La Purification

Auteur:

R∴ A∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
Sous les auspices de L’ORDRE MAÇONNIQUE TRADITIONNEL
 du RITE ANCIEN et PRIMITIF de MEMPHIS-MISRAÏM
à l’Orient de Port Louis (Ile Maurice)
et l’égide du SUPREME CONSEIL pour l’EUROPE et les PAYS ASSOCIES, 
Filiation Robert Ambelain.

Ou le survol athée d’une purification de loin non religieuse et pourtant…

Sur le plan opératif la purification procède d’un processus chimique qui fait passer le corps X au travers de filtres qui retiennent les impuretés. Encore faut-il s’entendre sur cette impureté ! Le blanchiment est une des phases du traitement du sucre ou du papier a cigarettes, et pourtant il aurait tendance à retirer des qualités organoleptiques du produit, voire ajouter des produits parasites. Car l’apparence de pureté se fait par l’apport de substances nocives. En va-t-il de même sur le plan spéculatif ?

Universalité culturelle de la purification

L’anthropologie montre que les pratiques et rituels de purification sont présents dans toutes les sociétés. Il faut là aussi rapprocher le Souci de purification de son corolaire, l’enlèvement de la souillure. On doit prendre ce terme au sens large d’altération, de contamination, de corruption. Le souci de pureté couvre les axes suivants :

-Le souci de pureté morale semble avoir mauvaise presse à notre époque de permissivité, mais les indices ne manquent pas en faveur d’une revalorisation de cette notion.

-Le souci de purification spirituelle impliquant un certain détachement des appétits matériels ne touche pas que les milieux élitistes.

-La préoccupation des contaminations et pollutions diverses a pris une importance énormes dans les consciences.

-Au plan géopolitique, sans parler des pratiques monstrueuses de purification ethnique, certaines revendications identitaire nationales et voire régionales ou encore religieuses ou communautaristes présentent l’étranger au groupe comme un agent de contamination identitaire !

-Dans la vie quotidienne la purification du corps humain prend une grande place (dentifrice savon régime lessives etc.) ainsi les notions de souillure/purification sont omniprésentes dans nos cultures !

La purification et l’Egypte ancienne

Dans la culture égyptienne, le lac sacré qui accompagne souvent un temple, est le siège de nombres de croyances religieuses. L’eau de ce lac proviendrait directement du Noun ; l’océan des origines qui environne la terre.

Elle est le siège des mystères lies à Osiris ainsi que l’un des éléments de la cosmogonie égyptienne qui intervient à la fois dans les rituels de purification et dans de nombreuses offrandes. Dans les textes sacrés des pyramides, Osiris est l’être divin perpétuellement bon. Il est celui qui détient les secrets de la germination éternelle du corps de GEB (Geb symbolisant la terre) et qui a introduit parmi les hommes la loi divine de Ra (dieu) qui régit l’univers entier : MAAT (la vérité justice). Il est donc aussi appelé GEB. MAAT à savoir le seigneur de la vérité et de la justice ! Voulant travailler sur la purification en général je m’arrête là concernant l’Egypte car je sais que vous allez vous jeter à corps perdu sur le travail de la purification en Egypte, a l’occasion de planche de passage d’ordre et que vous n’oublierez pas de m’inviter !

La purification chez les grecs

Tout acte religieux commence par un rite de purification, par un geste de pureté, propre à éliminer la souillure dont le profane est atteint, c’est ainsi qu’on se lave les mains avant de présenter une offrande, qu’on se baigne dans la fontaine de Castelli avant de consulter l’oracle !

La purification et la chine

Le Peng shui évoque 5 éléments et le salut comme signe de purification.
La purification par le métal et l’épée.
La purification par le feu et l’encens…
La purification lustrale par l’eau et le sel…
La sanctification du lieu par la terre…
La régénération du lieu, par le bois…
La purification dans la civilisation negro africaine.

C’est pour les hommes le moyen de rendre aux êtres vivants ainsi qu’aux forces qui habitent la nature une part des bienfaits qu’ils en ont tires. Ainsi chez les Mawri du Niger, des cérémonies de purification marquent la fin des récoltes correspondant à la fin de l’année. Au cours de ces cérémonies les hommes offrent aux différents esprits de la brousse les prémices de tout ce qui est cultivé et récolté pendant l’année, tandis que les chemins du village, les places et les habitants sont aspergés d’une décoction de plantes et d’écorces sauvages.

