Que cherchiez vous dans vos voyages, la Vérité ou la parole perdue ?

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Non communiqué

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A la Gloire du Grand Architecte de L’univers
Deus Meumque Jus
Rite Ecossais Ancien et Accepte
Ordo ab Chao
Au Nom et sous les Auspices du Suprême Conseil de France
Liberté – Egalité – Fraternité

Alors qu’au premier degré, l’impétrant recherche la Vérité et la Lumière, apparaît au 4ème degré et pour la première fois à l’issue du 4ème voyage la notion de parole perdue quand le Trois Fois Puissant Maître demande : Que cherchiez vous dans vos voyages ?

Le Maître des Cérémonies répond : La Vérité et la Parole perdue. Certes au 3ème degré, avec la mort d’Hiram il avait bien été question de mots perdus puis substitués, mais là il ne s’agit plus de mots, mais de Parole. On peut donc penser logiquement que le 4ème degré s’intéresse plus au sens qu’au simple vocable et que cette Parole véhicule quelque chose de très particulier, pour susciter autant d’interrogations.

Nous allons dans un premier temps tenter de définir les différentes notions évoquées dans cette phrase : Tout d’abord, le Voyage : Alors qu’au premier abord, c’est une notion qui nous paraît simple, elle revêt en Franc-Maçonnerie une dimension beaucoup plus élaborée que la simple translation que ce terme évoque dans le monde profane.

Alors qu’aux 1er et 2ème degrés, les voyages nous ont menés d’un endroit à un autre de la loge pour y recevoir un enseignement délivré par l’un ou l’autre des officiers, au 4ème degré chaque voyage se termine devant l’Autel et c’est à chaque fois le Trois Fois Puissant Maître et lui seul qui délivre non pas un enseignement mais plutôt un commandement, de portée philosophique destiné néanmoins à faire accomplir un apprentissage au nouvel initié.

De plus, comme pour prouver que le Maître Secret est bien passé de l’équerre au compas, ces voyages ne sont plus rectilignes mais circulaires et leur enchainement quasi labyrinthique cause une sorte d’ivresse amplifiant la perception du message délivré. Ces voyages sont une sorte de pèlerinage intérieur qui permet au Maître Secret dépouillé de tous ses métaux, de se libérer de lui même.

1 La Vérité :

On trouve comme définition : Connaissance reconnue comme juste, conforme à son objet et possédant à ce titre une valeur absolue, ultime, définitive, considérée comme un idéal.

Chez les Grecs elle est la conformité d’un être ou d’un objet avec la pensée, avec son typeidéal, avec ce qui serait la pensée divine.

Dans la Bible ou le Coran, c’est l’Eternel qui est la Vérité, la vérité absolue, immuable. Par exemple, dans l’Evangile de Jean (14 : 6), Jésus dit qu’il est la Voie, la Vérité et la Vie.

St Augustin l’évoque souvent quand il dit qu’elle est la Lumière de notre Ame, ou encore, dans ses confessions : Dieu est la Vérité que tous les hommes consultent. Celui-là seul mérite d’être mis au rang de vos fidèles ministres, qui ne désire pas d’entendre de vous ce qui est conforme à sa volonté, mais plutôt de conformer sa volonté à ce qu’il vous plaira de lui faire entendre.

En Franc-Maçonnerie, au 4ème degré, on retrouve l’essence de cette citation quand le Trois Fois Puissant Maître dit au nouveau Maître Secret :

Telle la lumière que vous portez, la Vérité est une lumière que l’homme perçoit plus ou moins confusément. Elle peut pourtant se révéler dans tout son éclat à celui qui veut ouvrir les yeux et regarder.

La notion de Vérité est donc intimement liée à celle de Lumière et revêt rapidement un caractère divin. D’ailleurs, de même que le nom de Dieu est imprononçable, sa seule évocation humaine, la seule tentative d‘explication la livre à une occultation certaine puisque de cette divine Vérité nous ne ferions qu’une vérité humaine. Chercher à définir la Vérité absolue, serait lui imposer des limites, des mesures humaines alors même qu’elle est infinie. Il faut donc échapper à la seule compréhension des plans humains, pour vivre d’autres niveaux de conscience, dans les hautes régions de la Connaissance spirituelle.

La recherche de la Vérité entraine indubitablement le Maître Secret dans une quête vers le principe créateur au commencement de toute chose, notre Grand Architecte de l’Univers. Une quête sans fin, car qui pourrait apprécier la vérité sinon un être parfait, le Trois Fois Puissant Maître nous le précise d’ailleurs, à l’issue du 2ème voyage : La Vérité absolue est inaccessible à l’esprit humain ; il s’en approche sans cesse, mais ne l’atteint jamais.

