Quel est le 1er travail d’une Maitresse Maçonne ?

Auteur:

J∴ V∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Le 26 mai de l’année 1998, jour de mon initiation, j’ouvrais un nouveau chapitre dans le livre de ma vie. Patiemment, minutieusement, j’entamais ce chemin qui me conduit jusqu’à vous aujourd’hui.

Découvrant le rituel, les outils maçonniques et leur langage symbolique dont le sens, imprimé par la tradition et son universalité, n’est autre que la recherche de la lumière.

A travers un long travail de réflexion, d’analyses, de remise en cause, s’est opéré un processus de métamorphose intérieure.

Du Cabinet de réflexion à la Chambre du Milieu, j’ai franchi trois étapes qui s’additionnent et se nourrissent l’une l’autre.

Apprentie, grade lié au dépouillement du moi, à l’introspection, au silence, aux pas qui tracent une ligne droite, je me suis vue renaître à la vie nouvelle que confère l’initiation, j’ai taillé ma pierre, travaillé sur moi-même par l’observation et l’écoute des autres dans le silence. Soudée aux autres apprenties sur la colonne du septentrion telles des graines de grenades semées pour être mieux fécondées, prête à « me couper la gorge » pour m’imposer cette vertu du silence et de la prudence verbale.

Compagnonne, grade lié à la « réalisation du moi » à travers la rencontre d’autrui, la prise de parole, les voyages, les pas qui tracent un angle du plan. Passant sur la colonne du midi, de la perpendiculaire au niveau, de la grenade à l’épi de blé symbolisé par le mot de passe. Capable de donner la 1ère lettre, plaçant judicieusement ma pierre pour participer à la construction de l’édifice, prête à « m’arracher le cœur » pour dominer mes pulsions passionnelles et les excès qui peuvent aveugler ma volonté.

Maîtresse, grade lié à l’intégration du soi, à l’amélioration du monde. Grâce au symbole de la mort d’Hiram, par l’enjambement en arcs de cercle d’un cadavre, j’ai accédé à un nouveau plan, celui de la spiritualité, prête à « me couper le ventre » pour dominer tous mes désirs et rester au dessus des faiblesses qui aveuglent, pour mieux agir dans l’intérêt de l’Humanité entière.

Lors de mon élévation au 3ème degré, devenue Hiram grâce à la transmutation et relevée par les 5 points de la Maîtrise, je dus exécuter mon premier travail : tracer un cercle sur la planche avec un compas fermé ; tâche difficile car debout et sans point d’appui.

La Maîtresse travaille donc sur la planche à tracer. Elle y trace des plans, accompagnés d’instructions et de commentaires, pour le choix et la préparation des matériaux, ainsi que pour leur mise en place dans la construction… Affranchie d’une mort symbolique, la Maîtresse travaillera désormais à l’enseignement maçonnique des AA. et des CC, par la présentation de travaux et la prise de responsabilités au sein de la L. Comme Hiram, en charge de construire le temple de l’humanité pour assurer la pérennité de l’Œuvre.
Il ne doit pas cependant échapper à la jeune Maîtresse que vient de lui être ouvert les portes d’un domaine de réflexion symbolique nouveau et plus élevé, afin de continuer à travailler sur elle-même et parvenir à la véritable maîtrise, qui n’est pas un titre mais une manière d’être.

« Ainsi est tracé le cercle éternel dont le centre est partout et la circonférence nulle part ».
En essayant de tracer un cercle, si un voyage vers le centre a commencé, il ne doit pas lui échapper non plus que depuis le premier degré avec le passage dans le Cabinet de Réflexion et la connaissance de soi, symbolisée par le fil à plomb de la seconde surveillante, ce voyage prend toute sa signification au 3ème degré, en Chambre du Milieu.

Le centre est partout, libre de trouver sa juste mesure et son centre comme l’idéal d’une liberté fondamentale de pensée et d’action, le 1er travail d’une Maîtresse consiste à trouver son point d’ancrage pour mieux s’élever et prendre possession du monde. Tubalcaïn l’y encourage.

En passant de l’équerre au compas, du tangible à l’intangible la jeune M. ne doit plus s’égarer.
Vaincre la mort et renaître au centre du cercle, entre l’équerre et le compas, c’est-à-dire au cœur de l’Etoile flamboyante lui permet d’atteindre l’axe immobile, fixe, à la vitesse nulle, grâce auquel il est possible d’échapper à l’agitation du monde profane.

La jeune Maîtresse peut alors entendre battre son cœur qui saura illuminer son intellect afin de tout ramener à l’essentiel et prendre ainsi place, dans la mesure de ses moyens et de ses efforts, au sein de la longue chaîne des initiés.

Devenue chaîne et maillon, elle devient un Centre de L’Union. Elle a donc conscience de sa responsabilité dans la transmission de la méthode mac. et la compréhension du rituel qu’elle ne finit pas de découvrir. Poursuivre la noble tâche de garder vivante la tradition et de la transmettre, malgré la parole perdue, telle est la quête de la nouvelle M.

Exaltée au dernier grade de sa loge bleue, la Maîtresse est-elle arrivée au bout du chemin initiatique ? Sûrement pas !

La parfaite initiation est comme la vérité. On peut l’approcher sans cesse, mais il n’est jamais possible de prétendre la posséder.

C’est pourquoi, soutenue par l’espérance, la vocation de la Maîtresse Mac. est de se perfectionner encore et toujours, afin d’affronter avec courage la destinée humaine et la mort ; sachant que toujours refleurira l’acacia et qu’à une Maîtresse succèdera une autre Maîtresse.

J’ai dit.

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