Mots sacres du MS

Auteur:

H∴ J∴ P∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Mots sacres du M S

T F P M et vous tous mes S S et mes F F M S, en vos grades et qualités, Il m’a été demandé de parler des « mots sacrés du M S».

Mes S S, mes F F, nous savons tous que chaque grade de notre ordre comporte un mot sacré. Ce côté sacré implique forcément une séparation entre 2 territoires : un territoire commun, qui est profane et accessible à tous et un territoire particulier qui appelle un respect absolu, qui est digne de vénération et qui porte souvent un caractère religieux. Ainsi, le Temple dans lequel nous nous trouvons est un espace sacré, les parvis du Temple par contre, ne le sont pas.

Le mot sacré permet donc de marquer la frontière de la connaissance entre l’initié et le non initié, entre le sacré et le profane et cela, à chaque grade.

Au rite Français, on aura comme mots sacrés au 1er degré, le mot J, au deuxième degré le mot B et au troisième degré, le mot M pour les Maîtres.

Au 4ème degré du REAA où nous nous trouvons, premier grade des loges de perfection, le mot sacré des M S est triple. Il s’agit des mots IOD, ADONAÏ et IVAH.

Que signifient ces trois mots ?

Avant de tenter de répondre à cette question, il me parait important de dire qu’à la notion de sacré doit être accolée les notions d’interdiction et de secret. Le profane se posera toujours la question suivante : qu’est ce qui se passe de l’autre côté et qui lui est interdit ?

Les trois mots sacrés du M S sont des noms pleins de symbolisme puisque ce sont des représentations du « PRINCIPE », c’est-à-dire, la cause première, l’origine, la base, la source de toutes choses.

La parole ayant été perdue, suite à la rupture que constitue l’assassinat de notre Maître HIRAM, ces mots sacrés sont des mots substitués et sont, bien entendu, différents de celui du grade de maître.

Le M S tente donc, par ces mots, de se rapprocher des mots perdus en recréant une liaison par ces mots substitués.

Il est dit, dans le livre d’Irène MAINGUY, « Symbolisme des Grades de Perfection et des Ordres de Sagesse aux Rites Ecossais Ancien et Accepté et Français ou la Maîtrise approfondie », que ces trois mots sacrés, IOD, ADONAÏ et IVAH, proviennent d’un Triangle jadis utilisé par les Kabbalistes spécialistes de l’étude des traditions Juives relatives à l’interprétation mystique de l’Ancien Testament.

Analysons plus en détail ces mots sacrés.

IOD

IOD est la 10ème lettre de l’alphabet hébreu qui en compte 22. Cette lettre, dit Irène MAINGUY, exprime le commencement et la fin de toute chose, du plus petit élément au plus grand de l’Univers.

Elle est représentée par un petit tiret vertical ou une virgule et, de ce fait, ressemble à une goutte ou à une larme. Comme chacune des lettres de l’alphabet hébreu, la lettre IOD est la représentation d’une partie du corps, d’un animal ou d’un objet d’utilisation courante, en l’occurrence la main (YAD). IOD, la main, représente donc l’action et la force manifestée car c’est la main de DIEU qui met tout l’Univers en mouvement et qui se tend vers nous pour nous accueillir dans sa Lumière et éveiller en nous le germe sacré de la Vie Véritable.

IOD symbolise aussi la puissance de manifestation et d’action comme la main qui est au service du reste de notre corps. La main est l’organe au moyen duquel toute l’ingéniosité intellectuelle se traduit dans la réalité physique ; le contrôle humain est lié à la puissance, au pouvoir et à l’agilité des mains.

IOD symbolise donc la capacité d’agir, l’expression individuelle, l’interaction dans le monde, le monde des sens, la matière principale, et, en définitive, la création.

Pour René GUENON, dans son livre « Le grain de Sénevé », le IOD a non seulement le sens de « PRINCIPE » mais a aussi le sens de « GERME » car il est au centre de tout être et peut être considéré comme le germe enveloppé dans le fruit, comme le cœur de l’être contenant en son centre un germe qui pourrait être le CHRIST.

Tout comme le 1 arithmétique est le plus petit des nombres mais en principe le plus grand car contenant, virtuellement, tous les autres chiffres arithmétiques, par sa capacité à les produire tous par répétition infinie de lui-même, la lettre IOD est la plus petite de toutes les lettres de l’alphabet hébraïque, et que pourtant, c’est d’elle que sont dérivées les formes de toutes les autres lettres. Bien qu’étant la plus petite lettre de cet alphabet, IOD est celle qui contient le plus de puissance ; elle symbolise donc bien le germe contenant tous les « sephirotim » car, tout comme le spermatozoïde, cette cellule masculine, la petite semence représentée par la lettre IOD peut produire le plus grand des Univers et la plus petite des intentions peut engendrer la plus grande des forces.

La valeur numérique de cette lettre est 10 qui représente le retour vers l’unité que nous recherchons, par la dualité et la multiplicité.

