Quand l’élève est prêt le Maître apparaît

Auteur:

L∴ O∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Il souffre…depuis quelques heures que dure son calvaire, ses douleurs se sont peu à peu muées en souffrance, petit à petit son physique ayant tout donné cède le pas à l’esprit.

Il commence à avoir des problèmes de vue, il a des tâches noires qui voltigent comme des papillons devant ses yeux, les gouttes de sueur passent le barrage des sourcils et des cils lui brûlant les yeux, sans compter avec les gouttes de sang qui ont formé de sombres rigoles sur son front, puis sur ses joues avant de sécher, il fait de plus en plus chaud, il a la bouche et la gorge sèches et amères, la populace le hue, lui crache dessus, il continue malgré tout, le long de ce qui deviendra en souvenir de son calvaire la « Via dolorosa », sa connaissance du corps humain, acquise lors de ses études avec les grands prêtres égyptiens, lui font comprendre que sa tension monte, il croyait que le peuple qui l’entoure se calmait, commençait à comprendre que Ponce Pilate et les prêtres juifs se trompaient à son sujet, et que le bruit de fond qui emplissait ses oreilles était la complainte du peuple voyant le fils de l’Homme, le fils du Père, le fils de Dieu marcher au supplice, non, il vient de comprendre que la pression de son sang commence à l’assourdir, et que ce bruit n’est en fait que le son du sang qui s’écoule dans son conduit auditif rythmé par les battements de son cœur, comme si des mains invisibles tapaient à tout rompre sur des tambours non moins invisibles ! Il panique car 2 de ses sens sont touchés, la vue et l’ouïe.

Il sait, il croit savoir, que Dieu le Père, son Père ne va pas l’abandonner, qu’il est prêt, qu’il a fait pendant toutes ces années tous les miracles possibles, qu’il a propagé la bonne parole, qu’il a soigné, redonné vie à Lazare, qu’il a tenté de modifier le genre humain autant que faire se peut, il s’est donné à fond, pour le genre humain « Mais, que leur faut-il pour comprendre que j’ai fait ça pour leur bien, pour le bien de tous ? » Pense-t-il.

Il ne peut concevoir qu’en fait il gène, car il ne ressemble à aucun autre, à aucun des prophètes qui l’ont précédé, eux c’était facile pour les prêtres de les faire passer pour fous ou illuminés.

Lui, a trop de charisme, il a atteint à une dimension supérieure, il commence à entrevoir une part de vérité, mais « Le mieux est l’ennemi du bien », il est en train d’en subir les conséquences, il a voulu trop en faire, trop prouver qu’en fait il n’était que la courroie de transmission entre le Très Haut, le Créateur, et ses créatures. Petit à petit dans son esprit se fait jour la pensée qu’il est allé trop loin et surtout trop vite, « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ». Peut-être a-t-il pêché par trop de confiance en lui, de confiance dans son savoir, de ses pouvoirs de guérison, plus faciles à mettre en pratique pour les autres que pour lui-même, pensant que ceux-ci le mettraient à l’abri des attaques de ceux qui ne savent pas.

Tout sera fini quelques heures après, crucifié sur le mont du crâne, le Golgotha (Où selon la légende étaient enterrés Adam et Abraham) les 2 malandrins crucifiés avec lui le seront sur des croix en X alors que lui le sera sur une croix en T, sur laquelle Ponce Pilate mettra ces 4 lettres : INRI, soit : Jésus de Nazareth Roi des Juifs.

Le 1er mot de la bible en hébreu, Beréchîth, est traduit communément par « Au commencement » mais il existe une autre traduction cabalistique, qui signifie « Alliance du feu » cela a son importance car, le Feu est un élément qui est cité dans le 1er verset de la Genèse avant l’Eau et avant la Terre (Alliance du Feu. Qui a crée tout cela, le Tout, le Feu, les eaux et la Terre) et qu’enfin on peut aussi traduire INRI par les mots latins suivants : Igné Naturae renovatur integrae, « Par le Feu la Nature se renouvelle intégralement » (voir le mythe du phénix). Je disais donc plus avant, Jésus crucifié sur une croix en Tau, car un gitan forgeron chargé de procurer les clous n’en avait volontairement fourni que 3 au lieu de 4 (d’où la légende des gitans voleurs du clou) il perdra le goût et l’odorat lorsqu’on lui tendra une éponge imbibée de vinaigre alors qu’il se plaint de la soif, il n’a plus la sensation du toucher puisque ses poignets ont été transpercés.

