Le taciturne
J∴ M∴ M∴
Deus Meumque Jus
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo ab Chao
Au Nom et sous les auspices du Suprême Conseil de France
Liberté Egalité Fraternité
« Il n’est pas nécessaire de d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer ».
Cette phrase est attribuée à Guillaume d’Orange dit le taciturne, (tirée du livret d’instruction des M S), qui comme les F M, a su sortir à bon escient de son silence. Celui-ci nommé par Charles le Quint, gouverneur Général de Hollande, de Zélande et d’Utrecht s’est opposé au fanatisme et à l’absolutisme des Espagnols. Tiraillé entre les catholiques espagnols de la partie méridionale des Pays Bas et les protestants des provinces du Nord, il meurt assassiné par un fanatique en Juillet 1854.
Cette maxime, telle une sentence nous rappelle que l’action d’entreprendre est liée à notre travail et que pour s’élever, celui-ci ne sera jamais fini…
C’est la mise en route dans notre comportement d’une espérance et d’un acte de foi à accomplir le devoir, grande loi de la F M. Il n’est pas non plus besoin de réussir dans cette recherche de la perfection si tant est que l’on puisse y arriver un jour pour persévérer dans son devoir (devoir qui selon Kant est une obligation morale) de maçon.
Etre F M, c’est travailler sans relâche à son perfectionnement, entreprendre la pratique du rituel et des symboles de la taille de la Pierre pour en supprimer les aspérités ; laisser ses métaux a la porte du temple, commencer sa métamorphose !
Etant admis parmi les lévites en qualité de maître secret, je suis devenu un fidèle gardien du Saints des Saints pour remplacer notre respectable maître Hiram dans la poursuite de la construction du temple.
La clef d’ivoire que je porte en sautoir (emblème de la discrétion) doit me permettre de franchir les obstacles constitués par les préjugés, les passions et l’erreur qui sépare l’homme de la vérité par un travail énergique.
Revenons sur l’analyse des mots principaux qui constituent cette sentence ; à savoir : Espérer, Entreprendre, Réussir, Persévérer.
Espérer :
Dans la recherche de la parole perdue et de la vérité, j’espère en cette vérité particulière qu’est la Lumière.
Cette lumière est a la portée de tout homme voulant ouvrir les yeux et de regarder vers la route du devoir envers soi même et envers les autres.
Le devoir envers les autres passe par la pratique de la tolérance, le respect de l’égalité des droits, la fraternité, l’affection etc. En un mot jeter un regard d’Amour sur l’autre qu’il soit un frère ou non.
Le devoir envers soi-même s’entend plus par avancer inlassablement vers la connaissance, vers son propre perfectionnement dans le domaine comportemental et spirituel.
Le maître secret se doit d’avancer avec prudence et détermination ; mais il doit avancer Saint des Saints n’a aucune fenêtre éclairée aussi c’est avec ma seule clairvoyance que je pourrai percevoir la lumière… Celle de la connaissance du cœur.
Pour le M S que je suis, cette notion de devoir pour se résumer ainsi :
- La prise de conscience que je dois signifier aux autres mais aussi en moi.
- Me méfier de tout préjugé ou jugement de valeur.
- Poursuivre mon chemin sans porter atteinte a autrui.
- Travailler avec persévérance et réfléchir avant d’agir.
- Servir et aimer son prochain avec fraternité et solidarité.
- Transmettre ce que j’ai reçu.
Pour illustrer ce propos je citerai Gabriel d’Annunzio « les hommes immortels et les dieux éternels n’ont jamais tué l’espérance ».
Entreprendre :
- Entreprendre cette interminable ascension et progression dans ce devoir qui s’impose et se présente comme un impératif selon l’état de sa conscience.
- Entreprendre le travail sur soi-même, pour rechercher la lumière, celle de la révélation, celle qui me fera passer du matériel au spirituel.
- Entreprendre un travail de perfection à travers la pratique des vertus, comprendre ce que sont la Sagesse, Force et Beauté.
