La Vengeance est Accomplie

Auteur:

S∴ L∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué



Sur ordre du Roi Salomon,les meurtriers de Maître Hiram sont poursuivis. La Justice doit s’exercer. Au neuvième degré du R.E.A.A., c’est l’un des poursuivants qui, de sa propre initiative tue l’un des meurtriers. « La vengeance est accomplie ». Dans les deux cas, un des coupables a échappé à la justice du Roi Salomon.



(L’ethnologie, la sociologie, l’histoire nous fournissent de nombreux exemples de


Vengeance. La Littérature également. Dans l’Ancien Testament, il y a souvent confusion entre Vengeance et châtiment par des hommes ou bien châtiment et Justice par Dieu. Les Dieux Antiques, mi-Dieux mi-hommes se vengent également (Prométhée Sisyphe).



Le Littré donne de la vengeance une définition restrictive :



« Peine causée à un offenseur pour la satisfaction personnelle de l’offensé ! Puis l’élargit « Punition d’un acte coupable ! ».


Meilleure est la mention que la vengeance a une signification active (le Sujet passe à l’action) et Une autre passive (le Sujet la subit).



Ce dictionnaire constate que la vengeance est :



1) « Faiblesse de l’âme » LA ROCHEFOUCAULD


2)Devoir d’Honneur


3) Prérogative de Dieu qui a pouvoir de venger et châtier.



Au point de vue exotérique, les circonstances ou les comportements qui induisent la vengeance amènent à plusieurs constatations.


1) Le passé est irrévocable.


2) Notre affectivité, notre émotivité, notre orgueil travesti en amour-propre, nous poussent à la vengeance. La vengeance est fille de la colère, de la rancune et engendre la haine.


3) Être miséricordieux, pardonner, c’est cesser de haïr, c’est renoncer à la vengeance l’initié doit être Maître de son affectivité. Le pardon le libère.


Les 3 compagnons meurtriers d’Hiram en sont esclaves tout aussi bien que les poursuivants vengeurs.



Représentent-ils vraiment des initiés ?



Nous démontrerons que le nom d’Elu à été donné à « des Grades dits de vengeance » dont la raison fondamentale est le châtiment des assassins d’Hiram. Leur intégration dans l’Ecossisme semble avoir pour but, plutôt que l’assouvissement d’une vengeance,


l’avènementd’un idéal de justice et d’équité triomphant des trois mauvais compagnons grâce au progrès de la connaissance et de la morale.



Nous devons attirer l’attention sur le fait que le rôle allégorique et le symbolisme des actions des meurtriers et des vengeurs sont indispensables pour une compréhension ésotérique.



A la vengeance, il faut opposer la Justice.La Justice, est-ce la « Loi du Talion » pour la Communauté des Juifs ?



La loi d’Amour a toujours représenté l’essentiel même du Judaïsme. Elle se trouve exprimée Pour la première fois dans le chapitre 19 du Lévitique « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».



On a prétendu que la morale juive ne reposait que sur la loi du Talion : « Oeil pour


Oeil, dent pour dent ».



Le Talion n’est pas une loi morale, c’est un règlement de jurisprudence ou de police, exprimée sous la forme concrète qui convenait il y a trois millénaires aux habitudes de l’esprit sémitique. Il s’agit de proportionner le châtiment à la faute (ce qui est la base de tout jugement dans un pays respectueux de la justice).



Le Talmud, recueil de préceptes moraux et pratiques, en formation au temps de Jésus, réfute l’erreur commise sur l’interprétation du Talion.



La morale juive, source de la morale chrétienne, est fondée comme celle-ci non sur la cruauté ou la haine mais sur l’amour du prochain.



Le châtiment peut être justifié par sa nécessité sociale ou individuelle, peut-être même par L’idée que certains se font de la justice (sauvegarde sociale, retour à un équilibre).


