La grande lumière commence à paraître

Auteur:

F∴ S∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

 :A la Gloire du Grand Architecte de L’univers
Ordo ab Chao – Deus Meumque Jus
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Au Nom et sous la Juridiction du Suprême Conseil de France
Des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33ème et dernier degré du REAA

Fiat lux et lux fuit. Que la lumière soit, et la lumière fut. Je remercie mon T F P M Gilbert qui par son SMS d’aujourd’hui me permet d’introduire le sujet.

La lumière est une énergie produite par la matière. Les électrons gravitent autour du noyau selon une orbite définie. Un changement d’orbite est possible par une altération de l’énergie de l’électron. En se rapprochant du noyau, il se défait d’une partie de son énergie appelée photons. Le photon est donc une particule d’énergie, ou particule de lumière, quasiment sans masse, qui a la particularité d’interagir avec la matière comme une onde.

Mais cette onde à un spectre électromagnétique infini. Partant du 0 théoriquement vers l’infini en terme de longueur d’onde, seule une infime partie est visible par l’homme sous forme de lumière blanche. 460 nanomètres précisément pour un spectre allant jusqu’à plusieurs centaines de milliers de Km pour les ondes les plus grandes répertoriées. Au delà de cette lumière blanche, le spectre se décompose en différentes lumières de couleur, donc de différentes longueurs d’onde qui vont du rouge au violet, et visibles par l’intermédiaire d’un prisme comme l’arc en ciel les jours de pluie. Au delà du rouge, non visible par l’homme, nous avons les différents infrarouges, puis les ondes radio et différents champs magnétiques. En deçà du violet, là aussi non visible par l’homme, les différents ultraviolets, puis les rayons X et enfin les rayons gamma.

Pourquoi cette approche scientifique dans cette planche me direz-vous ? Afin de prouver que l’oeil trouve ses limites.Dans notre quête, il faut aller vers l’invisible, autrement plus grand et plus puissant que ce que nous voyons. La grande lumière,visible par l’âme, ne serait-elle pas appréhendable selon cette métaphore ?

Pour cela, je baserai mon travail selon un axe déjà défini par Platon, qui consiste à détourner sa réflexion, du monde sensible vers le monde des idées. La transversalité de ma planche dans les différents degrés maçonniques nous fera gravir les marches de cette grotte illustrée dans « l’allégorie de la caverne » pour parvenir au dehors afin de commencer à contempler la Grande Lumière par la raison et la conscience.

Au 1er degré, nous avons la réception de toute forme de lumière. Manifestée, non manifestée, spirituelle et matérielle comme le soleil, la lune, les 3 grandes lumières, le vénérable etc… L’homme par l’initiation voit ses liens détachés. Il se retourne mais la lumière du feu l’aveugle. Il est encore plus confortable pour lui de regarder les ombres des masques projetées sur la paroi de la caverne. Pourtant il sait maintenant qu’il existe une autre voie, et que la lumière même si elle est aveuglante, elle est attirante également. Sa curiosité le conduira vers le second degré.

Au second degré, nous avons la quintessence de toutes ces lumières par une émanation qui vient de l’intériorité du compagnon et de la loge. On parle alors d’immanence de lumière avec l’étoile flamboyante. L’homme gravit la pente raide de cette grotte pour sortir au dehors. Il perçoit le feu, lumière qui lui semblait originelle pour aller vers la lumière du dehors, la lumière manifestée. Nous avons bien là le quadrivium ou la matérialité et le trivium ou la spiritualité. Le compagnon n’est pas entre la sphère terrestre et la sphère céleste. Cette dernière est bien sur la 3ème marche, en dehors de la grotte. N’oublions pas que la pente est très raide. Le sentiment de verticalité prédomine. Ainsi, la relation avec le divin est bi directionnelle en ce sens que l’on tend vers le divin pour l’étudier et le connaître mais le divin tend également vers le maçon. Cet axe du zénith au nadir permet de mettre en exergue la transcendance.

Au 3ème degré, le maçon sortirait de la grotte pour recevoir cette lumière manifestée qu’est le soleil. Il est encore incapable de distinguer la moindre chose qu’on lui dit être vrai. Aveuglé par le soleil, il ne peut distinguer que les ombres de la vérité. Mais sort-il encore vraiment de la grotte ?