Il y a 10 paroles créatrices du monde et 10 commandements pour son maintien ; il y a 10 sephiroth, 10 concepts de la manifestation divine, espoir de la Rédemption des 10 niveaux de l’âme. Les sephiroth sont les 10 puissances créatrices énumérées par la KABBALE dans son approche mystique de la création. Chaque sephiroth est l’émanation d’une énergie du DIEU Créateur. Ces puissances divines manifestent, dans la création du monde fini, le Pouvoir Suprême de l’infini. Les traités de KABBALE présentent souvent les sephiroth sous la forme d’un Arbre de Vie. Ils représentent la structure de l’Homme et de l’Univers.

On finit par mieux comprendre le double sens hyéroglyphique du IOD comme « PRINCIPE » et comme « GERME ». Dans le monde supérieur, c’est le « PRINCIPE » qui contient toute chose ; dans le monde inférieur, c’est le « GERME » qui est contenu dans toute chose. C’est le point de vue de la transcendance (par exemple, l’existence de DIEU au-delà des formes qui le rendraient présent au monde et à la conscience humaine) et celui de l’immanence (qui agit à l’intérieur d’un être et ne résulte pas d’une action extérieure), ces 2 notions conciliées dans l’unique synthèse de l’harmonie totale, écrit encore René GUENON dans son livre cité plus haut. Il ajoute, je cite : « que le point est à la fois PRINCIPE et GERME des étendues ; l’unité est à la fois PRINCIPE et GERME des nombres. C’est ainsi que le VERBE divin est à la fois PRINCIPE et GERME de tous les êtres ». « Je suis celui qui suis », répondit DIEU à Moïse qui lui demandait qui Il était.

ADONAÏ

ADONAÏ est le 2ème mot sacré du M S. C’est le nom hébreu que l’on trouve dans la Bible pour désigner DIEU. Ce terme est plus usité dans le Judaïsme qui estime que les différents noms de DIEU illustrent la façon dont il s’est fait connaître ainsi que ses aspects divins. DIEU a plusieurs noms. ADONAÏ est le nom de DIEU après qu’il se soit manifesté à Moïse au Sinaï.

En réalité, le mot ADONAÏ qui est composé de ADON qui signifie Maître et du suffixe AÏ qui correspond au possessif mon, signifie « Mon Maître, Mon Seigneur » car le Tétragramme YHWH, nom hébraïque et « NOM PROPRE » de DIEU dans le Judaïsme ne pouvant être prononcé par tout le monde, il lui fut substitué le nom de ADONAÏ.

IVAH

Après IOD et ADONAÏ, le 3ème mot sacré, IVAH, précise encore plus la conception suprême du PRINCIPE.

Irène MAINGUY écrit, dans son livre déjà cité : « IVAH peut être YAVEH ou JEOVAH par modification des voyelles, absentes dans l’écriture hébraïque. Cette forme normative correspond à l’identité même de DIEU. Le fait de percer le mystère de sa prononciation devrait permettre à tout mortel de franchir le seuil du divin, mais tout être humain est limité ; serait-il en capacité de nommer l’incréé, l’infini, l’illimité ? » …fin de citation.

Que dire en conclusion de ce travail ?

Je me suis posé la question de savoir, quel était le lien entre ces trois mots sacrés du M S, en dehors du symbolisme du nombre 3 ?

Ma réponse a été immédiate. Le lien est DIEU, le PRINCIPE, le CREATEUR ou le GADLU pour certains d’entre nous. Cette réponse à été conforté, entre autres, par le fait que l’accolement de 2 lettres IOD, premier des 3 mots sacrés du M S, représentent le nom ADONAÏ, Mon Seigneur, l’un des noms de DIEU comme nous l’avons décrit plus haut. En effet ici, dans ce Temple, nous sommes dans un lieu de deuil, un lieu de tristesse et de chagrin suite à l’assassinat de notre Maître HIRAM.

Les lieux de deuil, nous le savons et le vivons tous, sont des lieux de recueillement et de prière. La prière conduit toujours à DIEU quel que soit le nom qu’on lui donne comme les Kabbalistes l’ont décrit.

Par respect pour Sa Puissance, le nom de DIEU n’était pas prononcé par n’importe qui et n’importe comment ; on utilisait des noms substitués tels que IOD, ADONAÏ et IVAH. On comprend donc la diversité des noms qui Lui sont attribués. De même, nous n’appelons pas notre père biologique par son « nom propre » mais par : père, papa, tata, tara…etc.

La mort d’HIRAM que l’on considère comme une rupture de la transmission de la Lumière nous amène à un changement d’état, à travers DIEU (IOD, ADONAÏ ou IVAH). Autrement dit, nous devons changer de direction. C’est ainsi que ces mots de substitution, ces mots sacrés ont été recherchés pour nous permettre de continuer à chercher la parole perdue en poursuivant notre perfectionnement initiatique.

A l’image de celui de JESUS CHRIST, le sacrifice d’HIRAM en acceptant la mort plutôt que de révéler les secrets de son grade, est salutaire car sans ce sacrifice, il n y aurai pas cette loge de deuil et de devoir, le devoir de poursuivre notre perfectionnement et, partant, le perfectionnement de l’Humanité entière.

Ce travail est loin d’être achevé et parfait. Je compte sur vos lumières pour l’enrichir et m’aider dans mon cheminement vers la Vérité et la Lumière.

T F P M, J’ai dit.

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