De la perte de ses sens physiques naît en lui une multitude d’ouvertures spirituelles, il commence à entrevoir la lueur de la vérité qui l’attend, montre-t-il à ce moment là encore un signe d’impatience, toujours rien ne se passe, selon les écrits, à midi les ténèbres tombent jusqu’à 15 h, Jésus s’écrit alors « Eli, Eli, lema sabachtani ? » Traduit communément par « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Puis il décède.

Tout le développement de conscience et de perception d’expiation que l’âme (Ou encore l’étincelle du GADLU en chacun de nous) peut atteindre grâce à la conscience de la Séphira N° 6, Tiphéreth, est soudainement annihilé et l’âme se sent vide, seule, sans le GADLU et sans l’Amour de ses semblables.

Ceci ne restant malgré tout qu’une apparence car le GADLU influence l’âme de l’intérieur pour la purifier de ses ignorances et de ses imperfections habituelles.

Après l’abandon du véhicule de chair survient l’Illumination, la pureté acquise à ce moment là fait que l’on a plus à juger qui que ce soit, puisque le cherchant, l’apprenti, baigne dans l’Esprit, donc se sait, se réalise, et se juge.

A ce stade il se trouve dans la séphira virtuelle DAATH, signifiant tout à la foi, amour et connaissance, à savoir « La pierre au milieu du gué », dans ce qu’il est convenu d’appeler l’abîme, séparant le matériel du spirituel.

C’est l’unité la plus élevée dans le monde des Formes (Formes entendues comme des nœuds d’énergie et non comme les formes matérielles habituelles).

C’est à ce niveau que la méditation sur le Verbe passe du Logos au Davar, c’est à dire du verbe, parole de Dieu, au Verbe créateur, et qu’il y a attirance du M vers l’élève, c’est quasiment de l’auto création.

Avant son arrivée en DAATH l’âme est en devenir d’être, après l’expérience de DAATH elle EST.

L’image magique humaine de DAATH est une tête à 2 faces (Janus) et aussi image magique animale un amphisbaena (sorte de serpent à 2 têtes dont une en lieu et place de sa queue, participant du mythe du serpent, du dragon, de l’ouroboros, des courants telluriques). Cette séphira est le point de jonction entre l’arbre de la connaissance du jardin d’Eden et l’arbre de vie des séphiroths, passage obligé pour l’initié qui doit se dépouiller pour rencontrer le GADLU, à ce titre voir la lame XIII du tarot de Marseille où l’on voit un être dépouillé tenant une faux, l’arcane sans nom étant la représentation parfaite de notre passage dans le cabinet de réflexion, mourir pour renaître !

Quelques mots d’explication, dans l’arbre de vie des séphiroths, sont distinguées 3 voies et un chemin :

  • La voie de gauche, humide (réservée aux apprentis).
  • La voie de droite, sèche (réservée aux compagnons).
  • Enfin la voie centrale, dite voie brève (réservée aux MM) La voie des mystiques, encore appelé « La Flèche ».

Mais, car il y a un mais, nulle personne ne peut, ni ne doit emprunter la Voie du Mysticisme avant de s’être bien ancré dans la Forme et d’en avoir acquis et appris toutes les leçons. Toute tentative d’envol vers les degrés supérieurs avant d’avoir cerné le Nadir, n’est pas de la sainteté, mais de la lâcheté, et plus qu’un acte de pureté c’est un péché.

  • Ces 3 voies ont de tous temps été reprises par les alchimistes pour l’élaboration de leur Grand Œuvre, elles sont représentées en L par les 3 colonnettes, Force, Sagesse, Beauté.
  • Et un chemin représenté par un serpent enserrant dans ses anneaux la totalité des 32 connexions entre les séphiroths.

Il y a 10 séphiroths plus 1 virtuelle.

