L’heure d’ouverture et de ferméture des travaux du MS

Auteur:

Y∴ A∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

L’heure d’ouverture et de ferméture des travaux du M S

Nous savons toutes que « l’action n’est utile que si elle vient à propos » ; c’est la raison pour laquelle la Franc-Maçonnerie, à tous les grades, a instauré des heures conventionnelles pour l’ouverture et la fermeture des travaux en loge.

Allégoriquement, le M S ouvre ses travaux dès que « l’éclat du jour a chassé les ténèbres et que la Grande Lumière commence à paraître » ; elle les ferme « à la fin du jour » après qu’elle ait appris à garder le Secret, à être obéissante et à rester fidèle.

Que nous dit exactement le Rituel ?

A l’ouverture, après s’être assurée que le Temple est couvert extérieurement, le T F P M demande à la S Inspectrice :

« S Inspectrice, quelle heure est-il ? »

Cette dernière lui répond :

« L’éclat du jour a chassé les ténèbres et la Grande Lumière commence à paraître ».

A la fermeture, lorsque le T F P M demande à la S Inspectrice :

« Quelle heure est-il ? »

Cette dernière lui répond :

« T F P M, nous sommes à la fin du jour ».

Jusque-là, la Maîtresse Maç a travaillé de Midi plein à Minuit plein. Pourquoi le temps de travail du M S se détermine-t-il maintenant, non plus par une tranche d’heures, mais plutôt par rapport à l’astre principal du jour ? Est-ce en fonction du travail qu’elle a à faire ? En quoi consiste ce travail ?

1. En quoi consiste ce travail ?

Admise au grade d’apprentie des Loges de Perfection, la Maîtresse Maç, encore plongée dans la douleur de la mort récente du Maître Architecte Hiram, est toujours aux prises avec ses vieux démons : l’Ignorance, le Fanatisme et l’Ambition, ces trois vices qui la pervertissent et qui sont funestes pour la société. Devenue M S, la M M, à ce grade, poursuit son combat contre les faiblesses et les roueries de son Ego, et la lutte pour le Bien contre le Mal, dans un Temple décoré de tentures noires parsemées de larmes d’argent, dont l’Orient figure le Saint des Saints du premier Temple de Jérusalem et les plus secrets Mystères de la F M, et duquel elle est séparée par une barrière pour le moment infranchissable pour elle.

C’est devant le Saint des Saints que, munie d’une Clef en ivoire qui lui en donnera plus tard l’accès, le M S, redevenue ignorante et apprentie dans tout ce qui concerne les nouvelles découvertes à effectuer, part, plus que jamais déterminée, à la recherche de la Vérité et de la Parole Perdue. Son nouveau statut l’autorise « à s’élever au-dessus de la surface de la terre pour pénétrer dans les hautes régions de la Connaissance spirituelle » ; cependant, malgré qu’elle découvre que « la Vérité absolue réside sur un sommet inaccessible à l’esprit humain », elle persévère dans sa quête, parce que c’est un Devoir essentiel pour elle.

Ce grade enseigne alors au M S le comportement qu’elle doit avoir pour pouvoir accomplir ce Devoir qui, symboliquement, se résume à découvrir la Vérité et retrouver la Parole Perdue, c’est-à-dire à connaître son Etre essentiel, à le développer, à pouvoir lui donner vie si elle sait comment s’y prendre, puis à approcher la connaissance du monde.

2. Pourquoi le temps de travail du M S se détermine-t-il maintenant, non plus par une tranche d’heures, mais plutôt par rapport à l’astre principal du jour ?

Est-ce en fonction du travail qu’elle a à faire ?

C’est pour s’assurer cette double victoire de découvrir la Vérité et retrouver la Parole Perdue que symbolise la guirlande de Laurier et d’Olivier, que le M S doit œuvrer, non seulement dans une absolue discrétion, humilité, obéissance et fidélité, mais encore durant un temps bien déterminé qui se situe entre le lever et le coucher du Soleil, la Grande Lumière des Initiées, c’est-à-dire entre l’aurore et le crépuscule, en d’autres termes entre « la Lumière etl’Ombre » qui, comme nous le dit Zoroastre, « sont les éternelles voies du monde ».