Au premier degré, avant d’être reçu dans la chaîne d’union, le Frère Expert dit du néophyte qu’il cherche la Vérité et la Lumière en demandant l’entrée du Temple. Dans la cérémonie d’initiation au 4ème degré, le Vénérable Maître désireux de trouver la vraie Lumière et la parole perdue et après avoir contracté l’alliance sur l’autel des serments se voit retirer le voile afin qu’il puisse commencer à pénétrer dans les hautes régions de la connaissance spirituelle en suivant la route du Devoir qui conduit à la vraie Lumière.

Cette Vérité, nous la possédions sans doute et le Trois Fois Puissant Maitre nous le confirme en disant : A la suite de cette mort, (celle d’Hiram) la Lumière et la Vérité ont été éclipsées et si elles ont été éclipsées c’est bien qu’elles étaient là avant et que nous les avions perdues de vue.

Il faut donc retrouver ce qui serait en nous depuis toujours, la Vérité dont la connaissance révèle la divinité possible de l’homme.

2 Tentons maintenant de préciser la notion de Parole perdue :

En Franc-Maçonnerie, au 3ème degré on dit du Maître Secret qu’il voyage de l’occident à l’orient et par toute la terre dans le but de rechercher ce qui a été perdu, c’est à dire les secrets véritables du Maître Maçon.

Mais s’agit il là de la Parole perdue ?

Apres le 4ème voyage, quand le 1er Inspecteur demande :

Qui voyage ainsi avec vous, Maître des Cérémonies ?

Celui-ci répond : Des Vénérables Maîtres qui cherchent la Parole perdue.

1er Inspecteur : Hélas ! Elle n’a pas encore été retrouvée.

On retrouve dans de nombreuses traditions l’importance de la parole divine : Par exemple : Un jour, Bouddha rencontra les dieux qui lui dirent : Dis-nous quel est ton souhait et nous le réaliserons. Bouddha dit : O Dieux, donnez-moi le sens des mots et je n’aurai plus rien à apprendre. Cela signifie qu’en connaissant le sens des mots et n’ayant plus rien à apprendre, l’Homme devient l’égal des dieux, un créateur à son tour. Dans l’Evangile de Jean il est dit : Dans le principe était la Parole, et la Parole était auprès de Dieu, et la Parole était Dieu.

Les égyptiens considéraient que le Verbe était porteur de sons créateurs que Maât (déesse de la Vérité) utilisait pour se manifester.

La Parole est donc intimement liée au Principe Créateur et plus précisément dans sa dimension Créatrice. On peut imaginer une langue originelle, essence sacrée de la création : le Verbe, qui par les vibrations qu’il engendre permettrait la création. Dans la Bible c’est une notion qui est évoquée plusieurs fois, dans la Genèse où l’homme nomma les animaux, c’est-à-dire les créa simplement en prononçant leur véritable nom. Dans le désert, Moïse prononce le nom authentique de l’eau qui jaillit dans les sables. Il crée alors la chose désignée par le mot car, de lui, rayonnent les vibrations qui sont la chose.

Que la Lumière soit et la Lumière fut.

La parole est une vibration, une énergie créatrice dans laquelle l’essence fondamentale de toute chose existe.

L’initié en quête, élève son plan de conscience, monte dans ses niveaux vibratoires, à la recherche de cette Parole Perdue, originelle, fondamentalement vibratoire, ce Verbe qui dans l’Harmonie crée toute chose et qui ressemble plus à une connaissance métaphysique qu’à
l’acquisition d’un savoir ou d’une culture.

Souvenons que nous ne savons ni lire ni écrire, seulement épeler or épeler n’est pas nommer, donc pas créer. Nous sommes sur le chemin.

3 Conclusion :

La quête de la Vérité et de la Parole perdue sont donc intimement liées, l’une comme l’autre tendant vers le Principe créateur en permettant à l’Etre de se révéler en nous, puisque contrairement à toutes les réalités mouvantes et éphémères, lui seul serait incréé, immobile et éternel. Sans commencement, il demeure identique à lui même, il est Absolu. Cette quête est une véritable introspection, tendant vers l’acceptation de la grande Loi Universelle qui régule toutes choses dans leur ensemble et chaque chose en particulier.

Et c’est là le vrai Devoir du Franc-Maçon, ce devoir qui n’est pas vécu comme une contrainte mais reçu comme un don : la quête de la Parole perdue, de cette vérité première qui regroupe toutes les vérités qui petit à petit nous deviennent accessibles sur notre cheminement et cette
vérité première ne serait elle pas le principe créateur lui même, notre Grand Architecte de l’Univers ?

Le Rite Ecossais Ancien et Accepté est là pour nous guider sur le chemin quand la quête de la Parole perdue est un moyen de parvenir à notre réel but, la Vérité.

Notre rituel ne nous dit il pas ?

La route du Devoir mène sûrement à la Vérité.

J’ai dit.

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