L’involution a précipité l’Adam Kadmon au travers des 10+1 séphiroths vers la terre (Malkhut), notre ré-évolution vers le créateur passe par les 10+1 séphiroths de Malkuth vers Kether la couronne. Totalité des séphiroths traversés 20 + 2 (Rappel, il existe 22 lettres hébraïques et 22 lames majeures dans le tarot, 20 qui ont un nom et un numéro et une sans nom, la XIII, une sans numéro, le Mat) Etrange n’est-ce pas mes FF ?

J’aurai pu prendre pour exemple de cheminement initiatique, la vie d’autres grands initiés, Confucius, Fo hi, etc.

Chez chacun d’eux on aurait retrouvé ce besoin du Maître, cette recherche du Maître.

Il y a 3 sortes de Maîtres, le Maître « poule » qui couve sans arrêt ses disciples et les accueille sous ses ailes au moindre désagrément.

Le Maître « aigle » qui sait tout, voit tout, mais est très loin au dessus de ses disciples, donc les laisses trop libres de leur évolution, et intervient avec un temps de décalage (Du fait de son éloignement).

Enfin le Maître « tortue » qui avance lentement, calque ses pas sur ceux de ses disciples, qui est toujours à leur disposition, même si pour cela certains d’entre eux sont obligés de se calmer, de faire des retours en arrière.

Au passage, une anecdote, Sophocle créateur de l’école des péripatéticiens (Qui apprennent en marchant) est mort en recevant sur la tête une tortue lâchée par un aigle.

Ce qui caractérise la démarche initiatique de Jésus, c’est que tant qu’il lui reste un souffle de vie, il pense rencontrer son Maître, il a compris qui était son mentor, son directeur de conscience et s’étonne jusqu’à sa mort de ne point le rencontrer enfin. Il le rencontre lorsque son esprit se libère de la matière, lorsque libéré des contraintes physiques il accède à la trinité supérieure et baigne dans la félicité.

Est-ce cela qui est exprimé par les textes ? Lorsqu’il nous est expliqué le miracle de la résurrection, il réapparaît au milieu de ses disciples, il s’empresse de leur démontrer qu’il est devenu leur Maître à son tour, il était leur guide, il sera leur lumière, leur fanal.

Nous Humains, sommes toujours le Maître de quelqu’un quelque part, mon père m’avait cité un jour cette phrase relevée dans une de ses lectures :

« Crains que Dieu ne te donne un enfant, mais si c’est le cas, jusqu’à 10 ans soit son Maître, jusqu’à 20 ans soit son Père et jusqu’à la fin de ta vie soit son ami ».

Mon père était un maçon opératif, depuis tout gosse je l’accompagnais sur les chantiers, il avait un manœuvre, et une fois il m’a expliqué comment un jour le manœuvre devenait compagnon, tout simplement lorsque lui aurait besoin d’un outil particulier, il n’aurait pas besoin de lui demander, et cet outil lui serait tendu par son aide, ça voudrait dire qu’à force de le regarder faire l’apprenti décelait à l’avance les besoins du maçon, ça parlait peu sur le chantier, le savoir passait par l’observation de l’un et par les exemples donnés par l’ouvrier.

Qu’a cherché à faire Jésus, à changer le Monde de son vivant ? Finalement c’est après sa mort, qu’une partie du monde a été modifié par son héritage, même si les interprétations faites par les religieux de tous poils n’ont pas toujours respecté les valeurs premières édictées par lui.

Que cherchons-nous à faire ? A apporter au dehors l’œuvre commencée dans le Tem, sur nous, l’œuvre commencée sur nous ! Gardons-nous de vouloir changer l’Humain malgré lui, sinon nous finirons comme Jésus.

Pour rencontrer le Maître suprême, le GADLU, il nous faut passer la dernière porte, celle de l’Or Eter, peu nombreux sont ceux qui ont de leur vivant fait triompher le spirituel sur le matériel, à la limite je pense que de ceux là on en parle pas, car par sagesse ils sont conscients des pouvoirs qui leur échoient et que tels les Supérieurs Inconnus chers aux Martinistes ils deviennent plus que discrets pour ne pas dire secrets.

