Les Lévites
J∴ L∴ R∴
A la Gloire
du Grand Architecte de l’Univers
Deus Meumque Jus
Au nom et sous les Auspices du Suprême Conseil de France
Rite Ecossais Ancien et Accepté
ORDO AB CHAO
Liberté – Egalité –
Fraternité
Mes frères, vous le savez, notre respectable maître Hiram tomba sous les coups de trois mauvais compagnons qui voulaient obtenir par la violence les prérogatives qui ne peuvent être accordées qu’au mérite. Ainsi périt l’homme juste, fidèle au devoir jusqu’à la mort.
Le roi Salomon déplora cette disparition et exprima la profonde douleur que chacun éprouvait. Il désigna 7 maîtres, élevés au rang de lévites, pour continuer l’œuvre d’Hiram dans l’achèvement du temple et construire le tombeau du maître ; Car il y avait lieu de remplacer Hiram pour poursuivre la recherche de la vérité et de la parole perdue.
Adonhiram fut appelé le premier et devint chef des travaux.
Lors de la cérémonie d’initiation au 4ème degré, parce qu’hiram revit en moi, j’ai été reçu maître secret sous le laurier et l’olivier en passant de l’équerre au compas. je suis devenu détenteur de la clé permettant d’accéder aux mystères.
J’ai été admis au rang de Lévite et pour cela, j’ai eu besoin de comprendre leur origine et leur mission car elles sont devenues aujourd’hui les miennes.
D’après la bible les Lévites appartiennent à la tribu de Levi, troisième fils de Jacob. Moïse et Aaron étaient issus de cette tribu qui faisait partie des douze tribus d’Israël. Cette tribu avait la particularité de ne pas avoir de territoire géographique mais 48 villes dont 6 étaient dites de refuges et servaient d’asile pour les meurtriers involontaires.
les lévites furent chargés de porter l’arche d’alliance dans le désert, jusqu’à la construction du temple de Jérusalem. Ils officiaient dans divers sanctuaires. Au sein du temple, ils étaient choristes, musiciens, gardiens, juges, artisans, mais restaient subordonnés aux lévites descendants d’Aaron, qui exerçaient le sacerdoce et bénissaient le peuple.
J’ai recherché l’âge du lévite qui est 3 fois 27 ans accomplis : Ainsi, trois me ramènent au degré d’apprenti qui est un nombre archétypal :
1 représentant le ciel.
2 représentant la terre.
3 représente l’être vivant qui est né
symboliquement de la jonction du ciel et de la terre, de l’esprit et de
la matière.
Tout être vit dans trois dimensions, d’où l’une des significations de l’appellation de trois fois puissant maître qui est censé avoir la maîtrise de trois mondes : Minéral, végétal et animal ou encore des trois mondes : physique, psychique et spirituel.
Chacun d’entre nous est considéré avoir la capacité de se perfectionner et de se réaliser dans ses trois dimensions. Si l’on revient à l’âge du Lévite, 3 fois 27, cela donne 81 soit 8 + 1 = 9 ; On retrouve le nombre de la gestation qui, étant accomplie, donne une nouvelle naissance.
En fait, le chiffre neuf symbolise l’accomplissement nécessaire au cycle de perfection et son déploiement avant d’accéder à un autre cycle lumineux de connaissance.
J’ai ensuite cherché à comprendre pourquoi 27 ans : En lisant l’un des 5 livres du Pentateuque dénommé Le Lévitique qui est le livre du culte qui régit toutes les modalités données par l’éternel, j’ai constaté que ce livre avait 27 chapitres.
27 : Peut désigner la lumière, mais également le secret, ainsi les lévites sont tenus au secret sur tout ce qui leur est permis de découvrir : La discrétion à ce degré règne plus encore qu’en loge symbolique.
C’est également la valeur du Mont Sinaï dit « Montagne Lunaire » lieu où Moïse reçut la Torah : La montagne est une élévation qui met en relation la terre et le ciel.
La kabbale utilise quant à elle le symbole du miroir : Or, le reflet dans le miroir de 27 est 72. Si nous repartons de 27 le monde intermédiaire et de transition et le miroir du monde physique 72 : Nous pourrions prétendre que le lévite se trouve être dans le monde de la transition qui s’avère être un élément important de son statut.
– Transition entre l’homme pieux
et le prêtre Cohen (le lévite se trouve entre le
soldat et le sacrificateur).
– Transition encore, car lévi en hébreu veut dire
additionne, lie ou relie.
Le lévite se retrouverait donc en liaison, en relation avec deux mondes, celui d’en haut et celui d’en bas.
Pour revenir au miroir, celui-ci est représenté par la surface de l’eau, cette eau qui est l’un des éléments purificateurs des lévites. Le mode de purification qui est enseigné à Moïse par l’éternel,est d’asperger avec de l’eau de purification les lévites. La parole figurée par cette eau doit agir sur le cœur et la conscience de tous ceux qui désirent servir. Il leur est ensuite demandé de se raser intégralement, cela signifie le dépouillement de tout ce qui provient de la matière. Enfin, ils doivent laver leurs vêtements : ce lavage, cette purification de nos habitudes doit se faire par l’action de la parole.
Cela signifie que progressivement le lévite doit se détacher de l’apparence, de l’attirance matérielle et de toutes les impuretés qui le parasitent.