La purification et le judaïsme

La torah prescrit 613 commandements pour évoquer les concepts de pureté et d’impuretés rituelles qui entrent en jeu et leur corollaire : la purification. Le mal est toujours collectif et concerne le chef du peuple. Les procédures de réparations sont décrites dans le Lévitique, particulièrement celle connue sous le nom de bouc émissaire.

L’ablution est la purification rituelle allant de l’immersion de tout le corps jusqu’à une simple aspersion d’eau sur les mains. La torah prescrivait une immersion totale dans une rivière ou une source naturelle, ou un bain naturel pour purifier les personnes ou les objets rendus impurs par un contact direct ou indirect avec diverses sources d’impureté. Les principales sources d’impuretés sont le sang et les cadavres.

Le christianisme ne retient des ablutions que le sens symboliques dans le rite du baptême, selon l’église concernée, ce rite consiste à une simple aspersion d’eau sur le front ou à une immersion complète dans un bassin. C’est un héritage des sectes baptistes juives dont Jean Baptiste est le représentant le plus connu !

La purification et l’islam

L’islam connaît des grandes et des petites ablutions. Ces ablutions visent à purifier le corps et surtout l’âme nullement à se laver. Ce rite religieux peut aussi se pratiquer avec du sable (ablutions sèches) ou à travers un vêtement ! Vous comprenez pourquoi !

Les petites ablutions sont faites en pratiquant les actions suivantes :

Se laver trois fois le visage la bouche le nez.
Se laver également trois fois les mains jusqu’au coude, s’essuyer mais une seule fois, la tête et les oreilles mais avec les doigts humides.
Se laver à nouveaux trois fois les pieds jusqu’aux chevilles 4.
Pour qu’elles soient valables les ablutions doivent être effectuées avec l’intention de les pratiquer !

Faire le pèlerinage le Hadj ou hajj est la cinquième obligation de l’islam, elle doit se faire une fois dans la vie pour tout musulman ayant les moyens. De nombreux pèlerins s’efforcent de le réaliser car il est considérer comme un acte de purification de tous les péchés « on devient comme si on venait de naitre ». C’est comme une deuxième naissance spirituelle dans la vie du musulman.

Mais le plus surprenant est de découvrir qu’ihram est un terme arabe : tout au long du pèlerinage, le pèlerin doit être en état d’ihram, état de consécration. L’ihram symbolise l’entrée dans l’univers sacré. Le pèlerin doit se soumettre à une purification physique complète, grande ablutions, et à une certaine hygiène de vie. En premier lieu, il faut devenir pur. Pour cela il faut accomplir le lavage rituel sous la douche ou le lavage de tout le corps que l’on nomme ghus.

La purification par le feu

Le feu détruit la vermine, il a donc été très tôt associe à l’idée de purification. Les cultures hindouiste bouddhistes associent le feu à l’idée de purification et brulent leurs morts de façon rituelle. Agni est un des principaux dieux védiques, seigneur du feu sacrificiel et du foyer. En tant que dieu du feu, il est à la fois le feu du sacrifice qui permet aux dons d’être transmis au dieu, et le feu de la fin des temps qui détruit le monde, mais permet sa régénérescence, par cet aspect il est lié à la purification.

Chez les celtes, on fêtait IMBOLC le premier février. Ce rite en l’honneur de la déesse Brigid, célébrait la purification et la fertilité au sortir de l’hiver. Les paysans portaient des flambeaux et parcouraient les champs en processions, priant la déesse de purifier la terre avant les semailles ! Les rogations se faisaient encore il n’y a pas si longtemps dans notre alsace catholique et cela à l’arrivée du printemps le jour du Saint Marc ! Les processions servaient à attirer la bénédiction divine sur les récoltes mais aussi les animaux (de la ferme).le feu représenté par l’encens).

Au Vème siècle, le pape Gelase premier remplace ces rites païens par la fête des chandelles symbolisant la présentation de jésus au temple et la purification de la vierge. En effet selon les rites juifs, les nouveaux nés devaient présentés au seigneur par leur mère, 40 jours après leur naissance. Dans les églises alors on remplace les torches par des chandelles (bougies) bénies bien sur dont la lueur vacillante éloigne le Malin et rappelle ainsi que le christ est la lumière du monde !

Mais ce n’est qu’en 1372, que cette fête sera officiellement associée à la purification de la vierge. Aujourd’hui on connait surtout la chandeleur, car c’est le jour des crêpes dont la rondeur et la couleur nous rappellent les forces purificatrices du soleil. En effet le jaune de certains drapeaux comme celui de l’ile Maurice est le symbole du soleil et du rêve de purification. Les romains pratiquait une cérémonie de purification, à la veille du recensement tous les cinq ans appelée Lustre. Le lustre représente aujourd’hui un espace de temps mais aussi la lumière qui doit être régénérée avec le temps !