En effet, l’une ne peut être sans l’autre, les deux existant non pas par l’élimination de l’une ou de l’autre, mais par la transformation de l’une ou de l’autre ; elles sont indissociables ; Et nous avons d’ailleurs appris, lorsque nous étudions le symbolisme du Binaire par l’alternance des dalles blanches et noires du Pavé Mosaïque, que les symboles ainsi couplés ne sont pas des opposés, mais plutôt des compléments qui procèdent l’un de l’autre, en alternance permanente.

C’est cet enchaînement dans l’espace et le temps, cette alternance de la Lumière et de l’Ombre, du jour et de la nuit, qui délimite le temps de travail du M S pour lui signifier qu’aujourd’hui est fait d’hier et demain d’aujourd’hui. Ce qui, en langage hermétiste, revient à dire que l’initié doit accomplir « l’œuvre au noir » avant d’aborder « l’œuvre au blanc », puis retourner au noir, etc…et multiplier ainsi les opérations de régénération nécessaires à toute vie. Les Taoistes, quant à eux, révèlent qu’il faut descendre dans les noirceurs de l’abîme pour remonter ensuite vers l’éclosion de la fleur d’or.

Parce que le M S s’élève au-dessus de la surface de la terre et amorce maintenant la marche ascendante pour gravir les pentes de la montagne et en atteindre le sommet, elle ne peut œuvrer dans la grande lumière qu’après avoir traversé les ténèbres et émerger de celles-ci ; elle en appréciera mieux la clarté dispensée par la grande lumière, car à l’aurore, lorsque celle-ci paraît, elle « détruit et dissipe les illusions et les fausses oppositions de la pénombre, pour ne laisser apparaître que ce qui compte » ; le M S peut alors mieux distinguer les contours de son ouvrage et s’y attaquer en toute lucidité pour le parfaire. Et chaque jour, depuis le moment « où l’éclat du jour a chassé les ténèbres et la Grande Lumière commence à paraître » jusqu’à « la fin du jour », douze (12) heures d’horloge vont s’égrener au cours desquelles, dans un mouvement ininterrompu, le M S n’aura de cesse de balayer de son compas l’aire du possible sans en perdre le Centre, son point d’application vers lequel elle va revenir inlassablement, tout au long de ce temps. Douze heures de grand éveil et de pleine activité qui se situent entre le petit matin, i.e. l’aurore, moment où tout s’éveille après une nuit de repos, et le petit soir, i.e. le crépuscule, moment où, après une journée bien remplie à vaquer à ses occupations, l’on prend un repos bien mérité.

Le voile à l’équerre d’argent posé sur son front l’a symboliquement plongée tantôt dans les ombres brumeuses de l’aurore, tantôt dans celles du crépuscule pour la préparer à mieux affronter les rayons lumineux de la grande lumière qui percent tout à jour ; et pendant tout le temps qu’elle est plongé dans les ténèbres, le M S va devoir encore descendre dans les profondeurs de son Moi et s’assurer que sa pierre est bien polie tant de l’extérieur qu’à l’intérieur ; aucune zone d’ombre ne doit subsister, car si le cœur n’est pas suffisamment pur, il ne peut soutenir l’édifice. Il ne lui suffit donc pas de voir clair lorsqu’il observe les autres, mais également lorsqu’il jette un regard dans son propre miroir.

Le cercle jaune d’or du cartouche du degré figure la grande lumière qui éclaire d’un jour nouveau, depuis l’Or, le Temple du M S (que représente le triangle sacré et l’Etoile à cinq branches contenus dans le cercle).

Tout concorde pour que je puisse affirmer que c’est en fonction de ce qu’il a à faire que le Temps de travail du M S est ainsi délimité : entre l’aurore et le crépuscule, lorsque la grande Lumière éclaire l’Univers tout entier ; parce qu’elle doit travailler dans la vraie Lumière à la recherche de la Vérité et de la Parole Perdue, en évitant de s’égarer dans le labyrinthe de l’ignorance, de l’erreur, des passions, préjugés et superstitions.

Alors seulement, après avoir pleinement et efficacement utilisé ce temps, le M S pourra enfin prétendre à une pause bien méritée, pendant un temps que je situe entre le crépuscule et l’aurore, où dans les ombres de la nuit, elle pourra s’accorder un temps de bilan, avant de reprendre son travail le lendemain matin quand paraîtra le Cercle d’or, Œil de l’Univers.

J’ai dit, mes S S

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