Cependant, pour une maçonne, une initiée, la notion de justice rejoint la nécessité de retour à l’harmonie Universelle, elle dépasse les comportements et surtout les notions statiques de morale. Sa compréhension ne devrait pas venir d’en haut, mais du tréfonds d’elle même.


Le mal est une erreur, un aveuglement des ténèbres. S’il se manifeste en volonté, nous pouvons penser qu’il s’agit peut-être d’ignorance.




Marc Aurèle a écrit au sujet des malfaisants :


« Instruis-les ou Supporte-les ».



Il nous faut nousposer la question : quelle doit être l’attitude d’une maîtresse maçonne, d’une communauté de maçonnesenvers une sœur, un frère, qui a fauté?



« L’Amour peut tout, il est inconditionnel » a écrit Saint Paul.



Est-ce une réponse ? La réponse ?



L’Amour est sagesse, équilibre, harmonie, rassemblement. L’Amour n’a même pas àpardonner. Ce devrait être l’état naturel de lamaçonneet elle devrait oeuvrer pour cela devienne l’état universel.


Mais comment aimer le fautif, sans lui pardonner d’abord ?


Les 3 compagnons meurtriers et les vengeurs sont enfants de la passion. Leur valeur exotérique est un contre exemple.



Du point de vue ésotérique.



Au 3ème grade on réapprend à mourir. La nécessité de l’ultime initiation est dévoilée. La Mort du sage est une étape nécessaire. On comprend que c’est à cette dernière étape, à cette ultime initiation que le Sage acquiert sa plénitude.


L’élu tue le mal en soi. Souvenons nous que le lieu de la vengeance est la caverne, Joaben se saisit du poignard pour frapper l’assassin d’Hiram il le frappe au front et au cœur, lui coupe la tête, et après cet acteil va à la sourcepour partiellement se purifier et se laver de son crime fait sous l’impulsion,ce sont les autres élus qui lui font prendre conscience de son excès de zèle, il a commis une faute en tuant le criminel et en lui épargnant le supplice que Salomon avait décidé de lui infliger !Ils lui dirent que le roi ne lui pardonnerait pas cette désobéissance mais eux vont interférer en sa faveur, ils se jetèrent au pied du roi pour demander grâce.



Salomon pardonna.



Quand Hiram, Grand Maître en Art Royal, meurt sous les coups d’initiéesces initiées représentées par les trois Maîtresses qui dirigent la Loge.



Ne doit-on pas considérer qu’il faut : « tuer le mauvais maître en nous ».



Ceci d’autant plus si ce maître risquait d’ériger son savoir, son Art, en dogme,puis en religion ?


Les compagnons ont alors conscience que la connaissance est un parcours dynamique et que si l’aide des autres est indispensable pour l’acquérir, nous sommes les seuls artisans de son progrès et qu’il faut au plus tôt s’émanciper.



« Pour progresser, être soi-même, faire s’élever et épanouir notre maître secret intérieur, il faut aller au-delà de toute transcendance pédagogique ou charismatique.



Transmettre est le devoir de l’initiée, mais non point dogmatiser.


Chacun doit retrouver sa Liberté créative : les trois meurtriers d’Hiram ne font : « que poursuivre un processus évolutif que l’on ne peut condamner ». Ont-ils conscience et nous avec eux, qu’ils ne sont que les simples acteurs du destin.



Hiram s’est préparé au sacrifice. Il n’a pas transmis directement son savoir, il a emporté dans la tombe symbolique le mot ineffable, point de localisation de toute la connaissance. C’est par la nécessaire recherche évolutive individuelle de chaque initiée que les maîtresses progressent et se dynamisent.



La mort d’Hiram obéit à la loi de la continuelle régénération initiatique de la chaîne d’Union des soeurs.



Hiram est mort au monde terrestre, il est sacralisé au monde céleste, archétype essentiel. Il n’est pas ressuscité dans la nouvelle Maîtresse, car il n’y a point d’identification, mais régénérescence, tel que le montrent le mythe d’Osiris, ou l’allégorie du phénix.