La purification du Deuxième Ordre du rite Français

La première purification passe par la vasque d’ablution. Elle symbolise la mer d’airain du temple de Salomon, gigantesque bassin de 2.5 m de haut, 5m de diamètre et soutenue par 12 bœufs et elle est surtout construit par Hiram ! La mer d’airain est constituée d’un alliage d’étain et de cuivre, libérés de ses impuretés par l’eau et le feu la mer d’airain passage obligé pour pénétrer dans le temple correspond à une purification de l’initie.

Le récipiendaire fait préalablement trois tours de la vasque. Cette déambulation est une préparation psychologique aux ablutions ; le récipiendaire trempe les mains neuf fois.

Certains rituels exigent une seconde purification par l’autel des parfums ; (celle-ci n’apparait pas systématiquement). Le récipiendaire après en avoir fait trois fois le tour passe la main à plat, les doigts étendus au dessus de la fumée d’encens, le récipiendaire ainsi purifie peut alors prêter son obligation.

Dans notre rituel, JTD, le récipiendaire est purifie par la truelle après avoir déposé le bijou de pur métal dans le souterrain. D’abord devant les yeux du récipiendaire « que tes vues soient pures », ensuite devant les lèvres « que ta bouche ne s’ouvre que pour proférer des paroles utiles à tes frères » puis devant le cœur « que ta conscience soit à jamais sans reproche et que toutes tes actions se dirigent vers la recherche de la vérité ».

Le rituel de la truelle est utilise dans certaines cérémonies d’initiation d’apprentis pour rappeler la loi du silence.

Avant d’être reçu « grand élu (écossais) » on fait boire une eau pure aux récipiendaires « buvez la même coupe de cette eau pure ».

Dans d’autres rituel le récipiendaire se fait laver les pieds et j’ai eu moi-même cette joie : à savoir que mon parrain frère grand élu, me lave les pieds et tout de suite après veuille me trancher, avec une hache, la nuque ! J’étais purifié avant la mort !

Alors c’est quoi la purification ?

La purification est un processus chimique qui fait passer le corps au travers de filtres qui retiennent les impuretés ! Encore faut-il s’entendre sur l’impureté ! Il faut noter que les pratiques et rituels de purification sont présents dans toutes les sociétés ! Déjà dit dans l’introduction : lessive saint marc !

Dans les sociétés majoritairement laïques, les interdits relatifs aux souillures et pollutions sont surtout inspirés par un souci d’hygiène et de santé, mais les interdits alimentaires religieux, islamiques ou hébraïques conservent une actualité certaine. La version laïque de ces interdits se décline dans les régimes dont certains font évoquer l’essor d’une véritable religion du corps ! Les rituels et cérémonies, religieux ou laïcs, ont presque toujours un rapport avec la purification. On retrouve un souci de non contamination par le quotidien, de pureté à retrouver, d’élévation au dessus du vulgaire quotidien. Le profane comme son nom l’indique doit rester devant la porte, et la purification des lieux, des corps, et des esprits reste un synonyme de qualité. L’effort, le sacrifice, l’ascèse, voire la douleur et la mort sont fréquemment associées à la purification qui s’accommode mal de la mollesse, du plaisir facile et de la luxure ! On touche ici une attitude qui exorcise la peur présente dans les tabous, au bénéfice de l’exaltation pouvant mener à tous les excès. A coté de l’eau, de la lumière, de la blancheur, on retrouve la purification par le sang du sacrifice, le glaive du justicier exterminateur, et le feu. Si l’on souhaite comprendre la pratique de purification dans certains groupe, on ne peut réduire celle-ci au seul chant religieux et magique, ni à une simple régression à une supposée « pensée primitive » réfutée depuis longtemps. Certaines pratiques de purification ont pour origine les dirigeants, afin d’exploiter leur groupe dans le sens d’une emprise accrue (immigration et dictateur).

La distinction du pur et de l’impur a pour première fonction de focaliser la peur diffuse de l’inconnu sur des objets précis, qu’il est possible d’éviter. Une menace ainsi cernée devient désignable et donc gérable.

Dans un univers contemporain globalisé, peuplé de menaces terribles mais floues, la désignation d’objets menaçants concrets ouvre la voie d’une politique de protection. Puis le rituel aura une fonction d’annulation du risque, assurant une réversibilité de celui-ci et créant un espace de sécurité psychologique accompagné d’une bonne conscience morale, liée à l’effort et au renoncement.

