Le Novénaire – Signification et fonction au Rite Ecossais Rectifié
R∴ B∴
Le Novénaire
Signification et fonction au Rite Ecossais Rectifié
L’étude des nombres a une importance non négligeable pour la compréhension des rituels du RER. Plusieurs nombres clefs y figurent à tous les grades, tels le quinaire et le sénaire intimement liés au grade de Compagnon où « tout se fait par 5 et par 6 » nous disent les Instructions du Rite, le ternaire essentiel au grade d’Apprenti mais omniprésent, etc. Il sera intéressant de s’y intéresser de façon précise lors de travaux ultérieurs ; pour aujourd’hui nous nous limiterons au novénaire, nombre majeur du grade de Maître, mais pourtant déjà présent dès celui d’Apprenti comme nous le verrons.
- le substrat commun à tous les rites, ce que notre TRF Pierre Noël a un jour appelé « le rite d’avant les rites ».
- les rituels de la Stricte Observance.
- la théosophie de Martinès de Pasqually et les rituels de ses Elus Coëns de l’Univers, cette dernière source devenant parfaitement évidente au-delà du 3è grade.
2 : Nombre de confusion appartenant à la femme.
3 : nombre appartenant à la terre ou à l’homme. Principe de la matière
4 : quatriple essence divine ; âme humaine
5 : esprit démoniaque ; diviseur
6 : opérations journalières ; réalisation de la matière [opérations = culte rendu à la divinité]
7 : Esprit saint appartenant aux esprits septénaires [premiers émanés]. [Nombre de l’Esprit et de l’Intelligence].
8 : doublement fort appartenant au Christ, Réparateur [doublement car 8 = 2 x 4]
9 : démoniaque appartenant à la matière ; mort, dissolution
10 : nombre divin ; divin manifesté.
Deux a le principe en lui et ne le tient pas de lui.
Trois ne l’a en lui ni ne le tient de lui.
- alors que 6, autre nombre important, se figure de façon triangulaire par 3 lignes superposées : la première de 3 points, la deuxième de 2 points et la troisième de 1 point :
« Le troisième grade où tout s’opère pour la loge par le nombre 9 et pour l’Initié par le nombre 7 lui représente deux choses, qui quoique liées ont pour lui une valeur bien différente. Par le nombre 9 des batteries, des lumières, et des neuf maîtres qui entourent le tombeau, on lui apprend que la matière universelle est inerte, sans action, et qu’elle ne peut rien produire, quel qu’en soient les divers assemblages, s’ils n’ont en eux un Principe de vie supérieure et indépendant, et qu’aussitôt que l’action de ce Principe est retirée les parties de l’assemblage matériel se désunissent se décomposent et rejoignent successivement la masse générale dont elles proviennent. Cette masse devant aussi à son tour se réintégrer dans la Source primitive, qui a eu ordre et puissance de la produire, lorsque cet agent secondaire recevra l’ordre de l’anéantir. Cette décomposition et dissolution absolue des corps et de la matière universelle est figurée au compagnon par le cadavre d’Hiram, dont la chair quitte les os, et qui dans ce grade est l’emblème de la matière universelle. Le nombre neuf est l’emblème de cette matière, n’ayant comme elle qu’une apparence morte et passagère ; c’est pour cela qu’on le multiplie devant le candidat, par les batteries de trois fois neuf, qui lui donnent toujours ce même produit de 9 ; parce que ce nombre étant multiplié à l’infini par lui-même, ou par tout autre nombre, ne peut jamais produire que le nombre 9. Mais ce qui prouvera aussi invinciblement que la matière n’est qu’une apparence, c’est que l’on voit son nombre disparaître entièrement, dès qu’il est uni à un autre nombre ».
R : A l’immortalité de l’âme, aux principes élémentaires et à la dissolution de la matière.
Au-dessus
les mots :
Deponens aliena
Ascendit unus
Et sur le tombeau :
Ternario formatur
Novenario dissolvitur
».
Reprenons le cours de l’instruction aux Grands Profès avec ce second fragment :
Deuxième recherche : le Premier Surveillant et deux autres Maîtres
Troisième recherche : le Vénérable Maître et les deux Surveillants
R. Le commencement, la durée et la fin des choses créées.
D Que signifie la batterie d’Apprenti, par trois coups ? [nombre 3]
R. Le commencement, ou l’union des principes.
D Que signifie celle de Compagnon, par 2 fois 3 coups ? [nombre 6]
R. La durée, ou les principes mis en action.
D Que signifie celle des Maîtres, par 3 fois 3 coups ? [nombre 9]
R. La fin, ou la décomposition des corps.
R : Le nombre neuvaire. Il indique trois choses qui sont la sujétion du Maître au travail de la matière comme être imparfait dans l’Ordre, l’incertitude de ses opérations spirituelles temporelles et la réintégration des principes de son individu corporel.
