Ton premier hommage appartient à la divinité…

Auteur:

S∴ D∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
Planche de passage au 4° degré du RER



Sujet :« Ton premier hommage appartient à la divinité, adore l’être plein de majesté qui créa l’univers par un acte de sa volonté, qui le conserve par un effet de son action continue, qui remplit ton cœur, mais que ton esprit borné ne peut concevoir, ni définir. Plains le triste délire de celui qui ferme ses yeux à la lumière et se promène dans les ténèbres épaisses du brouillard. »


La phrase qu’il m’a été proposé d’étudier se trouve dans le rituel d’apprenti, juste après la cérémonie d’initiation, après que le néophyte ait reçu la lumière. Elle se résume en définitive aux devoirs envers Dieu et la religion et se trouve avant les articles relatifs à l’immortalité de l’âme, aux devoirs envers le souverain et la patrie ainsi que de l’humanité en général.
Les trois thèmes étant intimement liés et constituant finalement la doctrine du RER.
On remarquera que cette phrase ne contient à priori aucune problématique et qu’elle est rédigée sous forme de commandement et d’obligation.
En effet sur le plan grammatical et plus précisément sur le plan de la conjugaison, il est rédigé à l’impératif présent : « adore » « plains » et à l’indicatif présent « appartient », « conserve », « remplit », « fermé » et « se promène ».
Seul, le verbe créa est au passé simple, il montre une antériorité, une action passée : la création d’un monde par un Dieu unique, antérieur au monde, même s’il y a eu un « béréchit », un « commencement » selon la mystique juive.
Mais cette antériorité peut-elle se définir ? Existe-il en réalité une antériorité ?
L’antériorité n’est-elle pas un concept crée par l’homme ?, la création n’est-elle pas permanente, le monde ne continue pas de se créer…..

Si vous permettez VM, je vais tenter d’expliquer les Devoirs envers Dieu et la religion, Je dis bien « tenter ».
Pourquoi tout d’abord rendre hommage à la divinité et adorer cet être plein de majesté, tout d’abord parce que Dieu à crée le monde et que nous appartenons à ce monde, que nous sommes sa créature. L’hommage est une marque de vénération mêlée d’un sentiment de gratitude. On ne peut que vénérer un monde plein de mystères, totalement inexplicables à notre esprit humain étriqué et borné. Et on ne peut que remercier ou être redevables envers une divinité que nous reconnaissons comme créatrice du monde. Le terme hommage est précédé de l’adjectif premier, ce qui laisse supposer que d’autre hommages doivent être rendus. A qui ? Au Prince, au Roi, au Seigneur, c’est-à-dire à celui qui détient le pouvoir et la puissance temporelle, mais aussi à l’homme lui-même que Dieu à crée à son image…
La genèse dresse un classement de êtres crées suivant un plan réfléchi. A cette œuvre de séparation notamment « lumière et ténèbres » fait suite une œuvre de peuplement. Le verbe hébreu BARA est réservé à une action créatrice mais s’apparente aussi à l’adverbe « hors de ».


Dieu à accouché du monde par une expulsion créatrice et c’est là le signe de sa puissance et de son désir d’affirmer l’autonomie de l’homme. C’est par ce don de la liberté en premier lieu, cet affranchissement que nous devons rendre hommage et adorer la divinité mais aussi parce qu’en nous expulsant de son être, il nous a conférés une parcelle de sa divinité. Il n’en reste pas moins que nous lui devons une grande gratitude et que nous devons continuer à être reliés à lui par ce cordon ombilical qu’est la religion. Le mot religion veut dire « qui relie ». La religion relie l’homme à Dieu, c’est le culte rendu à la divinité,, il induit la notion de piété, il exprime le sentiment du divin et présente les caractères d’adoration et de vénération. Etre religieux c’est s’engager à suivre des règles, à rendre hommage au créateur et à l’adorer.
Cette toute puissance qui nous enveloppe, que nous devinons sans la voir, s’exprime notamment par le terme majesté que l’on retrouve un peu partout dans la Bible. Le livre d’Isaïe regorge de références à la majesté de Yahvé, au créateur du monde, au Dieu Maître de l’univers au pouvoir souverain.


L’Etre, qui est l’Etre ???…dans l’absolu il exprime l’existence, ce qui indique qu’elle ne saurait être contestée, le verbe « être » exprime la réalité. Il est souvent accompagné des adjectifs « absolu » ou « infini » ou « immortel ». En d’autres termes, l’Etre suprême ou souverain, le premier Etre, le grand Etre c’est Dieu. On l’oppose souvent au néant, mais peu importe le nom que l’on donne à l’Etre, à la puissance qui domine l’univers. Les FM. L’appellent Grand Architecte de l’Univers. Eddington lui l’a baptisé « anti-hasard » car comme le suggère le sujet, le hasard est assimilé aux ténèbres et antinomique du concept de création . L’homme depuis toujours à tenté de donner un nom à toutes les choses qui lui échappent et non expliquées par son intelligence.


