Le Maître secret peut-il être un apprenti

Auteur:

M∴ L∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué



Il serait absurde et j’oserais dire plutôt pédant d’affirmer qu’un être humain possède la maîtrise dans n’importe quel sujet ou matière, seule une infime partie de la connaissance s’acquiert après de multiples efforts.



De grands philosophes, de grands savants, de grands penseurs ont pu entrevoir une parcelle de la vérité mais n’ont pu maîtriser la matière la pensée ou l’esprit, il serait vain d’affirmer le contraire.



Personnellement, je suis heureux qu’il en soit ainsi car le mystère de la vie, ce grand mystère de l’existence ne dépend pas dû mortel et tant qu’il perdurera, une certaine forme d’humilité prévaudra sur les hommes et imposera à ces derniers de travailler pour s’améliorer du premier balbutiement du nouveau-né aux derniers gargouillis du mourant.



Maître secret tel serait mon grade et pourrais je être un apprenti ?



Je puis affirmer, car telle est ma conviction que je suis né apprenti, que je suis un apprenti et que je mourrai apprenti.



Apprenti de toute chose même dans celui de la musique,


Apprenti devant l’universalité et la grandeur de l’humanité,


Apprenti de moi-même, et même si je suis un apprenti préféré pour certain je suis un néophyte devant le secret de la maîtrise, secret qui est source d’angoisse pour celui qui le porte par son poids intérieur qui peut se révéler dangereux si l’on n’est pas préparé à le recevoir.



La connaissance véritable ne s’acquiert ni au travers du langage ni au travers de la lecture, elle est expérience intime, elle est introspection elle est compréhension des lois qui régissent et gouvernent le monde, elle est union, communion de l’être connaissant avec l’objet connu, constituant, au sens simple du mot, une Il naissance avec co‑naissance pour ce faire, l’homme doit retrouver le chemin entre l’univers et lui ­même, l’homme doit entrer en symbiose avec les forces qui l’entourent afin qu’il puisse les pénétrer et se laisser pénétrer afin qu’elles éveillent en lui les choses du cœur qui le conduiront vers la Il re‑connaissance..



Pour cela, la maçonnerie peut apporter une clef et entre ouvrir par-là même une porte, ce sont ces symboles qui suggèrent le chemin de la connaissance, souvent on croit connaître mais ce ne sont que des conventions, des mots qui n’ont aucun sens réel, seules les lois de la nature sont la véritable connaissance tangible qui soit en nous, très souvent on est incapable de différencier le réel du conventionnel, mais si dans les évènements de notre vie nous méditons pour savoir ce qui est réel et ce qui est conventionnel, nous nous apercevrions que beaucoup d’échecs viennent de ce que l’on donne la priorité au conventionnel sur le réel, alors que l’inverse est une obligation et une condition de réussite. Il faut toujours donner la priorité aux lois de la nature par rapport aux conventions humaines.



Pour rester dans ma logique d’apprenti et de recherche de la connaissance je prendrais référence sur l’interprétation des nombres qui est l’une des plus anciennes parmi les sciences symboliques ; je me permets de citer PLATON. Il les nombres sont le plus haut degré de la connaissance



Le nombre est une énergie et celle-ci se déplace pour occuper notre espace dans un mouvement harmonique qui exclut le hasard, et j’ai choisi le ternaire pour de multiples raisons :



Elle correspond à ce que je crois entrevoir,


Elle est affective et elle est surtout musicale.



L’homme morphologiquement est conçu dans une dualité évidente, son cerveau est composé de deux hémisphères, sa faculté de voir se fait au travers de deux pupilles, ses facultés de sentir ou d’entendre passent elles aussi par deux appendices, le ciseau et le marteau ne peuvent façonner et prendre vie que par l’intermédiaire des deux membres supérieurs, la survie de notre espèce est engendrée par deux organes procréateurs, notre marche physique sur le chemin que notre corps emprunte ne peut s’effectuer que sur nos deux membres inférieurs, et pourtant je ne puis trouver qu’un semblant d’équilibre que par le trois qui est le fruit du deux dans sa phase opératoire, les deux pôles se retournent l’un vers l’autre pour agir, trois établit la médiation, il est Amour, force’ relationnelle unissant père et mère aux lois de génération.



