Le Symbolisme, outil de connaissance

Auteur:

G∴ B∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS


DEUS MEUMQUE GUS


RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE


ORDO AB CHAO


AU NOM ET SOUS LES AUSPICES DU SUPREME CONSEIL DE FRANCE


LIBERTE – EGALITE – FRATERNITE


J’ai traité ce sujet en trois parties


Qu’est-ce que le symbolisme ?


Le franc-maçon face au symbole.


Les outils en franc-maçonnerie.

Le Symbolisme, comme l’indique le mot,est une méthode de réflexion qui utilise des symboles. Symbole vient du grec « symbolon » qui désignait un morceau de terre cuite qui était partagé en deux parties conservées par deux familles vivant dans des lieux éloignés. Quand un membre d’une des familles se rendait chez l’autre, il devait exhiber le morceau en sa possession et le recoller à celui détenu par la famille d’accueil. Démontrant ainsi que le visiteur appartenait bien à la famille alliée. Aujourd’hui, en franc-maçonnerie nous utilisons nos symbolons par nos signes et attouchements afin de nous faire reconnaître par nos frères.

Le Petit Robert définit le symbole de la manière suivante : « ce qui représente autre chose en vertu d’une correspondance analogique ; objet ou fait naturel de caractère imagé qui évoque par sa forme et sa nature, une association d’idées spontanée avec quelque chose d’abstrait ou absent »

Ainsi se trouve posé d’emblée la fonction essentielle du symbole, à savoir : représenter par une correspondance imagée de caractère analogique, quelque chose qui est absent, abstrait ou caché.

Le symbolisme est un langage universel qui fait appel à l’intuition plutôt qu’à la raison. C’est un ensemble de signes, de codes que chacun perçoit en fonction de ses facultés de raisonnement et de l’état d’éveil intérieur de sa conscience

Contrairement à la science qui se pose en permanence des questions pour trouver des réponses, le Symbolisme suggère simplement des questions.En matière de symbolisme, la réponse est sans conséquence, seules les questions sont importantes. Bien évidemment, il y a aussi une multitude de réponses, mais si la question est destinée à tous, la réponse est purement personnelle. Pour chaque symbole, il peut y avoir des réponses multiples car chacun est libre d’interpréter un symbole avec sa propre compréhension et de faire connaître son point de vue autour de lui et surtout de s’enrichirde ce que l’autre lui apportera par sa propre définition sur le même symbole.

LE FRANC-MACON FACE AU SYMBOLE

« Ici, tout est symbole ». Cette phrase, tous les maçons l’ont entendu au moins une fois dans leur vie maçonnique. Dans le rituel d‘initiation au premier degré, cette phrase décrit la voie symbolique à l’apprenti. C’est le propre des rituels que d’introduire des effets psychiques par l’utilisation des symboles appropriés. Mais il s’agit encore pour nous de se les approprier. Les symboles comportent un très grand nombre de significations.

Le symbolisme maçonnique est propre à chacun de nous. Nous l’interprétons en fonction de notre sensibilité. En fonction de notre parcours, de notre vécu et de notre avancement dans la Connaissance. L’enseignement de la réalisation de soi passe par le symbolisme.

Les francs-maçons vivent dans un univers peuplé de symboles : le Soleil, la Lune, le Delta Lumineux, les deux colonnes, les trois grandes lumières, le pavé mosaïque, etc… Tous ces symboles sont des supports à la méditation et à la recherche permettant, après avoir laissé nos métaux à la porte du temple, de nous ressourcer dans un environnement empreint de fraternité et d’amour.

Les francs-maçons sont très attachés à la pratique du symbolisme car ils perçoivent dans les symboles, les outils originaux qui peuvent ouvrir aux hommes les voies de la Connaissance et de la communication. Les symbolessont des clés permettant d’ouvrir les portes de la dimension spirituelle, du monde inaccessible au profane.

Pour les initiés, le symbolisme est la voie qui mène à la recherche de la vérité, de la lumière. Les rituels mettent en œuvre un ensemble de symboles cohérents, c’est la symbolique maçonnique, spécifique à notre Ordre dans sa réalisation mais universelle dans son essence.