Dieu n’est apparu à Jésus qu’après sa mort, donc pour nous Maç nous devons continuer notre recherche sur le chemin initiatique, notre carburant doit être l’Amour, notre transmission : Le Don de notre savoir, soyons des Maîtres tortues, sachons attendre ceux qui progressent moins vite que d’autres, ne faisons pas comme le Maître aigle qui voit tout de très haut, de trop haut (Combien de fois entendons nous en L Bleue, un F M dire à un F Comp ou un F App « Tu es trop jeune, tu ne peux comprendre » bien souvent cette simple phrase cache l’incompétence ou l’ignorance du F M qui ne peut répondre à une question), ou bien encore un Fr 2ème Surv, M poule qui veux tout apprendre à ses poussins App, leur mâchant la nourriture initiatique sans s’apercevoir que la pré-digestion de son savoir peut ne pas convenir aux FF App car ne leur sera profitable que ce qu’ils auront eux même ingéré et digéré. A trop couver ses App il les prive de leurs défenses immunitaires, ils seront mal préparés à affronter le dur cheminement initiatique. La cérémonie attachée à notre rituel initiatique ne peut que provoquer au niveau inconscient un mécanisme de déclenchement de cet état futur d’initié. Pour apprendre, on doit payer, en temps, en argent ou affectivement, en Amour.

Cette Maîtrise est vécue de 2 façons, la recherche d’un Maître extérieur et l’avènement de notre propre Maîtrise intérieure.

La révélation de la Maîtrise n’est pas comme un coup de fusil, elle est progressive, tant pour la reconnaissance d’un Maître, que pour l’acquisition de la Maîtrise, et je ne suis plus là dans la Maîtrise Maç, je pense à la Maîtrise d’un être capable de symbiose avec la Nature, capable d’en comprendre les rythmes les plus intimes, car qui les comprend entend (dans le sens ancien de comprendre) l’ensemble des créatures la composant.

Nous avons encore beaucoup de travail avant que de rencontrer un tel être, la longue chaîne des initiés dont nous représentons chacun de nous un maillon, lequel attend son Maître, mais ainsi que je l’ai dit plus haut, nous sommes toujours le Maître de quelqu’un quelque part, consciemment ou inconsciemment.

Attention, car sans préparation personnelle, sans endurcissement intime, le feu purificateur devient destructeur, le feu illuminatoire devient aveuglant, la grande sagesse rend fou, d’où cette recherche du M pour nous prendre la main, pour nous aider à avancer.

Comme ne cessent de le répéter, à juste titre d’ailleurs, nos V M, les FF MM doivent transmettre, en F M notre parrain n’a pas toujours été notre Maître, d’aucun se sont choisi un F qui leur tient lieu de Maître à penser, d’autre ont été approchés par un F de leur niveau, peu importe, je dirai que l’idéal étant que celui qui fait un bout de chemin avec nous soit celui, avec qui les affinités font, qu’en dehors d’un compagnon de route il soit aussi un exemple et mieux encore que la réciproque soit vraie, s’il y a partage il y aura but au bout du chemin. (Celui qui n’est pas fait pour le but, n’est pas fait pour le chemin, auteur inconnu), ou encore une citation de l’actuel Dalaï Lama : « Le but n’est pas le but, c’est le chemin qui est le but ».

Dans cette démarche tous nos sens sont touchés, la transmission initiatique passe par eux, nous permettant d’éprouver l’émerveillement et la beauté, la gloire et la joie et enfin le pouvoir de l’esprit du GADLU.

Quand on arrive à cet état on a le contact avec la Réalité, il s’agit de la conscience de la « nudité totale du GADLU » qui n’étant « ni Forme, ni Force » les contient toutes les 2, c’est l’état Suprême.

Pour effectuer ce travail je n’ai eu qu’à tremper la plume de la Fraternité dans l’encrier de l’Amour, souvenez vous du « cœur en gloire » mes FF. (Qui correspond à Tiphèret, séphira numéro 6, dite « La Beauté » en tant que don du très Haut).

J’ai dit Trois Fois Puissant Maître.

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