L’Etre dans la mystique juive c’est Dieu et Dieu était seul avec son nom même si le terme Béréchit indique un commencement. Mais admettre un commencement c’est affirmer qu’existe d’une part le monde de Dieu et le monde des hommes… et par extension l’initiation étant un commencement, un monde de profanes et un monde d’initiés, un monde des ténèbres et un monde de la lumière.
Le terme Etre indique aussi une existence permanente à forte connotation intemporelle, éternelle…mais la Bible ne nie pas qu’il y ait eu quelque chose avant le commencement, certains philosophesvoient en Dieu, avant le commencement une sorte d’absence universelle. Personne ne régnait sur ce néant où dormait le futur et ce personne était Dieu.
Si nous admettons avec la Bible l’idée de création et de commencement, le monde a donc obligatoirement une fin donc un sens et l’homme doit se mouvoir durant son existence entre lumière et ténèbres entre hasard et anti-hasard.


Avant la création du monde, la terre était tohu-bohu, la ténèbre était sur la face de l’abîme et l’esprit de Dieu soufflait sur la surface des eaux (Genèse 2° verset) Le monde était opaque, inintelligible, mais pas inerte… et puis Dieu à imposé sa Loi, organisé la matière, a donné le souffle, son esprit, la roua’h.
La ROUA’H c’est l’élément qui équilibre tous les autres.
Toute l’aventure humaine est en gestation dans ce geste créateur… mais il existe entre le ciel et la terre un rapport premier originel, un espace ou l’homme évolue sans cesse. On peut découvrir Dieu dans l’infini du ciel en le cherchant sur la terre, dans la relation avec autrui, dans l’organisation du monde etc….
La Bible affirme que l’homme est à l’image divine donc deuxième hommage que l’on doit rendre à autrui en tant qu’individu, à l’homme en général en tant que partie de la création.


L’homme circule entre le ciel et la terre, entre la lumière et les ténèbres, entre la connaissance de soi, la recherche de la parole perdue et la réalisation de la fraternité universelle au moyen de l’amour.
Le FM circule de HOLMA « la sagesse » à KISSERET « la beauté » à KETER « la force, voir page 28….que le Temple que nous avons entrpris d’élever pour ta gloire, étant fondé sur la sagesse, décoré par la beauté et soutenu par la force ,qui viennent de toi…….


En s’insérant dans la rotation universelle, il prend part à l’évolution, à la dynamique de la puissance suprême avec Foi, Espérance et Charité, trois vertus qui peuvent être considérées comme faisant partie d’un hommage que l’on doit à la divinité qui créa l’univers.
Comment de plus adorer l’Etre plein de majesté et lui rendre hommage… la FM nous met sur le chemin de la vérité par l’initiation et la connaissance de soi, est le but premier de l’initiation, n’oublions pasnla maxime « connais-toi toi même et tu connaîtras la nature et les Dieux » de ce bon vieux Socrate,
En effet, la connaissance de soi permet de détecter cette parcelle de lumière qui existe dans chaque individu.


Par la pratique du rite enfin et l’étude dessymboles (trop souvent peu étudiés en Loge et qui sontt pourtant d’une très grande importance dans les trois premiers grades) qui sont des outils, les moyens qui nous transmettent l’ordre du monde et les Lois de l’univers.
Les symboles disent ces Lois et les rites nous les font vivre.
Le rite a pour fonction de nous faire vivre la loi cosmique archetipelle qui opère dans un moment ou une circonstance donnée,


Rendre hommage à la divinité et adorer l’Etre, c’est aussi la voie initiatique…..en nous gardant d’une initiation virtuelle comme l’a dit René Guénon.
Pour bien vivre une initiation réelle, souvenos nous que seules la pureté et la vertu, comme le dit le F.: intoducteur à l’occasion de la cérémonie de réception (page 35 du rituel du RER) permettent en effet de se défier des fausses lueurs d’une initiation virtuelle (même lorsqu’on ôte le bandeau), ces fausses lueurs ne permettent pas d’accéder à la lumière….et même un initié peut toujours se promener dans les ténêbres épaisses du brouillard……comme dit dans la dernière phrase du sujet.


Accès réservé aux abonnés

Cet article fait partie de l’espace privé de L’Édifice.
Abonnez-vous pour accéder immédiatement à la plus grande bibliothèque maçonnique sur internet

  • Plus de 5 000 planches véritables
  • Issues de plus de 100 obédiences
  • Du 1er au 33ème degré
Déjà abonné ? Se connecter