn comme nous le dit si justement Victor Hugo.
En conclusion, je dirais simplement que c’est en exécutant strictement le travail de chaque degré, en suivant la direction morale et en utilisant les outils que la Franc-Maçonnerie nous confient, que nous pouvons avancer sur le chemin qui s’offre à nous. Les avertissements rituels nous protègent de l’erreur. Et ce n’est pas parce que l’on atteint un grade plus élevé, qu’il nous faut oublier les enseignements des degrés précédents. Tout s’additionne, rien ne se retranche ni ne se trouve mis en sommeil. Il en va de tous les grades successifs. Le degré de M S, exacerbe le notion de Devoir. La principale quête des voyages du Maître Secret est la recherche de la vérité et de la parole perdue, c’est à dire le Devoir.
Devoir envers les Autres, mais aussi Devoir envers soi-même et en suivant avec application les sentences du grade, le Maçon devrait pouvoir, avec un peu d’efforts, sortir du pays d’ignorance, de préjugé et de superstition et s’éloigner ainsi de la servitude et de l’erreur.
J’ai dit TFPM
Ber For