- Sur le chemin du devoir que j’ai choisi librement d’emprunter je dois poursuivre inlassablement ma route vers la connaissance. Jean Paul Sartre dit de la liberté que, je le cite : « l’homme est libre pour s’engager, mais il n’est libre que s’il s’engage pour être libre ».
Réussir :
- Dans la voie de la perfection, réussir à obtenir la victoire sur soi grâce a un inlassable travail… Gloire au travail !
- Réussir dans la réalisation de mon travail, dans l’avancement de la recherche de la parole perdue. Peut être qu’en m’aidant du rituel qui m’a donné trois mots a savoir Iod, Ivah et Adonai pourrais-je m’en approcher. Approcher la réalité de la divinité ?
- Je reste conscient que même si le voile ajouré qui recouvrait mes yeux a été soulevé, puis retiré, la lumière divine m’est encore imperceptible le Saint des Sains encore inaccessible.
Napoléon ne disait-il pas que : je le cite « l’art d’être tantôt très audacieux, tantôt très prudent est l’art de réussir ». N’y aurait-il pas là matière à réflexion ?
Persévérance :
- Elle n’est pas citée dans les vertus cardinales mais peut être mériterait-elle d’y figurer tant on se doit de persévérer dans son perfectionnement moral et comportemental.
- Il n’y a aucune limite a la perfection, ceci a pour conséquence de persévérer plus avant dans tous les domaines en épurant attitudes et façon de voir le monde.
- Perdu sur ce long chemin que je suis entrain de parcourir, parfois un mot, un geste, une attitude fraternelle d’un F me permet de persévérer et reprendre espoir.
- Persévérer dans mon idéal consiste aussi à vivre mes devoirs même si parfois à l’écoute du travail de mes frères je me sens perdu, dépassé par les propos qu’ils tiennent…alors je me surprends à me détester et lorsque je me regarde avec un peu de recul je ne me trouve tout compte fait pas si mal que ça ! Notre richesse a nous F M, n’est-elle pas cet ensemble, ce mélange, cette diversité, ces différences qui nous enrichissent les uns aux autres et nous permettent d’améliorer nos connaissances qui nos aident tout au long de ce cheminement.
Nous savons que la tâche qui attend l’homme est immense sur la route du progrès t de la perfection, voire impossible. Depuis des siècles et des siècles nos prédécesseurs s’y sont attelés tentant de perfectionner leurs semblables, faire de notre monde un monde plus juste, plus parfait, plus beau…cela ne relève t-il pas de l’utopie ?
Le spectacle qu’aujourd’hui nous offre le monde ne doit-il pas nous désespérer et nous faire douter de la réussite de notre Œuvre ?
On torture au Tibet, on emprisonne en Birmanie, on refoule sans ménagement a nos frontières, on abandonne sur nos trottoirs les sans abris, on s’entretue ici et là au non de Dieu… Cependant il existe encore des hommes et des femmes capables de croire au bonheur et tenter d’apporter une étincelle de lumière dans ces ténèbres.
Le bonheur de l’homme, ce, a quoi nous devons travailler sans relâche ne se doit pas d’être une simple utopie.
Originale dans sa nature, puisque essentiellement initiatique, la quête maçonnique nous propose de nous élever et de nous unir selon deux axes :
- Un axe vertical qui nous mène vers le bas dans la recherche de soi même et vers le haut dans la recherche de la lumière.
- Un axe horizontal ou la recherche nous mène vers l’union des autres, tous les autres dans la l’idéal de la fraternité universelle.
J’ai entrepris un grand Œuvre comme je l’ai déjà dit sans espoir d’aboutir…je travaille sur un chantier dont j’ai conscience qui ne sera jamais achevé avec tant d’autres ouvriers qui savent cela et qui ne se découragent jamais. Rejoindre régulièrement ses frères en loge, y travailler, n’est ce pas faire sienne cette sentence.
Trois fois puissant
maître j’ai dit…