Je cite : « Le rituel de purification a pour autre fonction de conforter un « nous fusionnel » de réassurance collective des adeptes se prêtant aux mêmes gestes obligés et confortant l’illusion élitiste d’une confrérie des purs distingués du vulgaire. La multiplication de prescriptions exigeantes a pour mérite d’envahir le temps vécu sans laisser de place à l’observation détachée et à la réflexion critique. Le souci omniprésent d’observance du rituel prépare à l’influence des messages ».

La distinction du pur et de l’impur, comme celle du profane et du sacré permet d’installer des frontières et de conserver à un groupe son caractère d’isolat culturel étanche. Le discrédit du monde extérieur et la nécessité d’un mur protecteur se retrouve dans les groupes et les états totalitaires. Pour ces groupes la diversité est déjà une contamination ; « fin de citation de…notre frère…philosophe Finkel Krauft ! Supprimons les dictateurs qui ruinent leur peuple et nous supprimerons l’émigration sauvage et triste de million de personnes ! »

Interprétation personnelle et conclusion

Dans certains chapitres on demande d’abord aux récipiendaires de revêtir une robe blanche ici non et c’est tant mieux ! Et je reviens au rite qui est le mien et que je connais le mieux. Car pourquoi avais-je donc besoin d’être purifié alors que je venais de laver le crime ? La cérémonie me fait comprendre que J’ai du commettre une faute ! Curieusement la démarche de la purification me fait prendre conscience de mes actes et m’entraine dans un raisonnement inverse : ne me suis-je pas compromis dans une action qui m’a dépassé ? Ma démarche de vengeance est elle aussi noble que je le souhaite ? N’ai-je pas été manipulé par une force extérieure qui veut me donner une conscience propre alors même que je ne me sentais pas coupable ?

Je me rappelle qu’au nom de principes religieux ou idéologique le nettoyage ethnique est prêt à se mettre en route. Au nom d’un bon principe, ne me suis-je pas fourvoyé dans une épuration comme le nazisme a su le faire au nom du « judenrein » (monde purifie des juifs) et en son temps les zelotes, communauté juive originaire de Galilée, vont purifier la terre d’Israël et le font…les armes a la main. Ces zèlés traquent aussi bien leurs frères juifs « pécheurs » que les païens qui pensent-ils souillent la terre promise par leur seule présence. Les plus radicaux d’entre eux sont les sicaires qui tiennent leurs noms de leur poignard tranchant ; la sica et qui n’hésite pas à égorger ceux d’entre eux qui collaborent avec les romains !

Ce rituel nous ramène à nos passés d’enfant de cœur, ou équivalent et de jeune communiant ou équivalent, aussi à notre propre initiation et au cabinet de réflexion mais encore au passage de la porte basse…

On se rappelle tout d’un coup cet esprit de virginité qui nous habitait, et la sensation de la page blanche où toute les fautes sont pardonnées, la sensation de redevenir un être pur, mais avec conscience de la lutte nécessaire pour le conserver en l’état ! N’êtes vous pas comme moi marqués par la vitesse à laquelle la neige qui recouvre le jardin des villes se noircit ?

Le plus important dans ces pratiques de purifications est peut être le sentiment de maitrise qu’elles procurent, maitrise du corps et des gestes ; des sentiments et des pulsions. Malgré leurs prix parfois élevé, et le fait qu’elles soient prescrites elles assurent une reprise personnelle de l’initiative, précieuse dans ces temps d’anonymat grégaire.

Peu de comportement apportent autant une sensation de liberté !

Le rituel de purification est un outil, un outil de progression initiatique dans la pleine maitrise de sa conscience.

Le rituel nous rappelle que dans la lutte du bien et du mal nous devons être purifiés de tous nos vices si nous voulons faire du progrès dans la vertu.

L’objectif de l’initiation n’est il pas alors d’éveiller la conscience et de conserver sa vigilance sans jamais, …non… Jamais donner de leçons !

Voila la boucle est bouclée enfin jusqu’à la prochaine fois…ou jusqu’à la prochaine initiation.

J’ai dit.

Accès réservé aux abonnés

Cet article fait partie de l’espace privé de L’Édifice.
Abonnez-vous pour accéder immédiatement à la plus grande bibliothèque maçonnique sur internet

  • Plus de 5 000 planches véritables
  • Issues de plus de 100 obédiences
  • Du 1er au 33ème degré
Déjà abonné ? Se connecter