La connaissance n’est pas le savoir, comment interpréter cette affirmation au 4e degré
Non communiqué
La technique habituelle qui consiste à chercher la définition de la connaissance et du savoir dans des encyclopédies ou dans des dictionnaires nous entraîne obligatoirement dans des définitions exotériques, et erronées dans notre propos d’aujourd’hui donc irrationnel.
C’est pourquoi je n’en citerai aucune pour ne m’attacher pour sortir de l’exotérisme etdu profane pour ne m’attacher qu’à la notion ésotérique de ces 2 termes, sur le plan initiatique.
Pour une initiée, la connaissance est une base de données acquise de différentes manières, des méthodes apprises, transmises,lues ou enseignées,méditées, pour les avoir expérimenté, et comprise.
Le savoir quant à lui sur le plan initiatique est ce qu’il en résulte lorsqu’on a assimilé personnellement les éléments de cette connaissance, en fonction de notre travail personnel.
Ni l’un ni l’autre ne sont immuables car à chaque momentils évoluent sur notre chemin initiatique.
Evolution, qui ne se fera qu’au gré du travail, des recherches et des efforts de chacune dans le cadre de sa perception personnelle.
La connaissance n’est pas le savoir puisque nous venons de le voir elle est fonction de la perception et du travail de chaque initiée avec au départ la même base de données, le savoir sera différents suivant les individus.
Notre système initiatique nous permet à chaque moment d’enrichir, de faire évoluer la connaissance et le savoir. Néanmoins cette évolution n’est rendue possible que par le 3e élément indissociable de la connaissance,du savoir,c’est à dire la transmission. Cette transmission, clé de voûte de l’acquisition de la connaissance n’est pas figée, puisque la connaissance et le savoir semodifient à tout moment. Que ça soit l’élève ou le maître leurs perceptions et, donc leur transmission évoluent à chaque moment.
Sur le chemin initiatique cela impose pour que la connaissance et le savoir ne soient jamais figés que la maçonne ait une ouverture d’esprit et un système de pensé apte à ouvrir son esprit au delà des dogmes, des dictâtes pré-établis ou quipourrait bloquer l’évolution du savoir. Et cela implique, que la maçonne s’interdise de figer les connaissances qu’elle transmets,et,qu’elle ait l’humilité de ne pas considérer sa connaissance et son savoir comme immuables et vérité absolu, son devoir de transmission est une des règles fondamentale de tout engagement maçonnique accentué au 4e degré par le Devoir. Dans cette phrase du rituel au 4e degré :
« Vous ne vous forgerez point d’idoles humaines pour agir aveuglément sous leur impulsion, mais vous déciderez vous-même de vos opinions et de vos actions »
Notre rituel insiste sur la nécessité de découvrir l’idée sous le symbole et de ne point se forger d’idoles humaines, de ne pas prendre les mots pour des idées, pour que nous puissions dépasser nos limites et vivre l’expérience de notre « Etre » en devenant le bâtisseur de notre temple intérieur. La notion de justice et l’exigence du devoir sont essentielles.
Ce devoir de transcendance le Maître Secret doit le poursuivre de jour comme de nuit dans la solitude du désert comme dans le tumulte de la cité, dans le sens de la recherche de la Vérité, de la Lumière.
Notre rituel nous montre comment suivre cette route du devoir en nous mettant en garde, il nous explique : « qu’il est plus facile de faire son devoir que de le connaître » mais nous aide à y voir un peu plus claire en nous expliquant comment, et bien la encore,la transmission à une importante primordiale, puisqu’il nous explique que dans ce degré comme au trois autre degrés précédents nos aînées tiennent une place privilégiée.
Le rituel dit encore : « ainsi en a-t-il été dans les temps passés ; en sera-t-il dans les temps à venir. Pour nous maçonne la Connaissance du Devoir complet,c’est la recherche de laParole perdue, que nous nous efforçons de retrouver. Nous sommes mise sur le chemin dès le 3e degré avec notre rituel d’élévation ou,il nous est expliqué que la Connaissance se trouve au pied de l’acacia.
