Etes vous MS? Je m’en glorifie.
Non communiqué
En lisant dans le rituel c’est phrase, je me représente un dictateur d’opérette devant une glace regardant ses décorations fraîchement accrochées et parlant à la cantonade. « Je m’en glorifie. »
A l’écoute de cette réponse qui permet aux FF de s’identifier en tant que Maître Secret, on ne peut qu’être surpris par la réplique. Est-elle vraiment appropriée ?En effet « je m’en glorifie » s’apparente plus à la réponse d’une personne imbue d’elle-même voir orgueilleuse, qu’à celle d’un F Maître Maçon.
Ici nous avons le terme « glorifié » dans le sens adulé ce qui personnellement ne me plait guère et qui je pense ne va pas avec l’esprit maçonnique.
Il est bien évident qu’un jeune maître Secret, malgré un parcours long et sinueux, ne peut s’octroyer le droit d’une réponse aussiprétentieuse et pédante, c’est donc sur un chemin plus spirituel et symbolique qu’il nous faut aller chercher le sens du mot « glorifié ».
Il y a donc, comme toujours dans notre vie maçonnique une lecture plus mystérieuse et plus cachée, une porte à franchir pour découvrir les symboles.
Au 4ème degré, nous sommes reçus sous la double couronne de l’Olivier et du Laurier : « Dans cette couronne le laurier est l’emblème de la victoire que nous devons remporter sur nos passions, l’olivier celui de la paix et de l’union qui doivent toujours régner entre les Frères »Il est bien évident que si nous réussissons ce double pari de vivre dans la sagesse et la fraternité nous pouvons « nous en glorifier », car nous sommes ici éclairés par le GADLU. Cette gloire n’est pas une fierté ou une vanité, encore moins un dogmatisme religieux, mais simplement l’éclairage intérieur d’un franc-maçon, un homme sur cette terre, qui tente chaque jour de donner le meilleur de lui-même.
Lorsqu’on répond, « je m’en glorifie » ceci implique, « je me glorifie de.. » Mais à quel titre et pourquoi devrais-je me rendre gloire et m’attribuer de la gloire ?
J’ai toute liberté, si je reste humble d’être fière d’être Maître Secret. Il ne faut pas oublier que cette réponse vient après les questions suivantes des degrés précédents :
– Etes vous FM ?
– Etes vous compagnon ?
– Seriez vous Maître?
A la question êtes vous Maître Secret ? Nous répondons, « Je m’en glorifie » C’est donc une nouvelle lecture qu’il faut faire avant de tenter de donner une quelconque déification au verbe « glorifier »
Pourquoi dans ce nouveau grade, le frère ne ressentirait-il pas l’envie d’être fier d’appartenir à ce nouveau degré ?
L’accès à ce 4ème degré n’est pas chose simple ni automatique. Souvent, après une longue maturation nous accédons à un nouveau plan de conscience. Ce qui importe, ne se trouve jamais dans l’apparence, dans ce qui nous est indiqué mais dans ce que nous devons retrouver par nous même.
Tout semble fait dans ce degré pour que le MS soit respectable, et considéré.
Le MS aurait-il besoin d’une quelconque valorisation ou justification ? Sa mission est pourtant claire et simple et ne souffre d’aucune ambiguïté. : c’est la recherche de la parole perdue.
Au 4ème nous nous rapprochons de la Gnose, sur un chemin intérieur, là où la Connaissance implique un vécu et pas nécessairement un savoir théorique.
J’ai assez de sagesse pour rechercher la connaissance parfaite. Je vise, j’espère m’approcher au plus près de la perfection. En me rapprochant progressivement de la lumière, le Maître Secret que je suis, à reçu la clé qui lui donnera l’accès au savoir et à la lumière, puisqu’il en a été jugé digne! L’allégorie biblique du verbe « glorifier » et le symbole glorieux de la couronne tendent à prouver que la plus belle des épreuves reste encore celle de prendre le pouvoir sur soi-même.
Mais après réflexion, et si je devais oublier dans la phrase ce glorifier pour me pencher un peut plus sur le « je et le me ».
Nous savons par notre F 2ème inspecteur que le grade de MS est un grade de passage, et qu’à ce grade nous avons le droit d’avoir de l’ambition. Ambition qui doit bien sur être mesurée, raisonnée et constructive.Dans cette optique le « je »et le« me » prennent plus d’importance. Il y a dans l’utilisation de ces deux mots une forme d’assurance et d’affirmation de soi. Ce je et ce m’ m’invite à un voyage d’introspection. C’est peut être grâce à ce voyage intérieur que je vais découvrir ce que le MS cherche depuis la mort d’Hiram : « la parole perdue »,
Commençons par le je : Il affirme la personne ; il entérine l’idée de présence et de responsabilité. Je voie ce je, comme une affirmation de soi. Je, pronom personnel de la 1ère personne, m’engage personnellement,me présente, me met en relief mais tout aussi bien m’isole en même temps, d’autant plus qu’il est suivi par ce m’. Ce deuxième mot accompagne et souligne avec une force persistante la vibration et la résonance du je. C’est une invitation à un voyage intérieur sur soi-même, qui nous incite à chercher ce que l’on a perdu.
Inconsciemment, ce que j’ai perdu se trouve peut être dans mon vécu. Il n’est donc pas interdit de penser et d’imaginer que la parole perdue que j’appréhende se trouve en moi mais je n’ai pas encore les outils et le savoir pour la retrouver et l’identifier. Chacun construit à son propre rythme son espace temps personnel, et la chronologie de la compréhension n’appartient qu’à nous.
Puisque ce grade est un passage, on peut imaginer que nous avons ici des indices pour avancer dans d’autres degrés. Ne dit-on pas que tout se trouve au premier degré pour celui qui sait ouvrir les yeux.
Conclusion :
L’ambition, lorsqu’elle n’est pas démesurée est grandissante. L’envie de progresser est une force dynamique qui nous fait avancer.
Après un an de présence en tant que MS j’ai le sentiment d’avoir des réponses à des questions qui ne me seront données que dans des grades plus élevés, encore faut-il que ma démarche soit celle d’un chercheur et non d’un demandeur.
Trois fois puissant maître j’ai dit
Marc
Bibliographie :
Le temple de Salomon.Patrick Négrier.
Les symboles maçonniquesPatrick Négrier
Le voyage initiatiqueChristian Jacq.
Le Maître SecretChristian Guigue
Rituel du 4ème degréSuprême conseil de France