D. : Que signifient les 81 larmes qui sont sur le tapis autour du tombeau ?
R. : Les larmes désignent le deuil général des Maîtres, leur nombre exprime les propriétés particulières du nombre 9 qui se retrouvent dans son carré.
10 l’univers comprenant les êtres émanés par Dieu, par sa pensée dans chacun des mondes. Dieu pense, donc il crée.
8 nombre référant à Hély écrit par Martinès h e l y, mais aussi Rhely, soit la translitération d’un nom ayant le Heith hébreu comme initiale. Cette lettre a pour valeur 8, soit la troisième puissance du binaire ; cette 3ème puissance étant, comme nous le verrons, celle par laquelle « se développe le tableau de ses facultés ». (23) Cette lettre symbolise la barrière du 8ème jour qu’il faut franchir. Ce nom, à ne pas confondre avec celui d’Elie le prophète, réfère dans le Traité à plusieurs notions : la Sagesse divine, l’esprit d’Elie, le Saint-Esprit.
Ce nombre 108 peut se lire comme trois fois 1² x 2² x 3², soit les 3 premiers nombres de la décade élevés à leur puissance première, trois nombres dont la somme nous donne 6, nombre de matière et de réalisation. L’élévation au carré se définit dans cette arithmosophie particulière comme (Saint-Martin article 71) :

et il ajoute :
René Guénon Mélanges Gallimard 1976.
Traité de la Réintégration des Etres, article 65
Le Ministère de l’Homme – Esprit, publié originellement en 1802, réédité par Editions Rosicruciennes en 1985 et 1989, page 327
Les Nombres de Louis-Claude de Saint-Martin, article 1, voir bibliographie
Traité de la Réintégration des Etres, article 66 et passages épars
Traité des Nombres, ouv. cité, article 1
Des Nombres Article 4
Ce thème de la « dissolution » est commun à plusieurs traditions. On prête au Bouddha les paroles suivantes : Ce qui est né mourra,ce qui a été assemblé sera éparpillé, ce qui a été amassé sera épuisé,Ce qui a été édifié s’effondrera…sentences qui fondent la doctrine de « l’impermanence ».
1- Infinité – Vie – Eternité réparties en 3
2- Puissance – Sagesse – Amour Dans l’unité sont les trois
3- Simplicité – Gloire – Perfection Les 3 sont dans l’un
Bermann, Roland, L’ésotérisme du grade de Maître Ecossais de Saint André au RER, Dervy 2001
Bermès Jean-Marc, Symbolisme des nombres dans l’œuvre de Raymond Lulle, Pris-Ma T. IX, n° 1, janvier – juin 1993
Dahan Gilbert (CNRS), Arithmologie et exégèse – Hughes de Saint Victor, Pris-Ma T VIII, n° 2, juillet – décembre 1992
Faivre, Antoine, Les Conférences des Elus Cohen de Lyon (1774 – 1776) Aux sources du rite Ecossais Rectifié, préface de Gilbert Durand, Editions du Baucens 1975
Jacques-Lefèvre, Nicole, Louis-Claude de Saint-Martin, le philosophe inconnu, Dervy 2003
Jeauneau Edmond, Jean Scot et la métaphysique des nombres édition Beierwaltes, Heidelberg 1990
Leforestier, La Franc-Maçonnerie occultiste et templière aux XVIII° et XIX° siècles, annexe par Antoine Faivre : Instruction secrète aux Grands Profès, La Table d’Emeraude, Paris 1987
Lemoine, Michel (CNRS), Le nombre dans l’Ecole de Chartres, Pris-Ma tome IX, n° 1 Janvier – juin 1993.
Mazet, Edmond, Les actes du Convent des Gaules, Cahiers de Villard de Honnecourt n°11, GLNF 1985
Pasqually (de) Martinès, Traité sur la Réintégration des êtres, Collection Martiniste, Diffusion rosicrucienne, 2000
Saint-Martin, Louis-Claude, Les Nombres édition du manuscrit autographe avec introduction et notes de Robert Amadou, Paris, Cariscript1983 d’où sont tirées les références ; Des Nombres, fac-similé de l’Edition de 1861, Editions Traditionnelles, 1998
Saint-Martin, Louis-Claude, Les leçons de Lyon, manuscrit publié par R. Amadou, Dervy 1999
Tourniac, Jean, Principes et problème du Rite Ecossais Rectifié et de sa chevalerie templière, Dervy 1985
Var, Jean-François Transcription des actes du Convent de Wilhelmsbad, Cahiers verts n° 8 et 9, GPDG 1986 et 1988
Willermoz, Jean-Baptiste, L’homme-Dieu Traité des deux natures, Collection martiniste, Diffusion rosicrucienne 1999.