Le travail de l’apprenti commence par le silence, par l’écoute pour aboutir à la méditation, préparation à l’éveil de la conscience. Sa place dans la loge est située symboliquement dans la partie la plus sombre et il pourrait s’y sentir seul et abandonné. Cependant, il est entouré de ses frères qui l’assisteront tout au long de son parcours en mettant à sa disposition un grand nombre de symboles afin de lui faire découvrir la route qu’il devra prendre pour parvenir à la connaissance. Au fur et à mesure de son avancement sur la voie de la Connaissance, l’initié recevra les outils lui permettant de mieux s’installer dans sa vie maçonnique et de prospérer sur son chemin initiatique en apportant jour après jour une nouvelle pierre à son édifice intérieur.

Le compagnon qui a appris à tailler sa pierre, vient de franchir une nouvelle étape sur l’échelle initiatique. Il passe de la perpendiculaire au niveau. Il reçoit d’autres outils durant les quatre premiers voyages et se retrouve les mains libres lors du dernier voyage. Il est sur la voie de la connaissance spirituelle ; Il entre dans une phase defusion intime entre le travail manuel et la pensée constructive.

Le nouveau maître, qui a été relevé et a reçu le mot secret, devient le gardien des usages et des connaissances acquises. Placé au centre du cercle, il ne pourra s’égarer. Cette position centrale le met à égale distance de chacun des points de la circonférence. Il est reconnu comme médiateur entre le ciel et la terre, entre l’ordre de la nature et celui de l’esprit.

LES OUTILS EN FRANC MACONNERIE

Lors de son initiation, le franc-maçon, au grade d’apprenti, découvre plusieurs outils et symboles. A son niveau, ces outils et symboles lui permettront de construire les fondations de son temple intérieur. Il pourra par la suite, en fonction de son avancement dans la Connaissance, et après avoir reçu d’autres outils, bâtir les murs et l’ossature de ce temple, afin de poursuivre sa construction.

Dans notre monde profane, l’appréciation d’un outil se limite à son usage pratique et à son aspect utilitaire. Pour nous, francs-maçons, l’interprétation dégagée des outils débouche sur la conversion ou le transfert des usages de l’outil au plan symbolique pour le travail sur soi. En fait, pour nous francs-maçons, les outils doivent être considérés symboliquement sous l’angle de la construction universelle, en tant que forces liées à la formation de l’univers.

Je ne vais pas vous citer tous les outils employés par le franc-maçon car le temps m’est compté, mais je voudrais vous donner mon analyse sur certains outils incontournables pour acquérir les bases nécessaires afin d’emprunterle chemin très encombré d’embûches qui mène à la Connaissance :

Le maillet et le ciseau, confiés lors de l’initiation au récipiendaire afin d’effectuer son premier travail sur la pierre brute qu’il incarne, doivent lui apporter toute la volonté à se transformer vers un idéal, c’est-à-dire vers la partie la plus intime de notre être intérieur.

Le fil à plomb, symbole de la recherche en profondeur, de la vérité, de l’équilibre. Il est comme un axe qui descendrait de la voûte céleste. Ce fil fait le lien entre le ciel et la terre, il unit symboliquement le haut et le bas, le zénith et le nadir. Il nous rappelle la formule hermétique du cabinet de réflexion : V.I.T.R.I.O.L., visite l’intérieur de la terre et en rectifiant, tu pourras trouver la pierre cachée…

Cet outil nous invite à descendre avec droiture et rectitude en nous-même. A une recherche en profondeur, mais aussi à nous élever et à trouver un équilibre dans nos attitudes.

Le niveau nous apprend à considérer l’autre comme soi-même, àle voir à la même hauteur tant sur le plan social que spirituel. A avoir un comportement et une attitude irréprochable vis-à-vis de l’autre.

L’équerre symbolise la stabilité dans l’effort et la rigueur. Elle indique à l’apprenti la voie à suivre pour transformer sa pierre brute en pierre cubique. Dès l’initiation, l’apprenti est confronté à l’équerre qui est pour lui un outil de référence car on l’instruit dès son entrée, que la franc-maçonnerie est un travail d’équerre, de par le tracé de son signe, des pas et déambulations en loge ; Car tous les signes en loge se font par l’équerre : mise à l’ordre, doigts séparés du pouce en équerre, pieds et marche en équerre, démontrant physiquement les vertus de rectitude, de droiture et de probité qu’il nous faut développer.

