Devoir et conscience
G∴ O∴
Dans son acception générale, le devoir apparaît comme un ensemble d’obligations morales et sociales, voire légales auxquelles se soumettent les membres d’une société donnée. C’est un impératif de la conscience, il peut néanmoins rencontrer des résistances passionnelles et psychologiques qu’il faut vaincre. Il est souvent nécessaire de faire preuve de courage. Par contre, la conscience est une connaissance intérieure que chacun a de ce qui est bien et mal et qui pousse à porter un jugement de valeur sur ses propres actes. C’est cette faculté, dirons nous, de se déterminer par la seule volonté hors de toute sollicitation extérieure d’où l’expression : « il a décidé en son âme et conscience ».
En Franc maçonnerie, le mot devoir recouvre une autre réalité et une symbolique plus large. En effet, dès son introduction dans le cabinet de réflexion, le profane doit méditer sur les devoirs de l’homme envers lui-même, sa famille, sa patrie, l’humanité. Dès la première épreuve de la Terre, accompagnée de la sentence « VITRIOL », il lui est enseigné que le premier devoir est de descendre au plus profond de lui-même pour connaître la pierre cachée. Il devra dominer ses passions pour trouver la vérité enfouie au plus profond de sa personnalité.
Dès son entrée en Loge bleue, il est notifié à l’initié deux devoirs primordiaux : aider son Frère, même au péril de sa vie et surtout travailler, car la F M considère le travail comme l’un des devoirs essentiels de l’homme. L’Apprenti prend l’engagement de réfléchir par lui-même, tandis que le Compagnon, par les voyages et le maniement des outils approfondit et apprend à se maintenir à l’équilibre. Quant au Maître, il se doit d’accomplir sa mission : celle de répandre la lumière et rassembler ce qui est épars.
Au grade de Maître secret, il nous est indiqué dans le rituel du 4ème degré que : « nous avons l’obligation de suivre imperturbablement la route du Devoir, tout en sachant qu’il est parfois plus facile de faire son Devoir que de le connaître ». « Le maître secret doit être prêt à accomplir son Devoir parce qu’il est Devoir sans songer à la récompense, et à être satisfaits de l’approbation de votre seule conscience ». « Le Devoir est la grande Loi de la F M, inflexible comme la fatalité, exigeant comme la nécessité, impératif comme la destinée… ».
Mes F,
Le meurtre d’Hiram, loin de représenter un achèvement, suggère la nécessité de l’esprit de sacrifice pour assurer le règne du bien. Ainsi, le Maître Hiram renaît dans le nouveau Maître, et demeure comme modèle et loi.
L’après Hiram est donc une prise de conscience. Celle d’avoir franchi un autre seuil, celle de poursuivre sa propre construction c’est-à-dire son élévation vers la spiritualité. Au regard de ce qui précède, nous avons le sentiment que, Faire son devoir et le Connaître vont ensemble. C’est ce lien qui crée la porte de la conscience. La conscience réunit tout l’inconscient, le subconscient et le conscient.
Au fond de chaque être se trouve sa conscience qui lui indique le bien et le mal, la justice et l’injustice. Le Devoir va consister à agir en conformité avec cette conscience, sans attendre de cette action une récompense ni craindre une sanction. Il s’agit de faire ce qui doit être fait parce que nous le ressentons ainsi. Si je me suis comporté comme un imbécile, si j’ai été violent et que j’en prends conscience, je ne suis plus tout à fait un imbécile ou un violent au sens habituel, je commence à me voir tel que je suis.
L’élévation du niveau de conscience est une quête solitaire et, comme toute recherche visant à la découverte, elle passe par le travail et ses devoirs. La F M figure parmi les possibilités qui s’offrent à l’homme de s’élever.
Qu’est ce qu’être vigilant ? C’est faire attention à. C’est être conscient du monde qui m’environne. C’est rester sur le qui-vive. N’est ce pas le Devoir du F M de porter à l’extérieur du Temple ce qu’il a eu conscience de venir y chercher ?
Certes, l’être humain est tiraillé au quotidien entre ce que lui dicte son Devoir et ce que lui dicte sa conscience. Mais, nous osons penser qu’il ne peut y avoir de devoirs sans conscience, la conscience étant, dans cette vision ce qui nous se rapproche de la recherche de la vérité. En définitive, les devoirs sont donc l’expression d’un Homme conscient et libre. C’est la rigueur du Devoir qui nous ouvrira la conquête de notre liberté intérieure.
J’ai dit.