Trois est potentialité, tout nombre impair exprime une idée de concentration, plénitude de l’énergie dans une structure condensée. Tout nombre pair exprime une idée de division, j’oserais dire d’instabilité par le deux, il me revient à l’esprit lors d’une planche d’un frère faisant référence à une chanson très connue il jouait du Piano debout je m’étais permis » d’indiquer qu’il était préférable pour pouvoir exprimer le sens profond d’une pensée au travers d’une oeuvre, l’assise d’un tabouret à trois pieds ce qui permettait une meilleure maîtrise de la sagesse que l’on veut transmettre.



Le ternaire, surtout celui du graphisme triangulaire (triangle équilatéral) donne une impression d’équilibre, d’harmonie, de plénitude, il se suffit à lui-même, c’est le symbole par excellence du monde divin, représenté aussi par l’unité ternaire.



En prenant appui sur les travaux de mes frères concernant le compas, le triangle équilatéral est lié à la roue, donc aux cycles et au temps, en relation avec notre prise de conscience, le trois est pour rappel, la clé du cercle qui est tout à la fois le commencement et la fin. Le trois est la synthèse dans la bipolarité de l’un primordial, dans cette approche, il représente l’aspect d’unité, devenu conscient de son aspect unitaire bipolaire et également de son aspect triple 3 = 2 + 1 car avec



Le deux nous avions la création d’une tension par opposition entre l’un et l’autre, avec la naissance du trois toute tension disparaît et, un nouveau point d’équilibre apparaît avec la réapparition du Un dans l’unité.



Le ternaire peut aussi s’identifier avec les trois principes des Alchimistes, le soufre, le mercure et le sel.



Entre le Ciel et la Terre il est un vide médian comblé par l’homme, ainsi dans le ternaire Ciel ‑ Terre ‑ Homme, le troisième terme implique une notion de multitude et de génération, l’homme devient l’intermédiaire entre Ciel et Terre, il en devient le médiateur, il réalise l’harmonie de leur relation réciproque par le trois qui contient l’idée du multiple, effectivement nous retrouvons notre triangle équilatéral, et si l’on inverse son positionnement c’est toute la symbolique de la procréation intime de la féminité que l’on constate et donc la vie.



La vie qui est associée à ce double mouvement respiratoire qui est le premier inspire à notre naissance et le dernier expire à notre mort, qui est également lié à ce perpétuel mouvement de notre vie centripète et centrifuge, mais à partir d’un centre qui est le cœur, et le ternaire là aussi réapparaît.



Mes trois pas d’apprenti me conduiront pour terminer à cette interro­gation, vers la musique.



Si au monde physique correspond le monde de la for~e, au monde du désir celui de la couleur, le Son appartient lui au monde de la pensée, Le son fait partie de l’expérience quotidienne de chacun, notre environnement est sonore, le plus souvent de bruits, structuré et organisé, le son devient musique. La musique suscite des émotions, les



personnes se sentent touchées ou agacées mais jamais indifférentes, elle peut être tout à la fois constructive et modelante ou à l’inverse destructrice et déstabilisatrice. Elle est donc une énergie active jusqu’au plus profond de l’être. Elle appartient au monde de l’impalpable



Le ternaire s’exprime sur le plan musical au travers de ses composantes principales qui sont

:

La Mélodie : Ordonnance horizontale des sons


L’Harmonie : Ordonnance verticale des sons



Le Rythme : Expression de la vie se manifestant par ses oppositions, ses alternances. Il est l’élément de construction, il se présente comme le médiateur dans la composition musicale reliant les sons entre eux et apportant la cohésion aux deux plans l’horizontal et le vertical, le mélodique et l’harmonique.



Je ferais mienne cette citation de SSEU‑MA TS’IEN



‑ La musique s’exerce à l’intérieur., les rites sont établis par l’extérieur.


‑ La musique correspond au ciel, les rites à la terre.


‑ La musique unifie, les rites différencient.



La musique unit tous les êtres, les mettant au même diapason.



Cette fusion dépasse les différences de la vie existentielle, les sexes, les hiérarchies, touchant par-là même le cœur de l’homme. Elle rassemble



Le monde horizontal en son centre cardiaque manifesté, et ouvre aux portes invisibles du vertical.



La musique n’a pas pour but de susciter des émotions, mais de toucher l’être sur un plan spirituel. Elle n’est point faite pour être entendue par l’oreille mais pour être reconnue par le coeur, car c’est du centre que vient la vie, et c’est à ce centre qu’elle retourne.



Voila ce que J’ai voulu exprimer peut-être dans une forme assez brouillonne par ma mé‑connaissance, car je ne suis qu’un apprenti.



J’ai dit 3 fois puissant Maître

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