Hiram ne ressuscite pas comme le Christ, mais il « revit » dans lanouvelle maîtresse qui l’individualise.



Ce n’est pas un Saint à la mode religieuse, mais un Sage pour l’éternité.



Par la mort, Hiram est retourné au divin. Les meurtriers sont nécessaires pour sa


réintégration, son retour dans l’absolu du sacré.



Il a reçu la suprême initiation, celle de l’individualisation totale, définitive, spirituelle pour lui permettre ailleurs, peut-être, de continuer à suivre d’autres voies. Il s’est confondu avec le cosmos et avec Dieu.


Hiram est modèle du passage du moi au soi (prendre conscience) puis à l’intégralité.



L’exemple archétypique qui a montré l’obligation de la renaissance, puis de la transformation de l’homme en Initié, du recouvrement de son identité perdue après la chute et de son obligation d’aller plus Loin dans le divin.


Sur terre, Hiram est homme et grand initié, mais pas Dieu.



Ailleurs, peut-être, comme Tous les initiés (et autres) redeviendra t-il : « élément de Dieu dans l’ensemble cosmique » ?


Du mythe d’Hiram les acteurs du drame ne sont que les allégories des cycles évolutifs obligatoires sur le parcours de la connaissance.


Le plan divin est en perpétuelle gestation dans l’unité de son tout.


L’Homme est parti de ce plan.


La vérité est en lui.


A l’initiée de la découvrir.



Sa vérité s’intègre, se vit, évolue.Si elle devient un savoir dogmatique, l’initiée n’est pas morte à elle-même. Elle faudra bien qu’elle trouve ses meurtriers


bienfaiteurs, jusqu’à ce que soit compris que connaissance et Amour vont de pair et s’accroissent ensemble.



Nous n’entrevoyons pour le roi Salomon dans le contexte qu’un rôle de garant de la légalité et de la tradition. Celui qui rend la justice en toute légalité et s’oppose à la vengeance personnelle !


Il en serait peut-être différemment si on voulait élargir le concept et le symbolisme de la justice. Soyons femmes de bien, Maîtresses de notre affectivité et de notre intellect, facteurs d’équilibre et de paix.



Si les grades de la classe précédente (4, 5, 6, 7,8) aux Franc-maçonnes à été le temps de la méditation (devoir) de l’étude et de la réflexion, les grades d’Elus lui ouvre celui de l’action et de l’accomplissement d’une mission d’une plus grande pureté, d’une plus grande noblesse, et d’une plus haute valeur morale (justifier les vertus en moi).


Leurs légendes sans occulter la réalité du crime qui endeuille le temple, achemine la Franc- maçonne vers un nouveau stade de réflexion qui l’induit a davantage de spiritualité de conscience et d’amour pour devenir « Emereck » CAD l’Homme authentique en toute circonstance.


Rendons témoignage aux autres de nos propres lumières et enrichissons-nous des leurs.« Buvons l’eau de la source » revient à vider sa tête de tous les vices et revenir sur l’essentiel, à savoir à se tourner vers le G 


La source indique toujours un début, comme le début de la Vie avec ses aspects spirituels où on peut l’associer à « Croire », en fait à la Foi.


Si c’est un début de Vie, alors cette source a sa place dans le rituel, car à travers celui-ci, ne nous fait-on pas parcourir un cycle naissance, vie, mort et résurgence ?


La source et l’eau contiennent toutes les dimensions de la vie spirituelle et humaine.



Alors, au terme de notre quête, celle-ci nous éclairera, elle nous procurera la destruction du mal qui est en nous, Et elle nous permettra de trouver la paix en buvant à la source que le Grand Architecte de l’Univers a préparée pour nous.



« Que vous restait-il à faire ?


Rien puisque la vengeance était accomplie


Que nous reste t- il à faire ?


Rien puisque tout est accompli »



J’ai dit



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