Dans le temple il ne devrait avoir symboliquement que la lumière de l’étoile flamboyante et de la sagesse. Les lumières des colonnes Force et Beauté ne sont plus là. L’étoile flamboyante a précédé le compagnon car elle est derrièr lui, sans doute à un niveau où une dimensions pour
l’instant inexpliqué. D’où cette marche à reculons lors de l’élévation afin de pouvoir toujours la voir. Cette lumière qui se trouve alors derrière le compagnon, lorsqu’il est retourné, est éteinte afin de montrer qu’elle est à nouveau devant lui. On se servira de la lumière de l’étoile dans ce temple désacralisé, profané, pour, à travers le sacrifice, ramener la totalité de la lumière dans le temple. Il y a bien une mutation, une alchimie qui apparait.

Deux fondements principaux se distinguent lors de l’élévation du maçon :

  • Le meurtre d’Hiram, et le sacrifice virtuel du compagnon pour sacraliser le temple.
  • Et l’ordalie, ou le jugement de dieu, quand le compagnon passe au dessus du corps. Le compagnon est relevé au centre par les 5 PPLM. La lumière est régénérée. Nous somme cependant dans la substitution, et cette lumière devra grandir.

Quand la lumière est ramenée dans la chambre du milieu, que le temple est à nouveau sacralisé, il ne reste que la lumière de la sagesse. La force et la beauté sont éteintes comme nous l’avons vu supra. La lumière est incomplète, toute comme le mot, qui est un mot substitué, pas une parole, pour remplacer la parole qui semble être perdue.

Le rituel du 4ème degré évoque lors de l’ouverture des travaux que la Grande Lumière commence à paraître. La notion de progression, propre à la démarche écossaise, est implicite dans les termes.

Lors de la cérémonie de réception au 4ème, le V M est voilé avec une équerre d’argent sur le front. La matérialité s’est épurée tout comme les lumières matérielles. Il sera nécessaire de retirer ce voile pour commencer à pouvoir contempler cette grande lumière associée au G A D L U.

Libéré de ses chaines depuis le fonds de la caverne, le V M se retrouve avec une corde au cou. Le serment est plus intérieur, il se fait sous le voile, avec le flambeau à la main gauche près du coeur, la main droite sur le volume de la loi sacrée et la clé, mais il peut se faire aussi avec les deux premiers doigts de la main droite sur son coeur, devant le volume et la clé, rendant ainsi plus personnel ce serment.

Dans ce grade, on quitte cette lumière régénérée, pour aller chercher la lumière cosmique. Le drame Hiramique n’est qu’une parenthèse, mais ce drame est pour ainsi dire un acte fondateur que l’on retrouvera tout au long du chemin.

A la sortie de la caverne, l’homme est aveuglé. Il ne distingue que les ombres de la vérité émanant de la lumière solaire. Cette observation doit être faite de l’éclat du jour à la fin du jour afin de ne pas être trompé par l’ombre projetée pour prendre la juste mesure de l’Univers. Puis il voit en reflet sur l’eau les images des autres hommes. La relation avec la table d’émeraude et le reflet des choses d’en haut est évidente. Le temple est à l’image du cosmos, et le reflet du monde d’en haut y est présent avec la vasque d’Airain du temple de Salomon. D’une certaine manière l’homme regarde du dessus, comme le créateur du haut vers le bas. Il y a une mise en relation directe avec le plan.

Cependant selon Platon : « Deux causes à l’aveuglement : quand les yeux passent de l’obscurité à la lumière et inversement. Le même aveuglement guette l’âme ».

Attention à la notion de réfraction : La lumière projetée dans un liquide se sépare en deux ondes distinctes. Une première est réfléchie dans un angle opposé l’axe vertical. Cela reprend les notions de symétrie et d’équilibre. Une autre réfractée, c’est à dire déviée selon l’indice de réfraction du liquide employé. On retrouve ainsi l’axis mondis. Mais bien plus, en assimilant l’indice de réfraction de son être, le maçon peut travailler sur une image fidèle de la Vrai Lumière.

Mais la lumière peut subir également la diffraction qui consiste à diffuser selon de directions multiples et infinies l’onde lorsqu’elle rencontre un obstacle qui entrave une partie de sa propagation. La lumière de la Lune en est un parfait exemple. Dans le rituel du 4ème degré, lors de la cérémonie de réception, le T F P M invite le M S à écouter tous les hommes avec attention et déférence en ayant la ferme résolution de les comprendre. Implicitement, le M S doit étudier la nature du lever à la fin jour afin de l’observer sous tous les angles. Nous avons là l’ouverture du compas du maçon.