Connaissance et savoir ne sont pas une fin en soi, seul le travail personnel de l’initiée avec ou sans aide extérieure peut permettre une évolution profitable car la certitude d’un acquis peut engendrer autant chez l’initiée que chez l’initiateur, la certitude d’un travail accompli et donc l’élévation vers un savoir définitivement verrouillé, d’une vérité bloquée. La remise en question permanente de nos acquis, connaissance et savoir est donc non seulement un devoir mais une obligation si l’on veut continuer sur le chemin de l’initiation. Dans le cas contraire non seulement notre évolution en serait stoppée mais obligatoirement il y aurait régression, car la connaissance et le savoir continuent à évoluer même sans nous.
Entre la connaissance et le savoir existe l’esprit qui nous conduit au-delà de nous-même, au-delà des nos savoirs innés et de nos connaissances acquises.
Le travail maçonnique nous permet de laisser nos acquis pour travailler à découvrir de nouvelles connaissances. D’entendre de nouvelles idées, et d’en faire un avoir. Ainsi, peu à peu, la Franc Maçonnerie nous conduit à approcher la « science » de la vie…c’est-à-dire le « savoir de la vie et de la mort ».
Là me semble-t-il est le secret de l’initiation, de l’emploi de nos outils symboliques.
L’initiation est un nouveau chemin …pour mieux nous connaître, nous comprendre et ainsi acquérir la connaissance. C’est à l’initiée de transformer les connaissances en savoir.
J’appellerai ça l’ésotérisme. La méthode ésotérique est faite de telle manière que chaque symbole peut avoir plusieurs significations qui se complètent et se précisent. A quel niveau de compréhension pouvons-nous nous autoriser à nous considérer comme éclairés ? En fait, nous ne nous affirmons Franc-maçonnes que lorsque nous avons découvert la signification des mystères et symboles qui sont mis à notre disposition pendant nos travaux.
En rejetant la référence à des dogmes, la Franc-maçonnerie oblige les cherchantes que nous sommes à un réel effort intellectuel pour poursuivre vers la connaissance, par le travail personnel.
Cette phrase donne aussi un des éléments de la démarche, proche de la démarche cartésienne, la démarche maçonnique incite à diviser pour mieux appréhender la complexité, ce qu’on peut appeler l’analyse.
Elle procède par accumulation de petites connaissances plutôt que par appréhension d’une grande connaissance innée. (Elle ne se base pas sur une démarche brutale d’éveil.)
L’initiation lors de la réception d’une nouvelle Soeur, est le moment ou toutes les participantes se réinitialise seule celles qui vivront le rituel seront réinitialisées,elle est potentielle, il revient à lacherchante de poursuivre son travail. ? Ce n’est vrai que si le rituel CAD sil’initiation est bien faite, sans problèmes … elle doit être une communion, un égrégore.
A ce niveau, il convient de se rappeler nos origines opératives et la notion de bel ouvrage qui y est lié. La spiritualité maçonnique est inscrite dans cette origine, elle est avant tout une spiritualité du travail. Le pari maçonnique est de faire prendre conscience aux soeurs que leur réalisation se ferra en loge et hors loge.
L’enseignement maçonnique nous ouvre un livre immense : le livre de l’univers, il n’y a pas de grandes ou de petites connaissances, de grandes ou de petites expériences, chaque connaissance, chaque expérience,pleinement vécue participe à l’Unité et à notre savoir. (À chacun son savoir) grâce au rituel qui permet de fusionner les grandes lignes de nos expériences et de nos savoirs.
La
démarche première de la
cherchante est de trouver la voie qui lui convient et la
responsabilité de
l’initiateur est de rejeter les cherchante qui ne sont pas
faites pour la voie
qu’elles utilisent dans l’enseignement initiatique.
Pour qu’il y ait
initiation, il faut qu’il y ait transmission, cette
transmission correspond à
l’accès à une autre connaissance : le
passage des ténèbres à la
lumière. Par
delà, le symbole même de la lumière,
notre objectif est d’en rechercher la
nature et la réalité. C’est
le doute et non la certitude qui nous a fait
entrer en Maçonnerie, c’est le doute et non la
certitude qui nous oblige à nous
dépasser ; mais le doute peut aussi,
s’il est trop fort, nous faire perdre
le désir du combat vers la lumière et conduire
à notre propre destruction.