Le lévite est donc engagé dans un processus de séparation. Il doit couper le cordon qui le lie à sa vie antérieure et lâcher prise pour donner libre court au développement de son temple intérieur qui le conduira vers la lumière et la spiritualité.
Tout à fait au début de mon initiation au 4ème degré, le Trois Fois Puissant Maître m’a rappelé que l’instruction acquise en loge symbolique n’était pas complète, pas plus que n’est complète la perception de la lumière à travers le bandeau symbolique posé sur les yeux.
Il m’a dit : « De même que vous ne voyez pas bien, vous ne comprenez pas bien ». Le Trois Fois Puissant Maître est descendu de son trône et a placé ma main droite sur mon cœur, le sceptre sur mes lèvres. Mes lèvres se trouvaient ainsi scellées par le sceau du secret. Par cette alliance à l’ordre, le lévite, le maître secret à une fonction sacerdotale, il a une obligation de fidélité et de dévouement absolus. Il devient détenteur d’une tradition qu’il a pour devoir de préserver et de transmettre dans la cohésion, l’unité et dans le respect du Grand Architecte de l’Univers pour le bonheur de l’Humanité. Puis les quatre voyages symboliques m’ont donné une vision élargie de mon engagement sur le sentier du devoir qui est « parfois plus facile à faire, qu’à connaître ».
J’ai rencontré des similitudes symboliques avec les cinq voyages du compagnon,où des savoirs lui sont transmis en vue de parfaire l’exercice de son métier, ainsi l’ouverture sur le monde complète le travail d’intériorisation de l’apprenti.
Ces quatre voyages du Lévite ont pour toile de fond la préparation du Devoir,dont la connaissance conduit à retrouver la parole perdue par l’enseignement de quatre préceptes :
Discerner et comprendre les idées : Il s’agit d’acquérir cette précieuse perception qui permet de découvrir l’idée sous le symbole, en refusant les fausses évidences profanes.
Distinguer les vérités parmi les opinions : Il s’agit d’acquérir la vraie écoute, celle qui est consciente et respectueuse de l’autre à travers sa parole,et par devers sa pensée,partant du principe que nul ne détient la vérité.
Embrasser le spectacle de l’univers et admirer sa loi : Car il est une loi unique et multiple qui va de l’alpha à l’oméga, cette loi est universelle et découle d’un principe créateur que l’homme dans son infinie petitesse conçoit, tout comme il perçoit l’immensité de l’univers, toutefois si l’homme fait partie d’une équation qu’il ne sait résoudre, il subodore son métissage avec l’environnement et la relation sacrée qui l’unit au Grand Architecte de l’Univers.
Aimer la justice et la servir
Que signifie aimer la justice, si ce n’est avoir suffisamment de discernement pour faire la part du bien et du mal puis la révérer en marchant dans ses voies,et en la servant de tout son cœur et de toute son âme, ce qui signifie y associer l’intelligence du cœur ?
C’est ce qu’évoque la prière du roi Salomon (1 rois 3 ; 9) « Je suis ton serviteur, donne-moi donc un cœur intelligent pour gouverner ton peuple et distinguer le bien du mal. Sans cela, qui est capable de gouverner un peuple si important ? »
Faire mon devoir, observer la fidélité à l’engagement que j’ai pris, rendre la justice, exercer ma curiosité à bon escient, m’efforcer de construire, être obéissant, telles sont à présent mes préoccupations de Lévite.
L’accès à ce grade me rappelle que la lumière est loin d’être acquise, que le chemin de perfection, pour construire mon temple intérieur est rempli d’embûches. Ce grade tend à faire ressortir le sens de l’œuvre du maître, et la quintessence de son enseignement, plus particulièrement par la connaissance, et la mise en pratique du devoir avec un D majuscule, pouvant aller jusqu’au sacrifice, sans espoir de récompense. Tout le rituel est axé sur une notion du devoir qui mène au devoir fondamental, c’est à dire être au service du Grand Architecte de l’Univers. La réalisation de ce dernier est présentée comme la phase essentielle et incontournable à toute progression initiatique.
Ce travail sur le lévite m’a permis de mieux comprendre ma réception en loge de perfection qui est à mon sens une transition entre une vie initiatique basée sur les symboles, et une entrée dans un monde nouveau, qui, je l’espère, me mènera vers la connaissance spirituelle.
Ce passage, est en fait le révélateur du cherchant qui sommeille en moi, émergence qui avait débutée lors de mon élévation au 3ème degré.
Le travail du franc-maçon ne s’arrête jamais… Je le savais, car le temple à construire est en moi. Oui, c’est bien la construction de mon temple intérieur qui sera l’aboutissement de ce cheminement initiatique, elle ne fait que débuter.
En concluant ce premier travail j’ai entrevu le fragment du chemin que j’avais parcouru ces dernières années, et sans véritable surprise je n’en ai pas aperçu le bout ! J’ai compris que je suis dans une démarche d’éternel recommencement, et de chaque renouveau, mais de chaque renaissance jaillit une nouvelle richesse.
Mon Devoir de Maître secret et de Lévite sera d’aimer l’homme pour l’amour et ne rien demander en retour, afin de mériter ma couronne de laurier qui est le symbole de la victoire remportée sur les passions et d’olivier qui est le symbole de la paix et de l’union qui devraient toujours régner entre les frères.
Trois fois Puissant Maître, J’ai dit.