Le compas symbolise le dynamisme constructeur de la pensée. Il symbolise la perfection du cercle et du cosmos. Il permet au nouveau maître maçon d’effectuer son premier travail afin de retrouver son centre. Le maître reçoit cet outil qui sera son outil privilégié, ilsymbolise la descente de l’esprit sur la matière pour la coordonner. Cet outil permet au maître de tracer son cercle sous une forme abstraite et de le guider dans sa quête de la Connaissance spirituelle. C’est en effet, au centre du cercle que le maître retrouvera son équilibre et ne pourra s’égarer.

Quand le récipiendaire enjambe le cercueil d’Hiram en faisant ses pas en demi-cercle, et en traçant un volume, l’équerre est placée à la tête du cercueil, alors que le compas est placé à l’orient, marquant ainsi que le maître passe de l’équerre au compas. Qu’il renaît sous les symboles du compas, du cercle et du volume.

Sans transition, la mort d’Hiram nous fait prendre conscience d’un comportement exemplaire. Cet homme fidèle au devoir, qui a accepté son sort en ne révélant pas les mots secrets et a préféré mourir plutôt que de les transmettre à des compagnons qu’il ne jugeaitpas encore dignes de les recevoir.

La mort nous confronte à une notion métaphysique. La mort d’Hiram ouvre une ère nouvelle de recherche de la connaissance. Par sa disparition, une transmutation du corps en décomposition a pu s’opérer et le nouveau maître qui vient de se relever, a pris la place d’Hiram. Il a été reconnu par son travail, digne de remplacer Hiram car il sait tracer les plans et les exécuter ; C’est-à-dire qu’il est censé avoir la maîtrise de son comportement et de devenir un exemple.

Le Volume de la Loi Sacrée, Au REAA, le Volume de la Loi Sacrée est la Bible. Ce livre, ouvert à l’évangile de Jean est associé à l’équerre et au compas, formant ainsi les trois grandes lumières, Il est le volume de la tradition, de la loi morale et de la bonne conduite.Depuis l’avènement du protestantisme et sa diffusion massive grâce à l’imprimerie, toutes les familles l’avaient en leur possession. La religion étant bien ancrée dans les esprits. C’était le premier manuel de lecture et il faisait force de loi et de morale. C’est aussi pour cela qu’à la création de la maçonnerie spéculative, ce livre devient le VLS. Nos rituels regorgent de mots tirés des récits bibliques tels que BOAZ, JAKIN, HIRAM… et par la filiation réelle ou supposée de la maçonnerie opérative, la construction du temple de Jérusalem, point central et mythique de l’idéal de la construction sacrée, devient par analogie l’archétype de la construction personnelle de chaque individu. La tradition révélée par le Volume de la Loi Sacrée dans son sens ésotérique est source de connaissance et de méditation.

Pour conclure, je dirais que le symbolisme me permetde mieux comprendre ce qui m’entoure. Avec l’aide des symboles je mets toute mon énergie à la poursuite incessante de la vérité, bien que je sois conscient que je n’y parviendrai jamais. Mais cette situation, cette mise en condition de questionnement permanent pour la recherche de la vérité, fait que je me sens capable d’affronter les pires obstacles déposés en travers de ma route.

J’ai emprunté un jour le chemin qui doit me mener vers la Connaissance. Pour cela, j’ai emporté avec moi les outils nécessaires à la construction de mon temple. Ces outils, utilisés avec beaucoup de conviction et de détermination feront que pas après pas, pierre après pierre, je parviendrai à m’élever vers mon idéal.

On ne devient pas maçon en un jour, Il faut que l’apprenti médite, que le compagnon étudie et que le maître assure sa mission d’instruction pour les aider et conduire leurs pas mal assurés sur les pentes ardues qui mènent vers les cimes d’où jaillit la lumière.

La lumière, la connaissance ne se donne pas. Il faut savoir la chercher soi-même, dans le plus profond de son être, en fouillant dans sa conscience, en scrutant ses possibilités. Dans cette démarche, le maître ne devra pas connaître de lassitude, ne devra pas se décourager. Il se dirigera vers cette étoile qui brille au-dessus de lui comme au plus profond de lui et rien ne pourra le détourner de son but. Pour cela, il a tous les outils que le symbolisme met à sa disposition.

Très cher Frère Président,

J’ai dit.

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