L’idée
d’être le transmetteur des connaissances qui nous
ont amenés vers nos acquis
nous fait prendre conscience du rôle essentiel que consiste
la transmission que
nous devons avoir auprès d’autres
initiées. Notre devoir ?Etre un initiateur de connaissance pour
acquérir LE SAVOIR
Et ainsi, continuer
notre
chaîne dans la fraternité pour atteindre l’Amour.
Et comme nous le dit Daniel Pons dans le fou et le créateur :
Tu n’es que par ce que tu transmets, et non pas par ce que tu crois être.
J’ai dit
Sylvine Laf
Compléments non lus en Loge
Selon le Larousse encyclopédique la définition du savoir est « un ensemble cohérent de connaissances acquises au contact de la réalité ou par l’étude » et toujours selon le même éditeur la définition de la connaissance est « l’ensemble des domaines où s’exerce l’activé d’apprendre ».
Mais aussi : « le fait de comprendre, de connaître les propriétés, les caractéristiques, les traits spécifiques de quelque chose ».
La définition du savoir ne pose à priori pas trop de problèmes puisqu’elle est une assimilation de données.
Quant à celle de la connaissance il pourrait y avoir une source de confusion, en ce sens qu’elle est parfois prise comme une démarche pour acquérir la compréhension alors qu’elle ne représente qu’un domaine bien spécifique.
Il faut donc chaque fois se référer au sens et au contexte général de la phrase dans le quel se trouve le mot connaissance pour choisir la bonne définition. J’ajoute encore qu’il existe une connaissance subjective liée à l’acquisition de données qui inclut tout ce qui touche à la conscience y compris les
démarches irrationnelles et une connaissance objective qui sont les données en elles-mêmes assimilable au savoir.
Connaître c’est penser ce qui est : la connaissance est un certain rapport, de conformité, de ressemblance, d’adéquation, entre l’esprit et le monde,entre le sujet et l’objet.
Ainsi connaît-on ses amis, son quartier, sa maison : ce que nous avons dans l’esprit, quand nous y pensons, correspond à peu près à ce qui existe en réalité.
Cet à peu près c’est ce qui distingue la connaissance du savoir.
Car sur ses amis on peu se tromper. Sur son quartier, on ne sait jamais tout. Sur sa propre maison, même on peut ignorer bien des choses.
Il n’y a pas de connaissance absolue, pas de connaissance parfaite, pas de connaissance infinie.
Cela ne signifie pourtant pas qu’on ne connaisse rien. Si tel était le cas, comment saurions nous ce que c’est que connaître et qu’ignorer ?
La question : « Que sais- je ? » de Montaigne, ou la question de Kant, qui est de droit( que puis je savoir, comment et à quelles conditions ?), supposent l’une et l’autre l’idée d’une vérité au moins possible. Si elle ne l’était pas du tout, comment pourrions-nous raisonner.
La vérité c’est ce qui est (véritas essendi) : vérité de l’être
Ou ce qui correspond exactement à ce qui est (véritas cognoscendi : vérité de la connaissance)
C’est pourquoi aucune connaissance n’est la vérité : parce que nous ne connaissons jamais absolument ce qui est, ni tout ce qui est.
Nous ne pouvons connaître quoi que ce soit que par nos sens, notre raison, nos théories. Comment y aurait-il une connaissance immédiate, puisque toute connaissance, par nature, est évolutive ? La moindre de nos pensées porte la marque de notre corps, de notre esprit, de notre culture. Toute idée en nous est humaine, subjective, limitée, et ne saurait donc correspondre absolument à l’inépuisable complexité du réel. « Les humains ne peuvent apercevoir les choses que par les formes de leur connaissance », disait Montaigne ;
Et nous ne pouvons les penser, montrera Kant, que par les formes et notre entendement. D’autres yeux nous montreraient un autre paysage. Un autre esprit le penserait autrement.
Comment connaîtrions nous les choses telles qu’elles sont en Elles mêmes, puisque les connaître c’est toujours les percevoir ou les penser comme elles sont pour nous ? Nous n’avons aucun accès direct au vrai (nous ne pouvons connaître que par l’intermédiaire de notre sensibilité, de notre raison de nos symboles, par nos théories…