Il n’y a ni soleil, ni lune. Une seule lumière qui englobe tout. Nous passons d’une vision terrestre, vers une vision cosmique, du géocentrisme à l’héliocentrisme, de la 3ème à la 4ème dimension. Le maître est relevé au centre de la croix à 6 branches symbolisant toutes les directions. Les 4 points cardinaux plus le zénith et le Nadir. Le maître devient la croix verticale à 6 branches dans l’axis mondis. Il doit opérer sur lui-même une opération d’inclusion, par la complétion de son être pour tendre vers l’unité symbolisé par la batterie 6+1.

Les 5 P P L M permettent de passer de l’horizontal au vertical, mais notre travail métaphysique est toujours en relation avec le matériel. Le ciel n’existe pas sans la terre. On passe de l’équerre au compas et vice versa. Cette passerelle pourrait être matérialisée par la lettre Z de notre tablier. Le ciel et la terre matérialisés et reliés par la diagonale du Z.

L’oeil unique sur le tablier implique une vision simultanée métaphysique également. A la fois tournée vers le passé et le futur, sans ombre, vers l’universalité de la conscience. L’étude du monde qui entoure le maçon permet d’entrevoir la lumière principielle : La Grande Lumière du Saint des Saints. Le maçon sort d’un temps conceptuel de midi à minuit, pour rentrer dans un temps réel défini par sa propre perception et son ressenti de la nature et du cosmos. Le travail peut se poursuivre au delà de la fin du jour, car la contemplation des étoiles, au delà de la lumière solaire permet de mieux contempler la lumière cosmique. La connaissance évolue selon deux axes : vertical et horizontal. Selon Platon, nous voyons le monde sensible avec nos yeux et le monde intelligible avec notre âme. La conscience permet de passer du sensible vers l’intelligible et inversement selon l’axe vertical, mais aussi horizontalement. Ainsi la conscience analysera l’oeil par l’intellect mais aussi l’intellect par l’oeil, son symbole présent sur son tablier de M S.

Avant de conclure, je terminerai ma référence à l’allégorie de la caverne par ces deux citations :

« L’ascension et la contemplation des choses d’en haut correspondent à la montée de l’âme vers l’intelligible…dont le terme ultime est l’idée du bien ».

« Comme l’oeil ne peut se tourner vers la lumière qu’avec l’ensemble du corps, la partie de l’âme qui peut apprendre ne peut se tourner vers ce qui est en haut qu’en tournant toutes les parties de l’âme…jusqu’à ce qu’elle parvienne à la contemplation de ce qui est vraiment : Le bien ».

Mes frères, je suis devant une énigme, un paradoxe, mis en exergue dans ma conclusion. Le doute permet l’ouverture d’esprit qui conduit vers la spiritualité. Le 4ème degré invite le Maître à demeurer avec lui-même, et avec une totale liberté de conscience. Même si selon cet homme au matricule 46664 : « je suis le capitaine de mon âme » ; je me sens quelque peu égaré, et j’ai besoin de votre aide.

Le travail d’introspection évolué. En loge symbolique, il contribue à polir sa pierre afin de la débarrasser de ses défauts. Au 4ème degré, le travail d’introspection est beaucoup plus impérieux et nécessite un dépassement. Nous assumons nos défauts que nous ne pouvons pas corriger et travaillons sur un autre être qui est en nous. Selon Aristote dans l’analyse de la théorie du sophiste Gorgias, un non-être pourrait exister qui serait l’opposé de notre être, comme la mort est l’opposé de la naissance, et permettrait l’équilibre, le cheminement du travail se faisant par la maitrise de son ego. L’être et le non-être étant alors complémentaire. Mais selon Gorgias :  « Il est absurde qu’une chose soit tout ensemble et ne soit pas. Donc le non-être n’existe point. Mais d’un autre point de vue, si le non-être existe, alors l’être n’existe pas. Réciproquement contraire l’un à l’autre ; si l’être arrive au non-être, le non-être arrivera à l’être ». Ne faut-il pas confondre dualisme et binaire ?

Ce paradoxe m’interpelle. Devons nous matérialiser l’esprit et spiritualiser la matière ?

La lumière visible est à la nature ce que la lumière intelligible est à l’esprit et à l’âme. En partant du postulat que La Grande Lumière est une Lumière Divine : La Grande lumière est-elle visible par l’âme ou ressort-elle du divin ? Elle pourrait alors être totalement invisible pour l’homme.

Ainsi, comment commencerait-elle à paraître ?

J’ai dit.

T F P M

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